Note de lecture : Microservices Patterns, par Chris Richardson

Note : 8 ; La bible du Microservice !

A beaucoup de points de vue, c’est un livre imposant ! D’abord par sa taille : 470 pages, découpées en seulement 13 chapitres, mais aussi par son contenu qui va assez loin dans les aspects techniques abordés. Le propos n’en reste pas moins clair, je regrette juste que les fameux patterns soient juste évoqués mais pas vraiment documentés en tant que tel.

Le premier chapitre couvre une trentaine de pages et aborde deux sujets : le monolithe et les patterns. Le monolithe est traité avec intelligence, loin du bashing habituel. Ici on part du postulat d’une architecture hexagonale pour explorer les conséquences en maintenance et en organisation d’équipe ! La big picture des patterns vaut aussi le détour, pas seulement pour la classification de ces derniers, mais aussi par la qualité de l’explication sur l’approche patterns.

Ce sont aussi une trentaine de pages consacrées au chapitre 2 sur les stratégies de décomposition. On y parle, et c’est un peu inattendu, UML, Use Cases et DDD. C’est aussi le moment pour l’auteur d’exposer sa vision du découpage en « capabilities » et « services ». C’est intéressant, de bon niveau même, mais pas flamboyant.

Les choses sérieuses commencent au chapitre 3 et ses 45 pages sur l’IPC qui en est le sujet ! Il couvre les aspects conceptuels tels que la définition des interfaces, le versionning et les transactions. Puis on rentre dans le dur avec la communication synchrone (ReST, gRPC), puis asynchrone (JMS, Kafka), en publication ou en requête / réponse. Le chapitre s’étend jusqu’aux patterns essentiels que sont le circuit breaker et le gateway. C’est du solide.

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Note de lecture : Microservices in Action, par Morgan Bruce & Paulo A. Pereira

Note : 4 ; Plus sur l’infrastructure microservices que sur le microservice lui-même… avec beaucoup d’inaction dans ce « in action » !

Petite déception pour ce nouvel opus de la série « in action » de chez Manning. Celui-ci manque un peu de concret et de profondeur, malgré ses 350 pages. J’étais prévenu, le code serait en Python, mais au final il y en a assez peu, ce qui est à la fois un bien et un mal pour moi. La plus grande surprise est sans doute que l’on ne rentre pas dans la conception des microservices, mais plutôt dans l’architecture de systèmes à base de microservices qui est, il est vrai, une partie importante du concept. Ces architectures sont illustrées à base de diagrammes où chaque microservice est représenté sous forme d’hexagone : est-ce une évocation de l’architecture hexagonale d’Alistair Cockburn ? Nous n’aurons pas la réponse dans ces pages.

L’ouvrage lui-même est structuré en 4 parties pour un total de 13 chapitres. La première, “the lay of the land” couvre moins de 50 pages sur 2 chapitres. On débute par une introduction générale, ou plutôt un teasing des thèmes qui seront développés au fil des pages sur les principes et les challenges que représentent la conception de microservices. Le second chapitre rentre dans l’étude de cas qui servira de fil rouge : SimpleBank. Personnellement, je trouve celle-ci un peu complexe. L’illustration du découpage de feature en service s’en ressent.

La seconde partie s’intitule « design » et compte 5 chapitres sur 135 pages. C’est donc la partie la plus conséquente du livre. Elle débute par un chapitre 3 dédié à l’architecture des applications. Hélas elle reste très haut niveau, brossant à peine les styles d’architectures et les patterns de communication. Petite mention toutefois pour le « micro front-end » que je croise ici pour la première fois. Le chapitre 4 aborde sur 30 pages la question de la conception de nouvelles fonctionnalités. Les auteurs s’appuient sur les notions de « business capabilities » et de « technical capabilities » et sur un découpage en cas d’utilisation ! C’est finalement dans ce chapitre que je trouve trace de la Clean Architecture de Robert Martin, alors que je pensais la croiser au chapitre précédant.

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Note de lecture : Enterprise Java Microservices, par Ken Finnigan

Note : 3 ; Un « placement de produit » JBoss peu attractif.

