Note de lecture : The Tao of Microservices, par Richard Rodger

Note : 2 ; Une vision “nano composants” bien éloignée de celle de Sam Newman et Martin Fowler…

Certains livres doivent se lire vite, pour que la douleur ne dure pas trop longtemps. Comme pour l’arrachage d’une dent ! Pour commencer, le livre est une tromperie sur la marchandise : point de microservices selon Fowler ou Newman, ici il s’agit d’une architecture crée par l’auteur. Comme elle est différente des autres, il l’appelle « 2.0 », les autres c’est 1.0 ! En fait ce n’est d’ailleurs pas simplement une architecture, mais selon l’auteur la solution ultime et définitive au développement logiciel, sur les plans techniques et organisationnels.

Car sur le plan technique, l’auteur fait la peau à tout ce qui est différent de sa solution au chapitre 1. Selon lui, la conception objet produit de grosses hiérarchies de classes trop couplées et incompréhensibles… libérons-nous de cette escroquerie. L’approche guidée par les tests est un écran de fumée tandis que les approches agiles obligent les équipiers à ce parler pour compenser le couplage de leur conception. Enfin le « don’t repeat yourself » est contre-productif, pour ne pas le qualifier de sabotage. J’en passe encore quelques-uns mais on aura compris l’idée : tout ce que l’auteur n’a pas su faire marcher ne marche pas pour la totalité des mortels. Bien sûr son architecture, à l’image des potions-miracle du far-west, adresse la totalité de ces problèmes sans aucuns inconvénients.

Tout ce bashing couvre une bonne partie du chapitre 1 de ce livre de près de 300 pages qui en compte 9. Mais pas seulement, on en trouve aussi dans les autres chapitres. En fait les différents chapitres tendent à se ressembler pas mal (à l’exception de l’étude de cas du chapitre 9), il n’est donc pas très utile de les passer tous en revue.

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Note de lecture : Spring Microservices in Action, par John Carnell

Note : 7 ; Il reprend là où « Spring Boot in Action » s’arrête…

Effectivement, « Spring Boot in Action » m’avait laissé sur ma faim. C’est essentiellement parce qu’il se focalisait sur la construction d’une application MVC, nous laissant un peu démuni sur la construction d’un serveur Rest, qui constitue pourtant l’un des cas d’usage nominaux. C’est bien sur ce cas d’usage et pas un autre que se focalise ce volume. Mais il va plus loin en couvrant l’intégralité de l’architecture microservices grâce à la stack Neflix et à son intégration dans Spring.

Je commence à froncer les sourcils à partir de 300 pages, mais les 350 de celui-ci se digèrent assez bien, malgré des chapitres aussi en moyenne plus volumineux que ce que j’apprécie généralement : ce volume en compte 10. Les 35 pages de l’introduction s’avalent très bien, on y a droit à une vue générale de l’architecture des applications microservices avec Spring Boot. C’est à la fois plus concret que ce que l’on croise généralement et aussi fort bien illustré, une constante du livre. Certes on n’a pas produit de code (mais l’auteur nous en dispense des fragments) mais on a un plan précis de ce qui nous attends.

La trentaine de pages du chapitre 2 nous amène vers le « hello world » du microservice et même un peu plus loin avec un certain nombre de considérations liées au déploiement. Tout cela s’avale très bien et on peut déjà se salir les mains avec succès. Cela dit, moi j’aurais fait deux chapitres… C’est également une trentaine de pages qui nous attends avec le chapitre 3, où l’on prend de plein fouet la stack Netflix, plus exactement, Eureka, à partir duquel l’auteur nous amène à construire un serveur de configuration. L’architecture de déploiement prends soudain beaucoup plus de complexité, mais c’est somme toute le destin des architectures microservices.

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Note de lecture : Building Microservices, par Sam Newman

Note : 7 ; La promesse tenue d’un tour d’horizon ni trop technique, ni stratosphérique.

