Note de lecture : L’art de la victoire, par Phil Knight

Note : 9 ; Waouh ! Book of the year 2018

Les autobiographies ne sont pas de grands moments de littérature. Et pour de bonnes raisons. Les auteurs en sont des personnalités mais certainement pas des écrivains professionnels. Il en résulte un style ampoulé, un manque de vivacité, de constantes justifications et un point de vue souvent très biaisé.

Mais dans cette autobiographie du créateur de Nike, rien de tout cela. Bien au contraire. Non seulement Phil Knight sait écrire (ou il l’a appris, il semble avoir pris des cours d’écriture), mais il est aussi un conteur formidable. Difficile de reposer le livre un fois la lecture entamée.

L’histoire commence en 1962, avec un voyage à Hawaï, qui deviendra un contact avec le Japon, puis un tour du monde. De là naîtra Blue Ribbon en 1964 et progressivement les premiers complices de Phil Knight : Bowerman, Woodell et Johnson. L’auteur nous partage ses envies, ses doutes et ses obsessions. Son obsession principale, c’est celle d’un « shoe dog », concevoir, fabriquer et vendre les meilleures chaussures d’athlétisme possibles. Son envie : grandir le plus rapidement possible pour battre Adidas, son ennemi de toujours, ce qui l’amènera à être endetté bien au-delà du raisonnable une grande partie de sa vie.
Puis en 1972, avec le recul de Tiger, les chaussures qu’il distribuait depuis 8 ans déjà est venu la décision de créer Nike.

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Note de lecture : Working Effectively with Legacy Code, par Michael C. Feathers

Note : 9 ; Le refactoring repensé pour le legacy. Book of the year 2018 !

Appréhender la remise sous contrôle du code legacy est à mon avis une discipline à part entière. C’est en partie de l’architecture, tout en empruntant au refactoring avec une démarche de tests bien à elle. Entre autres choses. Mais peu d’ouvrages sont dédiés à la question, il faut dire que celle-ci n’est pas la plus sexy qui soit. Le livre de Michael Feathers se tient au sommet de cet édifice depuis plus d’une douzaine d’années et pour de bonnes raisons.

Michael Feathers nous propose une approche dans la ligne de l’approche extrême programming, en s’appuyant sur une vision code adossé à des tests unitaires. D’ailleurs sa définition du code legacy s’en inspire directement : du code legacy, c’est du code sans tests !

Avec 420 pages, ce n’est pas un petit volume que nous avons entre les mains. Il se découpe en 3 parties. La première d’entre-elle « the mechanics of change » est aussi la plus courte avec une cinquantaine de pages en 5 chapitres. Il s’agit bien d’une introduction assez exhaustive à l’approche que propose l’auteur et que j’appelle le « inside out ». Elle répond aux questions suivantes :

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Note de lecture : Les mots sont des fenêtres, par Marshall B. Rosenberg

Note : 10 ; Quand la CNV se révèle être bien plus qu’une technique de communication et l’auteur nous partager sa propre expérience de ce savoir-être. Book of the year 2017 !

Cela fait maintenant quelques années que je croise la route de coaches me parlant de CNV. Ce livre est le classique de cette technique, et c’est bien ce que je pensais avoir entre les mains : un livre détaillant cette technique. Oui, mais en fin de compte, pas seulement.

Le livre ne paie pas de mine, le format réduit compensant les 300 pages, au total il ne s’agit pas d’une lecture volumineuse. On appréciera le découpage en 14 chapitres qui donne un bon rythme à lecture. Il faut y ajouter préface et épilogue que l’on aurait bien tort d’oublier. Justement, le premier indice est la préface à la seconde édition « les leçons de mon grand-père ». Un titre peu avenant, sauf que le grand-père en question est le Mahatma Gandhi !

Au premier chapitre, on s’attend à trouver une vue générale du processus de la communication non-violente. On y trouve bien une description des 4 composante, mais le titre même du chapitre « l’élan du cœur » donne le ton : c’est d’attitude, de comportements fondamentaux dont il sera question. Le texte est délibérément rédigé à la première personne et fourmille d’histoires personnelles de l’auteur. C’est bien notre cœur que l’auteur veut toucher, et il y parvient.

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Note de lecture : Turn the Ship Around !, par L. David Marquet

Note 10 ; Eclairé, passionnant et inspirant ! Book of the year 2016 !

