There is only one way to avoid criticism: do nothing, say nothing & be nothing.

Aristote

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Note de lecture : Free ! Comment marche l’économie du gratuit, par Chris Anderson

Note : 6 ; Pas assez abouti pour faire vraiment référence mais de nombreuses pépites … et des exemples qui mériteraient une édition rafraîchie !

Décortiquer le, ou plutôt les modèles du gratuit, expliquer pourquoi il est viable et même inéluctable, voilà l’objectif affiché de ce livre.

D’abord il y a le « vieux gratuit » et le « nouveau gratuit ». Le vieux gratuit, c’est du faux gratuit, dissimulé dans le prix d’achat d’un autre produit ou d’un service. Cela existe toujours, par exemple avec les abonnements mobiles qui « offrent » un téléphone gratuit. Le nouveau gratuit, c’est du vrai gratuit, où la rémunération s’effectue autrement. Pour l’auteur, la clé est ce qu’il appelle les marchés d’abondance, ceux dont les ressources sont tellement importantes qu’elles réduisent les coûts marginaux à leur plus simple expression. Dans cette configuration, pourquoi ne pas simplifier encore et fixer le prix à zéro plutôt qu’à « proche de zéro » ? Il y a une grande différence entre zéro et le dernier centime, comme nous l’a montré Dan Ariely. Le dernier centime continue d’appeler une réflexion, un coût de transaction mental. Aujourd’hui, le coût marginal proche de zéro est poussé à toute vitesse par le numérique : coût du stockage en chute libre, augmentation continue de la bande passante des réseaux et coût de traitement qui continuent de suivre la loi de Moore (qui ne vient pas de Moore comme nous l’apprend l’auteur).
Le modèle gratuit le plus connu est le « freemium » où seule une petite fraction des clients paient. Le gratuit étant là pour élargir l’audience et donc les payeurs potentiels. En annexe, l’auteur nous donne des chiffres du « bon taux de conversion » pour ce modèle.

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Tous Winners ! par Malcolm Gladwell

Note 5 ; Un cocktail de récits passionnants, de faits intéressants mais aussi de points de vue questionnable, voir contestables.

J’avais adoré le « point de bascule ». C’était pour moi un argument suffisant pour m’attaquer à ce nouvel opus. Il n’est pas mauvais, loin s’en faut, mais ce texte pâlit de la comparaison avec le précédant. L’idée est excellente : aller chercher des réussites exceptionnelles, puis décortiquer leurs facteurs de réussite, pour s’apercevoir que, s’il s’agit bel et bien de personnes très brillantes, elles ne sont pas non plus « hors norme » et que d’autres facteurs contextuels ont joué leur rôle (une idée que l’on retrouve dans « le point de bascule »).

290 pages, 9 chapitres en 2 parties, voilà le tarif pour ce petit volume de poche. Cela reste au final une lecture assez rapide, qui se couvre en deux jours assez intenses. La première partie « l’occasion » couvre les 5 premiers chapitres sur 150 pages. C’est aussi pour moi la partie la plus intéressante. Avant même d’aborder cette première partie, Malcom Gladwell nous livre en guise d’introduction, l’histoire de la ville de Rosetto et de ses habitants avec leur santé « hors norme ». Et l’auteur est un excellent conteur, je le savais déjà. Cette introduction nous sert un premier enseignement en guise d’apéritif : les causes ne sont pas toutes intrinsèques : le contexte compte.

Le premier chapitre nous parle de « l’effet Matthieu » (oui, comme l’évangéliste). On pourrait le résumer ainsi : on ne prête qu’aux riches. Cela est illustré une fois encore à l’aide d’un exemple, celui d’une équipe de hockey Canadienne jouant en catégorie Junior au niveau National. Les sélections s’effectuant de Janvier à Décembre pour les plus jeunes, les natifs des premiers mois de l’année partent avec un avantage de développement physique qui se traduit par des entrainements supplémentaires et de fil en aiguille une équipe dont plus de la moitié des joueurs sont nés entre janvier et mars ! C’est hélas vrai dans bien d’autres domaines, dont la scolarité. Cet effet de contexte, on le retrouve dans la règle des 10000 heures que l’auteur illustre avec Bill Gates et les Beatles. Certes ces derniers sont talentueux, mais ils ont pu développer leur jeu en jouant intensément à Hambourg. Tout comme Bill Gates, encore adolescent a pu bénéficier de l’accès à l’un des premiers ordinateurs en temps partagé. Cette pratique intensive est à combiner avec une « fenêtre historique » pour exprimer leur talent. La démonstration est toutefois un peu moins convaincante qu’au premier chapitre.

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Note de lecture : Convainquez qui vous voudrez, par Daniel H. Pink

Note : 7 ; Où l’on comprend la nouvelle posture requise par le “caveat venditor” du 21ème siècle.

Le titre anglais est plus explicite que le titre français : oui, il s’agit bien d’un livre sur la vente ! Mais il s’agit aussi d’un livre de Daniel Pink, alors comme on peut s’y attendre, il va bien au-delà. D’ailleurs s’il parle bien de vente, la cible principale de ce texte est le « commercial sans vente », ce que nous sommes presque tous nous assène l’auteur.

Ce titre n’a peut-être pas le brio de « drive », mais il présente un corpus de compétences et de postures assez intéressant. L’ensemble est emballé dans 250 pages au format poche, format 9 chapitres regroupés en 3 parties. On commence pour la première partie « renaissance d’un commis voyageur » qui nous vaut 65 pages sur 3 chapitres. Le premier est l’occasion de faire connaissance avec Norman Hall, le dernier vendeur au porte à porte… et de commencer à comprendre l’origine de sa disparition. La seconde partie de l’équation est dans le second chapitre : nous sommes tous devenus vendeurs, mais dans le bon sens du terme : agitateur plutôt qu’irritants.

