It’s pointless to look for evil people; look instead for evil systems.

Jeff Sutherland
Jeff Sutherland
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Note de lecture : Exploring Scrum, The fundamentals, par Dan Rawsthorne with Doug Shimp

Note : 3 ; De la « soupe au Shu » … Et encore, celle de l’auteur !

J’en suis encore à me demander ce qui m’a pris lorsque j’ai acquis ce bouquin ! Car autant le dire tout de suite : il est très dogmatique. Pire encore, il y bien peu de choses avec lesquelles je sois d’accord. Pour couroner le tout, il ne s’agit pas d’une lecture légère. Voyons cela.

L’ouvrage est fort de 4 sections de longueurs très inégales totalisant 27 chapitres. La première d’entre-elles est introductive et se satisfait de 2 chapitres. Le premier est d’avantage un avant-propos que l’introduction du livre lui-même car il se focalise sur le « pourquoi » du texte. Celui-ci débute réellement au second chapitre qui propose un « tour du propriétaire ». Celui-ci est assez conforme au Scrum guide même si l’on voit poindre en filigrane les interprétations des auteurs. J’aurais l’occasion d’y revenir.

La seconde partie « people » compte 6 chapitres. On débute assez logiquement au chapitre 3 par l’équipe. Les auteurs commettent leur premier coup de canif en évoquant 6 rôles (Business Owner, Stakehold et Subject Matter Expert). C’est un chapitre assez long qui remet au clair nombre de principe mais verrouille aussi tout autant des principes d’articulation entre rôles qui n’ont pas besoin de l’être autant. Le chapitre 4 qui vient se focaliser sur le PO donne le ton dès la première page « le PO priorise le travail de l’équipe et en échange reçoit le blâme pour le résultat ». Autant pour la collaboration ! J’ai trouvé le point de vue quelque peu tordu, voir schizophrène entre un discours sur la collaboration et des directives de fonctionnement induisant des comportements à l’inverse.

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Note de lecture : Scrum, pour une pratique vivante de l’agilité 5ème édition, par Claude Aubry

Note : 6 ; De nouvelles idées et de nombreux remaniement pour un texte qui continue (hélas) de privilégier les saisons aux itérations courtes et les fonctionnalités regroupant les user stories.

Les éditions du livre de Claude Aubry se suivent et incarnent pour moi le changement dans la continuité. Nous en sommes déjà à la 5ème édition. Je les ai toutes lues, chacune d’entre-elle du début à fin et non pas en diagonale. Car l’auteur se fait un point d’honneur à faire véritablement évoluer son texte à chaque édition et ne se contente pas d’un simple changement cosmétique.

Le livre reste sur une structure de 22 chapitres, mais fait un bond de 294 à 343 pages ! Le premier chapitre compte une quinzaine de pages (contre 14 précédemment). Il fait toujours un bon boulot (en léger progrès même) pour situer Scrum et le mouvement agile. Quelques changements non anodins aujourd’hui, dont l’évocation de la systémique. Le second chapitre traite des sprints et prends 5 pages d’embonpoint. Et l’auteur d’évoquer des « saisons » en lieu et place des releases, en ajoutant des notions de prélude et d’interlude. Tout ceci prend des odeurs de SAFE, et ce ne sont pas de bonnes odeurs pour moi.

Place au chapitre 3 qui a changé de titre et parle de « sublimer l’équipe ». Pas mal de bonnes choses dans ce chapitre qui a pris aussi quelques pages au passage, avec l’ évocation de « The People’s Scrum » et l’heureuse disparition à la référence « Exploring Scrum », mais je trouve la métaphore de la permaculture compliquée et peu convaincante. Des remaniements également au chapitre 4 sur ce chapitre consacré au Product Owner, qui n’était pas mauvais et le reste. Par contre, l’évocation de la permaculture, ce n’est toujours pas ça.

