Note de lecture : Le Point de bascule, par Malcom Gladwell

Note : 8 ; Les mécanismes de la viralité décryptés et illustrés avec brio.

L’un des « moteurs de la croissance » que nous propose le Lean Startup est la viralité. Seulement voilà : la viralité, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval ! Attirer des millions de subscribers ne s’obtient pas par hasard. Il y des circonstances et des mécanismes qui rendent cela possible. La totalité du texte s’articule autour des 3 éléments fondamentaux de l’épidémie : les déclencheurs, le principe d’adhérence et le contexte.

Les déclencheurs sont des éléments humains, des profils particuliers qui sontle sujet du chapitre 2 :

  • Les connecteurs, sont les personnes impliqués dans différents groupes parfois très distants, ils sont les entremetteurs entre des personnes que tout sépara apparemment.
  • Les mavens sont des référents, des personnes reconnues pour un jugement éclairé s’appuyant sur une connaissance approfondie du sujet. Ou parfois de multiples sujets. Ce sont vers ces personnes que l’on se retourne pour savoir où acheter un produit, où passer une bonne soirée.
  • Les vendeurs sont les personnes à même de convaincre. Ce ne sont pas des camelots, mais souvent des personnes douées d’une empathie rayonnante. Ce sont eux qui vont enclencher l’action chez leurs interlocuteurs.

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Note de lecture : The Principles of Product Development Flow, par Donald G. Reinertsen

Note : 8 ; Passionnant et passionnément austère !

Don Reinertsen n’est pas là pour s’amuser. Déjà vers la page 17, l’auteur nous explique que la manière d’appréhender les dimensions économiques d’un produit sont aujourd’hui bien naïve, que la théorie des contraintes de Goldratt est certes un progrès mais qu’elle ne représente qu’une étape intermédiaire, et que nous allons passer en revue tout cela au long de 150 principes que couvre le reste du livre. Oui : 150 ! A ce stade, on pressent que la lecture des 266 pages de l’ouvrage découpé en 9 chapitres va être bien plus longue que prévue. Une impression qui se vérifiera.

Le premier chapitre compte 26 pages. Il sert d’introduction aux 8 autres chapitres, ce n’est donc pas le plus difficile à lire. Et pourtant il fourmille déjà de concepts et d’une description très affutée des problèmes auxquels nous devons faire face lorsque l’on développe un produit. Bref, il campe le décors et fort bien !

On a guère pitié du lecteur : le second chapitre sur la « vue économique » est déjà un des chapitres difficiles de l’ouvrage. Mais c’est aussi la clé de voute de ce qui suit, à savoir le coût du délai ! On y parle d’objectifs économiques clés et déjà de la perception économique de la taille des lots intégrant le facteur « coût de transaction ».

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Product Tank #16 : des produits et des jeux

La gamification était bien le thème de cette nouvelle rencontre. Avec 2 interventions très enlevées.

Siffler en travaillant, avec Anna Livia Gomart-Cardin

Anna Livia nous vient du marketing du jeu video, et elle va décortiquer pour nous certains mécanismes du jeu ! Pour commencer, elle distingue 2 notions :

  • « play » : sans règle
  • « game » : avec des règles

Les raisons principales qui nous conduisent à jouer sont aussi au nombre de deux :

  • On est très bon à ce jeu : on joue pour le plaisir, parce que cela met en avant nos compétences.
  • Pour apprendre, acquérir des compétences ; pour une vision de soi une fois ces compétences acquises.

Le jeu, c’est également le fun. Il provient de la vision, du sens que l’on donne à notre travail. Les chants de marins symbolisent l’engagement, le plaisir de l’action. Ce sont 4 types de « fun » que distingue Ann Livia :

  • « easy fun » : un moment sympa, facile.
  • « hard fun » : des moments qui nous grandissent. C’est la raisons pour laquelle on peut faire des mots-croisés, par exemple.
  • « fun social » : pour apprendre des autres
  • « fun sérieux » : des apprentissages qui servent hors du contexte d jeu.
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How do you know that your product works ?

Ai-je vraiment « terminé » ?

C’est sur cette notion sur laquelle Kniberg nous invite à nous pencher en premier. Quand est-on « done » ?

  • Quand le code est commité ?
  • Quand le produit est testé ?
  • Quand il est déployé en production ?

Dans ce cheminement, c’est l’utilisateur qui est perdu de vue. Même le déploiement en production ne suffit pas, ni même son utilisation par de véritables utilisateurs ? Car à ce niveau qu’est-il vraiment advenu ? Comment le savons-nous ? Le 0% defect peut-être plus qu’une douce illusion : un manque de feedback ! Ce qu’il nous faut, c’est mesurer la pertinence de notre solution.

