Note de lecture : Writing Great Specifications, par Kamil Nicieja

Note : 4 ; Dans la continuité du « specification by example » de Gojko Adzic, mais bien moins brillant.

Cet ouvrage est dédié à l’écriture de cas de test en Gherkin. Mais pas n’importe comment. Il s’inscrit dans la continuité du « specification by example » de Gojko Adzic qui a d’ailleurs préfacé le livre. En fait d’écriture de cas de test, l’auteur préfère évoquer l’écriture de spécifications (le livre a d’ailleurs changé de titre en cours de route), comme son devancier.

Il y a des variantes à la grammaire Gherkin, l’auteur a fait le choix de cibler celle supportée par Cucumber, bien qu’il fasse allusion à d’autres outils de temps à autre. De toute manière, l’outil n’est pas le propos du texte, ni même l’implémentation des scénarios. C’est bien de leur écriture dont il est question. Pour cet objectif, le texte accuse 250 pages structurées en 11 chapitres réparties sur 2 parties. La première d’entre-elle, regroupe les 6 qui suivent l’introduction et occupe 140 pages.
L’introduction justement, est là pour camper le décor. Il s’agit d’un chapitre plutôt dense, puisqu’il accapare à lui seul 30 pages. L’auteur y développe les définitions qui seront utiles par la suite, les anti-patterns de spécification et surtout sa démarche SBE. Mais que tout cela est verbeux ! Malheureusement, il en sera de même pour la suite.

En ouverture de la 1ère partie « Writing executable specifications with examples », le chapitre 2 évoque sur un peu plus de 20 pages l’articulation entre la couche de spécification et la couche d’automatisation. L’objectif du propos n’est pas franchement clair. J’ai l’impression que l’auteur tente de faire une introduction au ralenti. La véritable introduction est au chapitre 3, elle nécessite 25 pages et introduit tout à fait convenablement la syntaxe et les règles d’écriture qu’y surimpose l’auteur. C’est bien, juste trop volubile par rapport à la quantité d’information délivrée.

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Note de lecture : Training from the BACK of the Room ! par Sharon L. Bowman

Note : 7 ; Pour penser la formation autrement. Mais un format pas spécialement plaisant à lire.

On apprend mieux quand on est actif, quand le stagiaire est aussi acteur de la formation et quand l’animateur se tient en retrait. C’est le message principal de cet ouvrage majeur dans le monde de la formation. Sharon Bowman nous propose de structurer notre agenda de formation en cycles composés de 3 éléments : la connexion, les concepts et la mise en pratique. Cela ne semble pas disruptif, mais c’est dans la mise en pratique que les choses commencent à diverger. D’où les 65 propositions d’atelier.

L’ouvrage est ainsi divisé en 3 parties principales, auxquelles il faut ajouter une partie introductive, et deux « follow up ». Le tout compte environ 280 pages. Autant le dire tout de suite, c’est la structuration du livre qui m’a le plus dérangé dans ma lecture.

Pour entamer la lecture, la partie introductive « need to know » introduit les concepts qui seront par la suite développés. La table des matières nous indique que les 70 pages de cette partie sont décomposés en 3 morceaux (je n’ose dire « chapitres »), mais on a bien du mal à les différencier. En fait, il y a deux thèmes principaux. Le premier à traits aux concepts issus des neurosciences et qui seront ici exploités : on apprend mieux quand on est soi-même acteur de son apprentissage ! Le second, qui structurera l’approche de l’auteur et en fait, la construction même du livre sont les « 4 Cs » : connexion (avec les autres, avec le sujet), concepts (qui est l’apport de nouvelles connaissances), concrete practices (pour ancrer cette connaissance) et enfin conclusion (pour débriefer et prendre du recul sur le sujet). L’auteur nous propose d’ailleurs aide-mémoires et exercices pour mettre en pratique in situ l’approche avec le contenu même du livre !

