Note de lecture : Flow Engineering, par Steve Pereira & Andrew Davis

Note 5 ; Un modèle intéressant, enfermé dans une prose hermétique

Le présent ouvrage se présente comme un processus d’ingénierie à grande échelle, d’inspiration Lean. Il part des value streams pour descendre jusqu’à la réalisation. Comme nous le verrons, cette idée séduisante fait montre d’une complexité certaine dans la déclinaison des concepts qu’elle met en œuvre.

L’ouvrage lui-même n’est pas effrayant au premier abord : d’un format moyen comptant environ 260 pages et abondamment illustré, il nous laisse penser qu’il s’avalera rapidement. C’est loin d’être le cas.

Le texte compte 14 chapitres regroupés en 3 parties. La première d’entre-elles « the flow landscape » compte 4 chapitres sur une cinquantaine de pages. L’ouvrage s’ouvre sur un premier chapitre abordant les problèmes liés à la montée à l’échelle : accroissement de la distance entre la cause et l’effet, dilution des responsabilités et finalement désengagement d’une partie hélas croissante des employés. Une entreprise qui croit devient moins efficace. Les auteurs font un excellent travail à identifier les théories s’attachant aux effets de la croissance des organisations. C’est une bonne introduction aux problèmes qui seront abordés dans la suite du livre. Le second chapitre aborde justement ce volet solution, sous l’angle du modèle, gardant pour plus tard les éléments concrets. Cela dit, le propos commence à être complexe, d’abord en introduisant la « cybernetic loop », une variante de la boucle de rétroaction, ensuite en intégrant les values streams, mais qui sont ici des value streams de développement et non des value stream métier… Bref, on est bien dans une logique flux, mais centrée sur l’exécution.

Continuer à lire « Note de lecture : Flow Engineering, par Steve Pereira & Andrew Davis » →

Note de lecture : The Professional Scrum Team, par Peter Götz

Note : 5 ; Une vue terrain honnête, mais qui manque d’originalité.

Les ouvrages de de la « professional Scrum Series » sont souvent de bonnes surprises. Ils ne s’arrêtent pas au « dogme » de Scrum, mais nous gratifie de perspectives et de pratiques qui vont au-delà. C’est donc avec ce crédit que j’ai abordé cet ouvrage dont la lecture ne m’tait pas vraiment indispensable. Ce serait bien exagéré de parler de déception, mais comme nous allons le voir, le texte n’apprends pas grand-chose à l’agiliste raisonnablement aguerri.

Le livre n’est pas très impressionnant de prime abord : il ne compte que 180 pages, réparties sur 9 chapitres. Mais la lecture n’est pas aussi véloce que l’on pourrait s’y attendre, car l’ouvrage est pratiquement dépourvu d’illustrations et la densité du texte est donc importante.

Le premier chapitre traite sur 25 pages de ce qu’est une équipe efficace. Bien sûr, on y rappelle beaucoup des poncifs ordinaires sur les relations avec le Product Owner, sur la gestion du backlog. Mais le propos sait se faire plus intéressant sur la notion de périmètre non-fixe du Sprint, de la « fenêtre d’apprentissage » ou du backlog orienté hypothèses. Chaque sujet du chapitre est précédé d’une conversation fictive au sein d’une équipe qui sert de fil rouge tout au long du livre. Ces dialogues ne sont pas trop longs et sont une introduction bien faite à chaque sujet. C’est une bonne approche que l’on retrouve tout au long du livre.

Continuer à lire « Note de lecture : The Professional Scrum Team, par Peter Götz » →

Note de lecture : Elon Musk, par Walter Isaacson

Note : 6 ; Vis ma vie d’Elon Musk !

C’est assez étrange de lire la biographie d’un homme qui entre juste dans la cinquantaine et dont il est raisonnable de penser que de nombreux et grands accomplissements ont encore devant lui. Car si l’homme est très clivant, il est difficile de contester que ses accomplissements sont, au sens propre, extraordinaires. Le biographe officiel de Steve Jobs, l’un des plus reconnus de sa profession a passé 2 ans aux côtés du fondateur de Space X et Tesla. Aussi, cette biographie qui n’en est pas tellement une raconte-t-elle la chronologie ces deux années, précédé d’une première partie purement biographique de son enfance à nos jours.
L’ouvrage est très conséquent : plus de 600 pages découpées en 95 très courts chapitres. Le passage de la biographie à la chronologie est difficile à marquer mais se situe probablement autour du chapitre 54.