Il commence à y avoir pas mal d’ouvrages sur les Microservices et tous ne se valent pas. Hélas, comme nous allons le voir, celui-ci ne rentre pas dans la bonne catégorie. Au départ il se voulait plus ou moins l’équivalent du « Spring Microservices in Action » pour JEE.

Avec 227 pages, l’ouvrage n’est guère volumineux. Le tout est structuré en 11 chapitres regroupés en deux parties. La première partie « microservices basics » compte les 5 premiers d’entre-eux et totalise une centaine de pages. Le premier chapitre est sobrement intitulé « Enterprise Java Microservices » ! Il s’agit surtout d’un survol pour nous rappeler ce qu’est une architecture JEE, puis sa conséquence le monolithe. C’est de manière simplifiée que l’auteur nous présente l’architecture microservices dans ses grandes lignes pour terminer sur les patterns permettant de transiter de l’un à l’autre. Un chapitre simple mais hélas simpliste.

On rentre dans le dur avec le chapitre 2 qui nous propose le cas d’utilisation du livre, le site Cayambe, et le développement d’une application minimaliste en REST. C’est l’occasion de faire notre « hello world » en architecture JEE new style. Pas transcendant, mais correct. La chapitre 3 prends un peu de hauteur pour nous présenter les différentes options pour développer des microservices dans le monde Java. J’ai beaucoup aimé l’approche « cartographique » et la largeur de l’écosystème abordé. Bien sûr (hélas) ceci est là pour nous montrer que Thorntail (aujourd’hui déjà à l’abandon) est le meilleur ! Un biais qui nuit à la qualité du chapitre.

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Note de lecture : Accelerate, par Nicole Forsgren, Jez Humble & Gene Kim

Note : 6 ; Une étude approfondie sur ce qui marche ou ne marche pas mais délivrée de façon un peu austère

Ce livre a été très chaudement recommandé par Martin Fowler comme étant le « livre de l’année ». J’ai du mal à être d’accord avec lui pour des raisons sur lesquelles je reviendrais. Accelerate reprend et développe les conclusions de 4 années de sondage du « state of the DevOps ». La première partie du texte reprend les observations faites et cherche à les expliquer, mais uniquement en s’appuyant sur les informations collectées, sans formuler d’extrapolations. 2 deux autres parties sont consacrée aux éléments de recherche d’une part et au « comment » de la transformation.

La première partie est celle qui est la plus riche d’enseignements sur ce qui marche et ce qui ne marche pas, elle s’empare logiquement de 115 des 200 pages du texte (hors annexes). Ce sont 11 chapitres qui forment cette première partie. Je passe sur le premier chapitre essentiellement introductif pour aborder le second, « performance », où les auteurs introduisent leurs critères d’une organisation performante. Ils se focalisent essentiellement sur une définition « Lean » du terme et en se référant à la Wardley Mapping Method.

Le 3ème chapitre, « measuring and changing culture » nous introduit au Westrum Organisational Culture. Selon ce modèle, les organisations les plus performantes ont les flux les plus efficaces. On en revient au Lean.

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Note de lecture : Release It ! 2nd edition, par Michael T. Nygard

Note : 9 ; Actualisé et repensé, mais toujours aussi riche et pertinent !

11 ans se sont écoulés depuis la parution de la première édition. De mon point de vue, c’était le premier vrai texte évoquant la culture devops. A vrai dire, j’ai continué à le considérer ainsi jusqu’à la parution de cette nouvelle édition. De prime abord, celle-ci semble avoir subi une cure d’amaigrissement… en fait, c’est le papier qui est plus fin, car celle-ci compte le même nombre de pages, mais réparties en 17 chapitres (au lieu de 18) sur 3 parties. Il s’est passé des choses en 11 ans, et nous allons voir que le texte le reflète bien.

Le chapitre d’introduction n’a guère bougé dans son essence avec son fameux « un million par ci, un million par là… », mais sa forme a été remaniée. La première partie « create stability » compte aussi toujours 4 chapitres. Je retrouve au chapitre 2 la même histoire horrible de l’exception qui a mis un aéroport en rideau. L’erreur dans le code est visible sans être grossière, mais les conséquences sont catastrophiques. L’ambiance est campée pour ce livre emblématique. Le chapitre 3 développe sur cette base la notion de « cracks propagation » en faisant référence au livre de James Chiles « Inviting Disaster ». Je ne retrouve pas dans ce chapitre le diagramme de patterns de l’édition précédente : dommage.

