Note de lecture : Elon Musk, par Walter Isaacson

Note : 6 ; Vis ma vie d’Elon Musk !

C’est assez étrange de lire la biographie d’un homme qui entre juste dans la cinquantaine et dont il est raisonnable de penser que de nombreux et grands accomplissements ont encore devant lui. Car si l’homme est très clivant, il est difficile de contester que ses accomplissements sont, au sens propre, extraordinaires. Le biographe officiel de Steve Jobs, l’un des plus reconnus de sa profession a passé 2 ans aux côtés du fondateur de Space X et Tesla. Aussi, cette biographie qui n’en est pas tellement une raconte-t-elle la chronologie ces deux années, précédé d’une première partie purement biographique de son enfance à nos jours.
L’ouvrage est très conséquent : plus de 600 pages découpées en 95 très courts chapitres. Le passage de la biographie à la chronologie est difficile à marquer mais se situe probablement autour du chapitre 54.

Cette biographie n’a pas pour objet de nous faire aimer le personnage, mais de nous aider à mieux le cerner. Il m’est difficile de ne pas admettre que l’homme est fascinant, à défaut de l’apprécier. Peu connue, sa participation à PayPal avec laquelle il a fusionné sa propre startup, s’est conclu par un débarquement plutôt brusque. La raison est à rechercher dans un des traits marquants du personnage : son appétence aux risques extrêmes ! L’objectif d’Elon Musk de disrupter le monde de la finance avait tout pour effrayer ses co-fondateurs. Plus étonnant est qu’il soit resté en bons termes avec ses ex-associés. PayPal n’était qu’une opportunité, mais n’entre pas dans ce qu’il considère comme sa mission : la résilience de l’espèce humaine ! C’est assez hilarant quand on voit comment il traite ses propres collaborateurs !

Son pactole de sortie en poche, le voilà lancé dans l’aventure SpaceX. Son objectif est d’envoyer des humains sur Mars, pour faire de l’espèce humaine une espèce interplanétaire. Si les débuts sont chaotiques et l’ont pratiquement ruiné, ils nous apprennent d’autres choses sur l’homme. Tout d’abord que des objectifs considérés comme impossibles pour le commun des mortels sont pratiquement un standard pour lui. En fait quand les situations ne sont pas suffisamment impossibles ou chaotiques, il tombe en dépression. On y découvre aussi un de ses outils préférés : l’idiot index. On prend le coût de la matière première et on le rapporte au coût du produit fini. Le facteur multiplicateur est l’idiot index. Le travail consiste alors à réduire l’idiot index. Pour se faire, toutes les idées sont permises, il n’y a pas de limite, sauf les lois de la physique. Toutes les autres lois et règlementations sont considérées comme des suggestions (à l’exception de ce que dit Elon Musk : il ne s’attend pas à ce que ce qu’il dise soit pris comme des suggestions…). Au bout du chemin, une réduction fulgurante des coûts, une ascension toute aussi fulgurante de SpaceX qui met sur orbite d’avantage de tonnage que l’ensemble des pays du monde réunis.

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Note de lecture : Bien voir pour mieux gérer, par Mike Rother & John Shook

Note : 5 ; Une vision austère mais pratique des chaines de valeur dans l’univers de la production, difficile à transposer en dehors.

Ce livre est un texte, si ce n’est le texte de référence sur le value stream mapping. Quel que soit le texte auquel vous allez vous référer sur le sujet, vous allez finir sur l’ouvrage de Rother et Shook. D’ailleurs celui-ci a été primé par le « Shingo Prize »… au siècle dernier. Et c’est là le problème majeur du livre : il est ancien, n’est plus édité et est tout simplement introuvable en langue anglaise. Il n’est plus réimprimé non plus en français, mais n’est pas encore complètement épuisé même si on ne doit pas en être loin. C’est donc vers cette traduction que je me suis dirigé.

Le livre est « grand format » et se repèrera vite dans une bibliothèque. Mais le nombre de pages et des plus réduits : à peine une centaine. Comme le prix est assez élevé, c’est sans doute le « prix à la page » le plus élevé que j’ai jamais concédé ! Le nombre de chapitres (ici appelés « parties ») est aussi réduit, tout juste 5.
La première partie est des plus réduite avec seulement 7 pages. Comme on peut s’y attendre, c’est une introduction qui répond au « pourquoi » de la chaine de valeur. On y évoque aussi le Kaizen, car l’objectif de la chaine de valeur et de cet ouvrage est bien l’amélioration.

