Scrum Guide 2016

En mettant un peu d’ordre dans mes anciens posts, je me suis aperçu que j’avais bien mis en ligne et commenté la version 2013 du Scrum Guide, mais que je n’avais pas dit un mot de la version 2016. Il faut dire que cela fait un bon moment que je n’ai plus publié autre chose que des notes de lecture…

Les valeurs de Scrum

La version 2016 compte 1 page supplémentaire. On arrive assez vite à la section qui a été rajoutée: les valeurs de Scrum ! Les 5 valeurs d’ailleurs évoquées depuis longtemps prennent enfin place dans le guide officiel, signe que Scrum se focalise de plus en place sur son essence et moins sur le folklore.

Et quoi d’autre ?

En fait, la surprise est que pour le reste, le texte reste mot pour mot celui de l’édition 2013 ! Il faut un peu chercher pour comprendre la réelle nouveauté de cette édition : le copyright figurant au bas de chaque page ! Certes, c’est un « creative commons », mais quand même…
Je pense que les auteurs auraient pu faire un peu plus d’effort que cela…

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Note de lecture : Scrum 4ème édition, par Claude Aubry

Note : 6 ; Le texte progresse, mais pas assez et surtout pas assez dans la bonne direction pour moi !

Mon principe de base est simple : pour une nouvelle édition, si le texte ne progresse pas, la note baisse ! Pourtant du changement, il y en a et oui, j’ai fait baisser la note. Que s’est-il passé ?

Le volume de l’ouvrage n’a guère changé : 294 pages contre 291 pour l’édition précédente. Mais le découpage est passé de 20 à 22 chapitres, ce qui augure de l’ampleur des changements.

Le premier chapitre est passé de 10 à 14 pages avec un contenu complètement revu en bien, il fait d’ailleurs référence à ma présentation « Scrum Shu Ha Ri » et est moins méthodologique que dans l’édition précédente. Même taille pour le chapitre 2, mais lui aussi profondément remanié. Le concept de Sprint est mieux abordé mais il n’y a guère de différence sur le fond. Notamment, il y a ce concept de release dont je pense qu’il serait temps de le laisser tomber. Nous y reviendrons.

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Note de lecture : Scrum Mastery, par Geoff Watts

Note : 7 ; Les postures Scrum Master, illustrées par du story telling.

Cela faisait déjà un moment que j’entendais parler de ce livre, il était temps de lui faire un sort. Comme son titre l’indique bien, ce volume traite du boulot et de la posture du Scrum Master, le texte n’explique pas Scrum (il y a bien 3 pages là-dessus en annexe, mais bon…). Le texte part du principe que la connaissance de Scrum est acquise. La démarche (car il y a une démarche de Scrum Mastery) sur laquelle s’appuie l’auteur emprunte l’acronyme RE-TRAINED. C’est sur cet acronyme que s’articule le livre. Il compte 270 pages, mais compte tenu du format et de la mise en page très aérée (sans compter la qualité de la prose, cela se lit très bien.

R, comme « Respected ». Cette partie compte 3 « patterns », ainsi que je les appelleraient. Je retiens principalement de cette partie la notion de confiance, et plus particulièrement de faire confiance à l’équipe. Je retiens aussi l’acronyme AID (qui nous vient du « Tao of Coaching ») : Action, Impact et Desired Outcomes.
Le E est pour « Enabling ». 3 patterns également ici. De cette partie, mon take-away sera le modèle de maturité proposé par l’auteur. Il aborde aussi le sérieux problème du proxy : l’auteur n’aime pas le concept.

Le T signifie « Tactful ». La « fable des 2 Scrums » en début de partie va servir de point d’ancrage à d’autres parties. L’auteur nous conduit également à utiliser les silences à bon escient, un art plus difficile qu’il n’y paraît et de poser les bonnes questions pour que l’équipe prenne elle-même conscience de ses travers.

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Note de lecture : Executable Specifications with Scrum, par Mario Cardinal

Note : 3 ; Du Scrum de base sans surprise, à part celle de décevoir sur son titre !