Encore un livre qui prenait benoitement la poussière sur une de mes étagères, attendant de propices vacances pour être enfin lu. Eh oui, j’ai attendu 3 ans pour un livre qui méritait d’être dévoré aussitôt ! Cet ouvrage est assez atypique, non seulement parce qu’il a été écrit par un militaire, un commandant de sous-marin nucléaire, mais parce qu’il associe le narratif de la préparation au déploiement du sous marin avec les principes de leadership que veut promouvoir l’auteur.

David Marquet nous invite à découvrir un nouveau type de Leadership : celui dont l’objectif est de faire émerger d’autres leaders, plutôt que de conduire des suiveurs. Pour David Marquet, tout a commencé à bord de l’USS Sunfish quand son commandant lui a suggéré d’exprimer son intension et l’a laissé l’expérimenter. C’est cette demi-heure qui deviendra la source de son inspiration pour une nouvelle aventure : une façon radicalement nouvelle d’appréhender le commandement de son sous-marin, l’USS Santa Fé.

Ce livre est une histoire, celle de la préparation au déploiement du Santa Fé, sur une période de 6 mois. Un commandement qu’il n’était pas préparé à prendre et un sous-marin très mal noté. Je ne vais pas développer ici les 29 chapitres qui constituent les 220 pages de ce livre. Il se compose de 4 parties, mais ce sont les parties 2 à 4 qui forment essentiellement le précis de coaching qu’est également ce texte.

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Note de lecture : User Story Mapping, par Jeff Patton

Note : 9 ; Bien au-delà du story mapping, vers la découverte de la vraie nature des spécifications agiles en tant que compréhension partagée. Book of the year 2015 !

Jeff Patton est un vrai maître Jeidi de l’agilité : après avoir lu, ou plutôt dévoré son livre, je n’en ai plus aucun doute ! Mais si vous pensez lire « simplement » un ouvrage décrivant par le menu la technique développée par Jeff Patton, vous allez être surpris ! Car c’est bien plus que cela.

Le livre fait un peu plus de 260 pages en 18 chapitres. Je dis « un peu plus de 260 pages » car le corps principal du livre est précédé d’une introduction « read this first » qu’il ne faut rater sous aucun prétexte. On y parle « instructions » versus compréhension partagée, de comparer les (docs de) spécification à des cahiers de voyage, de l’importance de raconter des histoire et d’être frugal dans la construction tout en cherchant à maximiser l’impact plutôt que les fonctionnalités ! Bref, cette introduction à elle seule a la valeur d’un très bon livre. Et ce n’est pas fini !

Raconter des histoires, c’est le sujet du 1er chapitre où l’auteur introduit les story maps dans le but de raconter la grande histoire du système, d’avoir une « big picture ». Il le fait d’ailleurs en racontant une histoire, celle de Gary par qui les user stories sont arrivées ! D’ailleurs la totalité du livre est formée d’histoires. Et celles-ci sont illustrées de photographies des fresques (en couleur dans la version anglaise) que sont ces stories maps auxquelles l’auteur surimpose des explications sous forme de cartographie.

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Note de lecture : The People’s Scrum, par Tobias Mayer

Note : 9 ; Scrum niveau « Ri ». Book of the year 2013 !

Le livre ne paie pas de mine : un petit format qui compte environ 150 pages et une annexe de 3 pages (la description de Scrum selon l’auteur !). Le contenu lui-même vient d’une sélection de posts de l’auteur en provenance de son ancien blog : Business Craftsmanship. Les posts eux-mêmes ont été un peu retouchés, mais à peine ! Le volume se présente donc en 3 parties, chacune découpées en environ une douzaine de posts.

Ainsi décrit, il n’y a rien qui attire spécialement l’attention ! Ce qui attire vraiment l’attention, c’est le contenu même des posts, l’angle pris par l’auteur. Ici, nul focus sur l’aspect folklorique des méthodes agiles. D’ailleurs on ne parle même pas de méthode, mais de communication, de savoir-être et de culture ! C’est un point de vue original et disruptif sur Scrum, où l’auteur met d’avantage le doigt sur l’aspect dépouillé du framework qui laisse la place à ce qui compte vraiment. Voyons cela, justement.

La première partie, « The Intrepid Explorers » est composé de 13 posts, qui couvrent 35 pages. Parmi ceux-ci, je retiendrai « the heart of Scrum », qui présente le Scrum board comme un forum de communication pour l’équipe, « distributed teams are not teams » qui pose bien la posture tranchée de l’auteur. « The agile explorer » est très significatif du point de vue de l’auteur sur l’approche agile, un état d’esprit de perpétuelle découverte, de remise en cause de l’organisation pour implanter l’ADN agile. Bien entendu, on ne peut faire l’impasse sur « the people’s Scrum » qui donne son titre au livre, véritable profession de foi de l’auteur sur sa vision humaniste de l’agilité.

