Note de lecture : Convaincre pour urbaniser le SI, par Jean-Christophe Bonne & Aldo Maddaloni

Note : 2 ; Décousu et peu engageant, malgré quelques bonnes idées…

Les ouvrages couvrant le domaine de l’urbanisation des SI sont traditionnellement (et à l’exception de quelques uns) de qualité médiocre, du moins de mon point de vue. Nous en avons encore un bel exemple ici.

Cet ouvrage est résolument orienté vers le management décisionnaire. Donc, de fait, il est très peu technique, un choix que je saluerai, car au moins il est clair, le livre n’essaie pas d’arroser en vain un public hétéroclite.

L’expérience phare des auteurs est l’urbanisme du SI de Renault, auquel le dernier chapitre est d’ailleurs spécifiquement consacré. Il est bien dommage que le propos soit si décousu, en suivre le fil est difficile, sinon vain. Comme je le fais parfois remarquer, les 213 pages du livre auraient pu tenir en 90 environ. Voyons un peu le contenu par le menu, c’est à dire en en survolant les 11 chapitres.

Le premier chapitre sur les enjeux est long de 24 pages. La prose est franchement ampoulée et très ciblée « DSI ». On navigue plutôt à haute altitude dans des généralités et hélas cela donne le ton du livre. Le chapitre se résume à dire que le SI de l’entreprise est guidé par 3 axes : métier, stratégie de l’entreprise, stratégie DSI (i.e. technique).

Ce sont 23 pages qui sont consacrées à la définition de l’urbanisation du SI. Le texte n’est toujours pas un modèle de clarté. Les auteurs articulent cette urbanisation sur 3 niveaux : business modèle, fonctionnel, produits/applications. Ceci, sans chercher à emprunter au modèle de Longépé, ce qui est un peu dommage. On y parle aussi de flux, mais sans entrer dans des considérations exploitables. Et enfin on y évoque pour la première fois l’un des sujets les plus intéressants du livre : les axes de commonalité.

Le chapitre 3 se contente de 14 pages pour évoquer la « préparation de l’action d’urbanisme », comprenez : le recensement et la cartographie du SI. Ce sont en fait juste quelques mots sur ce qui doit y être fait. De toute évidence, le sujet n’est pas la spécialité des auteurs.

Intégrer l’urbanisme à la gestion du SI (cela ne devrait-il pas être la même chose ?), c’est le sujet du chapitre 4, et cela nous vaut 17 pages. Tout d’abord, on voit que l’on est loin des cycles agiles. Ensuite, on y traite superficiellement quelques considérations comme : urbanisme et SOA, urbanisme et sécurité, urbanisme et systèmes existant. Tout cela est creux et ne restera pas dans les mémoires.

La mise en place d’une direction de l’urbanisme est le sujet du chapitre 5, le tarif est de 15 pages. C’est à la fois long et court : il s’agit ni plus ni moins d’une ennuyeuse énumération des rôles et des aptitudes associées. Tout cela sent le copier-coller de ce qui a été fait chez Renault et non le fruit d’une réflexion plus globale.

On a droit à 17 pages au chapitre 6 sur l’entretien d’une dynamique d’équipe. En fait on un parle beaucoup démarche. Plus particulièrement vrai dans ce chapitre, on enchaine les poncifs éculés. Par exemple : « l’urbanisme ne se construit pas en un jour », « il ne faut pas faire de l’urbanisme pour l’urbanisme », « il faut trouver les bons compromis », etc.

Le chapitre 7 porte le titre mystérieux de « travail de conviction avec les pairs et leurs équipes » ! On y parle pas mal organisation, articulation de comités, bref toutes choses poussiéreuses et rebutantes. L’objet de ce chapitre lui-même pourrait se résumer en une expression : faire passer le suppositoire…

Le chapitre 8 couvre 21 pages et à trait au travail de conviction, le sujet central du livre. Comme on peut s’y attendre, il s’agit d’un argumentaire pour impliquer les équipes projets de consacrer du temps et de l’énergie à quelque chose qui ne les intéresse fondamentalement pas. Après le suppositoire, le lavage de cerveau. S’en suivent 5 pages pour évoquer le déploiement au « reste de l’entreprise », filiales, etc.… via une constitution de réseau d’urbanistes, etc.

