Note de lecture : Training from the BACK of the Room ! par Sharon L. Bowman

Note : 7 ; Pour penser la formation autrement. Mais un format pas spécialement plaisant à lire.

On apprend mieux quand on est actif, quand le stagiaire est aussi acteur de la formation et quand l’animateur se tient en retrait. C’est le message principal de cet ouvrage majeur dans le monde de la formation. Sharon Bowman nous propose de structurer notre agenda de formation en cycles composés de 3 éléments : la connexion, les concepts et la mise en pratique. Cela ne semble pas disruptif, mais c’est dans la mise en pratique que les choses commencent à diverger. D’où les 65 propositions d’atelier.

L’ouvrage est ainsi divisé en 3 parties principales, auxquelles il faut ajouter une partie introductive, et deux « follow up ». Le tout compte environ 280 pages. Autant le dire tout de suite, c’est la structuration du livre qui m’a le plus dérangé dans ma lecture.

Pour entamer la lecture, la partie introductive « need to know » introduit les concepts qui seront par la suite développés. La table des matières nous indique que les 70 pages de cette partie sont décomposés en 3 morceaux (je n’ose dire « chapitres »), mais on a bien du mal à les différencier. En fait, il y a deux thèmes principaux. Le premier à traits aux concepts issus des neurosciences et qui seront ici exploités : on apprend mieux quand on est soi-même acteur de son apprentissage ! Le second, qui structurera l’approche de l’auteur et en fait, la construction même du livre sont les « 4 Cs » : connexion (avec les autres, avec le sujet), concepts (qui est l’apport de nouvelles connaissances), concrete practices (pour ancrer cette connaissance) et enfin conclusion (pour débriefer et prendre du recul sur le sujet). L’auteur nous propose d’ailleurs aide-mémoires et exercices pour mettre en pratique in situ l’approche avec le contenu même du livre !

La première partie, « Connection », couvre environ 40 pages. Elle est auto-référençant, car Sharon Bowman la structure à l’image du framework qu’elle nous propose pour ces formations. En premier lieu, la connexion (aux autres, au sujet, à eux-mêmes) ; oui, on parle bien de la connexion au sujet « connexion » ! Puis l’auteur y décline des activités elles-mêmes rassemblées en étapes de cette phase : le « warm up », puis le « fast pass » pour une introduction rapide ou le « start up » quand on veut y consacrer un peu plus de temps. En fait, ces activités sont plutôt des idées, assez peu développées, mais avec toutefois des exemples. A hauteur d’un paragraphe par activités on comprend que ce volume puisse en contenir 65 !

La seconde partie, « Concepts », nous gratifie d’une cinquantaine de pages. Cette partie est délicate, car elle correspond à la partie « lecture » souvent magistrale des formations que l’auteur entends rendre « back of the room » ! Parmi les concepts clé : frugalité des informations, support d’écriture et transmission d’information interactive. Bref, des éléments permettant au stagiaire d’être partie prenante de la formation. Les activités proposées sortent aussi de l’ordinaire, entre le jigsaw qui voit le stagiaire jouer le rôle d’expert et le concept center qui transforme cette phase en zone d’étude. Malheureusement ces propositions disruptives nécessiteraient plus de détail sur la mise en œuvre.

On arrive en partie 3 à la mise en pratique, à laquelle 40 pages sont réservées. Ici, pratique signifie : participation active, collaboration entre les stagiaires et compréhension des attentes. Si les principes énoncés ont le mérite d’énoncer clairement des principes plutôt bien connus pour la plupart, je n’ai pas trouvé les pratiques proposées fulgurantes…

La quatrième partie « Conclusion » qui n’est pas la conclusion du livre se voit octroyé un peu moins de quarante pages. Résumer, évaluer et célébrer sont les maîtres mots. Je passe rapidement sur le « célébrer » qui fait très américain et n’est clairement pas adapté à la culture française. Mais j’ai bien aimé l’idée de laisser les stagiaires synthétiser, si possible en groupe. De même, bien qu’il s’agisse de bon sens l’auteur propose d’évaluer l’apprentissage plutôt que la formation ! On trouve aussi de bons exercices au sein de cette section.

La dernière partie de l’ouvrage est un complément d’information. L’auteur y balaie des sujets qui lui tiennent à cœur mais ne sont pas indispensables au sujet principal, comme l’andragogie versus pédagogie, ou le e-learning.
L’auteur a voulu reproduire dans le texte la dynamique d’une formation. De fait des exercices émaillent le contenu. Mais cette structure un peu étrange rompt la linéarité de lecture et me perd dans mes repères de lecture, ce que j’ai trouvé assez désagréable. Il n’en reste pas moins que le contenu en fait à juste titre un des livres de référence sur la pédagogie de formation et à juste titre !

Training from the BACK of the Room ! par Sharon L. Bowman

Référence complète : Training from the BACK of the Room ! – Sharon L. Bowman – Pfeiffer 2009 – ISBN : 978 0 7879 9662 8

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