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Note de lecture : Specification by Example, par Gojko Adzic

Note : 8 ; La référence sur le développement guidé par les tests. Book of the year 2014 !

Régulièrement, je retarde le moment d’ouvrir un livre que je sais excellent (de réputation) et qui prend la poussière sur une de mes étagères. Ce livre est de ceux-là ! Bien que Manning nous gratifie de temps en temps de titres non-techniques, il est assez étonnant de trouver celui-ci chez cet éditeur, probablement parce que ce n’est pas un livre pour remplir un vide thématique.

Il s’agit bel et bien d’un texte nous proposant un regard novateur sur les tests d’acceptance, même si l’auteur rappelle régulièrement au fil des pages qu’il fait suite à son ouvrage précédent « The Communication Gap ». Ce n’est pas non plus un livre très facile à lire, non qu’il soit volumineux car il ne compte que 250 pages, mais il s’appuie essentiellement sur de nombreux témoignages qui transforment le fil conducteur en une sorte de patchwork. Evidemment, ces nombreux témoignages qui sont autant de cas d’étude font beaucoup pour la crédibilité du texte qui est ainsi à la fois un travail digne d’un universitaire et l’œuvre d’un praticien de terrain. Venons-en au contenu.

L’ouvrage se découpe en 3 parties inégales. La première d’entre-elles ne compte que 60 pages réparties en 4 chapitres. Le premier chapitre nous laisse un peu dans le flou, il s’agit surtout d’un argumentaire étayé de témoignages sur la raison de s’intéresser à la spécification par l’exemple. On rentre dans le dur au chapitre suivant qui aborde la manière dont Gojko Adzic voit s’articuler le besoin depuis les « business goals » jusqu’à la « documentation vivante ». Les aspects amont sont par ailleurs l’objet de son ouvrage suivant « impact mapping ». On y apprend incidemment pourquoi l’auteur préfère « spécification par l’exemple » à « développement guidé par les tests d’acceptance ». Un chapitre à ne rater sous aucun prétexte ! Le chapitre 3 « living documentation » offre pour moi peu d’intérêt, sauf peut-être celui de couvrir le schéma de processus que l’auteur nous a exposé au chapitre 2 ? La spécification par l’exemple ne se veut pas une pratique spécifique aux projets agile, bien que ce soit un terrain de jeu naturel. Au chapitre 4, l’auteur aborde différentes façon de basculer d’un projet classique à l’écriture des tests en amont sous forme de patterns (bien qu’ils n’en empruntent malheureusement pas la forme).

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Note de lecture : Business Model, nouvelle génération par Alexander Osterwalder & Yves Pigneur

Note : 9 ; Une approche disruptive du marketing tourné vers l’innovation. Un contenu de qualité qui devrait faire partie du bagage de base. Book of the Year 2013 !

Voici un ouvrage qui ne ressemble à aucun autre. Contrairement à mon habitude, j’ai acheté la version française, sans qu’il n’y ait de raison à cela. Visiblement la qualité de la traduction ne compromet pas le contenu. Une bonne nouvelle ! La chose qui frappe le plus lorsque l’on feuillette ce livre au format très inhabituel est la mise en page sophistiquée où chaque page semble être une maquette. En fait, on a même l’impression d’être face à une plaquette marketing, ce qui fait craindre que le contenu ne soit pas à la hauteur des espérances…

Coupons court au suspens : cette crainte est infondée. En fait la mise en page accentue et supporte le contenu. Mais il est temps de parler de ce dernier. Le livre (je n’ose dire « le texte ») compte 280 pages regroupées en 5 parties principales.

La première partie constitue la fondation du reste, car elle présente l’outil de base de l’approche Business Model Generation : la canevas. Les auteurs suggèrent ainsi, plutôt que de produire de lourds et fastidieux business plans de produire un canevas sous forme de poster découpé en 9 aires. Les 50 pages de cette première partie sont consacrées à décrire ces 9 aires.

La seconde partie montre 5 typologies de business, exemples à l’appuie et montre comment ces typologies se présentent dans la canevas. Une excellent façon d’illustrer et comprendre l’utilisation du canevas.

