Note de lecture : The Startup Way, par Eric Ries

Note : 7 ; Ou comment institutionnaliser le Lean Startup dans les grandes entreprises.

Pas facile de saisir un second souffle quand on a commis un ouvrage tel que « The Lean Startup ». Le Leader’s Guide qu’Eric Ries a précédemment écrit n’était pas mauvais mais il n’était pas celui-ci. Avec ce texte, l’auteur poursuit deux objectifs : faire écho au « Toyota Way » qui inspire très précisément le titre de cet ouvrage et évoqué le « scaling » du Lean Startup dans une grande organisation. Sur ce second volet, et comme pour le précédent livre, c’est surtout General Electric qui servira de terrain d’illustration.

Eric Ries nous a concocté un tome de belle facture : couverture rigide et un texte articulé en 3 parties, sur 11 chapitres totalisant 350 pages auxquelles il faut rajouter les annexes. La première partie s’intitule « the modern company » et compte 5 chapitres, soit 120 pages environ. Le premier chapitre occupe une vingtaine de pages. Il y est question de « respecter le présent et inventer le future ». Ici l’auteur campe le décor : l’incapacité des acteurs traditionnels à gérer l’incertitude et le rôle du leader. L’auteur met en contraste les entreprises modernes et classiques. Pour se faire, Eric Ries revient à ce qu’il connait bien : raconter des histoires.

Le second chapitre compte également une vingtaine de pages. L’auteur y introduit son thème préféré : le rôle de l’entrepreneur (ou intrapreneur) au sein de l’entreprise : il s’agit d’une fonction orthogonale aux services transverses de l’entreprise. Toujours sur 20 pages, le chapitre 3 s’inscrit en direct continuité : comment introduire l’état d’esprit startup au sein même de l’entreprise ? Cela implique une vision et des indicateurs associés mais aussi inscrire l’entreprenariat comme une cheminement de carrière.

Le chapitre 4 est entièrement consacré au Lean Startup, sur plus d’une trentaine de pages. On pourrait penser qu’il s’agit d’un petit condensé du live éponyme ? Il n’en est rien. L’auteur a eu le temps en 7 ans de faire maturer ses idées, de prendre du recul et la mécanique du Lean Startup y est évoquée avec plus de profondeur : la formulation d’hypothèse, les différents niveaux de pivot (en plus des différents types), etc. Un très bon chapitre. Le chapitre 5, qui clôt cette première partie, présente le « startup way », c’est-à-dire le LS à l’échelle. On appréciera la « pyramide des fondations » et la « Startup Way House » à l’image de la maison Toyota…

La seconde partie s’intitule « A roadmap for transformation ». Elle ne compte que 4 chapitre mais occupe un peu plus de 160 pages. La phase un de cette transformation est intitulée « masse critique ». Elle est développée au long des 40 pages du chapitre 6. Pour enclencher une transformation, il faut avoir un noyau de personnes et de projets : juste suffisamment pour que cela inspire le reste de l’organisation et ne soit pas considéré comme un phénomène isolé. L’énergie de la transformation vient de la stratégie, de la vision, mais surtout des crises, c’est-à-dire de l’urgence de la transformation ! Ensuite vient la seconde phase : le scaling, décrit au chapitre 7. Il nécessite la mise en place d’un programme, avec un funding mesuré, quasiment frugal. Il nécessite surtout la mise en place d’une solide structure de mentoring.

La 3ème phase est l’objet du chapitre 8, auquel 40 pages sont consacrées. Dans « deep system », l’auteur évoque comment rendre ce changement culturel persistant dans la durée. L’impression que j’en retire est qu’il s’agit essentiellement de réflexions spéculatives. Le chapitre est assez peu convaincant. Le dernier chapitre de cette seconde partie « innovation accounting » reprends sur 35 pages et de manière mieux structurés certains des thèmes du précédent ouvrage d’Eric Ries. Comment faire de l’innovation un but structurel de l’entreprise ? Comment la mesurer et en mesurer les progrès ? Comment la récompenser ? Nous sommes ici sur ce que je pense être véritablement les avancées du moment du Lean Startup.

La 3ème partie du livre est dédiée à la « big picture ». Elle occupe 2 chapitres sur 45 pages. Au chapitre 10, l’auteur nous délivre sa « théorie unifiée de l’entreprenariat ». Selon cette théorie, l’entreprise doit devenir une pépinière à entrepreneurs, leur permettre de créer des produits, internes ou externes et de leur permettre d’avoir une place au conseil d’administration. Un propos également dans la continuité du précédent ouvrage. L’auteur poursuit ce même propos sur la fonction publique, bien qu’avec des objectifs différents : couverture médicale, revenu universel, etc. Il faut dire qu’Eric Ries est un Démocrate militant.

Tout le livre n’est pas convainquant, mais on trouve un prolongement intéressant du Lean Startup, même si faire de ce texte l’alter ego de « The Toyota Way » n’est probablement pas atteint. Eric Ries n’a pas perdu son talent de raconteur et ce texte sera tout autant une lecture agréable. Ce le fut pour moi.

The Startup Way, par Eric Ries

Référence complète : The Startup Way – Eric Ries – Portfolio Penguin 2017 – ISBN : 978 0 241 19724 0

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