Bien entendu, c’est l’aspect « spécifications exécutables » qui m’a conduit vers ce livre ! Le fait qu’il soit plutôt bref, avec ses 150 pages était un bonus. Au final, c’est une déception, la note est peut-être sévère à cet égard mais c’est ainsi, car il s’agit plutôt d’un nième « Scrum Shū ». L’ouvrage manque dans ses grandes largeurs d’originalité et le peu qu’il y en a ne m’a guère convaincu. Heureusement, il faut avouer qu’il est bien écrit. Voyons donc ce que nous réservent ses 9 chapitres.

Le premier d’entre eux couvre une douzaine de pages au sein desquelles on retrouve les poncifs habituels sur la justification des projets en agile : incertitude, complexité etc. En fait, j’ai même l’impression de relire l’introduction du premier bouquin sur Scrum, celui du début des années 2000. Le second chapitre, lui aussi fort d’une douzaine de pages, est un peu moins bateau. Il évoque les prérequis au démarrage de projet. Rien de neuf sous le soleil si ce n’est une bonne vue synthétique et l’usage de l’euristique de nommage de Gause et Weinberg.

Le chapitre 3 ne compte que 10 pages et sert principalement d’introduction à l’un des concepts originaux de l’auteur, celui de « desirement », contraction de « desire » et « requirements ». L’aspect « desire » étant inspiré de nouveau par Gerald Weinberg (are you ligh on ?). Disons le tout net : c’est très peu convainquant. Le tarif est d’une dizaine de pages également pour le chapitre 4 « expressing desirements through user stories ». On nous ressasse une nouvelle fois le template de Mike Cohn et le INVEST. La partie sur les rôles et bénéfices parvient à être intéressante, tandis que l’introduction au backlog reprenant la prose de Mike Cohn est parfaitement insipide.

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Note de lecture : Scrum, le guide pratique de la méthode agile la plus populaire, 3ème édition, par Claude Aubry

Note : 7 ; L’ouvrage progresse encore dans cette nouvelle édition, il gagne en maturité sur les principes agiles et reste toujours aussi bien écrit.

Oui, vous avez bien lu: j’ai une édition de retard ! Vous aurez tout de même droit à la 4ème… disons d’ici un an ou un peu plus ! En attendant, voici la note pour cette 3ème édition. Elle est distante de 4 ans et demi de celle de j’avais fait pour la 3ème edition. Bonne lecture !

Claude Aubry prend les choses sérieusement : chaque nouvelle édition de son livre apporte son lot de changements. Il est aussi souvent le reflet de l’évolution de sa façon de voir les choses ! Pour ce qui est de la taille, on reste dans les mêmes canons : 290 pages (+5 pages). Le plan reste le même, avec 20 chapitres qui font le pendant à l’édition précédente.

Comme je l’ai fait pour la seconde édition, je ne vais pas accorder le même intérêt à tous les chapitres à passer en revue, je vais toutefois reprendre quelques remarques sur certains d’entre-eux.

Le chapitre 2 (du sprint à la release) continue à mettre un accent fort sur la notion de release. C’est l’approche qu’adopte Claude et elle marche certainement. En fait la release a même sa propre définition de terminé ! Une idée que je trouve du coup contestable. Je suis loin de penser que cette idée est indispensable, elle donne même des petits relents de cycle en V. Mais surtout cela ne fait pas partie du « core Scrum ». Certes, on lit un auteur pour le point de vue qu’il peut avoir, mais il est aussi important de faire apparaître ce qui fait partie du corpus de base et ce qui est une adaptation…

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Note de lecture : Scrum Shortcuts, par Ilan Goldstein

Note : 5 ; Succinct, parfois léger, mais souvent pertinent.

Apporter des réponses directes, tel est le but de ce petit opuscule. Il ressemble donc plus à un livre de recettes qu’à un « guide complet », pour autant qu’une telle chose puisse exister… Ce ne sont d’ailleurs pas des recettes, mais des antipatterns, ou des raccourcis comme l’auteur les appelle. Des raccourcis que je dois avouer souvent rencontrer (peut-être pas tous, mais beaucoup) et pour lesquels l’auteur nous propose des antidotes.