Au chapitre 4, on retrouve les antipatterns de stabilité. C’est un chapitre particulièrement conséquent avec 60 pages. Sa structure épouse celle de l’édition précédente, mais le propos est sensiblement modernisé dans cette seconde édition. Cela dit, j’avais trouvé l’édition précédente plus pédagogique à cet égard. L’auteur semble avoir voulu gagner en efficacité dans son propos. Cela a un prix. Après les antipatterns, les patterns. Ils sont présentés au chapitre 5. Les patterns sont les mêmes d’une édition à l’autre, mais l’auteur a fait le choix de les modifier dans le détail. L’ensemble est un peu modernisé sans que la différence soit notable.

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Note de lecture : Les Innovateurs, par Walter Isaacson

Note : 8 ; La grande saga de l’informatique … avec un point de vue subjectif.

Walter Isaacson est le biographe de Steve Jobs, entre autres chose. Il fut aussi journaliste au Times. Bref, il sait écrire et raconter, on s’en rend très vite compte. Le format poche du livre fait 860 pages, mais c’est au format Kindle que je l’ai lu. Il est structuré en 12 chapitres qui chacun couvre une période de l’histoire de l’informatique.

L’auteur a décidé de remonter aux prémices avec un chapitre consacré à Ada Lovelace ou plus exactement à Ada et Babbage, mais centré toutefois sur la fille de Lord Byron. Un chapitre sans concessions sur celle que l’on considère comme la pionnière de la programmation, mais qui vantait sans retenue ses capacités intellectuelles. C’est sur la publication « Sketch of the Analytique Machine » par LF Menebrea, mais traduit en Anglais par Ada et augmenté de ses notes que s’attarde Walter Isaacson. Ce sont ces notes (qui occupent d’ailleurs plus de place que le texte original) que se trouvent toutes les trouvailles et les projections concernant la machine analytique et cela est fort bien analysé par l’auteur.

Le second chapitre s’intitule « l’ordinateur », il s’agit bel et bien de l’invention de l’ordinateur. L’auteur nous dresse le paysage des prémices de l’ère numérique avec les Shannon, Lorenz, Aiken, Atanasoff et surtout Mauchly, car l’auteur ne peut se vanter d’être objectif en dédaignant l’aspect programmable du Mark I et II au profit du fonctionnement à lampe du non-programmable Eniac. Le rôle Von Neumann dans ce projet y est clarifié, entre autre qu’il permit à l’industrie informatique d’éclore à cette époque en coupant l’herbe sous le pied de la brevetabilité de l’architecture des machines. Ce second chapitre est assurément l’un des plus passionnants.

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Note de lecture : Seven Databases in Seven Weeks, par Eric Redmond & Jim R. Wilson

Note : 4 ; 7 livres compressés en un seul.

Je sais que j’aurais dû, mais non je n’ai pas pris plaisir avec ce livre. Mais reprenons depuis le début. Cet ouvrage est calqué sur l’approche de « Seven Languages… ». Le principe est simple : les auteurs abordent 7 bases de données en nous proposant une initiation à chacune d’entre-elle sur 3 jours.

Chaque chapitre est consacré à une base de données, et chacun d’entre-eux est effectivement structuré en 3 parties, soit 9 chapitres en comptant introduction et conclusion pour un total de 310 pages environ. Le tout est très dense et la pente est rude pour chaque chapitre. Elle est d’autant plus rude pour moi que les langages de prédilection choisis sont Ruby et JavaScript (même quand ce n’est pas le langage naturel de la base), que je ne connais pas plus que je ne les apprécie car il s’agit de langages dynamiques.

Je passe l’introduction qui dresse un panel des différentes bases et des paradigmes sur lesquels elles s’appuient. Le second chapitre est consacré à PostgreSQL. C’est du relationnel, je suis en terrain connu. Les premier et second jour vont assez bien, même si on monte assez vite dans les tours avec les fondements mathématiques, les Windows functions et autres triggers. On ne perd pas de temps ! Le 3ème jour nous conduit directement dans les spécificités de PostgreSQL avec les cubes multidimensionnels et l’indexation full text. Je me retrouve aux limites de mes connaissance bien plus vite que prévu.

