Note de lecture : The Nature of Software Development, par Ron Jeffries

Note : 7 ; Reflexions sur le « pourquoi » et la véritable nature du développement agile.

Deux choses se remarquent immédiatement quand on prend ce livre en main : sa petite taille (par le format et le nombre de pages) et ses illustrations en couleur dues au crayon de Ron Jeffries lui-même ! Les 150 pages de cet opuscule sont vite avalées, d’autant qu’elles sont découpées en pas moins de 22 chapitres, tous illustrés comme je l’ai mentionné. Pas question évidemment de les passer en revue .

L’ouvrage lui-même s’articule en 2 parties inégales : « the circle of values » propose sur un peu plus de 70 pages un ensemble de sujets qui se regroupent de manière cohérente autour de ce thème. La seconde partie « notes and essays » ressemble d’avantage au regroupement d’un ensemble de posts façon « billets d’humeur ».

Dans « value is what we want », Ron Jeffries promulgue l’idée que délivrer très tôt est plus important que définir ce qu’est la valeur. Si nos étapes suffisamment petite, « on sait » quelle est la prochaine qui m’est utile. Une idée qui me laisse … très dubitatif. Un propos qui rejoins le « how we can measure it ? » et « value, what it is » où il est question de ne pas mesurer car il n’est pas possible de comparer. Une idée qui s’appuie sur l’idée que toute mesure est nécessairement financière…

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Note de lecture : Scrum Shortcuts, par Ilan Goldstein

Note : 5 ; Succinct, parfois léger, mais souvent pertinent.

Apporter des réponses directes, tel est le but de ce petit opuscule. Il ressemble donc plus à un livre de recettes qu’à un « guide complet », pour autant qu’une telle chose puisse exister… Ce ne sont d’ailleurs pas des recettes, mais des antipatterns, ou des raccourcis comme l’auteur les appelle. Des raccourcis que je dois avouer souvent rencontrer (peut-être pas tous, mais beaucoup) et pour lesquels l’auteur nous propose des antidotes.

En lui-même, le livre est assez court, avec 162 pages, structurées en 10 chapitres, le tout compilant 30 des raccourcis susmentionnés. Le premier chapitre « Scrum Startup » couvre 3 raccourcis en une quinzaine de pages. Si le premier shortcut n’en est pas vraiment un mais une courte introduction plutôt bien faite, je jette mon dévolu sur le raccourcis n° 2 « fragile agile » reprenant quelques antipatterns d’interprétation erronées de Scrum. Bien vu !

Le second chapitre « attitude and abilities » couvre aussi 15 pages et intègre également 3 raccourcis. Je vais mettre fin maintenant à cet insoutenable suspens : ça continue comme ça jusqu’à la fin ! Le « masterful Scrum Master » relève correctement la posture du Scrum Master, mais l’auteur aurait aussi pu relever les antipatterns du Scrum Master chef de projet et du SM courroie de transmission du management ! Le raccourcis star est sans doute le « Rock Star or Studio Musician » qui pointe ce que doit être la dynamique d’une équipe Scrum. Sur le raccourcis dédié au linup, j’avoue ne pas être fan du T-shape développeur que je trouve une vue réductrice des compétences des membres d’une équipe.

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Note de lecture : Storm Applied, par Sean T. Allen, Matthew Jankowski & Peter Pathirana

Note : 6 ; Clair sur la mise en jambe, mais insuffisant sur la gestion en production

J’ai une affection particulière pour Storm, car j’ai activement participé à l’amener dans un projet à une époque où les frameworks Big Data temps réel et plus particulièrement Storm n’étaient pas pris pour acquis. Il aura fallu attendre près de 2 ans de plus pour voir apparaître un ouvrage dédié de bonne facture. Comme nous le verrons, ce dernier ne se limite pas à Storm sensu-stricto.

Le présent ouvrage accuse ses 250 pages totalisant 9 chapitres. Des chapitre relativement longs en moyenne selon mon standard, donc. Le premier d’entre eux ne l’est pas, car il ne pèse que 10 pages. C’est une introduction de haut niveau dont le but est de camper la place de Storm dans le mode du Big Data, et plus précisément dans celui du Big Data temps réel que les auteurs re-segmentent en « stream » et « micro-batching ». En passant, les auteurs positionnent Storm par rapport non seulement à Hadoop, mais à Spark, Samza et Kafka Stream.