Le suivi dans le temps est certainement le challenge le plus important de l’urbanisme. C’est à cela que sont consacrées les 20 pages du chapitre 10. L’élément le plus intéressant est certainement le concept du « permis de construire » qui y est développé.

On l’attendait, on l’a eu : les 20 pages du dernier chapitre sont consacrées à l’expérience Renault. Si le style n’y est pas, ces quelques pages sont néanmoins très instructives en retraçant un historique de mise en place de la démarche. Peut-être finalement le chapitre le plus intéressant.

Quelques éléments plus remarquables retiennent toutefois l’attention : les « axes de commonalités » ou le tableau de bord d’avancement de l’urbanisme, par exemple. Mais dans l’ensemble, le propos est plutôt vide, avec beaucoup de déclarations d’intention mais peu de concret.
Bref, un livre qui est loin d’être indispensable.

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Référence complète : Convaincre pour urbaniser le SI – Jean-Christophe Bonne & Aldo Maddaloni – Hermès 2004 – ISBN : 2-7462-0977-2 ; EAN : 978 2746 209770

Convaincre pour urbaniser le SI


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Note de lecture : IT Gouvernance, par Frédéric Georgel

Note : 7 ; Une très honnête introduction au sujet.

Si il est un sujet qui a le vent en poupe, c’est bien la gouvernance du SI ! Surfant sur cette nouvelle popularité, ce livre a pour but de nous en révéler tous les aspects. Et très franchement, je ne pense pas que ce livre puisse faire de nous le gourou de la gouvernance, mais il atteint très honorablement son but. Avec beaucoup de simplicité, il nous expose les domaines clés de la gouvernance IT et nous en explique les grandes lignes :

  • L’alignement sur la stratégie
  • Le management des ressources et des infrastructures
  • La gestion de la gouvernance et des ressources humaines
  • La maîtrise des risques sur le plan technologique et structurel
  • La gestion de la performance des services délivrés
  • Contrôle et audit des processus et des systèmes
  • Valeur économique des ressources informatiques
  • Maturité des infrastructures et des processus

Si la première partie nous dresse un sympathique contexte historico-culturel de l’émergence de la gouvernance IT (qui eut cru à l’importance du Colt 45 dans la façon d’appréhender l’égalitarisme pour nos voisins américains), les sujets évoqués ci-dessus font l’objet du seul chapitre 2. Et quel chapitre ! Il fait plus de 100 pages, donc plus de la moitié du livre ! C’est l’un des quelques reproches que je puis faire à cet ouvrage, par ailleurs moins sujet aux reproches récurrents que je peux faire à la qualité éditoriale des livres Dunod.

La troisième partie est dédiée à l’introduction aux 2 célèbres référentiels de la gouvernance IT : les incontournables ITIL et Cobit ! C’est bien sûr une excellente idée, mais hélas j’ai trouvé cette introduction confuse (même si un chapitre est consacré à chacun des référentiels). Peut-être devrais-je leur accorder une seconde lecture ?

En bref, je n’ai pas été déçu, ayant terminé les 180 pages du texte, j’ai la sensation de comprendre le sujet, sinon de la maîtriser. Je dois dire en outre, qu’il y a pas mal de références externes, et que le style de l’auteur, sans être extraordinaire nous fait grâce du style pédant qui est souvent la marque de fabrique des ouvrages français. On attend de l’auteur qu’il donne son avis et prenne position : il le fait !