Cette biographie n’a pas pour objet de nous faire aimer le personnage, mais de nous aider à mieux le cerner. Il m’est difficile de ne pas admettre que l’homme est fascinant, à défaut de l’apprécier. Peu connue, sa participation à PayPal avec laquelle il a fusionné sa propre startup, s’est conclu par un débarquement plutôt brusque. La raison est à rechercher dans un des traits marquants du personnage : son appétence aux risques extrêmes ! L’objectif d’Elon Musk de disrupter le monde de la finance avait tout pour effrayer ses co-fondateurs. Plus étonnant est qu’il soit resté en bons termes avec ses ex-associés. PayPal n’était qu’une opportunité, mais n’entre pas dans ce qu’il considère comme sa mission : la résilience de l’espèce humaine ! C’est assez hilarant quand on voit comment il traite ses propres collaborateurs !

Son pactole de sortie en poche, le voilà lancé dans l’aventure SpaceX. Son objectif est d’envoyer des humains sur Mars, pour faire de l’espèce humaine une espèce interplanétaire. Si les débuts sont chaotiques et l’ont pratiquement ruiné, ils nous apprennent d’autres choses sur l’homme. Tout d’abord que des objectifs considérés comme impossibles pour le commun des mortels sont pratiquement un standard pour lui. En fait quand les situations ne sont pas suffisamment impossibles ou chaotiques, il tombe en dépression. On y découvre aussi un de ses outils préférés : l’idiot index. On prend le coût de la matière première et on le rapporte au coût du produit fini. Le facteur multiplicateur est l’idiot index. Le travail consiste alors à réduire l’idiot index. Pour se faire, toutes les idées sont permises, il n’y a pas de limite, sauf les lois de la physique. Toutes les autres lois et règlementations sont considérées comme des suggestions (à l’exception de ce que dit Elon Musk : il ne s’attend pas à ce que ce qu’il dise soit pris comme des suggestions…). Au bout du chemin, une réduction fulgurante des coûts, une ascension toute aussi fulgurante de SpaceX qui met sur orbite d’avantage de tonnage que l’ensemble des pays du monde réunis.

Continuer à lire « Note de lecture : Elon Musk, par Walter Isaacson » →

Note de lecture : Bien voir pour mieux gérer, par Mike Rother & John Shook

Note : 5 ; Une vision austère mais pratique des chaines de valeur dans l’univers de la production, difficile à transposer en dehors.

Ce livre est un texte, si ce n’est le texte de référence sur le value stream mapping. Quel que soit le texte auquel vous allez vous référer sur le sujet, vous allez finir sur l’ouvrage de Rother et Shook. D’ailleurs celui-ci a été primé par le « Shingo Prize »… au siècle dernier. Et c’est là le problème majeur du livre : il est ancien, n’est plus édité et est tout simplement introuvable en langue anglaise. Il n’est plus réimprimé non plus en français, mais n’est pas encore complètement épuisé même si on ne doit pas en être loin. C’est donc vers cette traduction que je me suis dirigé.

Le livre est « grand format » et se repèrera vite dans une bibliothèque. Mais le nombre de pages et des plus réduits : à peine une centaine. Comme le prix est assez élevé, c’est sans doute le « prix à la page » le plus élevé que j’ai jamais concédé ! Le nombre de chapitres (ici appelés « parties ») est aussi réduit, tout juste 5.
La première partie est des plus réduite avec seulement 7 pages. Comme on peut s’y attendre, c’est une introduction qui répond au « pourquoi » de la chaine de valeur. On y évoque aussi le Kaizen, car l’objectif de la chaine de valeur et de cet ouvrage est bien l’amélioration.

On attaque les choses sérieuses au second chapitre avec la cartographie de la chaine de valeur « version courante ». A partir de ce chapitre l’ouvrage va s’appuyer sur un cas d’étude : l’entreprise ABC emboutissage. Comme dit précédemment, le ciblage du texte est la production industrielle. Des concepts comme le « flux de matière » peuvent être transposés pour les travailleurs du savoir. Pour des conseils tels que « parcourir à pied la chaine de production », c’est moins évident. Les concepts importants de la modélisation y sont introduits. Certains, comme le temps de cycle, nous sont habituels, mais d’autres le sont moins comme le temps de valorisation. D’autres enfin sont plutôt difficile à appréhender, comme le CPC (chaque pièce chaque jour). Malgré la construction progressive de la chaine de valeur et la représentation des modèles (parfois sur double page), le propos est ardu à suivre.