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Note de lecture : Sprint, par Jake Knapp, avec John Zeratsky & Braden Kowitz

Note : 7 ; Une approche du prototypage inspérée du Design Thinking et du Lean Startup, clairement illustrée.

« Sprint », cela fait penser à Scrum. Pourtant, ce n’est pas du tout ce dont il s’agit. Il s’agit ici de tester rapidement et réellement des hypothèses, et ce en 5 jours, le dernier étant consacré aux tests d’idées formulées le lundi même ! C’est Google Venture qui a énoncé cette approche, à cheval entre le Lean Startup et le Design Thinking, pour faire converger plus rapidement et efficacement les startups qu’elle incube.

Cet opuscule de 280 pages couvre le déroulement de ces fameux sprints d’une semaine. En fait, 5 des 6 parties que constitue le texte couvrent les 5 jours du Sprint. Seule la première partie « plantez le décors » et ses 3 chapitres totalisant 60 pages sert de préambule. Passé l’introduction, le premier chapitre « le défi » réponds au « pourquoi » de cette démarche : il s’agit bel et bien de tester des hypothèses par le biais de prototypes passés au crible d’un vrai test utilisateur ! A ce titre, l’histoire du robot de Savioke s’avère particulièrement éloquente. Le second chapitre évoque l’équipe : elle doit être pluridisciplinaire et surtout intégrer LE décideur, doté d’un superpouvoir de vote. A quelques détails près on retrouve l’esprit du Design Thinking. Enfin, « le temps et le lieu » fixent les règles du jeu de l’exercice, y compris quelques petites règles destinées à ne pas s’enliser dans la non-décision, car le temps va filer très vite !

La seconde partie est consacrée au lundi ! Ce jour-là doit répondre à quelques questions : quel est l’objectif ? Une question que l’on traitera façon « remember the future ». Ensuite ce sont les questions pour lesquelles on désire des réponses. Cette journée du lundi est vouée à l’exploration et les outils pour cela sont les diagrammes de flux, les notes « HMW » et l’interview d’experts. Tout cela mis à plat, le lundi se conclura par le choix d’une cible. Même enrobé différemment, on reconnait ici nombre d’outils agiles.

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Note de lecture : The Startup Way, par Eric Ries

Note : 7 ; Ou comment institutionnaliser le Lean Startup dans les grandes entreprises.

Pas facile de saisir un second souffle quand on a commis un ouvrage tel que « The Lean Startup ». Le Leader’s Guide qu’Eric Ries a précédemment écrit n’était pas mauvais mais il n’était pas celui-ci. Avec ce texte, l’auteur poursuit deux objectifs : faire écho au « Toyota Way » qui inspire très précisément le titre de cet ouvrage et évoqué le « scaling » du Lean Startup dans une grande organisation. Sur ce second volet, et comme pour le précédent livre, c’est surtout General Electric qui servira de terrain d’illustration.

Eric Ries nous a concocté un tome de belle facture : couverture rigide et un texte articulé en 3 parties, sur 11 chapitres totalisant 350 pages auxquelles il faut rajouter les annexes. La première partie s’intitule « the modern company » et compte 5 chapitres, soit 120 pages environ. Le premier chapitre occupe une vingtaine de pages. Il y est question de « respecter le présent et inventer le future ». Ici l’auteur campe le décor : l’incapacité des acteurs traditionnels à gérer l’incertitude et le rôle du leader. L’auteur met en contraste les entreprises modernes et classiques. Pour se faire, Eric Ries revient à ce qu’il connait bien : raconter des histoires.

Le second chapitre compte également une vingtaine de pages. L’auteur y introduit son thème préféré : le rôle de l’entrepreneur (ou intrapreneur) au sein de l’entreprise : il s’agit d’une fonction orthogonale aux services transverses de l’entreprise. Toujours sur 20 pages, le chapitre 3 s’inscrit en direct continuité : comment introduire l’état d’esprit startup au sein même de l’entreprise ? Cela implique une vision et des indicateurs associés mais aussi inscrire l’entreprenariat comme une cheminement de carrière.

