Note de lecture : Comment leur dire … La Process Communication 2nd édition, par Gérard Collignon

Note : 4 ; Un tour assez honnête de la Process Com, mais qui en garde sous le pied.

La process com est un des outils fortement médiatisés du coaching. Il m’apparaissait important d’attaquer ce domaine par un ouvrage adéquat. Mais la process com, c’est aussi un business model, et c’est là que cela se gâte. Voyons cela.

Le texte compte 260 sur 13 chapitres, le tout structuré en 2 parties. La première d’entre-elles, consacrée aux fondements couvre 150 pages sur 8 chapitres. Les types de personnalité, abordés au premier chapitre est un élément primordial de la Process Com. C’est bien illustré ici, via le fil rouge de l’ouvrage. Le style est un peu ampoulé, mais ça passe. C’est assez logiquement que le second chapitre est là pour expliquer la structure de personnalité, la fameuse pyramide de la Process Com, en expliquant les concepts de phase et de base, par exemple. C’est clair mais cela donne une impression de superficialité, en étant trop descriptif et pas assez explicatif. Le biais « plaquette publicitaire » commence à apparaitre.

Le chapitre 3 revient sur les types de personnalité en détaillant leurs besoins. Étrange d’avoir placé ce chapitre ici et non dans la continuité du premier. Cela apporte certes quelques éclaircissements, mais sans être éblouissant pour autant. On rentre dans des considérations un peu complexes au chapitre 4 avec les canaux de communication : différents types de canaux de communication (nourricier, informatif, émotif, etc.) fonctionnant ou ne fonctionnant pas avec des « parties de personnalité (directeur, ordinateur, protecteur, etc.) et bien sûr… Chaque type de personnalité a une partie de personnalité prédominante. Intéressant, mais bien complexe à utiliser dans la réalité.

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Note de lecture : Coaching d’équipe, par Alain Cardon

Note : 4 ; Heureusement qu’il y a des exemples…

J’ai toujours une certaine appréhension à aborder un livre traitant de coaching, et plus encore quand il s’agit d’un livre en Français. Quand celui-ci se prétend « résolument pratique », cela veut dire qu’il sera juste un peu moins abscons que d’habitude. Et oui, c’est dans ce cadre que nous allons jouer.

Disons que ce livre est au standard des ouvrages de coaching, avec 250 pages. Seulement 10 chapitres en tout (en comptant introduction, conclusion et annexe). L’introduction tente de cadrer l’objet de ce livre, à savoir coacher les équipes. OK, c’est différent du coaching individuel, mais au-delà de cela, cela reste assez flou avec une description assez ésotérique du sujet. Hélas, cela va souvent être comme cela dans la suite du livre…

Le chapitre 1 « contexte d’intervention » nous précise 2/3 choses. Tout d’abord que le livre va être entièrement dédié aux réunions (avec en fait un focus plus fort sur les réunions de dirigeants) et que les relations entre les membres de l’équipe sont un élément important, spécialement la relation au leader, et qu’il faut faire attention à ne pas rentrer dans le jeu. Bref, ce n’est pas mal, mais ça ne vaut pas 30 pages. Éléments appréciables que l’on retrouvera tout au long du livre : les rubriques « exemple » et « pièges à éviter » : non seulement il donne vie au texte avec des éléments concrets (qui manquent cruellement par ailleurs), mais on perçoit aisément qu’ils viennent de la longue expérience de l’auteur.

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Note de lecture : Le Mentoring Minute, par Ken Blanchard & Claire Diaz-Ortiz

Note 6 ; Les clés du mentoring, version succincte mais hélas un peu superficielle…

Dans la veine des autres « ouvrages minutes », celui-ci nous invite, par le truchement de deux personnages, à découvrir l’art du mentoring. C’est une bonne introduction au sujet. C’est un court opuscule d’environ 140 pages en petit format. L’approche « story telling » aide à en faire un texte qui s’avale très rapidement.

La relation de mentorat est différente de la relation de coaching, il s’agit d’une posture plus haute sans être infantilisante. Dans ce récit, le mentoré traverse une crise de doute qui l’empêche de dicerner le prochain pas à faire. Le mentor est quelqu’un de très expérimenté qui cherche à faire profiter de son expérience à de plus jeunes. Mentor et mentoré profitent tous deux de cette relation et c’est un des points qui est mis en relief ici. Alors qu’en coaching, le coaché doit lui-même trouver son chemin, le mentor peut proposer des possibilités, éclairer le mentoré de son expérience, mais il ne doit pas lui imposer une issue toute prête.