Continuer à lire « Note de lecture : Bien voir pour mieux gérer, par Mike Rother & John Shook » →

Note de lecture : Exactly What to Say, par Phil M. Jones

Note : 4 ; Les « trucs » du vendeur !

C’est un petit livre bien étrange. La lecture m’en a été (indirectement) recommandée par Craig Larman. Petit il l’est par la taille et le contenu : moins de 130 pages au format poche. Il sera liquidé en 2 jours en lecture intermittente. Je n’avais pas d’idées préconçues avant d’en débuter la lecture, ni ne savais à qui il s’adresser en particulier. Eh bien, il s’adresse au commercial rencontrant un prospect ! Ce n’est pas mon exercice préféré, ni le thème auquel j’aime à m’intéresser. Il n’en reste pas moins que l’auteur sait de quoi il parle. Voyons cela.

Il n’y a pas de chapitres à ce texte. Il est découpé en 23 « interventions choc » à placer auprès de son interlocuteur au bon moment. Chacune de ces choses à dire peut renverser une situation ou changer le cours d’un échange, le plus souvent en redonnant l’avantage au vendeur. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : vendre et avoir ou regagner l’avantage pour finalement conclure positivement une vente. Ce n’est guère glorieux. Mais force est de constater que ces morceaux choisis sont particulièrement forts et pertinents. Je me reconnais même dans certains d’entre eux. On est très loin du « gros bourrin ». Partageons-en quelques-uns.

Le « simple swap » permet de tourner une question ouverte en une question fermée, pour garder le contrôle et éviter le dérapage d’une discussion dans une direction non souhaitée par le vendeur. Ainsi à « avez-vous des questions ? » on préfèrera « Quelles questions avez-vous pour moi ? ». Quand on est proche de conclure, on évite inconsciemment le trop fameux « j’ai besoin de temps pour y réfléchir », en tout cas la plupart du temps. En préambule de la description d’un scénario, on peut utiliser « je parie que vous êtes comme moi », ce qui aide l’interlocuteur à abonder dans votre sens. C’est un poil manipulateur, car on provoque une empathie à notre égard, mais je dois avouer l’avoir déjà utilisé !

Continuer à lire « Note de lecture : Exactly What to Say, par Phil M. Jones » →

Note de lecture : Badass: Making Users Awesome, par Kathy Sierra

Note : 8 : Pour aider l’utilisateur à acquérir des super-pouvoirs !

J’ai fait l’acquisition de cet ouvrage au nom plutôt étrange sur la seule caution du nom de l’auteur. Puis il a pris la poussière un bon moment. Il s’est avéré être, en fait, une excellente surprise. Surprise également pour ce qui à la mise en forme du livre. Est-ce un roman photo ? Autre chose ? J’en suis arrivé à la conclusion que nous avons là une conférence TED sous forme de livre ! Le découpage en chapitre est assez difficile à percevoir, pour tout il y en a un. Il y a 4 chapitres, ce sont plutôt des parties ou des phases de l’ouvrages qui s’enchainent assez naturellement.

La première partie, le « prologue », est une prise de conscience. Elle part du marketting : Qu’est-ce qui provoque l’engagement des utilisateurs ? Ce n’est pas la marque, mais eux-mêmes, la perspective d’acquérir de nouvelles capacités, de devenir « badass ». Ceci établi, cette première partie répond à une autre question : Qu’est-ce que cela signifie d’être Badass ? C’est la maîtrise de ce que l’auteure appelle le « compelling context », c’est à dire non pas la maîtrise d’une application ou d’un dispositif, mais ce que celui-ci permet de faire ou d’obtenir. Ainsi l’objectif devient d’aider l’utilisateur à devenir excellent par rapport à ce contexte. Enfin, cette première partie se conclut sur le sujet de la trajectoire et des compétences à obtenir pour exceller dans ce contexte.

La seconde partie est consacrée à la « science du badass », à décomposer la manière dont les experts procèdent. On commence en douceur en étant capable de formuler ce qu’exceller signifie dans un domaine donné. Kathy Sierra explore ensuite la question de l’exposition qui s’oppose la plupart du temps à celle du « talent naturel »: nombre de personnes excellent dans un domaine car elles y sont quotidiennement exposées par le biais de leur entourage. La question devient alors de recréer cette exposition. Le second sujet est celui de la progression qui nous conduit au concept de « pratique délibérée ». La notion de « perceptual knowledge » est plus étrange, plus encore reliée aux neurosciences que les précédentes pour créer une forme d’apprentissage automatique sans acquisition formelle de connaissance mais par la simple exposition d’un grand nombre de productions d’experts.