La 3ème partie, « design » s’éloigne un peu du Canevas pour s’intéresser aux techniques d’innovation permettant la génération d’idées. Ce sont 6 techniques qui sont passées en revues au long de 70 pages consacrées à cette partie : connaissance du client, design thinking, story telling, prototypage, etc… Chacune de ces technique est un champs de connaissance à part entière, mais la façon dont chacun d’entre eux est traité en fait une excellente introduction.

40 pages (seulement, pourrait-on dire) sont consacrées à la stratégie qui constitue la quatrième partie du livre. On y couvre la compréhension des éléments environnementaux (forces du marché, forces du secteur, tendances et forces macro-économiques), l’évaluation des modèles économiques basée sur le SWOT, la stratégie « océan bleu » et le support de plusieurs modèles économiques. Finalement, beaucoup de matière en si peu d’espace !

La cinquième partie parle processus de création du modèle économique. Celui-ci se décline en 5 phases : mobiliser, comprendre, concevoir, déployer et gérer.

Il n’y a pas une forces, mais des forces dans ce livre, qui en font à mon avis une lecture incontournable.

La présentation du Business Model Canvas. Celui-ci a été depuis repris et adapté par Ash Maurya et présenté dans son ouvrage : Running Lean. A vous de voir celui qui vous paraît le plus adapté.

Chacune des parties aborde une face importante de la construction du business model et est elle-même structurée en différents volets articulés entre eux. C’est presque comme si l’on avait 5 livres en un seul ! De nombreux sujets sont traités et le livre en est une excellente introduction. Il est toujours possible de creuser chaque sujet avec des contenus spécialisés.

La construction graphique du livre avec sa mise en page sophistiquée en font un outil pédagogique d’une rare efficacité.

Le seul défaut que je vois à ce livre est la fragilité de sa reliure ! L’objet est donc hélas à manier avec précautions (et/ou à ne pas prêter à tout le monde). Cette réserve mise à part, la conclusion ne fait aucun doute : un livre à lire ! 

Business Model Genaration

Référence complète : Business Model, nouvelle génération – Alexander Osterwalder & Yves Pigneur – Pearson education France 2011 (V.O . : Business Model Generation ; John Wiley & sons 2010) – ISBN : 978-2-7440-6487-6

Business Model Nouvelle Génération: Une Guide Pour Visionnaires, Révolutionnaires Et Challengers


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Note de lecture : OMT, Modélisation et conception orienté objet, par James Rumbaugh & al.

Note : 7 ; Un livre dense, presque indigeste (tout comme le style), mais bourré d’information. Book of the year 1996 !

OMT est LA méthode sur laquelle a été construit UML, et doit constituer environ 70% de cette notation. Ce livre est évidemment la référence sur le sujet. Les 500 pages qui le constitue sont très dense (aussi bien du point de vue informatif que du point de vue typographique) et traite les aspects méthodologiques sur un spectre très large : notation, analyse des besoins, conception, développement, mapping vers les bases de données, etc… Cette masse d’information est structurée en 20 chapitres regroupés en 4 parties. 50 pages sont consacrées aux annexes.

Une courte introduction nous remet dans le contexte de l’appréhension de l’objet en ce début de décennie 90 : elle accorde moins de place à l’analyse fonctionnelle et dissocie fortement modèle d’analyse et modèle de conception (l’implémentation, c’est encore autre chose) avec une prédominance pour le modèle d’analyse ! Bien entendu, sur les modèles objets, une importance ridicule était aussi portée aux arbres d’héritages : plus ils sont profonds, plus ça fait virile !

La première partie aborde les concepts de modélisation. Le tarif est de 5 chapitres et 130 pages. On commence par un chapitre 2 ultra court qui nous donne les définitions des différents modèles. Ce qui doit être dedans et ce qui ne doit pas l’être est très clair. Ca rigole pas. Au chapitre 3, on passe en revue la notation des diagrammes de classes, mais surtout toutes les subtilités concernant les associations (multiplicités, noms d’association et de rôles, agrégations, généralisations, qualifiers, attributs et associations n-aires). S’il est complet, le texte reste très touffu et pas réellement prévu pour être pédagogique. Mais comme c’est ainsi tout au long du livre, je vais arrêter de le dire. Le chapitre 4 prolonge le 3 avec des concepts avancés que l’on retrouvera plus tard dans UML : notions d’héritage disjoint, de contraintes, etc… On aborde enfin le modèle dynamique au chapitre 5. On s’y focalise sur les diagrammes d’état et on n’y va pas avec le dos de la cuillère ! On y trouve tous les trucs tordus qui ne servent qu’à quelques zombies du temps réel (et qui a fait les beaux jours de certains cours Valtech). Enfin le chapitre 6 vaut le détour car on n’y parle du modèle fonctionnel (modèle de traitements, mais surtout flots de données) qui n’ont pas été du tout (heureusement) retenus dans UML. A mon humble avis, c’est inexploitable.