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Scrum Guide 2016

En mettant un peu d’ordre dans mes anciens posts, je me suis aperçu que j’avais bien mis en ligne et commenté la version 2013 du Scrum Guide, mais que je n’avais pas dit un mot de la version 2016. Il faut dire que cela fait un bon moment que je n’ai plus publié autre chose que des notes de lecture…

Les valeurs de Scrum

La version 2016 compte 1 page supplémentaire. On arrive assez vite à la section qui a été rajoutée: les valeurs de Scrum ! Les 5 valeurs d’ailleurs évoquées depuis longtemps prennent enfin place dans le guide officiel, signe que Scrum se focalise de plus en place sur son essence et moins sur le folklore.

Et quoi d’autre ?

En fait, la surprise est que pour le reste, le texte reste mot pour mot celui de l’édition 2013 ! Il faut un peu chercher pour comprendre la réelle nouveauté de cette édition : le copyright figurant au bas de chaque page ! Certes, c’est un « creative commons », mais quand même…
Je pense que les auteurs auraient pu faire un peu plus d’effort que cela…

Note de lecture : Scrum 4ème édition, par Claude Aubry

Note : 6 ; Le texte progresse, mais pas assez et surtout pas assez dans la bonne direction pour moi !

Mon principe de base est simple : pour une nouvelle édition, si le texte ne progresse pas, la note baisse ! Pourtant du changement, il y en a et oui, j’ai fait baisser la note. Que s’est-il passé ?

Le volume de l’ouvrage n’a guère changé : 294 pages contre 291 pour l’édition précédente. Mais le découpage est passé de 20 à 22 chapitres, ce qui augure de l’ampleur des changements.

Le premier chapitre est passé de 10 à 14 pages avec un contenu complètement revu en bien, il fait d’ailleurs référence à ma présentation « Scrum Shu Ha Ri » et est moins méthodologique que dans l’édition précédente. Même taille pour le chapitre 2, mais lui aussi profondément remanié. Le concept de Sprint est mieux abordé mais il n’y a guère de différence sur le fond. Notamment, il y a ce concept de release dont je pense qu’il serait temps de le laisser tomber. Nous y reviendrons.

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Note de lecture : Scrum Mastery, par Geoff Watts

Note : 7 ; Les postures Scrum Master, illustrées par du story telling.

Cela faisait déjà un moment que j’entendais parler de ce livre, il était temps de lui faire un sort. Comme son titre l’indique bien, ce volume traite du boulot et de la posture du Scrum Master, le texte n’explique pas Scrum (il y a bien 3 pages là-dessus en annexe, mais bon…). Le texte part du principe que la connaissance de Scrum est acquise. La démarche (car il y a une démarche de Scrum Mastery) sur laquelle s’appuie l’auteur emprunte l’acronyme RE-TRAINED. C’est sur cet acronyme que s’articule le livre. Il compte 270 pages, mais compte tenu du format et de la mise en page très aérée (sans compter la qualité de la prose, cela se lit très bien.

R, comme « Respected ». Cette partie compte 3 « patterns », ainsi que je les appelleraient. Je retiens principalement de cette partie la notion de confiance, et plus particulièrement de faire confiance à l’équipe. Je retiens aussi l’acronyme AID (qui nous vient du « Tao of Coaching ») : Action, Impact et Desired Outcomes.
Le E est pour « Enabling ». 3 patterns également ici. De cette partie, mon take-away sera le modèle de maturité proposé par l’auteur. Il aborde aussi le sérieux problème du proxy : l’auteur n’aime pas le concept.

Le T signifie « Tactful ». La « fable des 2 Scrums » en début de partie va servir de point d’ancrage à d’autres parties. L’auteur nous conduit également à utiliser les silences à bon escient, un art plus difficile qu’il n’y paraît et de poser les bonnes questions pour que l’équipe prenne elle-même conscience de ses travers.

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Note de lecture : Executable Specifications with Scrum, par Mario Cardinal

Note : 3 ; Du Scrum de base sans surprise, à part celle de décevoir sur son titre !