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Référence complète : IT Gouvernance, maîtrise d’un système d’information – Frédéric Georgel – Dunod 2005 – ISBN : 2-10-008312-0

IT Gouvernance, maîtrise d’un système d’information

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Note de lecture : Ingénierie des systèmes d’information avec Merise, par D. Nanci, B. Espinasse, B. Cohen & H. Heckenroth

Note : 4 ; Merise pour l’urbanisation du SI plus que pour les projets, même si Merise n’est pas votre business…

Voici une référence biblio avec laquelle je vais me faire “casser” allègrement. Ce n’est pas grave, j’en prends le risque. Amis fondus de l’objet, n’oubliez pas qu’il y a une vie au delà de l’objet. Plus concrètement, on est souvent amené à se connecter à des bases de données relationnelles, donc le plus souvent documentées à l’aide de Merise. Je vous recommande donc de posséder un verni culturel sur ce sujet. Cette référence est là pour couvrir ce besoin. Et on ne fait pas particulièrement dans la légèreté, avec un texte de 650 pages, subdivisé en 6 parties pour un total de 28 chapitres ! La moyenne par chapitre semble donc raisonnable. Passons cela en revue, partie par partie.

La première partie ne fait que 65 pages et s’intitule pompeusement « principes généraux et fondements théoriques de la méthode ». Elle compte 4 chapitres. Après un bref rappel historique, les auteurs replacent Merise dans ce qu’ils appellent la science des systèmes en structurant l’informatique d’entreprise en 3 sous-systèmes : opérant, système d’information et de pilotage. Vient ensuite une vue générale de la méthode et des fameux différents modèles : MCD, MCT, MOD, MOT, MLD, MLT, MPD et MPT (ouf !). Cette première partie se conclut sur la gestion des différents niveaux d’organisation du SI. Le tout est bien illustré, bien qu’avec des représentations un peu complexes et un style plutôt ampoulé, voir un peu prétentieux.

La seconde partie traite de la conception du système d’information organisationnel ( !).  Ce sont 145 pages et 6 chapitres qui couvrent ce sujet. Cette partie aborde la méthode Merise dans l’ordre logique d’utilisation. D’abord le modélisation de l’organisation en domaines et en flux, puis le modèle conceptuel des traitements (MCT), qui équivaut, à ce niveau, à un business model. Le modèle conceptuel des données (MCD) est traditionnellement un gros morceau de Merise, c’est pourquoi 60 pages lui sont consacré. Le modèle organisationnelle des traitements (MOT) est traité ensuite, ce qui fait peu de sens, car je l’aurais plutôt vu à la suite de l’organisation des traitements en flux… Le modèle organisationnel des données (MOD) qui est vu ensuite a une finalité qui ne me semble pas claire, j’ai du mal à le distinguer du MCD. Pour les auteurs, cela paraît évident et ils ne font aucun effort pour nous éclairer. Cette partie se clos par la confrontation traitements / données qui était latente sur toute la partie. Les grilles de cohérences proposées sont fort peu convaincantes.

En troisième partie on aborde la « conception du système d’information informatisé ». Drôle de titre. Avec 180 pages sur 4 chapitre, c’est la partie la plus importante de l’ouvrage en terme de volume. Si la partie 2 pouvait être assimilée à la première couche du modèle de Longépé, cette 3ème partie peut l’être sans aucun doute par rapport à la couche 2. On traite le Modèle logique de Traitement de données, pour ensuite s’intéresser au MCD, tout le chapitre 12 est en fait consacré à la modélisation des données suivant les formes normales de Codd. S’en suit un chapitre particulièrement bâclé sur les modèles physique des données et des traitements. On termine par un chapitre sur l’optimisation du modèle de données qui n’est ni convainquant ni cohérent avec le reste de l’ouvrage.