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Note de lecture : Faites vous-même votre malheur, par Paul Watzlawick

Note : 6 ; Une étude profonde et pertinente menée sous le couvert du sarcasme.

Ce livre est un essai, dans les deux sens du terme. Un essai par la taille du livre et par la forme : juste 115 pages en format de poche, au style volontairement sarcastique. Un essai aussi pour moi, car cela fait un certain temps que j’entends parler de Paul Watzlawick et de l’école de Palo Alto.

Cet opuscule est à prendre au second degrés et il faut lire entre les lignes les messages acérés de l’auteur sur le comportement humain, à savoir (et cette fois très sérieusement) sa capacité à fabriquer lui-même son malheur. On notera au passage :

  • La capacité d’autosuggestion, qui nous permet de fabriquer des postulats, s’appuyant eux-mêmes sur des postulats entre-temps transformés en certitudes !
  • Les conduites d’évitements, qui transforment coïncidences en corrélations, grâce à notre cécité sélective.
  • Toujours grâce à notre cécité sélective, les prédictions auto-vérifiantes, qui nous permettent de dramatiser à l’excès les évènements.

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Note de lecture : Les mots sont des fenêtres, par Marshall B. Rosenberg

Note : 10 ; Quand la CNV se révèle être bien plus qu’une technique de communication et l’auteur nous partager sa propre expérience de ce savoir-être. Book of the year 2017 !

Cela fait maintenant quelques années que je croise la route de coaches me parlant de CNV. Ce livre est le classique de cette technique, et c’est bien ce que je pensais avoir entre les mains : un livre détaillant cette technique. Oui, mais en fin de compte, pas seulement.

Le livre ne paie pas de mine, le format réduit compensant les 300 pages, au total il ne s’agit pas d’une lecture volumineuse. On appréciera le découpage en 14 chapitres qui donne un bon rythme à lecture. Il faut y ajouter préface et épilogue que l’on aurait bien tort d’oublier. Justement, le premier indice est la préface à la seconde édition « les leçons de mon grand-père ». Un titre peu avenant, sauf que le grand-père en question est le Mahatma Gandhi !

Au premier chapitre, on s’attend à trouver une vue générale du processus de la communication non-violente. On y trouve bien une description des 4 composante, mais le titre même du chapitre « l’élan du cœur » donne le ton : c’est d’attitude, de comportements fondamentaux dont il sera question. Le texte est délibérément rédigé à la première personne et fourmille d’histoires personnelles de l’auteur. C’est bien notre cœur que l’auteur veut toucher, et il y parvient.

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Note de lecture : Les six chapeaux de la réflexion, par Edward De Bono

Note 7 ; Un excellent outil de facilitation et un très bon texte, auquel il manque hélas un aspect de mise en pratique.

Edward de Bono ne tari pas d’éloge à propos de sa méthode qu’il considère pratiquement comme l’une des créations majeures du 20ème siècle. Sans aller jusque là, l’approche de la pensée parallèle a d’excellente vertus par rapport à la confrontation et l’argumentation qui ressemblent trop souvent à des jeux à somme nulle !

Le livre est très vite lu : un format réduit et 200 pages saucissonnées en 43 très petits chapitres y contribuent. 3 chapitres introductifs et un dédié à la conclusion encadrent l’essentiel de la prose regroupées en 6 six sections : une par chapeau. Les 3 premiers chapitres font un peu « dépliant publicitaire ». Toutefois, le premier éclaire bien sur la notion de pensée parallèle que l’auteur oppose à l’change argumenté de Socrate. Et le second nous donne un tour d’horizon fort correct de la signification des chapeaux.

On commence avec le chapeau blanc, celui des faits et des chiffres. Il requiert de l’impartialité, des questions précises excluant toute interprétations. L’un des mérites du chapeau blanc est de séparer l’opinion des faits : il y a d’autres chapeaux pour partager une opinion ou faire part d’une croyance.

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