La seconde partie va nous occuper sur 6 chapitre et couvre aussi 130 pages. Elle va traiter de méthode de conception. Comme pour la partie précédente, on commence par un chapitre 7 qui présente la méthode OMT dans ses grandes lignes. Car à cette époque, méthode et notation étaient deux concepts liés, tout le temps ! Le chapitre 8 aborde l’analyse, l’aspect le plus important d’OMT. Le recueil des besoins est balayé en 2 pages, pourtant on y trouve de petites remarques pleines de finesses mais qui ont disparu lors des mises en œuvre. La démarche est guidée et illustrée par une étude de cas : le guichet automatique de banque : on passe des classes candidates au modèle objet, que l’on raffine. Puis un modèle dynamique (un diagramme d’état) met en musique les scénarios évoqués. Et hop ! grâce à ça, on obtient les opérations que l’on n’a plus qu’à ventiler sur les classes ! Elle est pas belle la vie ? Le chapitre 9 parle de conception. En principe. On voit bien que ce n’est pas le trip des auteurs car ça part un peu dans tous les sens : sous-systèmes, partitionnement, couches, infrastructure matérielle ( ??). Bref, on s’est senti obligé d’y mettre quelque chose, sinon c’est pas crédible. Le chapitre 10 est un guide de conception des classes, pour les auteurs, c’est un retour en terrain connu, mais pour le lecteur c’est assez difficile d’emboiter cela avec le chapitre 8…  Le chapitre 11 résume les étapes de la méthode vu précédemment. C’est très clair et franchement une bonne idée. On conclu cette partie par une comparaison des méthodes. Je pensais voir un chapitre tarte à la crème, j’ai été (agréablement) surpris : les auteurs font un travail méticuleux de comparaison avec les approches structurées (SA/SD, Jackson), orientées entités (ER de Chen) et orientées objet (Booch, Yourdon, schlaer et Mellor). Ils mettent en avant chaque fois les atouts et les faiblesses, voir les complémentarité par rapport à OMT. J’ai rarement vu un travail de cette qualité.

La troisième partie nous parle d’implémentation, et sur 5 chapitres et 120 pages. Comme à l’accoutumée, le chapitre 13 sert d’introduction. On parlera d’implémentation par des langages de programmation, sur des bases de données et même au-delà des ordinateurs ! Le chapitre 14 va parler de style de programmation et je m’attends au pire. Et c’est le choc, car on n’y trouve rien de moins que ce que l’on trouvera bien des années plus tard sous la plume de Robert C. Martin ! Bravo ! Le chapitre 15 évoque la transformation de modèles vers des langages objet tels que C++, Eiffel et Smalltalk. Tout ce ci ne m’apprends rien, mais les auteurs ne prennent pas les chemins de traverse et font remarquablement bien le boulot ! C’est au tour des langages non objet au chapitre 16, en l’occurrence C, Ada et Fortran. Là aussi, un grands coup de chapeau pour la qualité du travail, qui est ici plus difficile. On se tourne vers les bases de données au chapitre 17. J’ai moins été impressionné ici, mais le boulot est fait.

La quatrième partie est plus courte, elle ne compte que 3 chapitres sur moins de 50 pages. Le chapitre 18 traite d’une application développée chez GE (où travaillait alors James Rumbaugh) : un compilateur de diagramme. J’avoue ne pas avoir été convaincu. Au chapitre 19 on voit rapidement un système de conception d’animation, l’occasion pour les auteurs de parler rapidement de la mise en œuvre de la méthode sur la partie analyse. Enfin, au chapitre 20, c’est une petite étude de cas sur la distribution d’électricité. Cette dernière partie ne m’aurait pas manquée si elle n’avait pas été là.

