Note de lecture : Design It ! par Michael Keeling

Note : 5 ; Il aurait été vraiment bien s’il avait été moins abstrait

On trouve de la littérature sur l’architecture agile. Pas beaucoup, mais on en trouve. Mais quand il est question du rôle de l’architecte, il en va autrement. Les approches agiles, centrées sur l’auto-organisation renâclent à en admettre l’existence, et seuls les ouvrages faisant état d’un architecte plus ou moins seul maître à bord (le chef de projet faisant la paperasse indigne de l’Architecte) apparaissent dans les rayonnages.

Le livre de Michael Keeling se positionne ici : une vue agile du rôle de l’architecte. A cet égard, il positionne l’architecte d’avantage comme un facilitateur que comme un directeur (voir un dictateur, le plus souvent). Pour nous convaincre de tout cela, le volume compte pas moins de 310 pages (hors annexes), ce qui semble plutôt conséquent. L’ensemble est structuré en 3 parties totalisant 17 chapitres. La première d’entre-elle, Introducing Software Architecture va compter 2 chapitres et se satisfaire de 25 pages en tout. La douzaine de pages du premier chapitre trace les grandes lignes des missions de l’architecte. C’est concis mais un peu abstrait, sans exemples pour étayer la chose. A ce stade on est confiant, le « Project Lionheart » illustrera cela. On a tort, ce premier chapitre donne un avant-goût du reste.

Design Thinking fundamentals ne parle pas de « Design Thinking » au sens classique du terme. En fait, il est question ici de l’approche globale que propose l’auteur, du travail de l’architecte selon 4 axes :

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Note de lecture : Clean Architecture, par Robert C. Martin

Note : 5 ; Agréable à lire, mais beaucoup de “recyclage », beaucoup de verbiage et peu d’information nouvelle.

Robert Martin est sans contestations possibles un des maîtres du craftsmanship. Je l’ai découvert avec son « C++ Applications Using the Booch Method » qui fut un régal. Son « Clean Code » et plus modestement son « Clean Coder » ont popularisé le craftsmanship et les concepts SOLID. Il m’est difficile d’avouer que j’ai eu du mal à trouver ici des idées nouvelles par rapport à ses écrits précédents. L’ouvrage atteint les 370 pages mais ce volume me parait être là pour donner le change.

Ainsi la première partie composée de 2 chapitres ne dit pas grand-chose, si ce n’est qu’il ne faut pas faire de concession sur la qualité de l’architecture. Une position pas vraiment nouvelle de la part de l’auteur.

La seconde partie fait partie des éléments nouveaux apportés par Uncle Bob : elle est consacrée aux paradigmes des langages de programmation et est composée de 4 chapitres, soit un peu plus de 35 pages. L’auteur nous présente ces paradigmes comme autant de contraintes, de possibilités que l’on enlève au programmeur pour chacune d’entre-elle :

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Note de lecture : Corba : des concepts à la pratique, 2nd édition – Jean-Marc Geib, Christophe Gransart & Philippe Merle

Note : 6 ; Une présentation plutôt pédagogique, mais un texte qui accuse son âge.

Comme le titre l’indique, l’objet de ce livre est d’expliquer Corba en commençant par les principes, puis en poursuivant par la pratique. De fait, le texte devrait pouvoir servir de support d’un cours Corba, par exemple.

Les deux premiers chapitres sont un tour d’horizon des principes de Corba. En une cinquantaine de pages, on fait le tour des concepts de ce middleware, le tout agréablement soutenu par des diagrammes. Pas mal. Curieusement, c’est par une investigation en profondeur que l’on continue, que l’on a un peu de mal à raccrocher à la partie précédente. L’auteur a dû juger que cela était un prérequis indispensable aux chapitres suivants : les interfaces standard de Corba (chapitre 4), hélas fort peu illustré par un exemple pratique, puis les services standard (chapitre 5), toujours aussi peu soutenu d’exemple, même si les diagrammes sont valables. Nous voici arrivé en page 180 (sur 265, hors annexes), avec une vue consistante de Corba, mais peu d’exemples.