Continuer à lire « Note de lecture : Badass: Making Users Awesome, par Kathy Sierra » →

Note de lecture : Cybersecurity Myths and Misconceptions, par Eugene H. Spafford, Leigh Metcalf & Josiah Dykstr

Note : 4 ; Où l’on débusque effectivement (beaucoup) de mythes, mais en s’égarant bien trop souvent !

Au premier regard, l’ouvrage n’attire guère l’attention si ce n’est par l’illustration de la couverture assez médiocre. L’avant-propos écrit par Vint Cerf interpelle beaucoup plus : il s’agit de l’inventeur du protocole TCP/IP ! En fait, les auteurs sont tous de grosses pointures, l’un d’entre eux a pratiquement créé le domaine de la cybersécurité. Est-ce cette aura qui lui a permis d’inclure dans le livre des illustrations réalisées par sa fille ? En tout état de cause, cet élément n’est pas une réussite.

Nous avons là un texte très dense, aussi bien par la rareté des illustrations (une bonne chose, dans le cas présent) que par le propos lui-même. Il ne faut donc pas se laisser surprendre par la taille assez modérée de l’ouvrage qui compte 330 pages. Pour ce total nous avons 16 chapitres répartis sur 4 parties, donc une structure plutôt engageante.

La première d’entre-elles sert de prologue pour camper des éléments de contexte sur l’Internet et la cybersécurité. Elle compte 2 chapitres sur un peu plus de 55 pages. Le premier chapitre aborde les caractères généraux de la cybersécurité. J’en retiens les principes de Robert Courtney sur la gestion de la cybersécurité. Malgré qu’il s’agisse d’un chapitre d’introduction assez général, les auteurs nous assènent quand même quelques mythes assez lourds tels que « le premier but de la cybersécurité est la sécurité »… de quoi bien nous appâter pour la suite ! On ne voit venir certains (le produit X vous permettra d’être sécurisé), mais pour d’autres c’est moins évident (l’open-source est plus sécurisé que le closed-source). Un bon chapitre ! Le second chapitre est le complément du premier : « qu’est-ce que l’internet ? ». Le propos tourne beaucoup autour du protocole de communication. Les auteurs semblent avoir une dent contre la blockchain, ils lui réservent quelques mythes, ainsi qu’au Dark Web qui ne serait pas si dark… Mais finalement, pas tant de mythes au niveau TCP/IP qui est pourtant une vraie passoire !

Continuer à lire « Note de lecture : Cybersecurity Myths and Misconceptions, par Eugene H. Spafford, Leigh Metcalf & Josiah Dykstr » →

Note de lecture : Ask Powerful Questions, par Will Wise & Chad Littlefield

Note : 5 ; Où il est question de questionnement, mais surtout de conversations dans un cadre de coaching.

Le questionnement est le super-pouvoir du coach, mais c’est aussi celui du manager ou de l’analyste. Poser une question ne se fait pas au hasard. Une question va initier un processus de réflexion dont la réponse n’est qu’un élément, et pas nécessairement le principal. Poser une question, c’est choisir délibérément la direction que l’on se propose de donner à cette réflexion. Le présent ouvrage nous propose de construire une progression de questionnement en 5 étapes en s’appuyant sur la métaphore de la pyramide.

Le livre en lui-même est composé de 6 chapitres pour un total d’environ 260 pages dans un moyen format. Le premier chapitre traite de l’intention. Par « intention », les auteurs appellent à être clair et transparent sur ce que nous recherchons. Il s’agit aussi de mieux connaitre son interlocuteur, son contexte et ses attentes. L’intention est le moment durant lequel on crée une connexion authentique et sincère avec l’interlocuteur, en usant du « nous ». Au chapitre 2, nous développons le « rapport », qui est la compréhension profonde de l’interlocuteur. La clé ici est de comprendre réellement celui-ci au-delà des impressions superficielles.

Le chapitre 3 nous rapproche davantage du cœur du sujet : il s’agit de « l’ouverture ». Là où les deux premières étapes servaient à créer un terrain propice, cette phase sert à écouter ce que notre interlocuteur souhaite exprimer. Les auteurs nous découragent vivement à utiliser le « pourquoi », mais user plutôt du « quoi » et du « comment ». Pour exacerber cette ouverture, il s’agit plutôt d’élaborer des questions auteur de « que pensez-vous » ou « que ressentez-vous ». L’emploi de questions ouvertes permet ici de transiter d’un mode interrogatoire vers une conversation. Le chapitre 4 évoque l’écoute. Plus précisément il mise sur le « reflective listening », en s’appuyant par exemple sur la technique de la reformulation. Ce chapitre apporte finalement assez peu à ce que nous connaissons déjà.