On attaque les choses sérieuses au second chapitre avec la cartographie de la chaine de valeur « version courante ». A partir de ce chapitre l’ouvrage va s’appuyer sur un cas d’étude : l’entreprise ABC emboutissage. Comme dit précédemment, le ciblage du texte est la production industrielle. Des concepts comme le « flux de matière » peuvent être transposés pour les travailleurs du savoir. Pour des conseils tels que « parcourir à pied la chaine de production », c’est moins évident. Les concepts importants de la modélisation y sont introduits. Certains, comme le temps de cycle, nous sont habituels, mais d’autres le sont moins comme le temps de valorisation. D’autres enfin sont plutôt difficile à appréhender, comme le CPC (chaque pièce chaque jour). Malgré la construction progressive de la chaine de valeur et la représentation des modèles (parfois sur double page), le propos est ardu à suivre.

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Note de lecture : Exactly What to Say, par Phil M. Jones

Note : 4 ; Les « trucs » du vendeur !

C’est un petit livre bien étrange. La lecture m’en a été (indirectement) recommandée par Craig Larman. Petit il l’est par la taille et le contenu : moins de 130 pages au format poche. Il sera liquidé en 2 jours en lecture intermittente. Je n’avais pas d’idées préconçues avant d’en débuter la lecture, ni ne savais à qui il s’adresser en particulier. Eh bien, il s’adresse au commercial rencontrant un prospect ! Ce n’est pas mon exercice préféré, ni le thème auquel j’aime à m’intéresser. Il n’en reste pas moins que l’auteur sait de quoi il parle. Voyons cela.

Il n’y a pas de chapitres à ce texte. Il est découpé en 23 « interventions choc » à placer auprès de son interlocuteur au bon moment. Chacune de ces choses à dire peut renverser une situation ou changer le cours d’un échange, le plus souvent en redonnant l’avantage au vendeur. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : vendre et avoir ou regagner l’avantage pour finalement conclure positivement une vente. Ce n’est guère glorieux. Mais force est de constater que ces morceaux choisis sont particulièrement forts et pertinents. Je me reconnais même dans certains d’entre eux. On est très loin du « gros bourrin ». Partageons-en quelques-uns.

Le « simple swap » permet de tourner une question ouverte en une question fermée, pour garder le contrôle et éviter le dérapage d’une discussion dans une direction non souhaitée par le vendeur. Ainsi à « avez-vous des questions ? » on préfèrera « Quelles questions avez-vous pour moi ? ». Quand on est proche de conclure, on évite inconsciemment le trop fameux « j’ai besoin de temps pour y réfléchir », en tout cas la plupart du temps. En préambule de la description d’un scénario, on peut utiliser « je parie que vous êtes comme moi », ce qui aide l’interlocuteur à abonder dans votre sens. C’est un poil manipulateur, car on provoque une empathie à notre égard, mais je dois avouer l’avoir déjà utilisé !

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Note de lecture : Badass: Making Users Awesome, par Kathy Sierra

Note : 8 : Pour aider l’utilisateur à acquérir des super-pouvoirs !

J’ai fait l’acquisition de cet ouvrage au nom plutôt étrange sur la seule caution du nom de l’auteur. Puis il a pris la poussière un bon moment. Il s’est avéré être, en fait, une excellente surprise. Surprise également pour ce qui à la mise en forme du livre. Est-ce un roman photo ? Autre chose ? J’en suis arrivé à la conclusion que nous avons là une conférence TED sous forme de livre ! Le découpage en chapitre est assez difficile à percevoir, pour tout il y en a un. Il y a 4 chapitres, ce sont plutôt des parties ou des phases de l’ouvrages qui s’enchainent assez naturellement.

La première partie, le « prologue », est une prise de conscience. Elle part du marketting : Qu’est-ce qui provoque l’engagement des utilisateurs ? Ce n’est pas la marque, mais eux-mêmes, la perspective d’acquérir de nouvelles capacités, de devenir « badass ». Ceci établi, cette première partie répond à une autre question : Qu’est-ce que cela signifie d’être Badass ? C’est la maîtrise de ce que l’auteure appelle le « compelling context », c’est à dire non pas la maîtrise d’une application ou d’un dispositif, mais ce que celui-ci permet de faire ou d’obtenir. Ainsi l’objectif devient d’aider l’utilisateur à devenir excellent par rapport à ce contexte. Enfin, cette première partie se conclut sur le sujet de la trajectoire et des compétences à obtenir pour exceller dans ce contexte.