Bien entendu, c’est l’aspect « spécifications exécutables » qui m’a conduit vers ce livre ! Le fait qu’il soit plutôt bref, avec ses 150 pages était un bonus. Au final, c’est une déception, la note est peut-être sévère à cet égard mais c’est ainsi, car il s’agit plutôt d’un nième « Scrum Shū ». L’ouvrage manque dans ses grandes largeurs d’originalité et le peu qu’il y en a ne m’a guère convaincu. Heureusement, il faut avouer qu’il est bien écrit. Voyons donc ce que nous réservent ses 9 chapitres.

Le premier d’entre eux couvre une douzaine de pages au sein desquelles on retrouve les poncifs habituels sur la justification des projets en agile : incertitude, complexité etc. En fait, j’ai même l’impression de relire l’introduction du premier bouquin sur Scrum, celui du début des années 2000. Le second chapitre, lui aussi fort d’une douzaine de pages, est un peu moins bateau. Il évoque les prérequis au démarrage de projet. Rien de neuf sous le soleil si ce n’est une bonne vue synthétique et l’usage de l’euristique de nommage de Gause et Weinberg.

Le chapitre 3 ne compte que 10 pages et sert principalement d’introduction à l’un des concepts originaux de l’auteur, celui de « desirement », contraction de « desire » et « requirements ». L’aspect « desire » étant inspiré de nouveau par Gerald Weinberg (are you ligh on ?). Disons le tout net : c’est très peu convainquant. Le tarif est d’une dizaine de pages également pour le chapitre 4 « expressing desirements through user stories ». On nous ressasse une nouvelle fois le template de Mike Cohn et le INVEST. La partie sur les rôles et bénéfices parvient à être intéressante, tandis que l’introduction au backlog reprenant la prose de Mike Cohn est parfaitement insipide.

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Note de lecture : Scrum, le guide pratique de la méthode agile la plus populaire, 3ème édition, par Claude Aubry

Note : 7 ; L’ouvrage progresse encore dans cette nouvelle édition, il gagne en maturité sur les principes agiles et reste toujours aussi bien écrit.

Oui, vous avez bien lu: j’ai une édition de retard ! Vous aurez tout de même droit à la 4ème… disons d’ici un an ou un peu plus ! En attendant, voici la note pour cette 3ème édition. Elle est distante de 4 ans et demi de celle de j’avais fait pour la 3ème edition. Bonne lecture !

Claude Aubry prend les choses sérieusement : chaque nouvelle édition de son livre apporte son lot de changements. Il est aussi souvent le reflet de l’évolution de sa façon de voir les choses ! Pour ce qui est de la taille, on reste dans les mêmes canons : 290 pages (+5 pages). Le plan reste le même, avec 20 chapitres qui font le pendant à l’édition précédente.

Comme je l’ai fait pour la seconde édition, je ne vais pas accorder le même intérêt à tous les chapitres à passer en revue, je vais toutefois reprendre quelques remarques sur certains d’entre-eux.

Le chapitre 2 (du sprint à la release) continue à mettre un accent fort sur la notion de release. C’est l’approche qu’adopte Claude et elle marche certainement. En fait la release a même sa propre définition de terminé ! Une idée que je trouve du coup contestable. Je suis loin de penser que cette idée est indispensable, elle donne même des petits relents de cycle en V. Mais surtout cela ne fait pas partie du « core Scrum ». Certes, on lit un auteur pour le point de vue qu’il peut avoir, mais il est aussi important de faire apparaître ce qui fait partie du corpus de base et ce qui est une adaptation…

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Note de lecture : Scrum Shortcuts, par Ilan Goldstein

Note : 5 ; Succinct, parfois léger, mais souvent pertinent.

Apporter des réponses directes, tel est le but de ce petit opuscule. Il ressemble donc plus à un livre de recettes qu’à un « guide complet », pour autant qu’une telle chose puisse exister… Ce ne sont d’ailleurs pas des recettes, mais des antipatterns, ou des raccourcis comme l’auteur les appelle. Des raccourcis que je dois avouer souvent rencontrer (peut-être pas tous, mais beaucoup) et pour lesquels l’auteur nous propose des antidotes.