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Note de lecture : Lex & Yacc, par John R. Levine, Tony Mason & Doug Brown

Note : 8 ; Une référence de grand choix pour Lex et Yacc. En tout cas, la mienne !

Comme son nom l’indique, ce volume traite les utilitaires de la famille Lex & Yacc, dont Flex et Bison, du GNU, qui ont la préférence des auteurs. Ce guide introduit progressivement l’outil d’analyse lexicale d’abord, puis l’outil grammatical ensuite, en introduisant progressivement les concepts particuliers de ces outils.

Le texte tient en 240 pages structurées en 9 chapitres. Il ne faudra pas oublier les 70 pages d’annexes dont l’utilité est assez variable, mais précieuses pour certaines. Le premier chapitre s’intitule sobrement « Lex & Yacc » et nous invite à produire un premier analyseur syntaxique avec son analyseur associé. Les 25 pages de cette mise en bouche sont pas mal denses, et sont d’ailleurs bien plus qu’une mise en bouche : on un produit un analyseur syntaxique simple avec toutes ses composantes !

Le second chapitre se focalise uniquement sur Lex et au travers de deux exemples en explore tout le potentiel. Un travail soigné même si là encore il n’est pas question de relâcher son attention ! Au chapitre 3, l’analyseur syntaxique Yacc a droit au même niveau d’attention. On y développe la notion d’arbre syntaxique et toutes les subtilités de la construction d’une grammaire. C’est du solide.

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Note de lecture : From Java to Ruby, par Bruce Tate

Note : 5 ; Un pamphlet pour la transition vers Ruby.

Ou comment l’un des chefs de file du monde Java prend le virage vers Ruby ! Ce livre est à la fois un argumentaire et une base de construction de stratégie de passage à Ruby. Un objectif limité en 8 chapitres seulement et 150 pages. Certes, l’enthousiasme de l’auteur éveille pour le moins l’intérêt et l’argumentaire est bien construit :

  • Un langage à typage dynamique, dont la productivité est dcuplée par rapport à Java.
  • En lieu et place d’une profusion de frameworks, un petit nombre de frameworks très en vue, dont le vaisseau amiral : le très remarqué Ruby on Rails.
  • Une réponse simple aux problèmes les plus fréquents, au lieu d’une solution complexe et généraliste.

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Note de lecture : Testing Java Microservices, par Alex Soto Bueno, Andy Gumbrecht & Jason Porter

Note : 6 ; Très pertinent sur la stratégie et la mise en œuvre des tests, souvent moins sur la clarté des explications.

Voici un livre qui s’est fait attendre plusieurs années. Au début, il s’agissait de produire un texte consacré à Arquilian. Finalement, le contexte s’est élargi aux tests de microservices de manière plus générale, Arquilian continuant à se tailler la part du lion, mais d’autres outils de test complétant le paysage, comme nous le verrons.

L’ouvrage totalise 260 pages réparties en 10 chapitres. Cela donne une moyenne de taille par chapitre relativement raisonnable mais quand même un peu plus élevée que ce que j’apprécie généralement. On démarre fort logiquement par un premier chapitre très court pour introduire les microservices. Il s’agit de présenter l’architecture microservices au niveau conceptuel. Une présentation pas vraiment fameuse, avec une représentation qui ne me parle guère et une architecture s’éloignant un peu de celle de Newman et où j’aurais aimé une pincée d’architecture hexagonale.

Le second chapitre présente l’application de test, ou plutôt l’architecture de test, sur une petite trentaine de pages. En fait, les auteurs ont fait le choix de rassembler des architectures techniques différentes : Spring Boot, TomEE et WildFly Swarm. A l’exception du vidéo service sur Spring Boot, le reste s’adosse à Java EE 7 ! Un choix dépassé depuis longtemps, peut-être justifié par le fait que les auteurs sont employés de JBoss ou parce qu’initialement Arquilian était dédié à JEE ? Quoi qu’il en soit, ce choix aurait dû être abandonné, il y avait déjà fort à faire en se contentant de Spring Boot et cette multiplicité introduit une regrettable complexité et de la confusion.

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