Les 110 pages de la quatrième partie traitent de la démarche Merise et couvrent 8 chapitre. C’est assez troublant car cela signifie que les parties précédentes n’étaient pas spécialement liées à Merise … de quoi être perdu ! Il s’agit en fait de décrire le cycle de vie du système d’information. Il part du sacro-saint schéma directeur, abordé dans la dizaine de pages du chapitre 15 où il n’est pas question de Merise pour aborder ensuite les études préalables (chapitre 16). Cela couvre le rétro-engineering de l’existant et le dimensionnement. Le lien avec Merise est fait, mais il est ténu et peu convainquant. L’étape suivante, l’étude détaillée évoque au chapitre 17 des « extensions du MCD » mais sans rentrer dans le détail. Le chapitre 18 dédié aux études techniques est pire, il est aussi très superficiel, on voit bien que ce n’est pas la tasse de thé des auteurs. Pour rester cohérent, les auteurs se sont sentis obligé de consacrer un chapitre à la production du logiciel (le moment où l’on programme) : il fait une page et demi. La mise en exploitation n’est pas occultée, mais si l’on écarte le fait que Merise n’y intervient pas, on voit bien également que ce n’est pas le domaine des auteurs. Quelques pages sont finalement consacré à la maintenance, ou plus exactement à un processus de gestion des changements.

Trente pages et 3 chapitres, c’est ce qui est dévolu à la cinquième partie qui évoque les moyens à mettre en œuvre avec Merise. C’est un volet très méthodologique, qui évoque en premier lieu les rôles et la structure organisationnelle, puis les activités et la façon dont les responsabilités se ventilent, pour terminer avec les outils et artefacts avec un gros focus sur les fonctions attendues d’un AGL.

La sixième et dernière partie est consacrée à l’étude de cas d’une société X. En fait, il s’agit plutôt de la présentation du domaine fonctionnel de cette société qui est utilisée comme support sur un certain nombre des exemples. Il est très malencontreux d’avoir structuré cela ainsi : il aurait mieux valu mettre cette partie beaucoup plus en amont et utiliser ce cas d’étude tout au long du livre, en tant que fil rouge. Ni l’un ni l’autre n’ont été fait et celui nuit grandement à la qualité pédagogique de l’ouvrage.

Je pensais avoir acquis un livre pour comprendre l’utilisation de Merise dans un projet. Il n’en est rien et cet aspect est en fait peu ou mal appréhendé. C’est un peu de ma faute, car en fait, le titre du livre est clair : il s’agit plutôt d’une démarche d’urbanisation du système d’information avec Merise ! Hélas, en tant que tel, cela n’est pas non plus très convainquant. Il n’en reste pas moins que l maîtrise de l’outil Merise par les auteurs, leur expertise devrais-je dire, est incontestable. La façon plutôt académique dont ils abordent le processus en fait un texte assez peu opérationnel à mon goût. Ce n’est probablement pas ma pire acquisition, d’autant plus que celui-là, je l’ai eu en fin de série, chez Gibert, à 60 balles.

Ingénierie des systèmes d'information avec Merise

Référence complète : Ingénierie des systèmes d’information avec Merise, vers une deuxième génération – D. Nanci, B. Espinasse, B. Cohen & H. Heckenroth – Sybex 1992 – ISBN : 2-7361-0747-7

Ingénierie des systèmes d'information avec Merise


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Note de lecture : Les logiciels de gestion hautement intégrés, par Jean-Michel Tysebaert

Note : 1 ; Tromperie sur la marchandise.

En empruntant ce livre, je pensais apprendre des choses sur les progiciels intégrés, leur périmètre, leurs avantages et leur mise en place dans l’entreprise. Las, il y a clairement tromperie sur la marchandise! En fait, la seconde partie du titre parle bien d’ingénierie métier, et le livre est entièrement consacré à cela (avec parfois une paire de pages consacrés à l’aspect SI, histoire de justifier le titre).

Le lien avec les progiciels style SAP existe bien, et réside dans la philosophie de “l’ingénierie métier”. Le message transmis est en gros celui-ci: “la seule voie est la voie systémique, celle où les processus d’entreprise se conforment à des standards établis par des chercheurs, ceux qui ne font pas cela sont des cons”. Bref, une copie du message SAP, il faut adapter l’entreprise, pas le progiciel. L’auteur lâche d’ailleurs que c’est le progiciel qui suggère le besoin : on ne saurait être plus dans une logique de pseudo-spécification dictatoriale.

