Note de lecture : Agile Metrics in Action, par Christopher W. H. Davis

Note : 3 ; L’agilité à mi-chemin.

Ce livre est une déception, je n’ai hélas pas d’hésitation à cet égard. Il est vrai que l’on manque souvent sur les projet agile à mesurer des choses alors que la collecte de faits tangibles est la base d’une démarche Lean ! L’origine de cet ouvrage est un système de collecte de mesures pensé et développé par l’auteur et déployé sur les équipes dont il était le manager. Ce système collecte des données depuis Jira, Github, Jenkins, la plateforme de déploiement et Google Analytics, pour ensuite consolider cela. Une idée tout à fait brillante. Malheureusement, comme nous allons le voir, le livre ne parvient pas à valoriser cela.

La structure de l’ouvrage suit en grande partie les 5 grandes « travées » que l’auteur voit dans le développement agile. Il est organisé en 10 chapitres format 3 parties, le tout totalisant 220 pages. A cela il faut ajouter les 2 annexes qui ajoutent près de 20 pages : celles-ci apportent quelques éclaircissements sur la chaine de collecte conçue par l’auteur. La première de ces parties ne compte qu’une trentaine de pages sur deux chapitres. Le premier d’entre-eux « Measuring Agile Performance » dresse sur près de 20 pages un tableau du problème que l’on s’efforce de résoudre. Je ne suis que partiellement d’accord avec l’auteur, par exemple quand il prétend que l’on a pas une vue claire de nombreux concepts comme celui de « bonne qualité » ou qu’il pointe du doigt le focus sur le produit plutôt que sur le projet comme un problème !

Le second chapitre « observing a live project » nous donne un éclairage sur le fonctionnement du projet s’appuyant sur les collectes de métriques. On y voit que les mesures de productivité ont une part prépondérante (vélocité, nombre de lignes modifiées). On voit aussi que la peinture agile du projet présente de nombreuses craquelures : l’utilisation des mesures ressemble à du contrôle en bonne partie, destiné à un « leadership team », joli contresens pour appeler ce qui n’est autre qu’une équipe pilotage (a.k.a. « papa-maman »). Une autre observation, qui sera récurrente, est que la plupart des diagrammes sont difficiles à interpréter. La plupart du temps, je ne suis pas parvenu à comprendre comment l’auteur parvenait à ses conclusions…

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