La seconde partie est consacrée à la « science du badass », à décomposer la manière dont les experts procèdent. On commence en douceur en étant capable de formuler ce qu’exceller signifie dans un domaine donné. Kathy Sierra explore ensuite la question de l’exposition qui s’oppose la plupart du temps à celle du « talent naturel »: nombre de personnes excellent dans un domaine car elles y sont quotidiennement exposées par le biais de leur entourage. La question devient alors de recréer cette exposition. Le second sujet est celui de la progression qui nous conduit au concept de « pratique délibérée ». La notion de « perceptual knowledge » est plus étrange, plus encore reliée aux neurosciences que les précédentes pour créer une forme d’apprentissage automatique sans acquisition formelle de connaissance mais par la simple exposition d’un grand nombre de productions d’experts.

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Note de lecture : Cybersecurity Myths and Misconceptions, par Eugene H. Spafford, Leigh Metcalf & Josiah Dykstr

Note : 4 ; Où l’on débusque effectivement (beaucoup) de mythes, mais en s’égarant bien trop souvent !

Au premier regard, l’ouvrage n’attire guère l’attention si ce n’est par l’illustration de la couverture assez médiocre. L’avant-propos écrit par Vint Cerf interpelle beaucoup plus : il s’agit de l’inventeur du protocole TCP/IP ! En fait, les auteurs sont tous de grosses pointures, l’un d’entre eux a pratiquement créé le domaine de la cybersécurité. Est-ce cette aura qui lui a permis d’inclure dans le livre des illustrations réalisées par sa fille ? En tout état de cause, cet élément n’est pas une réussite.

Nous avons là un texte très dense, aussi bien par la rareté des illustrations (une bonne chose, dans le cas présent) que par le propos lui-même. Il ne faut donc pas se laisser surprendre par la taille assez modérée de l’ouvrage qui compte 330 pages. Pour ce total nous avons 16 chapitres répartis sur 4 parties, donc une structure plutôt engageante.

La première d’entre-elles sert de prologue pour camper des éléments de contexte sur l’Internet et la cybersécurité. Elle compte 2 chapitres sur un peu plus de 55 pages. Le premier chapitre aborde les caractères généraux de la cybersécurité. J’en retiens les principes de Robert Courtney sur la gestion de la cybersécurité. Malgré qu’il s’agisse d’un chapitre d’introduction assez général, les auteurs nous assènent quand même quelques mythes assez lourds tels que « le premier but de la cybersécurité est la sécurité »… de quoi bien nous appâter pour la suite ! On ne voit venir certains (le produit X vous permettra d’être sécurisé), mais pour d’autres c’est moins évident (l’open-source est plus sécurisé que le closed-source). Un bon chapitre ! Le second chapitre est le complément du premier : « qu’est-ce que l’internet ? ». Le propos tourne beaucoup autour du protocole de communication. Les auteurs semblent avoir une dent contre la blockchain, ils lui réservent quelques mythes, ainsi qu’au Dark Web qui ne serait pas si dark… Mais finalement, pas tant de mythes au niveau TCP/IP qui est pourtant une vraie passoire !

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Note de lecture : Ask Powerful Questions, par Will Wise & Chad Littlefield

Note : 5 ; Où il est question de questionnement, mais surtout de conversations dans un cadre de coaching.

Le questionnement est le super-pouvoir du coach, mais c’est aussi celui du manager ou de l’analyste. Poser une question ne se fait pas au hasard. Une question va initier un processus de réflexion dont la réponse n’est qu’un élément, et pas nécessairement le principal. Poser une question, c’est choisir délibérément la direction que l’on se propose de donner à cette réflexion. Le présent ouvrage nous propose de construire une progression de questionnement en 5 étapes en s’appuyant sur la métaphore de la pyramide.

Le livre en lui-même est composé de 6 chapitres pour un total d’environ 260 pages dans un moyen format. Le premier chapitre traite de l’intention. Par « intention », les auteurs appellent à être clair et transparent sur ce que nous recherchons. Il s’agit aussi de mieux connaitre son interlocuteur, son contexte et ses attentes. L’intention est le moment durant lequel on crée une connexion authentique et sincère avec l’interlocuteur, en usant du « nous ». Au chapitre 2, nous développons le « rapport », qui est la compréhension profonde de l’interlocuteur. La clé ici est de comprendre réellement celui-ci au-delà des impressions superficielles.

