Note de lecture : The Principles of Product Development Flow, par Donald G. Reinertsen

Note : 8 ; Passionnant et passionnément austère !

Don Reinertsen n’est pas là pour s’amuser. Déjà vers la page 17, l’auteur nous explique que la manière d’appréhender les dimensions économiques d’un produit sont aujourd’hui bien naïve, que la théorie des contraintes de Goldratt est certes un progrès mais qu’elle ne représente qu’une étape intermédiaire, et que nous allons passer en revue tout cela au long de 150 principes que couvre le reste du livre. Oui : 150 ! A ce stade, on pressent que la lecture des 266 pages de l’ouvrage découpé en 9 chapitres va être bien plus longue que prévue. Une impression qui se vérifiera.

Le premier chapitre compte 26 pages. Il sert d’introduction aux 8 autres chapitres, ce n’est donc pas le plus difficile à lire. Et pourtant il fourmille déjà de concepts et d’une description très affutée des problèmes auxquels nous devons faire face lorsque l’on développe un produit. Bref, il campe le décors et fort bien !

On a guère pitié du lecteur : le second chapitre sur la « vue économique » est déjà un des chapitres difficiles de l’ouvrage. Mais c’est aussi la clé de voute de ce qui suit, à savoir le coût du délai ! On y parle d’objectifs économiques clés et déjà de la perception économique de la taille des lots intégrant le facteur « coût de transaction ».

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Note de lecture : The Scrum Field Guide, par Mitch Lacey

Note : 4 ; La promesse d’un accompagnement pour démarrer, mais au final des conseils biaisés et parfois critiquables sur la mise en place de Scrum !

Un livre pour vous accompagner durant votre première année de Scrum, telle est la promesse de Mitch Lacey ! Le livre est bien écrit, et l’auteur sait puiser dans une large connaissance de ses sujets. Chaque chapitre est construit de la même façon : d’abord une histoire, puis « le modèle » et enfin les clés du succès pour conclure. Dommage de ne pas avoir tenté de construire un fil rouge avec l’histoire, car c’est un contexte différent que l’auteur nous propose à chaque fois.

En lui-même, le livre n’est pas une lecture légère ; 350 pages découpées en 30 chapitres sous 4 parties. Rajoutez à cela 10 pages d’annexes pour décrire le framework Scrum. Les 18 pages du 1er chapitre sont en dehors des 4 parties. Il sert à introduire Scrum et fait plutôt bien son boulot. Notons que l’on y parle des valeurs et pratiques Scrum (à distinguer de celles du manifeste).

La première partie elle-même est constituée de 7 chapitres sur 95 pages. La douzaine de pages du second chapitre évoque l’embarquement des personnes sur le projet, la vision, le sentiment d’urgence, tout ça. J’ai trouvé cela bien peu convainquant. Au long des 15 pages du chapitre 3, l’auteur développe un modèle bien à lui, celui du « team consultant ». On s’écarte assez notablement de la Vision Scrum ici. Et pour des nouveaux venus, elle est facile à interpréter incorrectement, avec le mise en place de baronnies au sein de l’organisation ! 15 pages également sont dédiées à la gestion de la vélocité au chapitre 4. Pourquoi traiter ce sujet dès maintenant ? Mystère. Toute la logique du plan est en fait un peu mystérieuse pour moi. Rien de transcendant dans ce chapitre 4, par ailleurs. Mais les rôles de Scrum eux méritent bien d’être traités tôt. Mais on n’en dit presque rien ! Seules 9 pages leurs sont dédiées au chapitre 5. Décidément les priorités et les importances des sujets sont troublantes. On passe un peu plus de temps (mais à peine) sur la détermination de la longueur des itérations, où l’auteur nous propose une impressionnante « scoring key », à mon avis complètement inutile. Dans le même ordre d’idées, 8 pages à propos de la définition de terminé… bof, pas grave, n’est-ce pas ? Le chapitre se termine par un sujet qui tient à cœur à l’auteur : le « full time Scrum Master », sur lequel je suis en complète opposition !

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Note de lecture : Why Plans Fail, par Jim Benson

Note : 8 ; Où l’on parle (enfin) de biais cognitifs !

J’ai eu un peu de mal à classer ce texte. De par la nature du texte, il devrait plutôt se classer dans la gestion de projet, la gestion de projet agile pour être plus précis. D’un autre côté, la nature même du sujet me donnait envie de le classer dans l’expression de besoin : à mon avis la détection des biais cognitifs doit nécessairement faire partie de la boite à outil du Product Owner. Finalement j’ai opté pour le premier choix.

L’une des grandes qualités de ce mini-livre est sa brièveté : 82 pages (plus quelques annexes) sous un format des plus réduit. Il s’agit donc d’une lecture que l’on peut avaler en quelques jours, voir une seule journée ! Ce sont une douzaine de biais cognitifs parmi les plus fréquents qui sont évoqués ici, remis dans un contexte de projet informatique. Cela en fait un livre unique, car si le sujet est traité de manière plus extensive dans d’autres ouvrages qui font autorité et auxquels l’auteur se réfère, celui-ci est le seul à évoquer le propos dans le domaine qui nous concerne.

Le texte ne se veut pas un traitement en profondeur du sujet, mais plutôt une amorce de réflexion et de discussion autour de ces biais cognitifs. La prose est en effet découpée en 16 chapitres, qui ne comptent donc que quelques pages chacun.

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Note de lecture : Managing to Learn, par John Shook

Note : 4 ; Storytelling peu convainquant

Cet ouvrage au format inhabituel m’a été chaudement recommandé pour m’initier au A3 problem solving. Le format est inhabituel pour trois raisons :

  • Du fait de son format physique tout d’abord. Il est pratiquement carré et dépasse donc allègrement mes autres livres une fois rangé dans la bibliothèque.
  • Par son approche éditoriale : il s’agit d’un double storytelling, permettant une lecture à double niveau. Mais ceci complexifie aussi considérablement la manière d’aborder le texte. J’y reviendrais.
  • Par ses annexes : en fait des exemples de A3 (qui du coup ne sont pas au format A3), livrés pliés et insérés dans un rabat de la couverture arrière. Une bonne surprise de l’ouvrage.

Mais revenons-en au texte. Sous le format inhabituel dont j’ai parlé tout à l’heure, l’ouvrage compte 127 pages présentées en deux colonnes de largeurs inégales. La plus large, imprimée en noire, raconte l’histoire de Porter qui s’initie au A3 (mais bon, il connaît quand même un peu en fait). Cette histoire doit nous permettre de nous initier par l’exemple au concept du A3, le fameux « problem solving » spirit ! La seconde colonne est imprimée en bleue, c’est une histoire dans l’histoire, celle de Sanderson le manager de Porter. Sanderson est en posture de coach par rapport à Porter, c’est donc un deuxième niveau de lecture qui nous est proposé ici.

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