Note de lecture : Drive, par Dan Pink

Note : 7 ; Une étude en profondeur et bien illustrée de la motivation intrinsèque.

Cet ouvrage est désormais un classique, et pour de bonnes raisons ! Une partie non négligeable de l’ouvrage de Jurgen Appelo, Management 3.0 provient en effet de ce texte. Ce livre parle de motivation, c’est d’ailleurs son titre en français : motivation 3.0 ; Ce sont 215 pages en 6 chapitres et des brouettes qui sont nécessaires à couvrir le sujet. Les brouettes étant ici importantes.

L’introduction du texte nous plonge directement dans une expérimentation scientifique, celle qui amènera à comprendre qu’au delà de la carotte et du bâton, il existe un niveau de motivation qui trouve sa source dans l’accomplissement même de la tâche : la motivation intrinsèque. C’est sur ce chemin que nous entraine le chapitre 1, partant de la motivation 1.0, celle qui guidait notre instant de survit aux premiers temps de l’humanité, vers la motivation 2.0, qui connut son sommet durant la révolution industrielle. Les chapitre 2 et 2a étudient les raisons pour lesquelles cette motivation intrinsèque ne fonctionne pas … sauf quand elle fonctionne ! Enfin, le chapitre 3 nous met en évidence les types « X » et « I » : pendant que le type « X » s’appuis sur la motivation extrinsèque (la carotte et le bâton) qui sont la marque de la motivation 2.0, le type « I » met à jour la motivation intrinsèque, celle du 21ème siècle. Il s’agit donc bien de passer du mode « X » au mode « I ». C’est l’objet de la seconde partie.

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Note de lecture : Planning Extreme Programming, par Kent Beck & Martin Fowler

Note : 6 ; Quand planifier rime plus avec visibilité qu’avec « estimer ».

L’extrême programming se focalise sur des cycles de développement fortement itératifs, au sein desquels l’interaction avec le client et permanente et le formalisme réduit au minimum. Dans ce cadre, écrire un livre sur la planification d’un tel processus peut sembler une gageure. En fait, ce livre ne traite guère de métrique d’évaluation ou de consommation du développement, mais se focalise sur les aspects humains. Planifier en Extreme Programming, c’est avant tout s’assurer que l’on travaille sur les choses les plus importantes et pouvoir se coordonner avec les autres (le sujet du 1er chapitre). Pour faire cela, il faudra aussi estimer, mais différemment.

Cet ouvrage, co-écrit par deux grands noms de la communauté, n’est guère long : 130 pages ! A l’instar de nombreux volumes de l’XP series, il compte beaucoup de chapitres, il y en a 27. Les passer tous en revue serait fastidieux, je vais me contenter de relever quelques éléments qui m’ont marqué ou que j’ai aimé.

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Note de lecture : Au-delà du management, par Robert Townsend

Note : 6 ; Le testament d’un manager libérateur

Le moins que l’on puisse dire est que ce titre n’est pas nouveau. Il est un peu revenu sur le devant de la scène en étant cité par Isaac Getz dans son « Liberté & Cie ». J’ai donc pris la peine d’ouvrir mon exemplaire dont je dois dire qu’il prenait la poussière depuis un certain nombre d’années. Exemplaire très particulier par ailleurs, car il s’agit d’une édition réalisée par ADP-GSI, qu’évoque justement Isaac Getz dans son best-seller !

Pas de chapitres à ce livre, les quelques 200 pages du texte sont consacrées à une énumération de l’écosystème de l’entreprise… alphabétiquement ! Un propos très direct, souvent rugueux et assurément sans complaisance ! Les idées de Robert Townsend, qui en son temps redressa Avis, tournent autour des personnes, et du rôle des managers en ce qui concerne le leadership (autorité et leadership). Dans le même ordre d’idées, il compare les descriptions de poste qui enferment les employés à des « camisoles de force ». Il voue aussi une grande admiration aux secrétaires.

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Note de lecture : La Communication sans violence, par Marie-Jeanne Trouchaud

Note : 4 ; Quelques idées qui font réfléchir, mais assez peu d’idées concrètes au final.

La CNV (communication non violente) est un thème récurent en coaching. Avec ce petit livre (il compte 170 pages) je comptais trouver les éléments essentiels de la CNV. De ce point de vue c’est une déception, mais elle m’incombe car le titre ne prétends pas traiter spécifiquement de la CNV. Voyons ce qu’il en est.

Tout d’abord, le texte compte 9 chapitres, répartis en 3 parties distinctes. La première d’entre-elles, « les origines de la difficulté de communication » comprend les 3 premiers et occupe une cinquantaine de pages. Au premier chapitre, « les causes du conflit », on autopsie sur 27 pages ce qui crée un contexte défavorable à la communication : conversation basée sur les opinions ou les croyances, cadre de référence ou plus simplement conflits d’intérêts et lutte de pouvoir.