De nombreux aspects de ce livre sont d’un autre temps, comme le couplage indissociable entre méthode et notation, ou l’emphase exagérée sur le modèle d’analyse, un traitement grotesque du recueil des exigences et un quasi mépris pour la conception. Tout ceci ne me manquera pas, je n’ai jamais été en phase avec cette façon de voir. Pourtant le livre mérite l’intérêt à plusieurs égard. D’abord parce qu’il est simplement le meilleurs représentant de cette époque. Ensuite car de nombreux sujets sont traités avec finesse, rigueur et profondeur. Les auteurs ne mégottent pas sur la qualité de l’information. Enfin, OMT constitue la majeure partie de la notation UML. Et si des livres (de nombreux livres) couvrent la notation, cette seconde vie a en quelque sorte prolongé la pertinence de celui-ci. Toutefois, c’est surtout l’aspect historique qui nous retiendra aujourd’hui.

OMT, par James Rumbaugh

Référence complète : OMT, Modélisation et conception orienté objet – James Rumbaugh, Michael Blaha, Frederick Eddy, William Premerlani & William Lorensen – Masson 1995 (V.O. Prentice Hall 1991) – ISBN : 2-225-84684-7

Omt, Tome 1:  Modélisation Et Conception Orientées Objet

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Note de lecture : Effective Enterprise Java, par Ted Neward

Note : 9 ; Un pur régal ! Book of the year 2005 !

Ce livre mérite bien son titre, car il fait honneur à son grand frère (effective C++), à la fois sur la qualité, la pertinence et la technicité de son contenu, mais également sur le style agréable, vivant et parfois même humoristique (ce qui tire aussi parfois le niveau d’anglais un peu vers le haut). Je ne suis pas vraiment un expert J2EE, mais le livre m’a accroché, car sans être débilitant, il exprime clairement les concepts, mais surtout il s’appuie et développe les principes d’architectures sous-jacents. En fait, le livre aurait pu s’appeler: “effective enterprise applications with J2EE”. Loin d’être un reproche, cela confère de la solidité à l’ouvrage, et même de la pérennité par rapport aux futures évolutions des API. Dans la lignée de “l’effective series” le livre démythifie les API J2EE, et met en perspective la réalité des applications d’entreprise par rapport aux discours commerciaux des vendeurs des serveurs d’application, abordant clairement les aspects que l’architecte “ne peut ignorer” ! Les différentes facettes de l’architecture sont abordées, même celles souvent à peine ou mal évoquées telles que les transactions et la sécurité. Les 75 items du livre sont découpés en 7 volets :

  • Architecture : Traite les sujets tels que répartition données / traitements, gestion des crashs, de la scalabilité et des aspects annexes tels que déploiement, administration et monitoring.
  • Communication : Ce chapitre traite des contextes de communications, allers-retours entre tiers et autres choix de styles de communication
  • Processing : Le traitement de ce chapitre est essentiellement focalisé sur les transactions (techniques et utilisateurs), ce qui comprends les différents types de transaction, d’isolation, ainsi que les points de reprise et es rollbacks
  • State management : Ce sujet englobe les contextes de transaction, mais surtout les sujets afférents à la persistance.
  • Présentation : ce court chapitre traite des clients riches et de la séparation traitement / présentation.
  • Sécurité : Peut-être un des chapitres les plus étonnants, car outre que j’y ai appris pas mal de choses (connaissez-vous le « SQL injection », l’attaque la plus simple et la plus courante qu’un site puisse subir ?), l’auteur met l’emphase d’avantage sur le processus que sur la technique !
  • System : On retrouve ici toute la plomberie bas niveau : garbage collecting, sérialisation, etc…

Au premier abord, le livre est déconcertant, car épais de 450 pages, il ne présente quasiment aucun diagrammes (en présenter quelques uns aurait pu aider), un peu de code (mais cela reste raisonnable et ciblé), mais les craintes s’envolent une fois la lecture commencée. Le style rédactionnel, s’appuyant sur des exemples ne permet pas seulement d’apprendre, mais également de réfléchir et parfois d’anticiper sur la compréhension de la solution. Le livre sert également remarquablement bien de points d’entrée vers d’autres lectures, on peut faire bon usage de la bibliographie commentée.

Voilà un texte qui mériterait sans aucun doute une seconde édition. Car si la substance est bien construite pour résister au temps, celui-ci fait quand même son  œuvre : le livre date de 2005 et beaucoup de choses ont quand même changé depuis. Je prends quand même le risque de vous le conseiller malgré son âge honorable.

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Référence complète : Effective Enterprise Java – Ted Neward – Addison Wesley / Effective software development series 2004- ISBN: 0-321-13000-6

Effective Enterprise Java


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