En lui-même, le livre est assez court, avec 162 pages, structurées en 10 chapitres, le tout compilant 30 des raccourcis susmentionnés. Le premier chapitre « Scrum Startup » couvre 3 raccourcis en une quinzaine de pages. Si le premier shortcut n’en est pas vraiment un mais une courte introduction plutôt bien faite, je jette mon dévolu sur le raccourcis n° 2 « fragile agile » reprenant quelques antipatterns d’interprétation erronées de Scrum. Bien vu !

Le second chapitre « attitude and abilities » couvre aussi 15 pages et intègre également 3 raccourcis. Je vais mettre fin maintenant à cet insoutenable suspens : ça continue comme ça jusqu’à la fin ! Le « masterful Scrum Master » relève correctement la posture du Scrum Master, mais l’auteur aurait aussi pu relever les antipatterns du Scrum Master chef de projet et du SM courroie de transmission du management ! Le raccourcis star est sans doute le « Rock Star or Studio Musician » qui pointe ce que doit être la dynamique d’une équipe Scrum. Sur le raccourcis dédié au linup, j’avoue ne pas être fan du T-shape développeur que je trouve une vue réductrice des compétences des membres d’une équipe.

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Note de lecture : The Scrum Field Guide, par Mitch Lacey

Note : 4 ; La promesse d’un accompagnement pour démarrer, mais au final des conseils biaisés et parfois critiquables sur la mise en place de Scrum !

Un livre pour vous accompagner durant votre première année de Scrum, telle est la promesse de Mitch Lacey ! Le livre est bien écrit, et l’auteur sait puiser dans une large connaissance de ses sujets. Chaque chapitre est construit de la même façon : d’abord une histoire, puis « le modèle » et enfin les clés du succès pour conclure. Dommage de ne pas avoir tenté de construire un fil rouge avec l’histoire, car c’est un contexte différent que l’auteur nous propose à chaque fois.

En lui-même, le livre n’est pas une lecture légère ; 350 pages découpées en 30 chapitres sous 4 parties. Rajoutez à cela 10 pages d’annexes pour décrire le framework Scrum. Les 18 pages du 1er chapitre sont en dehors des 4 parties. Il sert à introduire Scrum et fait plutôt bien son boulot. Notons que l’on y parle des valeurs et pratiques Scrum (à distinguer de celles du manifeste).

La première partie elle-même est constituée de 7 chapitres sur 95 pages. La douzaine de pages du second chapitre évoque l’embarquement des personnes sur le projet, la vision, le sentiment d’urgence, tout ça. J’ai trouvé cela bien peu convainquant. Au long des 15 pages du chapitre 3, l’auteur développe un modèle bien à lui, celui du « team consultant ». On s’écarte assez notablement de la Vision Scrum ici. Et pour des nouveaux venus, elle est facile à interpréter incorrectement, avec le mise en place de baronnies au sein de l’organisation ! 15 pages également sont dédiées à la gestion de la vélocité au chapitre 4. Pourquoi traiter ce sujet dès maintenant ? Mystère. Toute la logique du plan est en fait un peu mystérieuse pour moi. Rien de transcendant dans ce chapitre 4, par ailleurs. Mais les rôles de Scrum eux méritent bien d’être traités tôt. Mais on n’en dit presque rien ! Seules 9 pages leurs sont dédiées au chapitre 5. Décidément les priorités et les importances des sujets sont troublantes. On passe un peu plus de temps (mais à peine) sur la détermination de la longueur des itérations, où l’auteur nous propose une impressionnante « scoring key », à mon avis complètement inutile. Dans le même ordre d’idées, 8 pages à propos de la définition de terminé… bof, pas grave, n’est-ce pas ? Le chapitre se termine par un sujet qui tient à cœur à l’auteur : le « full time Scrum Master », sur lequel je suis en complète opposition !

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Note de lecture : The Elements of Scrum, par Chris Sims & Hillary Louise Johnson

Note : 6 ; Bien écrit et pertinent, mais aussi sans beaucoup de surprises.