C’est le chapitre 6 qui constitue l’étude de cas venant illustrer les parties précédentes. Celui-ci aide pas mal pour comprendre l’implémentation d’un objet Corba en BOA, ainsi que l’utilisation du service de nommage, hélas de nombreux concepts précédemment illustrés n’apparaissent pas, comme les différents types de services décrits.

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Note de lecture : Software Design Decoded : 66 ways experts think, par Marian Petre & André van der Hoek with Yen Quach

Note : 7 ; L’essence du savoir-être de l’architecte dans une lecture éclair !

J’ai réellement été surpris en ouvrant mon colis Amazon, en découvrant ce volume guère plus grand qu’un livre de poche (et pas plus épais non plus). Plus surpris encore de découvrir qu’une page sur deux était couvert par une illustration et que chacune des « 66 ways » tenait en matière de descriptif, sur un seul paragraphe ! Résultat des courses : un lecture qui file en 1 heure 30 chrono, et encore sans forcer !

Malgré la brièveté de l’ouvrage, les auteurs ont tout de même divisé les 66 conseils en plusieurs parties. On débute avec « experts keep it simple », qui regroupe 6 patterns. Je choisirai parmi eux « experts do not overgenerillize », une pierre dans le jardin de ceux qui cherchent toujours la solution générique…

La seconde partie « experts collaborate » propose les 6 suivants. Ici, c’est « experts check with others continually » que je sélectionne. Cela me rappelle mon besoin de parler aux autres de mes idées alors même que je n’ai pas fini de les développer. 6 patterns encore (et l’on voit une récurrence se dessiner) pour la 3ème partie : « experts borrow ». J’y relève « experts use analogy », qui nous permet de réfléchir par comparaison.

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Middleware et Internet, par Daniel Serain

Note : 6 ; Une introduction en douceur, mais un texte malheureusement démodé !

1999, pour les technologies, c’est désormais l’ancien temps ! De fait, cet ouvrage ignore (pour des raisons d’ancienneté) les technologies EJB, .NET et web services ! Aussi regarderons-nous cet opuscule d’un oeil nostalgique.

Le premier chapitre donne une vue générale sur la problématique des middlewares, et aborde superficiellement Corba et COM.

Le second chapitre traite des middlewares d’échanges de messages. Si ce chapitre ignore JMS (là encore pour de bonnes raisons), il présente cependant une bonne introduction à cette technique, sans toutefois rentrer suffisemment dans les détails. Il en va un peu différemment pour le chapitre suivant consacré aux middlewares orientés RPC, où l’auteur détaille plus la cinématique de fonctionnement des RPCs. Il consacre même une partie importante du chapitre à DCE : si la chose est intéressante, elle est encore un peu plus démodée ! Le chapitre 4, qui lui fait directement suite traite de Corba lui-même, des invocations statiques et dynamiques, mais peu des services Corba.

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Note de lecture : Workflow Management, par Wil Van der Aalst & Kees Van Hee

Note : 6 ; Une référence, certes, mais aussi un texte aride !

Soyons clair dès le début : ce livre fait autorité sur les fondamentaux des Workflow et est écrit par la plus grande autorité reconnue en le domaine. D’ailleurs le livre débute ses deux premiers chapitres en posant les bases des concepts fondamentaux des Workflows : tâches, work items et activités, mais aussi les réseaux de Pétri, bien entendu.

Le chapitre 3 s’attaque à la gestion des workflows : l’alignement des ressources et de l’organisation sur les workflows, ainsi que l’adéquation de ceux-ci par rapport aux objectifs et aux coûts. Cette étude est complétée par le chapitre 4 qui couvre l’analyse de pertinence et de performance des workflows.