Cette partie se conclut par un chapitre important formant charnière avec le reste de l’ouvrage : l’abolition de la dissymétrie de l’information, nous basculant du « caveat emptor » (à l’acheteur de faire attention, ou le syndrome du vendeur de voiture d’occasion) au « caveat venditor » où c’est au vendeur de faire attention, car son acheteur est informé !

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Note de lecture : Le Management Lean, par Michael Ballé & Godefroy Beauvallet

Note : 6 ; Kaizen sur le « system lean » centré sur le Lean en production

La culture et le système Lean sont des aspects particulièrement difficiles à saisir. C’est bien l’objectif de ce livre assez court : nous faire appréhender ce système, ses subtilités et ses finalités. Pour ce faire, les auteurs nous livrent un ouvrage au format relativement réduit : 230 pages qui équivalent à environ 200 d’un format plus classique. Le tout est structuré en 12 chapitres regroupés en 3 parties.

La première partie, « se mettre au Lean » couvre 80 pages soit 4 chapitres, le tout précédé d’une introduction d’une dizaine de pages, dont l’objectif est tout à la fois de donner une perspective historique que de servir de teaser au reste du livre. Au passage, on casse les jambes du « faux Lean » qui fleurit un peu partout, c’est bien fait ! On commence par du solide au chapitre 1 : une vingtaine de pages consacrées au « Gemba », non temps comme technique, mais comme changement de posture et partie intégrante du PDCA. A lire absolument pour comprendre la vraie nature du Gemba. Le second chapitre évoque la « magie du produit », c’est-à-dire en premier lieu comprendre la valeur du point de vue du client. Le sujet s’accoste au Gemba, car pour cela il faut saisir la manière dont le client utilise le produit pour savoir où introduire la « magie ». Si le chapitre ne creuse pas complètement le sujet, il met le doigt là où c’est important.

Le développement des personnes, sujet du 3ème chapitre est souvent peu évoqué quand on parle du Lean. Dans ce livre, c’est un sujet majeur. Ce chapitre évoque le rôle du manager dans la formation individuelle de son équipe, comme former ses collaborateurs « in situ » en se servant de la résolution de problèmes comme moteur. De nouveau un chapitre solide. A contrario, la réduction du lead-time est un sujet souvent mis en avant. Ce chapitre 4 est consacré à ce sujet : il nous donne les clés pour aborder cette réduction du lead time et profite au passage de l’occasion pour aborder l’une des différences majeures entre la vision Tayloriste et la vision Lean.

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Note de lecture : L’art de la victoire, par Phil Knight

Note : 9 ; Waouh ! Book of the year 2018

Les autobiographies ne sont pas de grands moments de littérature. Et pour de bonnes raisons. Les auteurs en sont des personnalités mais certainement pas des écrivains professionnels. Il en résulte un style ampoulé, un manque de vivacité, de constantes justifications et un point de vue souvent très biaisé.

Mais dans cette autobiographie du créateur de Nike, rien de tout cela. Bien au contraire. Non seulement Phil Knight sait écrire (ou il l’a appris, il semble avoir pris des cours d’écriture), mais il est aussi un conteur formidable. Difficile de reposer le livre un fois la lecture entamée.

L’histoire commence en 1962, avec un voyage à Hawaï, qui deviendra un contact avec le Japon, puis un tour du monde. De là naîtra Blue Ribbon en 1964 et progressivement les premiers complices de Phil Knight : Bowerman, Woodell et Johnson. L’auteur nous partage ses envies, ses doutes et ses obsessions. Son obsession principale, c’est celle d’un « shoe dog », concevoir, fabriquer et vendre les meilleures chaussures d’athlétisme possibles. Son envie : grandir le plus rapidement possible pour battre Adidas, son ennemi de toujours, ce qui l’amènera à être endetté bien au-delà du raisonnable une grande partie de sa vie.
Puis en 1972, avec le recul de Tiger, les chaussures qu’il distribuait depuis 8 ans déjà est venu la décision de créer Nike.

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Note de lecture : Design It ! par Michael Keeling

Note : 5 ; Il aurait été vraiment bien s’il avait été moins abstrait

On trouve de la littérature sur l’architecture agile. Pas beaucoup, mais on en trouve. Mais quand il est question du rôle de l’architecte, il en va autrement. Les approches agiles, centrées sur l’auto-organisation renâclent à en admettre l’existence, et seuls les ouvrages faisant état d’un architecte plus ou moins seul maître à bord (le chef de projet faisant la paperasse indigne de l’Architecte) apparaissent dans les rayonnages.

Le livre de Michael Keeling se positionne ici : une vue agile du rôle de l’architecte. A cet égard, il positionne l’architecte d’avantage comme un facilitateur que comme un directeur (voir un dictateur, le plus souvent). Pour nous convaincre de tout cela, le volume compte pas moins de 310 pages (hors annexes), ce qui semble plutôt conséquent. L’ensemble est structuré en 3 parties totalisant 17 chapitres. La première d’entre-elle, Introducing Software Architecture va compter 2 chapitres et se satisfaire de 25 pages en tout. La douzaine de pages du premier chapitre trace les grandes lignes des missions de l’architecte. C’est concis mais un peu abstrait, sans exemples pour étayer la chose. A ce stade on est confiant, le « Project Lionheart » illustrera cela. On a tort, ce premier chapitre donne un avant-goût du reste.

Design Thinking fundamentals ne parle pas de « Design Thinking » au sens classique du terme. En fait, il est question ici de l’approche globale que propose l’auteur, du travail de l’architecte selon 4 axes :

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