Product Tank : Innovateurs contre optimiseurs !

Pour ma première rencontre avec le Product Tank meetup, nous étions accueillis dans les locaux d’Urban Linker. Locaux au look très tendance, avec de gros tuyaux (probablement faux) visibles et cablâge à l’avenant. Quelques têtes connues me permettent d’échanger deux ou trois mots pendant la demi-heure qui précède.

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Edouard, que je n’ai pas vu depuis une paire d’années me parle de ses tentatives de créations de service. Je garde par devers moi quelques repères à garder en mémoire.

Quel sorte de Product Manager êtes-vous ?

Boris Golden de Viadeo n’est pas venu nous parler de Viadeo, mais de typologies de Product Managers : les innovateurs et les optimiseurs.

Pourquoi s’en soucier ? Parce qu’il arrive bien souvent que ceux qui sont bons dans un contexte sont mauvais dans l’autre et vice-versa. Il s’agit en théorie du même rôle, mais dans deux contextes bien différents, faisant appel à des savoir-faire différents. Boris se donne pour mission de nous en convaincre !

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Etre innovateur

Sans aucun doute, l’innovateur parait plus « sexy » : il va chasser la fonctionnalité disruptive et agit dans les phases amont d’un projet, là où résident beaucoup d’inconnues.

Il travaille à très court terme, avec des horizons de visibilité de l’ordre de la semaine ou même du jour. Ses risques d’échec sont élevés, ce qui le fait souvent agir en mercenaire, sans se soucier de suivre un process.

D’ailleurs ses projets sont souvent en manque d’argent, ce qui est aussi une condition sine qua none pour se focaliser sur les bonnes choses.

Etre un « optimiser »

L’innovateur fait souvent un médiocre optimisateur ! L’inverse est aussi vrai. Le focus de l’optimisateur est l’ajustement avec en point de mire les KPI, et l’exécution rigoureuse, contrairement à l’innovateur, comme l’a décrit Steve Blank.

Ses horizons de travail sont à une toute autre échelle, qui va du mois à l’année. A contrario, ses risques d’échec sont faible (hormis celui de ne pas atteindre les objectifs).

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Ce que j’en pense

Le portait des deux pôles opposés du product,management est intéressant. L’orateur a bien couvert les différentes facettes de ces deux personnalités dont le métier est pourtant identique à la base. Comme il le rappelle toutefois, on est rarement dans l’un de ces extrêmes, mais souvent quelque part entre les deux.

Je m’inscris en faux sur la vision de l’orateur sur l’agile, qu’il voit comme un « process » valable pour l’execution, mais sans utilité pour l’innovation. C’est une vue réductionniste et même fausse de mon sujet de prédilection qu’il voit finalement comme le nouveau Taylorisme !

Plutôt que de rentrer dans le détail du propos (comme j’ai faillis le faire), je préfère vous proposer le support de présentation.

Fin de soirée

Le style de la soirée fait beaucoup plus « jeune » que les meetups dont j’ai l’habitude : on reste debout ou on s’assoit par terre et les bières circulent pendant la présentation. Je classerai cette soirée comme « instructive mais pas mortelle ». Je reviendrais certainement.

Carnet de route : Le ScrumDay 2014 (1/4)

Bienvenue au ScrumDay 2014 !

Cette édition sera particulière pour moi : c’est la première où je ne fais pas partie du comité d’organisation ! Certes, j’y aurais ma session, mais je vais faire mon possible pour profiter pleinement de ces deux jours, et vous en faire bénéficier maintenant !

Pour tout dire, ça commence par un peu de galère : Xavier Warzee voulait depuis longtemps organiser l’évènement chez Disney. C’est loin et cher (le prix de la conférence triple donc au passage), mais mon statut de conférencier me donne accès à la conférence « full package », celui qui vaut 290 € ! Reste l’accès. Venir en voiture s’avère plus galère que si nous avions été en plein Paris, j’opte pour le RER.