Si ces 4 premiers chapitres couvrent la théorie, la pratique arrive avec le chapitre 5 qui présente les architectures de systèmes de Workflow, le chapitre 6 qui lui fait suite s’attaque à l’aspect méthode. Une partie qui aurait aussi bien pu être oubliée car elle apporte assez peu ici. L’étude de cas qui termine l’ouvrage est une bonne idée, mais elle est peu passionnante aussi bien par le fond que par la forme.

On notera enfin les 2 annexes : la première destinée aux fondamentaux mathématiques ravira les plus courageux (je n’en fais visiblement pas partie) et la seconde assez courte dédiée à la représentation des workflows avec UML.

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Note de lecture : Architecting Enterprise Solutions, par Paul Dyson & Andy Longshaw

Note: 7 ; Un excellent “pattern language” d’approche très Alexandrienne. Dommage que l’aspect solution me laisse un peu sur ma faim.

Le titre de l’ouvrage est assez évocateur à cet égard: Il s’agit là de décrire le style architectural des systèmes d’information Internet à l’aide d’un pattern language, à la Christopher Alexander. Digne représentant de la « software design patterns series », cet ouvrage expose sur 290 pages découpées en 12 chapitres formant 3 parties des architectures de déploiement dédiées aux applications Internet. Bien sûr, vous allez me dire que le texte va accuser son âge, surtout dans le domaine où les plus grands progrès ont été faits au cours des 10 dernières années ! Si ce point est indéniable, il n’est pas aussi marqué que l’on pourrait le craindre car il se focalise bien plus sur les principes d’architecture que sur les solutions techniques !

Je passe sur le premier chapitre qui ne nous apprend rien pour aborder la première partie « Architecture, Patterns and Internet Technology » qui comprend 4 chapitres sur 60 pages. Le premier d’entre-eux (donc le second chapitre) « system architecture » mérite que l’on ne passe pas trop vite dessus. Ses 15 pages sont consacrées aux propriétés non-fonctionnelles des architectures. Intéressant. Le point sur les technologies de l’Internet que nous propose le chapitre 3 sur 17 pages est un peu superficiel, mais pas aussi démodé que l’on pourrait le croire. Mais il apporte peu. Le chapitre 4 est en quelque sorte la table des matières patterns du livre. C’est un incontournable pour ce genre d’ouvrage. Pour clore cette première partie, les auteurs présentent l’étude de cas fictive sur laquelle ils ont choisi de s’appuyer. On y fait le tour des propriétés non-fonctionnelles que l’on avait énumérées au chapitre 2. C’est bien fait.

Avec 167 pages, la seconde partie est le gros de la troupe du bouquin, et de loin ! Il faut dire que cette partie qui ne compte pourtant que 4 chapitres s’intitule « The Patterns ». Et l’on commence fort logiquement au chapitre 6 par un chapitre « fundamental patterns » de 18 pages. Il présente deux patterns, le très classique « application server architecture » encore largement majoritaire aujourd’hui et un moins convainquant « péripheral specialist elements » dont la symétrie est questionnable du fait de la BDD unique… Le chapitre 7 nous offre un gros morceau avec les « system performance patterns » qui couvrent 45 pages. Les patterns architecturaux de ce chapitre sont particulièrement intéressants et bien décrits dans leur essence (load balancing, redondance, failover, appliance, replication, resource pooling, cache, offlining), il ne manque guère que le sharding des bases NoSQL ! Les diverses variantes de ces stratégies sont abordées ainsi que des considérations d’équilibrage de charge CPU, etc… Bref un chapitre riche qui justifierai le livre à lui tout seul !

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Waiting for the Storm…

Le Storm User Group, c’est une initiative de quelques collègues autour du « big data temps réel ». Aujourd’hui, nous parlons de Storm et quelques infrastructures qui peuvent s’y connecter. Demain, il s’agira peut-être de Spark ou d’autres…

Halte là ! Je vais peut-être un peu vite ? Et d’abord, Storm, qu’est-ce que c’est ? Voilà une question à laquelle une partie de cette première rencontre va être consacrée.