Le chapitre 3 nous rapproche davantage du cœur du sujet : il s’agit de « l’ouverture ». Là où les deux premières étapes servaient à créer un terrain propice, cette phase sert à écouter ce que notre interlocuteur souhaite exprimer. Les auteurs nous découragent vivement à utiliser le « pourquoi », mais user plutôt du « quoi » et du « comment ». Pour exacerber cette ouverture, il s’agit plutôt d’élaborer des questions auteur de « que pensez-vous » ou « que ressentez-vous ». L’emploi de questions ouvertes permet ici de transiter d’un mode interrogatoire vers une conversation. Le chapitre 4 évoque l’écoute. Plus précisément il mise sur le « reflective listening », en s’appuyant par exemple sur la technique de la reformulation. Ce chapitre apporte finalement assez peu à ce que nous connaissons déjà.

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Note de lecture : The Delicate Art of Bureaucracy, par Mark Schwartz

Note : 3 ; Sans queue ni tête (ou peu s’en faut)

Avec Mark Schwartz, on ne sait jamais vraiment où on va atterrir ! Le titre a-t-il seulement un rapport avec le contenu ? Mystère ! Dans cet ouvrage il doit être question comme son nom l’indique de bureaucratie. Le pédigré de l’auteur en fait de facto une personne particulièrement compétente sur le sujet, du moins concernant l’administration américaine. Mais une bureaucratie, c’est une bureaucratie…

Le présent ouvrage compte 15 chapitres, également répartis sur 3 parties pour un total de 210 pages. L’auteur doit aimer les rythmes réguliers, car la première partie « digital transformation and bureaucracy » compte 70 pages pour ses 5 chapitres. Comme à son habitude, l’auteur commence par un premier chapitre plutôt brouillon. Ou plus exactement, il donne l’impression d’écrire davantage pour lui-même que pour le lecteur. L’élément à en retenir est l’introduction de Max Webber dont la pensée sociologique va guider le propos développé ici. Au chapitre 2, il semble qu’il sera question de Chaos Monkey. Mark Schwartz a du changer d’avis une fois le titre écrit. L’élément saillant de ce chapitre est l’évocation du « paper reduction act », dont nous apprendrons plus tard que son impact fut en fait d’augmenter le volume de papier. Un chapitre bien creux, cette fois encore.

Les digressions (comment les appeler différemment ?) du chapitre 3 évoquent (je crois) l’impact de l’IT concernant la bureaucratie. Mais j’ignore les conclusions que je dois tirer de cette lecture. L’outil numérique est un bon outil pour assurer le suivi des règles, comme le font les ERP. Mais amplifie-t-il le problème comme semble le suggérer l’auteur ? Au chapitre 4, il nous révèle (si l’on peut dire) pour quoi la bureaucratie, c’est mal : elle est inefficace, elle a perdu de vue son rôle de départ, elle est un obstacle à l’innovation, elle déshumanise, elle sclérose et finalement elle devient un facteur de risque de par son aversion intrinsèque au risque ! C’est une plutôt bonne synthèse d’éléments que l’on ne découvre pas vraiment. Mais le chapitre 5 nous invite à considérer pourquoi la bureaucratie est une bonne chose : facteur d’égalité et de régulation, entre autres chose. Ce qui nous conduit au verdict : la bureaucratie, ce n’est pas le mal.

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Note de lecture : Retrospectives Antipatterns, par Aino Vonge Corry

Note : 6 ; Une bonne vue d’ensemble sur ce qui peu taller de travers lors des rétrospectives, mais assez faible sur les remèdes.

Les rétrospectives ont acquis leurs lettres de noblesse dans le monde agile, au point d’être considéré comme le principal moteur de l’amélioration continue, et parfois même le seul ! Pourtant pas mal de choses peuvent mal tourner ou au moins ne pas donner les résultats espérés. Dns ce dernier cas, cela passe même souvent inaperçu. Cet ouvrage est là pour prendre le taureau par les cornes et se donne comme objectif d’identifier ces situations aussi largement que possible, de les analyser et de proposer des mesures pour contrer le problème.

L’ouvrage compte 220 pages pour 24 chapitres qui sont autant d’anti-patterns. Ils sont regroupés en 3 parties. La première d’entre-elles va adresser les anti-patterns dits structurels, sur 8 chapitres et 80 pages. La « roue de la fortune » au premier chapitre adresse les rétrospectives superficielles où l’on adresse les symptômes mais pas les causes profondes. L’auteure nous suggère l’usage de 5 pourquoi pour aller chercher plus loin les causes du mal. On appréciera la prise en compte d’aspects culturels qui peuvent être un frein à la démarche. Au second chapitre, il est question de l’ignorance de la directive première de Norman Kerth. Elle conduit aux attaques personnelles, à la perte de confiance et finalement à une attitude défensive des participants qui n’osent plus s’exprimer. Le texte en dresse une excellente description. La solution est bien sûr de mettre en avant la directive première, ça ne nous avance pas tellement.

