En finir avec les User Stories ?

Aujourd’hui je vous propose d’investiguer l’un des outils les plus emblématiques des approches agile : la User Story. Par son « focus » et la légèreté de son expression elle symbolise une part importante de ce que nous voulons faire en agile.

Créées avec l’Extreme Programming, elles ont été adoptées largement par la communauté Scrum (Scrum n’évoque qu’une notion plus générique de « product backlog item » ou PBI). Ces User Stories peuvent-elles nuire aux projets agiles ? En quoi leur usage peut-il être néfaste ?

3 mots sur un bout de carton !

…Ou sur un post-it, pour rester dans la tradition agile. Voilà qui nous change des documents de spécification tellement épuisants à compléter ! Sans compter que ces derniers sont vraiment ennuyeux : traquer la précision, chasser l’ambiguité, devoir tout justifier… Un vrai travail de romain !

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Note de lecture : Essential Scrum, par Kenneth S. Rubin

Note : 8 ; La référence sur Scrum, à la hauteur des ouvrages de Mike Cohn

Le nom de l’auteur ne m’évoquait rien jusqu’à présent. Mais Kenneth Rubin n’est pas seulement un vieux routier de l’informatique et de l’agilité, il fut aussi le premier chairman de la Scrum Alliance ! La motivation de l’auteur était, pour cet ouvrage, de réaliser un texte de référence sur Scrum, que l’on puisse prendre avec soi et qui suffise lorsque l’on se pose une question sur la mise en œuvre de Scrum. Je vais certainement casser le suspens, mais c’est pour moi mission accomplie. En prenant un peu de recul, on peut constater que les points abordés tombent dans 3 catégories.

  • Les éléments et pratiques qui font partie du cœur de Scrum. C’est ce que l’on va trouver dans le Scrum Guide, par exemple, ou dans les 3 ouvrages de Ken Schwaber.
  • Les pratiques généralement admises dans la mise en œuvre de Scrum, mais qui ne font pas partie du framework officiel. Ce sont par exemples les pratiques empruntées à l’Extreme Programming. A ce titre, c’est ce que nous pourrons rencontrer dans l’excellent « Scrum from the Trenches » de Kniberg ou le livre en Français sur Scrum de Claude Aubry.
  • Les pratiques avancées qui peuvent compléter Scrum. Nous pouvons penser au Management 3.0 de Jurgen Appelo ou au Lean Startup…

Ce livre vise à couvrir complètement les deux premiers aspects et une bonne partie du 3ème. C’est un vrai texte pratique qui ne se limite pas à ce que l’on doit faire, mais surtout développe le « comment ». On s’appuie ici sur une prose de bonne qualité (je l’ai comparé à Mike Cohn tout à l’heure), mais aussi sur une abondante illustration. Le tout pèse benoitement ses 400 pages, c’est le prix à payer ! Au niveau du contenu, il faut compter avec 23 chapitres regroupés en 4 parties principales.

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Note de lecture : Agile Estimating and Planning, par Mike Cohn

Note: 8; La mine d’information de la gestion de projets agile

Déjà auteur d’un ouvrage sur les “User Stories” (et futur auteur d’un autre livre sur la transition vers Scrum) Mike Cohn nous livre ici un texte complet sur les estimations et la planification agile, et c’est vraiment une bonne surprise. A la différence de certains livres qui entretiennent un flou artistique, l’auteur a vraiment fait l’effort de couvrir le terrain du sujet, en découpant le texte en 7 parties, qui totalisent 23 Chapitres (soit 312 pages) !

La première partie “problems and goals” traite des défaillances de la planification classique, pourquoi elle échoue et en quoi l’approche agile est radicalement différente. Les 3 chapitres constituant cette première partie se résument à 32 pages. On débute par la question de l’estimation par le biais du cône d’incertitude. De là, le chapitre 2 aborde les causes d’échec des estimations classiques : multitâche, ignorance des dépendances et estimations se transformant en engagements ! On conclut logiquement cette première partie par un chapitre 3 mettant en relief les vertus de l’approche agile : planification à plusieurs niveaux, boucle de feedback, planification par la valeur métier.

La seconde partie traite de l’estimation. Forte de 5 chapitres totalisant 44 pages, l’auteur a réellement privilégié ici les petits chapitres, condensés et efficaces ! Les deux premiers chapitres expliquent l’approche de l’estimation en “story points” puis en “jours idéaux”, avant d’aborder les techniques collaboratives (planning poker, analogies, wide band delphy, etc.). Plus original, le chapitre 7 évoque la réestimation ! Cette partie se conclut logiquement par une discussion du choix entre story points et jours idéaux.

Prioriser par la valeur est le thème de la troisième partie (50 pages, 4 chapitres). C’est à mon avis la partie la plus ludique de l’ouvrage, car on y découvre l’évaluation par le modèle des cash flows, l’utilisation d’abaques « risque vs valeur » ou encore l’utilisation du modèle de Kano. L’utilisation de ces techniques révèlent parfois certaines user stories comme ambivalentes. Le dernier chapitre de cette partie traite du découpage de ces stories.

Avec la quatrième partie, on aborder le second grand thème du livre : la planification. Il est logique que cette partie soit la plus longue, avec 80 pages découpées en 6 chapitres. Les deux premiers chapitres couvrent les deux niveaux principaux de la planification agile : le release plan, puis la planification d’itération. Les autres aspects couverts dans cette partie sont l’évaluation de la vélocité et les problématiques de synchronisation entre équipes (buffering, planification avec plusieurs équipes). Cette quatrième partie est assez dense, croyez-moi !