Bref, j’ai été déçu par la nature du contenu, le message et le style très académique, dont on voit nettement qu’il s’agit d’un support de cours. A propos de cours, un quart du livre est carrément dédié à la description des pratiques comptable, cela peut être intéressant dans certains contextes, mais est ici hors sujet. En résumé, le livre est à coté de la plaque pour aborder la problématique progiciel, et la pertinence du contenu “processus métier” est hautement discutable. En refermant la dernière page, outre un soulagement, j’ai eu l’impression d’avoir lu un ouvrage vieux d’un quart de siècle alors qu’il fut édité en 2001 ! Allez savoir pourquoi ? Fort heureusement l’édition et la distribution de ce livre sont quasi-confidentiels, faites quand même attention à l’éviter si vous tombez dessus…

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Référence complète : Les logiciels de gestion hautement intégrés : Préparation par l’ingénierie de métier – Jean-Michel Tysebaert – Technip 2001 – ISBN : 2-7108-0788-2

Les logiciels de gestion hautement intégrés


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Note de lecture : Processus métiers et S.I., par Chantal Morley, Jean Hugues, Bernard Leblanc & Olivier Hugues

Note : 3 ; Une synthèse universitaire qui nous laisse face à nous-mêmes

Sur le papier, ce livre présente un incontestable intérêt : décrire les processus métier et faire le lien avec le système d’information, cela a de quoi éveiller l’attention ! De plus, la taille de l’ouvrage (inférieure à 200 pages) me laissait présager de bonnes choses. La réalité est hélas différente, et le texte me laisse largement sur ma faim. Mais revenons à son contenu, qui est divisé n 3 parties :

La première partie est dédiée aux processus dans les organisations. Cette partie développe les grands courants de processus, tel le « just in time », la qualité totale, etc… ainsi que les normes telles que l’ISO. La surprise, c’est de voir traité ici les processus de développement logiciel, ce qui est complètement incohérent, étant un sujet séparé. Hélas, cela continuera au long du livre, et on finit par avoir du mal à comprendre où les auteurs veulent en venir !

La seconde partie, consacrée à la modélisation des processus, constitue le sujet central du livre (au propre comme au figuré), en tout cas ce pour quoi j’ai acquis le livre. Malheureusement le sujet est fort mal traité. Bien que cela me fasse toujours plaisir de voir un métamodèle, la description de la modélisation est surtout statique et développe l’exposé de plusieurs approches, mais sans jamais prendre de position. Au final, on n’a pas d’idée claire du « comment » sur la façon d’appréhender concrètement la modélisation métier dans une entreprise. On n’a pas non plus d’indication sur les liens entre modélisation métier et SI. Bref, la cible est ratée.

La troisième partie est plutôt anecdotique, consacrée à la présentation de 3 outils. Dans le principe, on ne s’en plaindra pas, car cela permet d’avoir une illustration concrète des concepts. Le choix des 3 outils présenté est toutefois curieux, car il rassemble un véritable outil de modélisation (PowerAMC), un outil de CRM /  groupware (Clarify) et un outil de Workflow (Oracle Workflow). Donc, encore une fois, les auteurs n’ont pas d’idée claire du sujet qu’ils veulent couvrir ni de la direction qu’ils veulent montrer.

Pour ceux qui souhaiteraient s’engager sur le chemin de la modélisation métier, ce n’est tout simplement pas avec ce livre que vous quitterez la ligne de départ.

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Référence complète : Processus métiers et S.I. : Evaluation, modélisation, mise en œuvre – Chantal Morley, Jean Hugues, Bernard Leblanc & Olivier Hugues – Dunod 2005 – ISBN : 2-10-0077099-1

Processus métiers et S.I.