Le second chapitre couvre le rôle des émotions, celles qui sont adaptées, celles qui sont inadaptées. C’est assez légèrement abordé sur une dizaine de pages. Du plus ce chapitre est extrêmement orienté vers la relation avec les enfants. C’est dommage (en tout cas, cela ne me convient pas), d’autant que ce sujet est plus universel que la relation adulte-enfant.

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Note de lecture : Design Emotionnel, par Aaron Walter

Note : 5 ; Une vue superficielle du design des années 2010, mais dont les concepts sont bien illustrés d’exemples.

L’ouvrage de Jacob Nielsen sur le design du Web accuse plus de 10 ans, une période durant laquelle nos exigences et la façon de concevoir les interfaces web ont subie une évolution accélérée, rendant aujourd’hui ringard l’état de l’art d’hier. Ce petit ouvrage est là pour nous donner de nouveaux repères sur la question. Petit, l’opuscule l’est par le format et le nombre de pages : à peine plus de 100, mais elles sont en couleur. L’ensemble est tout de même structuré en 7 chapitres.

Le premier d’entre-eux reprends le titre du livre (à moins que ce soit l’inverse), et campe sur 17 pages les principes de base d’un site web s’appuyant sur les émotions qu’il transmet à son utilisateur. Le chapitre qui suit parle exclusivement de design sur 13 pages : équilibre des pages, contrastes… hélas on reste sur des exemples et des généralités, difficile d’en tirer des enseignements concrets.

Le chapitre 3 est l’un des meilleurs de l’ouvrage. Il évoque la personnalité d’un site et montre comment construire la persona d’un site (oui, avec les persona d’Alan Cooper) et l’utiliser pour décliner cette personnalité dans le site ! Voilà 20 pages bien utilisées.

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Note de lecture : Neo4J in Action, par Aleksa Vukotic & Nicki Watt

Note : 4 ; Un niveau « pratique » qui n’est pas à la hauteur de la série « in action » de Manning…

J’aime beaucoup Neo4J. C’est la base NoSQL la plus ludique que je connaisse. Il lui fallait réellement un livre dédié à sa mise en œuvre, qui donne les clés pour l’intégrer dans des solutions applicatives en répondant aux nombreuses petites questions que l’on se pose chemin faisant. C’est très naturellement que j’ai pensé que ce volume serait celui-ci. Ce fut une déception, hélas.

Neo4J in Action, ce sont 250 pages sur 11 chapitres regroupés en 3 parties. La première d’entre-elles est qualifiée d’introduction et compte 80 pages, comprenant 5 des chapitres. Au premier d’entre-eux, a case for Neo4J database, les auteurs nous y expliquent l’utilité d’une base orientée graphe. On ne parle même pas de Neo4J. L’idée est bonne, mais l’execution plutôt imparfaite, le texte se noie parfois dans des détails et pimente les explications de caractéristiques de Neo4J. Il aurait été préférable de se focaliser uniquement sur le paradigme sous-jacent de Neo4J.

Au second chapitre, on attaque sur une douzaine de de pages la question de la modélisation des données : là aussi un peu de mélange des genres, avec du Cypher (heureusement, je le connaissais un peu avant) mélangé à cela. J’aurais volontiers regroupé les chapitres 1 et 2 en les débarrassant des hors sujets et des détails techniques !

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Note de lecture : The Lean Mindset, par Mary Poppendieck & Tom Poppendieck avec Henrik Kniberg

Note : 7 ; La pensée Lean, ou comment se focaliser sur les choses importantes, au-delà du « Lean Software Development ».

« Nous avons écrit 3 livres à propos du développement logiciel, mais nous ne pouvions en écrire un 4ème, car l’ile du développement logiciel a largement disparu. », c’est ainsi que se termine ce volume. Un texte qui ne s’inscrit dans pas dans la continuité des autres ouvrages des Poppendieck. Il est de loin mon préféré, il dirige résolument vers une pensée « produit ».

Le texte est court, il est expédié en un peu plus de 160 pages sur 5 chapitres et une épilogue. Après une introduction pour camper les notions de « lean mindset », de « fast pace thinking » (représenté par Oto) et de « slow pace thinking » (il s’agit d’Anna) qui nous viennent tout droit de kahneman, on attaque les 38 pages du chapitre 1 « the purpose of business ». Les questions qui y sont adressés sont d’ordre organisationnelles : quelle est la finalité de l’organisation ? Penser qu’il s’agit de maximiser la valeur de l’action est un leurre ou un effet de second degrés, alors que ce qui compte est ce qui mobilise les forces vives de l’entreprise.

Le second chapitre est consacré justement aux facteurs mobilisant les forces vives de l’entreprise. Le sujet couvre 30 pages et introduit également le Lean Product Development. Il ne s’agit pas seulement de motivation intrinsèque, mais d’aider les personnes à grandir, favoriser l’apprentissage. Ce sont des aspects que le Lean revendique mais qui sont rarement bien développés. Il y est aussi question d’intuition et de biais cognitifs, ce qui nous ramène encore à Khaneman.