Où l’on reparle de valeur

La valeur de la solution que nous fournissons à nos utilisateurs n’est pas une mesure absolue, mais la différence par rapport à l’ancienne solution. La valeur n’est d’ailleurs pas la seule valeur, la souffrance soulagée en est une tout assi pertinente. Et Kniberg nous propose de rapprocher ce niveau de souffrance au niveau de gain : est-il positif ? C’est l’ensemble du tableau qu’il faut regarder.

Pour le prouver, nous avons aussi besoin de mesures. Par exemple, les recommandations, qui montrent que le produit est désirable et non que l’on est coincé avec.

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Note de lecture : Stand Back and Deliver, par Pollyanna Pixton & al.

Note : 7 ; Du modèle de valeur au modèle de leadership.

Pas facile de classer ce livre de prime abord. Finalement, c’est du côté du « Product management » qu’il a le plus sa place. La première chose qui surprend dans ce livre, c’est le titre ! Les auteurs s’en expliquent dans la préface : le point clé du « process », c’est de mettre ensemble les acteurs clés, puis de se tenir en retrait ! La seconde chose qui surprend un peu, c’est la taille de l’ouvrage : seulement 150 pages, qui ne nécessitent guère plus de 7 chapitres.

Le premier chapitre ne compte que 9 pages. C’est une introduction au reste du texte, on y présente dans les grandes lignes les 4 éléments du framework qui feront l’objet des chapitres suivants. Justement le chapitre 2, avec ses 30 pages a trait au premier élément : le « purpose alignment model ». Celui-ci permet de qualifier les éléments d’un portefeuille de projets par rapport aux axes différentiateurs de l’entreprise. Bref, un bel exemple de discrimination par la valeur. Mais surtout un modèle pleinement utilisable tous les jours. Certainement le plus utile du livre !

Le chapitre 3 a trait à la collaboration, c’est l’aspect « stand back » du titre. Ici les auteurs, au long des 25 pages de ce chapitre, nous proposent 3 outils :

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L’Impact Mapping s’invite au French SUG !

Décidément, cette nouvelle année du French SUG voit émerger une nouvelle dynamique : celle de permettre aux membres de la communauté d’être acteur des évènements ! D’accord, pour l’évènement de février on peut argumenter que je suis un ancien membre du bureau… Mais ce n’est pas le cas de celui-ci . Il a été imaginé par Géraldine Legris, épaulée par Dragos Dreptate.

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Le bitcoin sous toutes ses faces !

En cette fin Janvier, le meetup Product Tank nous proposait un programme tout à fait prometteur : 3 invités venus pour nous présenter le bitcoin sous 3 perspectives différentes ! Sébastien Levaillant a fait un travail remarquable pour organiser cela. Travail mal récompensé par une participation plutôt faible : seulement 25 personnes présentes sur les 75 inscrits !

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Bien sûr, le sujet est moins cliquant que lorsque l’on invite le Product Manager d’un commerce en ligne très en vue. Toutefois le sujet est au moins aussi intéressant, plus même dans ce cas précis, car on se situe là en pleine innovation économique !

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Agilité et hospitalité Libanaise

J’attendais cela depuis un moment, depuis le milieu de l’été pour être plus précis. Car Pierre Hervouet nous avait invité à venir partager avec la communauté Libanaise pour cette seconde édition de l’Agile Tour Liban ! Nous étions donc 4 Français à nous envoler vers le moyen-orient le vendredi matin pour une conférence qui se déroulerait en week-end.

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Améliorer la société au Product Tank

Ce nouveau rendez-vous du Product Tank avait aujourd’hui un focus très clair et très particulier : des produits qui n’en sont pas … et surtout qui sont là pour améliorer la société. Nous étions accueillis à cette occasion au John Paul Lounge, un espace ouvert sur les Champs Elysées !

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Un petit comité hélas pour un sujet pourtant si particulier et une soirée qui s’avèrera riche d’enseignements.

Open Food Facts

Pour ouvrir la soirée, Stéphane Gigandet nous parle d’Open Food Facts. Et Open Food Facts, c’est avant tout une association loi de 1901, avec uniquement des bénévoles à son bord ! D’ailleurs Stéphane ne se définit pas comme un Product Manager, mais comme un « Product Opener » ! Et ouvert, la base de données d’Open Food Facts l’est, car disponible en open data et sous license Open Database !

