Note de lecture : Faites vous-même votre malheur, par Paul Watzlawick

Note : 6 ; Une étude profonde et pertinente menée sous le couvert du sarcasme.

Ce livre est un essai, dans les deux sens du terme. Un essai par la taille du livre et par la forme : juste 115 pages en format de poche, au style volontairement sarcastique. Un essai aussi pour moi, car cela fait un certain temps que j’entends parler de Paul Watzlawick et de l’école de Palo Alto.

Cet opuscule est à prendre au second degrés et il faut lire entre les lignes les messages acérés de l’auteur sur le comportement humain, à savoir (et cette fois très sérieusement) sa capacité à fabriquer lui-même son malheur. On notera au passage :

  • La capacité d’autosuggestion, qui nous permet de fabriquer des postulats, s’appuyant eux-mêmes sur des postulats entre-temps transformés en certitudes !
  • Les conduites d’évitements, qui transforment coïncidences en corrélations, grâce à notre cécité sélective.
  • Toujours grâce à notre cécité sélective, les prédictions auto-vérifiantes, qui nous permettent de dramatiser à l’excès les évènements.

Lire la suite

Publicités

Note de lecture : Les mots sont des fenêtres, par Marshall B. Rosenberg

Note : 10 ; Quand la CNV se révèle être bien plus qu’une technique de communication et l’auteur nous partager sa propre expérience de ce savoir-être. Book of the year 2017 !

Cela fait maintenant quelques années que je croise la route de coaches me parlant de CNV. Ce livre est le classique de cette technique, et c’est bien ce que je pensais avoir entre les mains : un livre détaillant cette technique. Oui, mais en fin de compte, pas seulement.

Le livre ne paie pas de mine, le format réduit compensant les 300 pages, au total il ne s’agit pas d’une lecture volumineuse. On appréciera le découpage en 14 chapitres qui donne un bon rythme à lecture. Il faut y ajouter préface et épilogue que l’on aurait bien tort d’oublier. Justement, le premier indice est la préface à la seconde édition « les leçons de mon grand-père ». Un titre peu avenant, sauf que le grand-père en question est le Mahatma Gandhi !

Au premier chapitre, on s’attend à trouver une vue générale du processus de la communication non-violente. On y trouve bien une description des 4 composante, mais le titre même du chapitre « l’élan du cœur » donne le ton : c’est d’attitude, de comportements fondamentaux dont il sera question. Le texte est délibérément rédigé à la première personne et fourmille d’histoires personnelles de l’auteur. C’est bien notre cœur que l’auteur veut toucher, et il y parvient.

Lire la suite

Note de lecture : Les six chapeaux de la réflexion, par Edward De Bono

Note 7 ; Un excellent outil de facilitation et un très bon texte, auquel il manque hélas un aspect de mise en pratique.

Edward de Bono ne tari pas d’éloge à propos de sa méthode qu’il considère pratiquement comme l’une des créations majeures du 20ème siècle. Sans aller jusque là, l’approche de la pensée parallèle a d’excellente vertus par rapport à la confrontation et l’argumentation qui ressemblent trop souvent à des jeux à somme nulle !

Le livre est très vite lu : un format réduit et 200 pages saucissonnées en 43 très petits chapitres y contribuent. 3 chapitres introductifs et un dédié à la conclusion encadrent l’essentiel de la prose regroupées en 6 six sections : une par chapeau. Les 3 premiers chapitres font un peu « dépliant publicitaire ». Toutefois, le premier éclaire bien sur la notion de pensée parallèle que l’auteur oppose à l’change argumenté de Socrate. Et le second nous donne un tour d’horizon fort correct de la signification des chapeaux.

On commence avec le chapeau blanc, celui des faits et des chiffres. Il requiert de l’impartialité, des questions précises excluant toute interprétations. L’un des mérites du chapeau blanc est de séparer l’opinion des faits : il y a d’autres chapeaux pour partager une opinion ou faire part d’une croyance.

Lire la suite

Note de lecture : Host, Six new roles of engagement, par Mark McKergow & Helen Bailey

Note : 7 ; Dans la continuité du Solution Focus

Mark McKergow n’est pas un inconnu de la communauté du Solution Focus, il a pratiquement fait émergé celle-ci depuis le monde de la thérapie. Le Host Leadership s’inscrit dans cette continuité. Il s’agit aussi d’un des sujets fétiches de mes amis Géry Derbier et Laurent Sarrazin, cette lecture ne pouvait donc m’échapper !

Le host leadership s’inscrit en opposition au leadership directif et propose une alternative, ou plutôt une évolution du modèle « servant leadership ». En alternant en fonction des situations postures hautes et basses, il cherche à résoudre les paradoxes et dilemmes du leader moderne. C’est là le sujet du premier chapitre du livre.