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Note de lecture : Performance des Architectures IT par Pascal Grojean, Médéric Morel & Guillaume Plouin

Note : 2 ; Pas aussi bien qu’espéré et souvent hors sujet

Voilà bien un sujet qui me touche de près : comment s’assurer qu’une architecture d’entreprise, composée de multiples applications interagissant, déployées sur une infrastructure ad hoc, fonctionne de façon optimale ? Quels sont les points à vérifier et les pièges à éviter ? Comment mesurer l’ensemble et surtout quoi mesurer ? Si j’ai trouvé là parfois des éléments de réponse, le livre m’a largement déçu.

Celui-ci est long de 260 pages découpées en 4 parties comptant au total 16 chapitres. Donc les chapitres ne sont pas trop longs, ce qui est une bonne nouvelle.

La première partie est consacrée à des généralités « problématiques de performance des SI ». On en prend pour 30 pages et 3 chapitres, ce qui est déjà trop car le propos est complètement creux.

La seconde partie (4 chapitres, 90 pages) est moins creuse mais d’avantage hors sujet. J’ai bien aimé les anti-patterns du chapitre 4, mais qui me disent ce que je sais déjà, sans y apporter de solution. Je n’ose même pas parler de la discussion Web Services versus Rest qui est un propos de développeur, pas d’architecte IT. Un architecte IT doit travailler avec le contexte qui s’offre à lui, il n’a pas le luxe de créer le sien. Le reste de cette partie évoque beaucoup SOA, ce qui n’est pas la raison pour laquelle j’ai acheté ce livre, et souvent n traitant des points qui sont plutôt du ressort de l’architecture logicielle (et j’ai passé l’âge de « l’architecture logicielle pour les nuls »).

La troisième partie a enfin trait au sujet du livre (on est quand même page 127). Elle revendique 70 pages sur 5 chapitres. Chaque chapitre est donc succinct, et en fait superficiel. C’est bien dommage car chacun traite d’un volet important qui mériterait que l’on s’y attarde. En fait, j’aurais bien aimé une partie pour chacun de ces chapitres, en faisant table rase du reste du bouquin ! Les sujets traités sont : les réseaux, le stockage, le clustering, les bases de données et les serveurs d’application. Comme je le disais, difficile d‘être pointu quand chaque chapitre compte à peine 15 pages. Là encore, on ne va pas très loin, vous trouverez mieux sur Wikipedia.

La quatrième partie couvre 60 pages sur 4 chapitres et s’intéresse aux sujets suivants : les techniques de programmation (pas éblouissant et hors sujet), les tests de performances (en soi pas inintéressant, mais on a là qu’une introduction), la gestion de la production quelques bonnes idées à prendre concernant le monitoring), la gestion de projet (bien bateau).

Bref, un livre raté. Les auteurs se sont perdus dans des considérations complètement en dehors du sujet. C’est certainement ce qui arrive quand on se pique d’architecture IT alors que votre véritable centre d’intérêt est l’architecture et la conception logicielle. 

Performance des architectures IT
Référence complète : Performance des Architectures IT : Disponibilité, temps de réponse, robustesse, montée en charge – Pascal Grojean, Médéric Morel & Guillaume Plouin – Dunod 2007 – ISBN : 978 2 10 051262 1 (une seconde édition est aujourd’hui disponible)
Performance des Architectures IT


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Note de lecture : Urbanisme des SI et gouvernance : Retours d’expérience et bonnes pratiques, par le Club Urba-EA

Note : 2 ; Creux et plat tout à la fois

Bon, je dois être honnête : si j’ai acheté ce livre, c’est parce que je connais deux des projets qui y sont exposés pour y avoir trainé mes guêtres. Comme globalement il s’agissait de vastes pantalonnades aussi pleines de prétentions que vides d’efficacité, ceci associé à une pratique modérée mais réelle des écrits du club « Urba EA », disons que mes attentes ne se situaient pas très haut. Je n’ai pas été déçu : c’est nul.