Coaching et mentoring partagent cependant des traits communs : dans les deux cas il est nécessaire de définir la mission. Un climat de confiance doit s’établir entre les deux parties, sans cela rien n’est possible. Enfin dans les deux cas l’accompagnement s’organise en terme de rythmicité et de mode opératoire.

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Note de lecture : Faites vous-même votre malheur, par Paul Watzlawick

Note : 6 ; Une étude profonde et pertinente menée sous le couvert du sarcasme.

Ce livre est un essai, dans les deux sens du terme. Un essai par la taille du livre et par la forme : juste 115 pages en format de poche, au style volontairement sarcastique. Un essai aussi pour moi, car cela fait un certain temps que j’entends parler de Paul Watzlawick et de l’école de Palo Alto.

Cet opuscule est à prendre au second degrés et il faut lire entre les lignes les messages acérés de l’auteur sur le comportement humain, à savoir (et cette fois très sérieusement) sa capacité à fabriquer lui-même son malheur. On notera au passage :

  • La capacité d’autosuggestion, qui nous permet de fabriquer des postulats, s’appuyant eux-mêmes sur des postulats entre-temps transformés en certitudes !
  • Les conduites d’évitements, qui transforment coïncidences en corrélations, grâce à notre cécité sélective.
  • Toujours grâce à notre cécité sélective, les prédictions auto-vérifiantes, qui nous permettent de dramatiser à l’excès les évènements.

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Note de lecture : Les mots sont des fenêtres, par Marshall B. Rosenberg

Note : 10 ; Quand la CNV se révèle être bien plus qu’une technique de communication et l’auteur nous partager sa propre expérience de ce savoir-être. Book of the year 2017 !

Cela fait maintenant quelques années que je croise la route de coaches me parlant de CNV. Ce livre est le classique de cette technique, et c’est bien ce que je pensais avoir entre les mains : un livre détaillant cette technique. Oui, mais en fin de compte, pas seulement.

Le livre ne paie pas de mine, le format réduit compensant les 300 pages, au total il ne s’agit pas d’une lecture volumineuse. On appréciera le découpage en 14 chapitres qui donne un bon rythme à lecture. Il faut y ajouter préface et épilogue que l’on aurait bien tort d’oublier. Justement, le premier indice est la préface à la seconde édition « les leçons de mon grand-père ». Un titre peu avenant, sauf que le grand-père en question est le Mahatma Gandhi !

Au premier chapitre, on s’attend à trouver une vue générale du processus de la communication non-violente. On y trouve bien une description des 4 composante, mais le titre même du chapitre « l’élan du cœur » donne le ton : c’est d’attitude, de comportements fondamentaux dont il sera question. Le texte est délibérément rédigé à la première personne et fourmille d’histoires personnelles de l’auteur. C’est bien notre cœur que l’auteur veut toucher, et il y parvient.

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Note de lecture : Les six chapeaux de la réflexion, par Edward De Bono

Note 7 ; Un excellent outil de facilitation et un très bon texte, auquel il manque hélas un aspect de mise en pratique.

Edward de Bono ne tari pas d’éloge à propos de sa méthode qu’il considère pratiquement comme l’une des créations majeures du 20ème siècle. Sans aller jusque là, l’approche de la pensée parallèle a d’excellente vertus par rapport à la confrontation et l’argumentation qui ressemblent trop souvent à des jeux à somme nulle !

Le livre est très vite lu : un format réduit et 200 pages saucissonnées en 43 très petits chapitres y contribuent. 3 chapitres introductifs et un dédié à la conclusion encadrent l’essentiel de la prose regroupées en 6 six sections : une par chapeau. Les 3 premiers chapitres font un peu « dépliant publicitaire ». Toutefois, le premier éclaire bien sur la notion de pensée parallèle que l’auteur oppose à l’change argumenté de Socrate. Et le second nous donne un tour d’horizon fort correct de la signification des chapeaux.

On commence avec le chapeau blanc, celui des faits et des chiffres. Il requiert de l’impartialité, des questions précises excluant toute interprétations. L’un des mérites du chapeau blanc est de séparer l’opinion des faits : il y a d’autres chapeaux pour partager une opinion ou faire part d’une croyance.

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Note de lecture : Host, Six new roles of engagement, par Mark McKergow & Helen Bailey

Note : 7 ; Dans la continuité du Solution Focus

Mark McKergow n’est pas un inconnu de la communauté du Solution Focus, il a pratiquement fait émergé celle-ci depuis le monde de la thérapie. Le Host Leadership s’inscrit dans cette continuité. Il s’agit aussi d’un des sujets fétiches de mes amis Géry Derbier et Laurent Sarrazin, cette lecture ne pouvait donc m’échapper !