Continuer à lire « Note de lecture : Ask Powerful Questions, par Will Wise & Chad Littlefield » →

Note de lecture : Threat Modeling, par Izar Tarandach & Matthew J. Coles

Note : 3 ; Décevant !

En voyant ce livre, je me suis dit qu’il me permettrait d’être à niveau sur la modélisation des menaces pour un volume (et un temps) inférieur d’un facteur 3 à 4 par rapport au grand classique d’Adam Shostack. J’ai dû vite désenchanter, et nous allons y (re)venir.

De prime abord, les signaux sont positifs : le propos est destiné aux équipes de développement plutôt qu’aux équipes cyber, et il semble permettre d’aborder la modélisation des menaces en moins de 200 pages, 175 si l’on exclut les annexes. Le tout est structuré en 6 chapitres, ce qui n’est pas idéal dans le cas présent et nous aurons l’occasion d’y revenir. Le premier d’entre eux est un peu surprenant, car il traite de la modélisation des systèmes sur un peu plus de 30 pages. Vous avez bien lu : il n’est pas question de cybersécurité ni de menaces ici. C’est une introduction plutôt lente pour un ouvrage aussi court. De plus cette introduction à la modélisation est au mieux honnête, mais on attend les choses sérieuses.

Justement, les choses sérieuses arrivent au chapitre 2 qui est la véritable introduction du livre. Elle est plutôt courte, avec ses 9 pages et résume l’approche de la modélisation des menaces à 3 éléments : les moyens, les opportunités et les motivations. Sur cette base, les auteurs nous distillent une courte liste des éléments à observer de plus près. Nous en saurons plus concrètement au chapitre suivant, nous laisse-t-on penser.

Continuer à lire « Note de lecture : Threat Modeling, par Izar Tarandach & Matthew J. Coles » →

Note de lecture : The Delicate Art of Bureaucracy, par Mark Schwartz

Note : 3 ; Sans queue ni tête (ou peu s’en faut)

Avec Mark Schwartz, on ne sait jamais vraiment où on va atterrir ! Le titre a-t-il seulement un rapport avec le contenu ? Mystère ! Dans cet ouvrage il doit être question comme son nom l’indique de bureaucratie. Le pédigré de l’auteur en fait de facto une personne particulièrement compétente sur le sujet, du moins concernant l’administration américaine. Mais une bureaucratie, c’est une bureaucratie…

Le présent ouvrage compte 15 chapitres, également répartis sur 3 parties pour un total de 210 pages. L’auteur doit aimer les rythmes réguliers, car la première partie « digital transformation and bureaucracy » compte 70 pages pour ses 5 chapitres. Comme à son habitude, l’auteur commence par un premier chapitre plutôt brouillon. Ou plus exactement, il donne l’impression d’écrire davantage pour lui-même que pour le lecteur. L’élément à en retenir est l’introduction de Max Webber dont la pensée sociologique va guider le propos développé ici. Au chapitre 2, il semble qu’il sera question de Chaos Monkey. Mark Schwartz a du changer d’avis une fois le titre écrit. L’élément saillant de ce chapitre est l’évocation du « paper reduction act », dont nous apprendrons plus tard que son impact fut en fait d’augmenter le volume de papier. Un chapitre bien creux, cette fois encore.

Les digressions (comment les appeler différemment ?) du chapitre 3 évoquent (je crois) l’impact de l’IT concernant la bureaucratie. Mais j’ignore les conclusions que je dois tirer de cette lecture. L’outil numérique est un bon outil pour assurer le suivi des règles, comme le font les ERP. Mais amplifie-t-il le problème comme semble le suggérer l’auteur ? Au chapitre 4, il nous révèle (si l’on peut dire) pour quoi la bureaucratie, c’est mal : elle est inefficace, elle a perdu de vue son rôle de départ, elle est un obstacle à l’innovation, elle déshumanise, elle sclérose et finalement elle devient un facteur de risque de par son aversion intrinsèque au risque ! C’est une plutôt bonne synthèse d’éléments que l’on ne découvre pas vraiment. Mais le chapitre 5 nous invite à considérer pourquoi la bureaucratie est une bonne chose : facteur d’égalité et de régulation, entre autres chose. Ce qui nous conduit au verdict : la bureaucratie, ce n’est pas le mal.

Continuer à lire « Note de lecture : The Delicate Art of Bureaucracy, par Mark Schwartz » →