Cet ouvrage est le grand frère du « Scrum, a Breathtakingly Brief and Agile Introduction », ou plutôt est-ce l’inverse ! Cela reste un ouvrage descriptif sur Scrum. Au moins celui-ci est-il vivant et bien écrit.

La première partie (introduction à l’agilité) est précédée d’un petit storytelling « a week in the life of a Scrum Team ». Il me rappelle le « Scrum in action » de Jeff Sutherland. Mais ici il n’a qu’un objectif de mise en jambe et c’est plutôt original et réussi. Le premier chapitre de cette seconde partie a trait (tarte à la crème des temps modernes) à la comparaison entre cycle en cascade et agile. On échappe toutefois aux lieux communs et le propos est même éclairé !

Le second chapitre (3ème en fait) introduit l’agilité (classiquement aussi) par l’écriture du manifeste agile. Là encore bien écrit et documenté il constitue une bien sympathique synthèse historique. Il n’est guère surprenant de voir un chapitre dédié aux principes et valeurs agiles lui succéder. Le propos sur les valeurs agiles n’est guère original, mais les 12 principes sont plus rarement évoqués. Ils intéresseront les nouveaux venus à l’agilité.

L’agilité est-elle rentable ? C’est ce qu’explore ce 5ème chapitre en comparant le déroulement en parallèle d’un projet en agile d’un côté et en cascade de l’autre. Cette histoire montre la valeur de l’approche agile d’un point de vue financier. Cela dit, ce chapitre aborde ce cas de figure de manière un peu simpliste.

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What is Scrum ? Par Henrik Kniberg

Une façon classique de présenter le sujet est de commencer par le manifeste, puis d’évoquer le « parapluie agile » et les différentes approches qu’elle abrite : Scrum, XP, Kanban, etc.

Mais c’est surtout : délivrer tôt de la valeur métier et « moins de bureaucratie ». Pour illustrer cela, Kniberg nous trace le Value Stream Map d’une entreprise développant des jeux : un temps de cycle de 25 mois pour 3 mois de travail utile seulement ! La logique de telles entreprises est de minimiser les coûts en maximisant l’utilisation des ressources.

Optimiser l’utilisation des ressources

Il s’agit d’une illusion à plusieur titres. Tout d’abord occuper au mieux l’équipe ne garanti pas une meilleure productivité, au contraire. Preuve nous en est donnée lors des week-end de départ en vacances…

Par ailleurs, notre travail n’est pas de produire du logiciel … mais de résoudre des problèmes. Et si possible en produisant le moins de logiciel possible pour ce faire !

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Agile Tour Lille – 15 octobre 2015

Agile Tour Lille 2015, j’y serais !

Les retours d’expérience sont rarement aussi passionnant qu’ils devraient l’être ! Ils me donnent trop souvent l’impression d’être pour une entreprise, un projet, l’occasion de vanter leur réussite. Une opportunité de raconter une histoire dont ils sont les héros et dont il sera difficile de tirer parti une fois rentrer chez nous.

C’est donc à partir de vécu, mais sous forme de « patterns » , de recettes venues du terrain, que je vous proposerais cette session qui n’a rien de théorique.

Voici le « teaser » de cette session.

Teasing, teasing…

Basculer en agile un très gros projet est un challenge, pour certains cela peut même apparaitre comme une ineptie. Pourtant c’est que le projet Linky a décidé de faire ! Un tel choix fait émerger des difficultés souvent absentes de projets plus petits : culture « cycle en V » omnisciente, grandes équipes, intégration dans l’architecture du SI, etc.

Mais si la route reste longue, les signes de succès sont réels. Plutôt que d’exposer l’histoire du projet, nous allons voir ensemble 12+1 leçons apprises, sous forme de « patterns » opérationnels : des recettes que vous ne trouverez dans aucun livre. Les patterns que nous vous proposons sont tous directement utilisables pour votre propre transition agile dès demain.

A bientôt

Rendez-vous le 15 Octobre à Lille !

Agile Tour Lille – 15 octobre 2015