Le chapitre 3, il est question des rétrospectives qui évoquent des questions hors du champs d’action ou d’influence de l’équipe, ce qui ne nous avance guère. L’exercice des « 3 cercles » qui est proposé comme solution est vraiment excellent et simple à mettre en œuvre. Je le recommande particulièrement. Nous arrivons au chapitre 4 « overtime » où l’équipe utilise la rétrospective pour « déborder » sur les derniers incidents d’actualité. Là encore ce genre de situations est assez fréquente. L’auteure ne nous propose guère que la tenue d’un agenda pour y remédier. Ce n’est pas spécialement convaincant.

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Note de lecture : Paper Prototyping, par Carolyn Snyder

Note : 3 ; Beaucoup de processus et pas tellement de prototypage

C’est un exercice périlleux d’écrire une note de lecture sur un livre qui prenait la poussière depuis 20 ans ! D’un côté, il s’agit bien de mettre en lumière l’intérêt du contenu au moment où je l’ai lu, mais de l’autre, je ne peux honnêtement pas faire fi du contexte de l’époque. Bien que Paper Prototyping ne soit pas un texte technique, il reste exposé à ce dilemme. Le prototypage papier est de prime abord une technique alléchante, à la fois par son côté rapide, low-cost et par la dynamique différente que peut conférer le contact physique avec le support. Nous allons le voir, le texte donne bien peu de place à ces atouts.

Le livre, parlons-en ! Il en impose assez avec ses 350 pages. Le tout est rythmé en 16 chapitres, regroupés en 4 parties. La première d’entre-elle compte presque 100 pages pour 4 chapitres. Gageons que c’est plus qu’une introduction malgré l’en-tête. Mais le premier chapitre est bien une introduction : il contextualise l’usage de la pratique et la compare aux autre pratiques proches ou alternatives, le tout richement illustré. On ne sait pas encore comment conduire cela, mais on a une meilleure idée de l’usage. Le second chapitre nous plonge directement dans des cas d’étude. A ce stade, nous ne savons rien de la démarche, il s’agit donc plutôt de vanter les résultats qu’elle permet d’obtenir. On notera avec intérêt les exemples issus de systèmes embarqués.

Le chapitre 3 est assez frustrant, car il continue de nous faire languir. « Thinking about prototypes » nous énumères les bénéfices et les contraintes (mais surtout les bénéfices de la démarche). Un chapitre pas vraiment utile. Nous abordons les choses sérieuses avec le dernier chapitre de cette première partie : la réalisation effective des prototypes : quels matériels et quels supports utiliser ? Comment représenter un browser ou des éléments d’interface ? Même si le chapitre est conséquent, un seul n’aurait pas suffi pour faire le tour de la question et on a parfois l’impression que l’on passe un peu rapidement sur les différents éléments. Cela mis à part, le chapitre tient bien la route.

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Note de lecture : Modern Defense in Depth, par Stephen Gates

Note 4 ; Plus des intentions qu’un véritable concept

La défense en profondeur, c’est une architecture cyber qui est passé de mode, au profit du « zéro trust ». Pourtant ce court ouvrage veut nous vanter les mérites d’une nouvelle génération de défense en profondeur. Cela mérite que l’on y regarde de plus près. D’un format un peu plus petit que ce que l’on a coutume de voir, l’opuscule ne compte que 45 pages pour 5 chapitres. Ce n’est donc pas une lecture qui va nous garder en haleine très longtemps.

Le point de départ de cet opuscule est une conviction intime de l’auteur : la faiblesse de l’architecture de défense en profondeur réside dans le principe de base de l’indépendance des lignes de défenses, alors qu’il s’est forgé une vision selon laquelle ces lignes doivent au contraire être intégrées. C’est ce que nous allons voir.

Le premier chapitre est une critique de l’architecture de défense en profondeur : qu’est-ce qui ne marche pas et pourquoi ? Le teste dresse un constat sévère : les lignes de défense indépendantes ne protègent pas suffisamment contre les attaques externes, car il s’agit de produits indépendants que les attaquants apprennent à connaitre, mais ils ne protègent pas non plus les attaquent visant les utilisateurs internes, car elles sont inefficaces contre le phishing, par exemple. La critique la plus importante est sans doute celle du « bruit » générés par ces lignes indépendantes, qui reposent sur un SIEM pour corréler ces différentes informations et leur donner un sens. Ce chapitre n’est pas dénué d’intérêt, car même si le propos n’entre pas en profondeur, il fait un bon travail pour dresser un paysage des faiblesses pénitentielles d’une architecture de sécurité classique.

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