Pourquoi utiliser la métaphore de l’hôte ? Elle semble appropriée car les auteurs admettent qu’il existe des moments, ou plutôt des moments au sein de rôles où le leader doit prendre les rennes, et d’autres où il doit s’effacer pour permettre l’auto-organisation du groupe. Il s’agit d’une posture plus riche et plus complexe que celle du servant leadership. La métaphore de l’hôte permet de s’approprier cette posture : il s’agit d’une notion très ancienne porteuse non seulement de postures mais aussi de valeurs comme nous le rappellent les auteurs au second chapitre.

Lire la suite

Note de lecture : Scrum Mastery, par Geoff Watts

Note : 7 ; Les postures Scrum Master, illustrées par du story telling.

Cela faisait déjà un moment que j’entendais parler de ce livre, il était temps de lui faire un sort. Comme son titre l’indique bien, ce volume traite du boulot et de la posture du Scrum Master, le texte n’explique pas Scrum (il y a bien 3 pages là-dessus en annexe, mais bon…). Le texte part du principe que la connaissance de Scrum est acquise. La démarche (car il y a une démarche de Scrum Mastery) sur laquelle s’appuie l’auteur emprunte l’acronyme RE-TRAINED. C’est sur cet acronyme que s’articule le livre. Il compte 270 pages, mais compte tenu du format et de la mise en page très aérée (sans compter la qualité de la prose, cela se lit très bien.

R, comme « Respected ». Cette partie compte 3 « patterns », ainsi que je les appelleraient. Je retiens principalement de cette partie la notion de confiance, et plus particulièrement de faire confiance à l’équipe. Je retiens aussi l’acronyme AID (qui nous vient du « Tao of Coaching ») : Action, Impact et Desired Outcomes.
Le E est pour « Enabling ». 3 patterns également ici. De cette partie, mon take-away sera le modèle de maturité proposé par l’auteur. Il aborde aussi le sérieux problème du proxy : l’auteur n’aime pas le concept.

Le T signifie « Tactful ». La « fable des 2 Scrums » en début de partie va servir de point d’ancrage à d’autres parties. L’auteur nous conduit également à utiliser les silences à bon escient, un art plus difficile qu’il n’y paraît et de poser les bonnes questions pour que l’équipe prenne elle-même conscience de ses travers.

Lire la suite

Note de lecture : Change your Questions Change your Life 3rd edition, par Marilee Adams

Note : 9 ; Un très bon ouvrage de coaching centré sur le questionnement.

L’art du questionnement un aspect clé, non seulement en coaching agile, mais aussi dans des activité comme le product management, j’en suis convaincu depuis longtemps. Jusqu’ici je n’ai trouvé que des outils assez ponctuels comme les « powerful questions » de Debra Preuss. Avec cet ouvrage, c’est une véritable approche structurée, le « question storming » qui nous est proposée.

Le texte est fort de 12 chapitres complétant 180 pages et d’un petit workbook en annexe regroupant les 12 principaux outils mis en œuvre dans le corps du texte. Les 12 chapitres ne sont pas individuels, si chacun comporte un thème, il s’agit en fait d’une histoire, celle de Ben Knight, manager fraichement promu par Alexa, chez QTech. Ben est en situation d’échec et s’apprête à poser sa démission. Une situation qui rappelle celle du « Phoenix Project ». C’est ainsi que nous faisons la connaissance du coach, Joseph S. Edwards, qui nous introduit au Question Thinking. Le Question Thinking, c’est trouver de meilleurs questions, des questions qui ouvrent de multiples possibilités, pour obtenir de meilleurs résultats.

Le chapitre 3 introduit le « choice map » dont le trait principal est l’opposition du « judger minset » et du « learner mindset ». Notre premier reflexe est celui de juger et cette carte est là pour nous aider à réorienter notre approche, du jugeant vers l’apprenant. Toutefois, comme nous l’apprends le 4ème chapitre, nous sommes tous des jugeants qui cherchent à s’en sortir. Aussi faut-il l’accepter et savoir repérer nos moments de jugements pour nous réorienter. C’est sur ce dernier point que se focalise le chapitre 6 : les question permettant de « switcher » du jugeant vers l’apprenant. Le chapitre 7 y ajoute un outil, le « ABCD process » pour questionner nos postulats.

Lire la suite

Note de lecture : Solution Focus : Coaching, Leadership, Conversations Constructives, par Géry Derbier

Note : 8 ; Plus qu’un livre, une invitation.

Géry est un passionné du coaching Solution Focus. Il était fatal qu’il nous gratifie un jour ou l’autre de ce petit livre. Petit, il l’est par le format qui est tout de même bien supérieur au format de poche. Il l’est surtout par le nombre de pages qui excède à peine la centaine. L’ensemble est découpé en une dizaine de chapitres, ce qui laisse augurer d’un rythme de lecture plutôt agréable.