Le but, ou la mission devrais-je dire, qu’openfoodfacts.org s’est imposée, c’est d’améliorer la transparence sur la constitution des aliments, donc sur la qualité nutritive de ce que nous achetons, en décryptant les labels ! Et avec plusieurs milliers d’additifs en cours sur le marché, il y a du boulot. Surtout que ceux-cis s’efforcent d’être le moins compréhensibles possibles.

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Notre orateur du jour est informaticien. Il a d’ailleurs développé les outils que propose Open Food Facts. Notamment, l’application mobile permettant la saisie et la reconnaissance des produits. En fait, il semble bien tenir le projet à bout de bras ! L’inspiration du modèle de fonctionnement vient de Wikipedia : utiliser le crowdsourcing pour aider à décrypter les produits. Aujourd’hui la communauté compte plus de 1000 contributeurs.

Au fait, pourquoi « Product Opener » ? Stéphane nous avoue qu’un tel projet ne peut être dirigé. Subordonné au bénévolat, il ne s’étend pas en fonction des besoin, mais des motivations des contributeurs. L’organisation veut cette base d’intérêt public, elle est donc librement accessible via des API JSON. Mais des projets naissent aussi au sein même d’Open Food Facts :

  • Projet de « science citoyenne ».
  • Repérage de produit contenants du lactose ou du gluten
  • Produits contenant de l’huile de Palme
  • Projet d’archéologie alimentaire, etc.

Bref, Open Food Facts, c’est bien plus que le repérage des ingrédients sur l’étiquette !

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Aujourd’hui, l’ambition s’étend aux produits de beauté, et aux produits en dehors de la France. De grandes ambitions et un bel état d’esprit !

Open Data Gouv, avec Pierre Pezziardi

Pierre est quelqu’un qu’il est facile de croiser dans différentes communautés, par Exemple, à Agile France. Aujourd’hui, il vient nous parler d’Open Data Gouv, un projet dans lequel il est pleinement impliqué. A la base, il s’agit d’un projet de référencement des données libres. La première question qui s’est posée est : comment évaluer le succès. Par le nombre de réutilisations, par le nombre de personnes réutilisant ces données ! C’est une direction qui a induit la voie suivie par le site qui est passé d’un CMS a un réseau social, et s’est efforcé de suivre les canaux d’engagements.

Cette plateforme s’est voulue résolument en rupture avec les règles établies de l’administration, d’où la nécessité de la créer en dehors d’elle ! Car on ne peut innover dans la structure, on ne peut qu’y reproduire ses codes. Au contraire du principe de méfiance qui prévaut dans l’adminsitration, tout ici est basé sur la bienveillance avec un contrôle à postériori, car les utilisateurs peuvent publier leurs données ! Ils peuvent même reprendre les bases de l’administration pour les rendre plus exploitables ! En pratique, il y a peu de spam.

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Le co-design est aussi un pilier important de ce travail. Il permet essentiellement deux choses :

  • Engager les personnes dans la création du produit. Celui-ci étant développé selon un cycle Lean Startup.
  • Régler le problème du « démarrage à froid » propre aux réseau sociaux : lors de l’ouverture des portes, il y a déjà beaucoup d’inscrits !

Pour autant, beaucoup d’obstacles se dressent :

  • Ouvrir les portes de l’entreprise pour y mettre l’utilisateur, voilà qui n’est pas naturel !
  • Certaines organisations ont transformé le monopole sur certaines données en rente économique … quand bien même celles-ci sont de mauvaise qualité !

Le but d’opendata.gouv et de libérer les données, inviter tout un chacun à y contribuer, bref faire jouer le crowdsourcing à l’image d’openstreetmap.org ou d’openfoodfacts.org que nous venons de voir. On ne peut avoir des référentiels larges et profonds seuls, il est indispensable de mener ce travail collectivement.

Un point réccurent du raisonnement de Pierre est la recherche des « irritants », il appelle ainsi des problèmes qui se répètent sans arrêt. Ces irritants sont l’occasion de développer de nouvelles possibilités. C’est ainsi qu’est né le Marché Publique Simplifié.

En conclusion

Nous avons eu la chance d’avoir deux interventions non seulement très vivantes, mais aussi très riches. Bien sûr, pour Pierre, on savait déjà. Cela dit ce meetup se distingue surtout par son thème éthique : faire du bien à la société, apporter une destruction créatrice.

Sur ce, je dois me sauver, une Scrumbeer (ou ce qu’il en reste) m’appelle…