L’accès est un rien compliqué, mais le SUG a tout prévu : Pascal est là pour nous accueillir dès la sortie de la gare !

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N’oublions pas que chez Mickey on est presque aux états-unis, le délit de sale gueule existe encore. Pour moi, c’est fouille minutieuse à chaque contrôle de sécurité. Même avec une certaine habitude de la chose, ça ne me met pas spécialement de bonne humeur. C’est dommage d’autant que le French SUG n’y est pour rien. Mais si c’est au même endroit l’an prochain, ce sera probablement sans moi.

Je découvre le centre de conférence en arrivant : vraiment très spacieux (et même un chouia labyrinthique), quand au hall principal…

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Le temps de prendre un café et d’échanger avec les amis, nouveaux ou anciens, l’heure est vite passée et nous sommes attendus dans la salle où se dérouleront discours d’ouverture et keynote.

Ouverture du Scrum Day

Rameuter Presque 500 personnes, ça prend du temps, on va donc débuter avec un peu de retard. Que du classique pourrait-on dire.

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Comme il est de coutume, le président du SUG ouvre ce ScrumDay ou ScrumDays, devrai-je plutôt dire.

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On retrace un peu d’histoire, quelques chiffres et surtout on présente le déroulement de ces deux jours, le maître de cérémonie de la seconde journée sera Laurent Bossavit, épaulé de Raphael Pierquin pour un grand open-space, à l’image de ce qui se fait à Grenoble.

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On termine cette ouverture par le mot des sponsors. Les sponsors ! Il y en a 17 ! C’est certainement un record, en tout cas c’est un marathon de les écouter tour à tour.

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Laurent Delvaux ouvre le tir pour Zenika, et j’ai vite perdu le compte. Mention spéciale pour le représentant de HP France qui nous a gratifié d’une introduction au style humoristique bien enlevé !
Heureusement, on va maintenant enchainer sur la keynote.

Alistair Cockburn : What’s new with agile ?

J’étais curieux de voir ce dont Alistair allait parler. Après tout, j’ai l’habitude de l’entendre parler d’agilité, ou comme dirait Géry Derbier de jeu de coopération et collaboration. En fait, il commence par évoquer les personnes … et les difficultés que nous avons face aux problèmes et à nos décisions. C’est un préambule au manifeste agile dont il est l’un des signataires.

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Mais pour parler de Scrum, Alistair évoque le Shu Ha Ri ! Curieusement, c’était le sujet de ma présentation à Caen il y a 3 semaines, je suis tout ouï. Si vous l’ignorez, il s’agit des 3 niveaux de maturité en agile, emprunté par Alistair aux arts martiaux, à l’Aikido pour être plus précis.

  • Le Shu est le niveau initiatique. Le Shu c’est copier la technique sans en dévier. Hélas, nombre de personnes tombent amoureux du Shu et ne le quitte jamais…
  • Le Ha est le perfectionnement, il signifie « cassure ». Dans le Ha, on collectera nombre de techniques utiles.
  • Le Ri est le niveau de la maîtrise, c’est littéralement l’abandon. On invente, mixte ses propres techniques.

Core Scrum

Scrum n’est pas fondamentalement du niveau Shu, il est du niveau Ri. Et au niveau Ri, le « core Scrum » se définit ainsi :

  • Délivrer à chaque Sprint (plutôt que démontrer)
  • Laisser l’équipe décider (en assignant une tâche)
  • Inspecter et adapter à chaque Sprint

Ca c’est l’esprit du Scrum. Autour de cela, gravitent des rumeurs ou des freins (Alistair parle de balanes).

Les « balanes » sont tous ces éléments de Scrum, des éléments « Shu » sur lesquels on se focalise alors qu’ils n’ont qu’une importance secondaire :

  • Le burndown chart : il n’est pas essentiel, faites-le si vous en avez envie, d’ailleurs il ne fait plus même plus partie des éléments « obligatoires du Scrum Guide !
  • Le Scrum Board : Doit-on en faire un ? A quoi doit-il ressembler ? L’équipe décidera.
  • Le Scrum Master est-il un chef de projet ? Un tech Lead ? Cela dépendra du contexte.
  • Le Product Owner doit-il assister au stand-up ? Laissez l’équipe décider !
  • Les 3 questions du stand-up : ce peut être une aide, mais pas un dogme !