J’avais tout d’abord choisi comme titre de cette note de lecture : « comment uriner dans son froc efficacement », mais j’ai finalement changé après avoir tourné la dernière page, car ce n’est pas le trait qui m’a le plus marqué. Non, ce que j’en garde comme souvenir, c’est que l’on n’y dit rien. Oh, on couvre bien les plus de 200 pages du livre, mais essentiellement avec des lieux communs, des banalités et aussi peu d’information pertinente et opérationnelle qu’il est possible. En fait, la seule chose que j’y aie apprise est une succincte explication du framework de Zachman. Comptez 3 pages. Bien sûr, vous allez me dire qu’ayant lu toute la littérature sur l’urbanisation du SI (ou presque), il était improbable que je puisse y apprendre quelque chose de nouveau. Erreur. Je pense qu’il y a beaucoup de choses que vous ou moi puissions apprendre malgré la littérature publiée sur le sujet, mais elle n’est pas là.

Le bouquin est trop déprimant pour que je me livre à une analyse chapitre par chapitre (mais il y a 5 parties, OK je veux bien aller jusque là). Si au moins le style était au rendez-vous et en rendait la lecture plaisante malgré son vide abyssal. Même pas, c’est pompeux à souhait, comme certains aiment à penser que doit l’être la littérature sérieuse.

Je passe la première partie (composée de 2 chapitres) destinée à introduire les sujets couverts dans le reste de l’ouvrage. La seconde partie couvre les activités de l’urbaniste. Les 6 chapitres qui composent cette partie, peut-être la moins inintéressante du livre tentent d’expliquer ce qu’est le rôle de l’urbaniste. Deux pathétiques études de cas illustrent le propos. Si vous ne comprenez pas ce que les équipes des études de cas ont vraiment fait, rassurez-vous : moi non plus. Ce chapitre vaut au livre la moitié des points que je lui accorde. L’autre, c’est qu’hélas il existe encore pire que ce livre-ci !

La troisième partie, on y parle de gouvernance. C’est hautement gonflé de prétentions, ridiculement pauvre de contenu, et on a rien appris au final. 7 chapitres pour cela dont 3 études de cas. Mots clés : ROI, valeur, gouvernance, ITIL, Cobit, CMM, etc…

La quatrième partie est consacrée au rapport entre urbanistes et projets. Dans un éclair de lucidité, les membres du club Urba SI on comprit qu’ils devaient, pour justifier leur existence, être en contact des projets. Avec ce qu’on y voit la question est donc : les projets auront-ils envie d’être en contact des urbanistes. De mon point de vue, étant convaincu de l’utilité de l’urbanisation des SI et à la lumière de ce que je lis ici, la réponse sera non. Deux études de cas illustrent ce propos. Mais oui. Je les connais et je n’en dirais pas que les urbanistes y sont au contact des projets.

La cinquième partie est consacrée à la création de valeur (2 chapitres, pas d’étude de cas). Je parlais de lieux communs tout à l’heure ? Cela s’applique bien ici.

Peut-être avez-vous eu le courage de lire ma prose jusqu’au bout. Pour ceux qui, particulièrement fatigués par leur journée de travail ou n’ayant pas encore émergé de la fête outrageusement arrosée d’hier soir, n’auraient pas encore extrapolé mon conseil, le voici exprimé explicitement : ce livre est hautement déconseillé.

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Référence complète : Urbanisme des SI et gouvernance : Retours d’expérience et bonnes pratiques – Club Urba-EA : Philippe Anquetil, Jean-Christophe Bonne, Denis Carpentier, Laurent Chaigneau, Michel Dardet, Patricia Gotlib, Bruno Guenoden, Alain Legac, Christophe Longépé et René Mandel – Dunod 2006 – ISBN : 2-10-049678-6 ; EAN : 978-2-100-49678-5

Urbanisme des SI et gouvernance : Retours d’expérience et bonnes pratiques


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