C’est au suivi de la réalisation qu’est consacré la cinquième partie. Ce n’est pas un sujet sur lequel l’approche agile met un accent particulier, aussi est-il logique qu’il ne couvre que 34 pages (3 chapitres). Bien entendu, on y parle burndown charts, suivi de l’accomplissement des tâches et communication avec le management.

Les sixième et septièmes parties ne comportent qu’un seul chapitre chacune. Si la sixième partie forme une sorte de conclusion (ou devrais-je dire d’ode) à la planification agile en en listant les qualités, La dernière partie reprend elle l’ensemble des thèmes via une étude de cas. Ce chapitre (assez long) est intéressant car il recolle les morceaux directement en situation, l’ensemble étant narré via des dialogues entre membres d’une équipe de développement, le management et un coach.

On pourrait en douter de prime abord, mais l’estimation et la planification agile couvrent un grand nombre de sujets et de techniques. Le tour de force de l’auteur est de nous présenter une boite à outil très complète de manière concise, efficace et agréable à lire.

C’est tout simplement un incontournable d’une bibliothèque « agile » digne de ce nom!

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Référence complète : Agile Estimating and Planning – Mike Cohn – Prentice Hall 2006 – ISBN: 0-13-147941-5; EAN: 978-0-131- 47941-8

Agile Estimating and Planning


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Note de lecture : Succeeding with Agile, Software development using Scrum, par Mike Cohn

Note : 8 ; Réussir la transition vers l’agilité

En quelques années et avec 2 livres remarquablement écrits, Mike Cohn s’est imposé comme l’in des leaders du mouvement agile. Voilà donc un livre qui pouvait difficilement passer inaperçu au sein de la communauté !

Globalement, le livre est assez pesant, dans tous les sens du terme : avec ses 450 pages, d’abord, ensuite parce qu’il est composé presqu’exclusivement de texte. Ce n’est pas un texte qui s’avale en un week-end ! Heureusement, Mike Cohn sait écrire et il fait mieux qu’aligner des platitudes, mais je pense quand même que la présente prose n’est pas aussi efficace que celle de l’excellent « agile estimating and planning ». C’est aussi que j’attends beaucoup d’un auteur capable de délivrer un livre d’excellente qualité.

L’une des premières impression qui m’est venue à l’esprit, est le parallèle entre ce livre et celui de Craig Larman « agile & itérative development ». Le livre est divisé en 5 parties, il nous faut bien les passer en revue, car le contenu s’avère au final plutôt riche !

La première partie « getting started » compte 5 chapitres qui totalisent 92 pages. Ce n’est hélas pas la meilleure partie de l’ouvrage. Un large focus est mis sur les communautés de transition vers Scrum, sujet qui m’est apparu abstrait et hélas peu convaincant. Cette première partie se termine sur le choix du projet pilote. Certainement cela s’adresse à ceux qui ont ce choix, donc un public assez restreint pour autant qu’il existe. Heureusement, les parties suivantes reprennent du poil de la bête.

La seconde partie adresse les individus. Longue de 80 pages, elle compte 4 chapitres. Mes deux chapitres préférés sont le chapitre 6 sur le traitement des résistances au changement : agrémenté d’exemples, j’ai trouvé le tour d’horizon complet et pertinent. La façon d’adresser les différents types de résistances est aussi fort judicieuse. J’ai également apprécié le chapitre sur le changement des rôles, il va plus loin que le simple « oubliez ce qui existait avant ». Le rôle du « functionnal manager, par exemple, simplement méprisé par la littérature agile en général, est bien pris en compte.

Avec près de 150 pages et 7 chapitres, la 3ème partie consacrée à l’équipe est la plus longue du livre. Elle traite à la fois la structure de l’équipe et les pratiques de Scrum. Il s’agit justement du chapitre le plus « Scrum » du livre, et l’auteur y livre sont point de vue subjectif sur nombre de pratiques Scrum. Bien que n’étant pas en accords avec tous les points de vue de l’auteur, je n’en considère pas moins cette partie extrêmement riche : elle nous guide littéralement vers la mise en place de Scrum. A noter le chapitre sur la planification qui est un résumé du livre précédent de l’auteur … et une invitation à lire celui-ci !

La quatrième partie est consacrée à l’application de Scrum aux organisations. J’avoue m’être moins intéressé à cette partie qui ne fait pas partie de mes préoccupations. Les 100 pages découpés en 4 chapitres de cette partie évoquent surtout Scrum appliqué en équipes multiples, la coexistence avec d’autres approches et toutes ces sortes de choses..

La cinquième partie a forme de conclusion, avec ces 2 chapitres et ses 20 pages. L’auteur nous signifie simplement qu’on n’est pas au bout du chemin. On ne l’est jamais. On y voit quels outils utiliser pour s’évaluer et quels horizons il reste à explorer.

Comme je l’ai dit au début, le livre est assez lourd, parfois fastidieux à lire. Néanmoins il n’en reste pas moins un ouvrage majeure de cette littérature Scrum encore naissante. Et je pense qu’il le restera. Comment, vous ne l’avez pas encore commandé ?

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Référence complète : Succeeding with Agile, Software development using Scrum – Mike Cohn – Addison Wesley 2010 – ISBN : 0-321-57936-4 ; ISBN13 : 978-0-321-57936-2

Succeeding with Agile: Software Development Using Scrum


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