Oui, Storm, qu’est-ce que c’est ?

C’est Florian Hussonois qui va répondre à cette question. Nous pourrions résumer la chose en déclarant simplement qu’il s’agit d’un Hadoop « temps réel ». Il s’agit en quelque sorte d’un middleware permettant le traitement d’évènements en mode flux.

Un (petit) peu d’historique

Storm a été développé par Nathan Marz chez BackType en 2011. La société est rachetée ensuite par Twitter qui promeut le projet et le passe en Open-Source. La première release officielle date de 2011. En Septembre 2014, le projet devient officiellement « Apache Top Level Project » alors même qu’il n’a pas encore atteint la release 1.0 !

Ecrit principalement en Clojure et en Java, ce « processeur d’évènements » est conçu pour traiter un flux de très nombreux évènements (des tuples dans la terminologie Storm), à savoir 1 millions de tuples par seconde et par noeud (1 seul coeur processeur), avec tolérance aux fautes, gestion de la scalabilité et garantie de traitement !

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Note de lecture : Activity in Action, par Tijs Rademakers

Note : 7 ; Un bon ouvrage au standard « in action » pour accompagner une immersion dans Activity, malgré quelques frustrations.

Activity, c’est le « spin off » de JBPM par ses créateurs. Mais, ainsi qu’il est expliqué en introduction, ce n’est pas un fork mais une réécriture complète, avec les choix de conception que l’équipe aurait voulu prendre à l’époque !

Mais revenons au livre. L’auteur est un des comiters principaux du projet, ce n’est pas non plus un auteur débutant. Tout ce présente donc sous les meilleurs auspices pour commencer. La prose est conséquente : 400 pages sur 15 chapitres distribués en 4 parties inégales. Il est temps de rentrer plus en profondeur.

Les quelques 80 pages de la première partie regroupent 4 chapitres et sont une introduction à BPMN 2.0 et Activity. On commence par une présentation générale d’activity, de son architecture et l’incontournable « hello world » précédé d’une installation basique. C’est réussi. Le chapitre suivant a pour but de nous présenter BPMN 2.0. C’est fait avec pédagogie et bien illustré, mais aussi assez superficiel et on sort de là un peu frustré. La présentation de l’outillage Activity est un peu touffue, probablement parce que cet environnement l’est aussi un peu : il manque d’homogénéité et est un peu de pièces rapportées. Espérons que cela s’améliore à l’avenir.

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Note de lecture : L’EAI par la pratique, par François Rivard et Thomas Plantain

Note : 4 ; Noyé !

J’ai éprouvé de l’intérêt et des regrets à la lecture de ce livre. De l’intérêt tou d’abord : des livres sur l’EAI, il n’y en a finallement pas des masses et ils volent souvent un peu trop haut, évoquant les flux d’échanges B2B et autres intégrations de systèmes. Mais ils évoquent rarement la mise en œuvre pratique : ce n’est pas le cas de celui-ci.

Ici, on est de plein pied dans la réalisation de flux EAI, en l’occurrence avec Vitria. Pour illustrer cela, on dispose d’une étude de cas dont je dois dire qu’elle a juste la bonne complexité, ni trop ni trop peu. Et pour structurer cette mise en œuvre, les auteurs nous proposent une démarche étagée en 4 niveaux :

  • Conception : On modélise le processus métier les tableaux de bord désirés d’un coté et l’architecture technique (y compris les besoins en terme de connecteurs applicatifs de l’autre).
  • Mise en œuvre : Déploiement des configurations EAI et référentiel d’intégration.
  • Réalisation : il s’agit là de l’implémentation des processus métier avec le produit, de la réalisation des tableaux de bord, des échanges B2B et autres mappings.
  • Exploitation : On évoque ici le suivi d’exploitation fonctionnel et technique.

La partie « mise en œuvre » évoque également dans 2 chapitres qui leurs sont dédiés, l’utilisation de Tibco Rendez-vous et de WebMethod.

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