Le host leadership s’inscrit en opposition au leadership directif et propose une alternative, ou plutôt une évolution du modèle « servant leadership ». En alternant en fonction des situations postures hautes et basses, il cherche à résoudre les paradoxes et dilemmes du leader moderne. C’est là le sujet du premier chapitre du livre.

Pourquoi utiliser la métaphore de l’hôte ? Elle semble appropriée car les auteurs admettent qu’il existe des moments, ou plutôt des moments au sein de rôles où le leader doit prendre les rennes, et d’autres où il doit s’effacer pour permettre l’auto-organisation du groupe. Il s’agit d’une posture plus riche et plus complexe que celle du servant leadership. La métaphore de l’hôte permet de s’approprier cette posture : il s’agit d’une notion très ancienne porteuse non seulement de postures mais aussi de valeurs comme nous le rappellent les auteurs au second chapitre.

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Note de lecture : Scrum Mastery, par Geoff Watts

Note : 7 ; Les postures Scrum Master, illustrées par du story telling.

Cela faisait déjà un moment que j’entendais parler de ce livre, il était temps de lui faire un sort. Comme son titre l’indique bien, ce volume traite du boulot et de la posture du Scrum Master, le texte n’explique pas Scrum (il y a bien 3 pages là-dessus en annexe, mais bon…). Le texte part du principe que la connaissance de Scrum est acquise. La démarche (car il y a une démarche de Scrum Mastery) sur laquelle s’appuie l’auteur emprunte l’acronyme RE-TRAINED. C’est sur cet acronyme que s’articule le livre. Il compte 270 pages, mais compte tenu du format et de la mise en page très aérée (sans compter la qualité de la prose, cela se lit très bien.

R, comme « Respected ». Cette partie compte 3 « patterns », ainsi que je les appelleraient. Je retiens principalement de cette partie la notion de confiance, et plus particulièrement de faire confiance à l’équipe. Je retiens aussi l’acronyme AID (qui nous vient du « Tao of Coaching ») : Action, Impact et Desired Outcomes.
Le E est pour « Enabling ». 3 patterns également ici. De cette partie, mon take-away sera le modèle de maturité proposé par l’auteur. Il aborde aussi le sérieux problème du proxy : l’auteur n’aime pas le concept.

Le T signifie « Tactful ». La « fable des 2 Scrums » en début de partie va servir de point d’ancrage à d’autres parties. L’auteur nous conduit également à utiliser les silences à bon escient, un art plus difficile qu’il n’y paraît et de poser les bonnes questions pour que l’équipe prenne elle-même conscience de ses travers.

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Note de lecture : Change your Questions Change your Life 3rd edition, par Marilee Adams

Note : 9 ; Un très bon ouvrage de coaching centré sur le questionnement.

L’art du questionnement un aspect clé, non seulement en coaching agile, mais aussi dans des activité comme le product management, j’en suis convaincu depuis longtemps. Jusqu’ici je n’ai trouvé que des outils assez ponctuels comme les « powerful questions » de Debra Preuss. Avec cet ouvrage, c’est une véritable approche structurée, le « question storming » qui nous est proposée.

Le texte est fort de 12 chapitres complétant 180 pages et d’un petit workbook en annexe regroupant les 12 principaux outils mis en œuvre dans le corps du texte. Les 12 chapitres ne sont pas individuels, si chacun comporte un thème, il s’agit en fait d’une histoire, celle de Ben Knight, manager fraichement promu par Alexa, chez QTech. Ben est en situation d’échec et s’apprête à poser sa démission. Une situation qui rappelle celle du « Phoenix Project ». C’est ainsi que nous faisons la connaissance du coach, Joseph S. Edwards, qui nous introduit au Question Thinking. Le Question Thinking, c’est trouver de meilleurs questions, des questions qui ouvrent de multiples possibilités, pour obtenir de meilleurs résultats.

Le chapitre 3 introduit le « choice map » dont le trait principal est l’opposition du « judger minset » et du « learner mindset ». Notre premier reflexe est celui de juger et cette carte est là pour nous aider à réorienter notre approche, du jugeant vers l’apprenant. Toutefois, comme nous l’apprends le 4ème chapitre, nous sommes tous des jugeants qui cherchent à s’en sortir. Aussi faut-il l’accepter et savoir repérer nos moments de jugements pour nous réorienter. C’est sur ce dernier point que se focalise le chapitre 6 : les question permettant de « switcher » du jugeant vers l’apprenant. Le chapitre 7 y ajoute un outil, le « ABCD process » pour questionner nos postulats.

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