Cet ouvrage est déjà la référence sur l’architecture Microservices, donc de fait un préalable à mes autres lectures sur le sujet ! Le texte en lui-même est de taille moyenne, avec 250 pages structurées en 12 chapitres. Le propos n’est pas de rentrer ici dans des arcanes techniques, mais de rester à un niveau architectural concret, mettant en œuvre des patterns spécifiques à ce type d’architecture. C’est donc un bon deal.

Le premier chapitre est assez succinct et reste à très haut niveau : pourquoi fait-on des microservices ? Quelles en sont les propriétés principales ? Quels sont les bénéfices attendus ? Si l’on ne retrouve pas le thème de l’hétérogénéité technologique ailleurs (une propriété pourtant importante), les autres se retrouvent égrenés au long des autres chapitres : résilience, scalabilité, alignement sur l’organisation, facilité de déploiement ou de remplacement et composabilité. Le chapitre 2 est plus inattendus, car il s’intéresse au rôle de l’architecte. Un rôle bien mal défini et qui n’a rien à voir avec le rôle des architectes certifiés du génie civile, comme le fait remarquer l’auteur ! C’est en tant que « architecte évolutionnaire » que Sam Newman conçoit ce rôle, à cheval entre la vision et la gouvernance (zoning du domaine, alignement stratégique), mais aussi humain à travers la capitalisation de pratique et la collaboration avec l’équipe. Au final un chapitre qui est une heureuse surprise.

Le chapitre 3 est court d’une dizaine de pages : comment modéliser un service. Ici, l’auteur fait un lien naturel avec les « bounded contexts » du Domain-Driven Design. Mais il évoque aussi un sujet que l’on retrouvera plus loin : le découpage en microservices se fait par split de services ou applications de plus forte granularité. Le chapitre 4 est lui le plat de résistance de l’ouvrage : l’intégration ! J’en retiens plusieurs éléments : tout d’abord la mise en œuvre de chorégraphie distribuée via des évènements plutôt qu’une orchestration centralisée. Des appels synchrones qu’il faut rendre simples et agnostiques. Si je ne suis pas d’accord avec l’avis de l’auteur pour qui SOAP est protocole dépendant et REST protocole indépendant (désolé, mais c’est l’inverse), je trouve intéressant son appréciation de XML par rapport à Json, qui n’est pas dans l’air du temps. Bien sûr qui dit asynchronisme des évènements dit transaction distribuées ou mécanisme de compensation, des sujets ici tout juste évoqués, tout comme le versionning sémantique.

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Note de lecture : Spring Boot in Action, par Craig Walls

Note : 6 ; Craig Walls (heureusement) toujours égal à lui-même !

J’avais hâte d’aborder ce volume, car on m’avai dit grand bien de Spring Boot. Craig Walls balaye consciencieusement tous les aspects de cette famille de frameworks depuis plusieurs années, avec une plume qui rend tout cela agréable : bon point. Atre bon point, le volume réduit du livre qui est de seulement 180 pages. Hélas cela a conduit à certains choix de contenus que je trouve malheureux ou qui au moins m’ont frustré. Mais j’y reviendrais.

Pour l’instant, voyons le contenu, qui compte 8 chapitres. Le premier « bootstrapping Spring Boot » ne compte que 22 pages, juste de quoi faire le tour du propriétaire et voir les différentes manières d’installer Spring Boot et d’initialiser un projet. C’est aussi l’occasion de voir que le reste du livre va faire l’impasse sur pas moins de 4 sur 5 types de projets que permet Spring Boot (page 13). C’est fâcheux et c’est le principal reproche que j’ai à faire au texte. Cela lui coute 2 points sur ma note de lecture !

Le second chapitre est consacré au « hello world » (d’est du MVC, bien sûr…). Autant dire que ses 25 pages sont précieuses. C’est un plaisir à lire et l’auteur couvre bien les aspects lié au build, à la structure du « starter » et à la gestion commune des dépendances. L’auteur montre une préférence marquée pour Gradle pour le build, mais Maven n’est pas mis à l’écart.

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