Passé l’introduction, la chapitre « principes » pose les fondements de l’approche orienté solution, à savoir… le langage de la solution. L’auteur met l’accent avec force sur l’opposition entre le langage du problème et le langage de la solution. Il nous gratifie même d’un petit dialogue illustrant cela : une pratique que l’on verra se répéter avec plus d’ampleur dans les chapitre suivant. Autre pratique que l’on verra se répéter : les petits exercices que Géry nous propose pour refermer le chapitre. Parmi les éléments à retenir : faire SIMPLE, la métaphore du canard et du lapin (dont l’essence nous vient d’un des auteurs favoris de Géry : Wittgenstein) et EOLE, un acronyme qu’il a lui-même construit. Tout cela commence fort bien !

Avec le second chapitre, on est déjà dans le cœur du sujet : « s’embarquer pour une destination ». Le chapitre ne compte que 8 pages, mais l’auteur nous y décompose la construction de l’objectif autour de cette question clé : « qu’espères-tu de mieux ? ». Si les petits dialogues illustratifs sont bien là, point d’exercice pour cette fois-ci. La construction du futur préféré, qui est l’étape suivante est couverte en seulement 6 pages. Géry s’attarde beaucoup sur l’angle de cette description, à savoir celle des manifestations et des interactions, avec le maximum de détails permettant de rendre ce futur aussi tangible que possible. Ce chapitre n’est illustré que d’un seul dialogue. C’est déjà ça me direz-vous, il aurait probablement été possible de faire un peu mieux. Les exercices proposés sont quand à eux plutôt créatifs et faciles à mettre en œuvre.

Lire la suite

Note de lecture : Les Quatre Accords Toltèques, par Don Miguel Ruiz

Note : 3 ; Esotérique

Cet ouvrage est un classique du coaching agile. Et une précision s’impose qui va expliquer beaucoup de choses : Don Miguel Ruiz est un chaman ! En eux-mêmes, les 4 accords Toltèques sont un guide remarquablement simple et bien pensé :

  • Que ta parole soit impeccable : est l’accord principal (peut être le seul d’ailleurs) qui a trait à la congruence et l’honnêteté fondamentale. Par  » impeccable « , Don Miguel Ruiz signifie  » sans pêché « . Oui, on touche déjà à l’ésotérique. Mais j’y reviendrais.
  • Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle : Signifie qu’un avis ou une action n’engage que celui qui l’émet. C’est en fait évident, mais on l’a bien souvent perdu de vue. Avec cela en tête, on peut réagir plus calmement, parfois même comprendre le message sous-jacent aux paroles de l’autre.

Lire la suite

Note de lecture : La PNL, par Catherine Cudicio

Note : 3 ; Le propos est peu compréhensible, mais les nombreux exercices sauvent un ou deux points.

Je devrais sans douté éviter à l’avenir ces petits livres de chez Eyrolles. Certes, la lecture est rapide, mais ils sont des sources récurrentes de déception ! Celui-ci ne fait pas exception : la dernière page fermée, je n’ai toujours pas une très bonne idée de ce qu’est la PNL !

En lui-même, le livre est en effet succinct : 180 pages (sur un format assez petit) sur 7 chapitres plus une introduction. Cette dernière fait un assez bon boulot pour camper le décors, c’est à dire ce sur quoi s’appuie la PNL mais aussi un bref aperçu historique.

Le premier chapitre est consacré au VAK (visuel, auditif et kinesthésique) et donne quelques clés sur le manière de repérer la dominance. La notion de « calibrage » par laquelle se termine le chapitre reste un peu trop stratosphérique pour moi. Pas non plus évident d’exploiter ce qui est dit ici… Entrer en contact est le sujet du second chapitre qui se limite à 16 pages. Ce sujet s’intéresse non seulement à la distance conversationnelle qui varie en proximité et en posture en fonction de la dominante VAK, mais aussi au mimétisme comportemental.

Lire la suite

Note de lecture : The Thin Book of Appreciative Inquiry, par Sue Annis Hammond

Note : 6 ; Fin, il l’est. Clair aussi, et également frustrant.

L’appréciative inquiry est en quelque sorte le petit frère du Solution Focus. L’objectif était bien pour moi une lecture rapide sur le sujet. Avec 49 pages, ce volume m’a semblé tenir ses promesses. Passé l’introduction (qu’est-ce que l’appréciative inquiry ?) le reste du livre (environ 35 pages) est divisé en 3 grandes parties. Chacun est tout à fait clair sur son objectif et son contenu.

La première partie est consacré aux 4 suppositions qui forment la base de l’approche.

  • Dans chaque organisation, société ou groupe, il y a quelque chose qui marche.
  • Ce sur quoi nous nous focalisons devient notre réalité. C’est le langage que nous utilisons qui façonne notre réalité.
  • La réalité est créée sur le moment, et il y a de multiples réalités.
  • L’acte de poser une question sur un groupe ou une organisation influence celle-ci d’une certaine façon.
  • Les individus ont d’avantage confiance dans le futur quand ils embarquent une partie de leur passé. Donc, il est préférable que ces parties soient les meilleures de notre passé.
  • Il est important de valoriser les différences.

Lire la suite