Note de lecture : The Black Swan 2nd edt., par Nassim Nicholas Taleb

Note : 6 ; Un texte majeur, mais une prose toujours aussi difficile à aborder !

Ce nouvel opus de Nassim Taleb s’inscrit dans la suite de « Fooled by Randomness » et se focalise cette fois sur les évènements hautement improbables.

Le texte couvre 380 pages hors annexes (elles sont très volumineuses), mais cela m’a paru bien plus long ! Il est structuré en 28 chapitres regroupés en 5 parties. La première partie qui compte 9 chapitres sur 135 pages nous emmène à la recherche de nos validations. Cela nous rappelle beaucoup les biais cognitifs de Daniel Kahneman. Cela est exprimé au chapitre 1 par le « triplet de l’opacité » : l’illusion de la compréhension, la distorsion rétrospective et la surévaluation des faits. Le chapitre 3 introduit 2 concepts majeurs et antinomiques de l’ouvrage : médiocristan et extremistan. Le premier s’appuie sur les évènements courants, et les moyennes tandis que le second met en exergue l’impact des évènements rares. C’est bien évidemment le second qui va intéresser l’auteur. C’est le biais d’interprétation qui va occuper le chapitre 6. Ici, l’auteur part en croisade contre les analyses de causalités induits par ce biais.

Y faisant écho, les « preuves silencieuses » abordées au chapitre 8. C’est l’histoire, telle qu’elle est enseignée qui est critiquée ici : elle raconte une suite d’évènements occultant les preuves silencieuses avec une analyse de causalité construite à postériori !

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Note de lecture : Nudge : Comment inspirer la bonne décision, par Richard H. Thaller & Cass R. Sunstein

Note : 4 ; Un texte qui a bien du mal à garder le cap sur son propos central.

Le « nudge », c’est le coup de pouce pour inciter l’utilisateur à prendre une décision. Il peut être bienveillant ou moins avouable. Dans cet ouvrage, les auteurs défendent l’incitation bienveillante sans réfuter toutefois que l’inverse existe. En tant qu’économistes (et même prix Nobel d’économie) ils défendent farouchement la liberté de choix et une économie farouchement libérale. Ils qualifient leur positionnement de « paternalistes libertaires », le premier terme ayant trait au « coup de pouce » que colore leur positionnement économique.

Le texte compte 410 pages composés de 16 chapitres, eux-mêmes regroupés en 4 parties. Au vu du sujet, c’est un volume que l’on peut qualifier de conséquent, eut égard au sujet. La lecture du texte viendra confirmer cette impression. La première partie « Econe et simples mortels » présente, sur 5 chapitres, la « méthode douce » en allant crescendo. On retrouve au premier chapitre de nombreux éléments d’économie comportementale, avec un certain nombre de biais très bien illustrés. Le second chapitre nous rapproche doucement du sujet central : il y est question de la tentation et des choix irréfléchis. Nous savons que nous opérons un mauvais choix, mais cédons à la tentation en l’absence de freins et en rationalisant nos actes.

Au troisième chapitre il va être question des comportements grégaires, c’est-à-dire de notre inclinaison à suivre les autres. Pris dans l’autre sens, l’incitation sociale est une manière d’infléchir justement les comportements. Nous sommes déjà dans « l’incitation douce ». Cadrer les contextes d’application de l’incitation douce est l’objet du chapitre 4. Pour le résumer, il s’agit des cas de figure où le bénéfice de l’action apparait plus tard et non immédiatement comme dans le cas de la tentation vue précédemment. Cette première partie se clôt sur un élément majeur de l’ouvrage : ce que les auteurs appellent « l’architecture du choix ». Si les éléments de structuration y sont présents (choix par défaut, retour d’information, etc.), ce chapitre est plutôt orienté narratif là où une organisation permettant de mieux repérer les éléments de cette architecture aurait été préférable.

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Note de lecture : Rupture Douce saison 04, Laurent Sarrazin edt.

Note : 3 ; Où l’on tourne beaucoup autour du host leadership et des retours d’expérience

De prime abord, ce nouvel opus fait un peu peur avec ses 550 pages. A y regarder de près, imprimé avec une taille de police adaptée aux générations vieillissantes, c’est moins le cas. Et finalement, en ayant avalé cette prose en quelque jours, le texte ne résiste pas tant que cela sous la dent. Mais est-ce une bonne nouvelle ?

Ce nouvel opus a une coloration très « solution focus ». En soi, ce n’est pas une mauvaise nouvelle. Hélas la plupart des textes n’apportent guère de contribution tangible. Je vais donc me concentrer ici sur les apports que j’ai identifiés.

Le questionnement est toujours un bon outil si il est bien utilisé. Les « questions constructives » de Laurent Sarrazin et Géry Derbier nous en fournissent un petit lot en quelques pages, c’est bien pratique et c’est bien vu. Et c’est bien sûr résolument « solution focus » ! La « cuisine sans recette » est une approche de coaching un peu trop perché pour moi. Le storytelling est aussi un peu trop verbeux à mon goût même si j’avoue qu’il est bien écrit. Mais le texte évoque brièvement la « fenêtre de Johari », une approche instructive à découvrir.

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