En lui-même, le livre est assez court, avec 162 pages, structurées en 10 chapitres, le tout compilant 30 des raccourcis susmentionnés. Le premier chapitre « Scrum Startup » couvre 3 raccourcis en une quinzaine de pages. Si le premier shortcut n’en est pas vraiment un mais une courte introduction plutôt bien faite, je jette mon dévolu sur le raccourcis n° 2 « fragile agile » reprenant quelques antipatterns d’interprétation erronées de Scrum. Bien vu !

Le second chapitre « attitude and abilities » couvre aussi 15 pages et intègre également 3 raccourcis. Je vais mettre fin maintenant à cet insoutenable suspens : ça continue comme ça jusqu’à la fin ! Le « masterful Scrum Master » relève correctement la posture du Scrum Master, mais l’auteur aurait aussi pu relever les antipatterns du Scrum Master chef de projet et du SM courroie de transmission du management ! Le raccourcis star est sans doute le « Rock Star or Studio Musician » qui pointe ce que doit être la dynamique d’une équipe Scrum. Sur le raccourcis dédié au linup, j’avoue ne pas être fan du T-shape développeur que je trouve une vue réductrice des compétences des membres d’une équipe.

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Note de lecture : The Scrum Field Guide, par Mitch Lacey

Note : 4 ; La promesse d’un accompagnement pour démarrer, mais au final des conseils biaisés et parfois critiquables sur la mise en place de Scrum !

Un livre pour vous accompagner durant votre première année de Scrum, telle est la promesse de Mitch Lacey ! Le livre est bien écrit, et l’auteur sait puiser dans une large connaissance de ses sujets. Chaque chapitre est construit de la même façon : d’abord une histoire, puis « le modèle » et enfin les clés du succès pour conclure. Dommage de ne pas avoir tenté de construire un fil rouge avec l’histoire, car c’est un contexte différent que l’auteur nous propose à chaque fois.

En lui-même, le livre n’est pas une lecture légère ; 350 pages découpées en 30 chapitres sous 4 parties. Rajoutez à cela 10 pages d’annexes pour décrire le framework Scrum. Les 18 pages du 1er chapitre sont en dehors des 4 parties. Il sert à introduire Scrum et fait plutôt bien son boulot. Notons que l’on y parle des valeurs et pratiques Scrum (à distinguer de celles du manifeste).

La première partie elle-même est constituée de 7 chapitres sur 95 pages. La douzaine de pages du second chapitre évoque l’embarquement des personnes sur le projet, la vision, le sentiment d’urgence, tout ça. J’ai trouvé cela bien peu convainquant. Au long des 15 pages du chapitre 3, l’auteur développe un modèle bien à lui, celui du « team consultant ». On s’écarte assez notablement de la Vision Scrum ici. Et pour des nouveaux venus, elle est facile à interpréter incorrectement, avec le mise en place de baronnies au sein de l’organisation ! 15 pages également sont dédiées à la gestion de la vélocité au chapitre 4. Pourquoi traiter ce sujet dès maintenant ? Mystère. Toute la logique du plan est en fait un peu mystérieuse pour moi. Rien de transcendant dans ce chapitre 4, par ailleurs. Mais les rôles de Scrum eux méritent bien d’être traités tôt. Mais on n’en dit presque rien ! Seules 9 pages leurs sont dédiées au chapitre 5. Décidément les priorités et les importances des sujets sont troublantes. On passe un peu plus de temps (mais à peine) sur la détermination de la longueur des itérations, où l’auteur nous propose une impressionnante « scoring key », à mon avis complètement inutile. Dans le même ordre d’idées, 8 pages à propos de la définition de terminé… bof, pas grave, n’est-ce pas ? Le chapitre se termine par un sujet qui tient à cœur à l’auteur : le « full time Scrum Master », sur lequel je suis en complète opposition !

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