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Note de lecture : User Story Mapping, par Jeff Patton

Note : 9 ; Bien au-delà du story mapping, vers la découverte de la vraie nature des spécifications agiles en tant que compréhension partagée. Book of the year 2015 !

Jeff Patton est un vrai maître Jeidi de l’agilité : après avoir lu, ou plutôt dévoré son livre, je n’en ai plus aucun doute ! Mais si vous pensez lire « simplement » un ouvrage décrivant par le menu la technique développée par Jeff Patton, vous allez être surpris ! Car c’est bien plus que cela.

Le livre fait un peu plus de 260 pages en 18 chapitres. Je dis « un peu plus de 260 pages » car le corps principal du livre est précédé d’une introduction « read this first » qu’il ne faut rater sous aucun prétexte. On y parle « instructions » versus compréhension partagée, de comparer les (docs de) spécification à des cahiers de voyage, de l’importance de raconter des histoire et d’être frugal dans la construction tout en cherchant à maximiser l’impact plutôt que les fonctionnalités ! Bref, cette introduction à elle seule a la valeur d’un très bon livre. Et ce n’est pas fini !

Raconter des histoires, c’est le sujet du 1er chapitre où l’auteur introduit les story maps dans le but de raconter la grande histoire du système, d’avoir une « big picture ». Il le fait d’ailleurs en racontant une histoire, celle de Gary par qui les user stories sont arrivées ! D’ailleurs la totalité du livre est formée d’histoires. Et celles-ci sont illustrées de photographies des fresques (en couleur dans la version anglaise) que sont ces stories maps auxquelles l’auteur surimpose des explications sous forme de cartographie.

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Note de lecture : Agile and iterative development a manager’s guide, par Craig Larman

Note : 9 ; Eclairé et agréable à lire. Comme toujours, avec Larman…

Nous commençons à avoir l’habitude de la qualité des textes de Craig Larman. Celui-ci ne fait pas exception et est également témoin du virage de l’auteur vers les pratiques agiles. Dans cet ouvrage, Larman se focalise sur l’aspect gestion de projet, mettant l’emphase sur le cycle itératif et ses bénéfices, notamment par rapport au cycle en V. Il s’agit donc bien d’un ouvrage pour convaincre et faire prendre conscience du changement de paradigme qu’amène l’agilité. Le texte date de 8 ans, mais je pense qu’il reste tout à fait d’actualité, d’une part car il reste beaucoup de monde à convaincre, et d’autre part car il est à peu près seul sur son créneau, la plupart des livres dédiés à l’agilité se focalisent sur le « comment » plus que le « pourquoi ». Il serait plutôt à comparer à « Agile Software Development Ecosystem » de Jim Highsmith.

Cela dit, ce volume n’est pas un guide touristique. Ses 330 pages découpées en 12 chapitre en attestent. Je passe rapidement sur le premier chapitre qui ne compte que 6 pages : il fournit quelques généralités sur la logique de projet prédictifs à opposer avec le développement de nouveaux produits. Il fournit aussi nombre de liens dont beaucoup sont toujours actifs ! Le second chapitre traite sur une quinzaine de pages la logique des projets évolutifs et itératifs. C’est très abondamment illustré, extrêmement clair et chirurgical, dirais-je. Un plaisir !

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Note de lecture : The Back of the Napkin, par Dan Roam

Note : 7 ; Le grand classique de la résolution de problèmes par la visualisation

Cela faisait un moment que je tournais autour de ce grand classique. Il n’y a plus pour moi aucun doute sur la raison pour laquelle ce titre mérite sa réputation, et elle est grandement méritée. Par contre, il ne va pas être très facile de résumer cela ! Tout d’abord le livre lui-même est d’un format inhabituel (il est de format carré), et ses 256 pages se comparent difficilement à un format classique. Ceci sans compter les très nombreux dessins de l’auteur qui sont l’âme même du livre.

La dernière représentation de l’auteur, page 255, résume parfaitement la teneur du propos, c’est à dire l’articulation de la démarche proposée en 4 plans.

  • Tout d’abord les « basic visual thinking tools » : les yeux, les « yeux de l’esprit » et la coordination œil-main. Il n’y a pas de chapitre à proprement consacré à ce plan, mais il est abordé au chapitre 2, avec une vue générale du framework.
  • Les 4 étapes de la pensée visuelle : regarder, voir, imaginer et montrer. L’auteur décompose ce processus au chapitre 3, en s’appuyant sur une partie de Poker ! Un cheminement qui met en valeur les qualités pédagogiques de l’auteur.
  • Le SQVID. Il s’agit d’un « framework de visualisation », probablement la partie la plus délicate de l’ouvrage. Elle est abordée au chapitre 6. Celui-ci méritera (au moins) une seconde passe.
  • Les 6 façons de regarder, qui correspondent à 6 questions : Qui / quoi ? Combien ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Abordé au chapitre 5, ce framework que l’auteur présente comme le <6><6> rules est développé réellement au chapitre 7.

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