Le chapitre 2 est d’avantage dédié architecture et présente les concepts centraux de Storm : Typologie, Tuples, Bolts et Spout. Le tout est abondamment illustré, y compris par des extraits de codes qui ont le bon goût de ne pas être trop longs. L’homme pressé qui n’a pas trop de temps à consacrer pour comprendre Storm y trouvera à se nourrir ! J’avoue que je trouve ce chapitre particulièrement réussi.

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Note de lecture : Lean UX, par Jeff Gothelf with Josh Seiden

Note : 3 ; Promesse non tenue. Jolt Award 2013

J’avais, sinon de grands, au moins quelques espoirs pour ce petit livre de 120 pages, qu’il se montre à la hauteur du « running lean » qui a ouvert cette collection. Cela n’aura pas duré. En effet, j’ai trouvé ce texte très emprunt de « process », une manière de penser qui est en décalage avec le Lean Startup de mon point de vue.

Cet ouvrage assez court est composé de 2 parties très inégales pour un total de 8 chapitres. La première partie ‘introduction and principles » regroupe les deux premiers et ne s’accorde qu’une quinzaine de pages. Le premier chapitre « why Lean UX » Ne compte d’ailleurs que 2 pages. Il s’agit d’une courte introduction pour nus dire que nous sommes plus dans un monde où l’on peut se targuer de tout savoir dès le départ. Mais ça justement on le savait déjà ! Les 8 pages du second chapitre évoquent les principes du Lean UX. Ce sont 3 piliers : le Design Thinking, les valeurs du manifeste agile et les principes du Lean Startup. Sur cette base l’auteur pose 15 principes dont on perçoit vite qu’ils sont empruntés aux sources énoncées. C’est bien mais on n’apprends rien.

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Note de lecture : Drive, par Dan Pink

Note : 7 ; Une étude en profondeur et bien illustrée de la motivation intrinsèque.

Cet ouvrage est désormais un classique, et pour de bonnes raisons ! Une partie non négligeable de l’ouvrage de Jurgen Appelo, Management 3.0 provient en effet de ce texte. Ce livre parle de motivation, c’est d’ailleurs son titre en français : motivation 3.0 ; Ce sont 215 pages en 6 chapitres et des brouettes qui sont nécessaires à couvrir le sujet. Les brouettes étant ici importantes.

L’introduction du texte nous plonge directement dans une expérimentation scientifique, celle qui amènera à comprendre qu’au delà de la carotte et du bâton, il existe un niveau de motivation qui trouve sa source dans l’accomplissement même de la tâche : la motivation intrinsèque. C’est sur ce chemin que nous entraine le chapitre 1, partant de la motivation 1.0, celle qui guidait notre instant de survit aux premiers temps de l’humanité, vers la motivation 2.0, qui connut son sommet durant la révolution industrielle. Les chapitre 2 et 2a étudient les raisons pour lesquelles cette motivation intrinsèque ne fonctionne pas … sauf quand elle fonctionne ! Enfin, le chapitre 3 nous met en évidence les types « X » et « I » : pendant que le type « X » s’appuis sur la motivation extrinsèque (la carotte et le bâton) qui sont la marque de la motivation 2.0, le type « I » met à jour la motivation intrinsèque, celle du 21ème siècle. Il s’agit donc bien de passer du mode « X » au mode « I ». C’est l’objet de la seconde partie.

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Note de lecture : Planning Extreme Programming, par Kent Beck & Martin Fowler

Note : 6 ; Quand planifier rime plus avec visibilité qu’avec « estimer ».

L’extrême programming se focalise sur des cycles de développement fortement itératifs, au sein desquels l’interaction avec le client et permanente et le formalisme réduit au minimum. Dans ce cadre, écrire un livre sur la planification d’un tel processus peut sembler une gageure. En fait, ce livre ne traite guère de métrique d’évaluation ou de consommation du développement, mais se focalise sur les aspects humains. Planifier en Extreme Programming, c’est avant tout s’assurer que l’on travaille sur les choses les plus importantes et pouvoir se coordonner avec les autres (le sujet du 1er chapitre). Pour faire cela, il faudra aussi estimer, mais différemment.

Cet ouvrage, co-écrit par deux grands noms de la communauté, n’est guère long : 130 pages ! A l’instar de nombreux volumes de l’XP series, il compte beaucoup de chapitres, il y en a 27. Les passer tous en revue serait fastidieux, je vais me contenter de relever quelques éléments qui m’ont marqué ou que j’ai aimé.

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