Rumeurs et ouïe dire, ou les « lutins » comme dirait Laurent Bossavit:

  • Les User Stories : Elles ne font pas partie de Scrum, elles ont été créées avec XP. Scrum n’oblige pas à utiliser les stories.
  • Le Planning Poker : Cette pratique vient également d’XP ; si elle convient, alors utilisez-la !
  • La suite de Fibonacci / les story points : Ce ne sont pas non plus des pratiques spécifiquement liées à Scrum. Tirez-en parti si vous aimez.

Le « big agile »

Alistair évoque pour commencer le framework SAFe. J’avoue y avoir porté peu d’intérêt, bien que ce soit un sujet dont on parle en ce moment. Je m’attendais à voir Alistair le démonter, mais non ?!?

Quand on parle d’agile en grand en ce moment, on évoque souvent Spotify autour duquel Henrik Kniberg communique beaucoup en ce moment. Ce qu’il appelle l’organisation 3D semble aussi une référence pour Alistair. Et qui dit grande organisation dit dépendances : l’architecture du système doit prendre en compte cet aspect afin de rendre le déploiement asynchrone.

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Disciplined learning

Le dernier point évoquer par notre keynote speaker est l’un de ceux qui lui tiennent beaucoup à coeur : l’apprentissage. Alistair oppose le « big bang » synonyme d’apprentissage tardif d’un apprentissage au plus tôt (ou réduction des risques, mais l’emphase sur l’apprentissage n’est-il pas préférable ?). Cette courbe n’est d’ailleurs pas une courbe, mais une espèce d’escalier, car tous les progrès ne se valent pas et certaines expérimentations d’avèrent stériles. Géry Derbier évoque souvent la chose quand il anime le Carpaccio Game : il y a 4 dimensions d’apprentissage sur un projet :

  • Business (ce volet pouvant lui-même avoir différents axes, et pas seulement le ROI).
  • Social (la formation de l’équipe).
  • Technique
  • Coût / délais (découverte de la vélocité, par exemple).

Cette façon d’appréhender le projet permet de le borner (trim the tail), soit par la date, soit par la valeur.

Ce que j’en ai pensé

Peut-être Alistair Cockburn n’était pas aussi percutant qu’il nous en a donné l’habitude, mais s’agissant du Scrum Day il nous a livré une keynote s’articulant autour du Scrum, du vrai Scrum ! Je ne peux qu’apprécier le propos faisant écho à ma propre présentation du Printemps Agile, bien sûr, mais surtout je trouve important de mettre en exergue les aspects importants de Scrum (le Scrum Core), par rapport aux choses secondaires qui sont celles sur lesquelles se focalisent souvent les détracteurs de Scrum !

Romain couturier nous a aussi gratifié d’un « scribing » de la session d’Alistair. Il a bien voulu le partager avec nous, et je m’incline devant son talent !

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Nous avons déjà pris un peu de retard sur le timing, le changement de salle est un tout petit peu serré. Pour moi, le choix de la session suivante était déjà fait.

Coaching Teams Through Change, par Rachel Davies

Rachel Davis est l’auteur d’un des quelques ouvrages disponibles en rayonage sur le coaching agile. Un ouvrage que j’avais trouvé correct sans être fantastique. Le sujet de cette session lui, me fait plutôt penser au Fearless Change !

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D’abord, quel est le plus grand obstacle au changement ? Bien entendu : la résistance ! Alors certes, on voit beaucoup de choses à faire … tellement à faire et si peu de temps ! Mais la première précaution est justement de ne pas se précipiter !

Communiquer

Choisir ses mots avec soin (en fonction du canal de votre interlocuteur, comme dirait Véronique Messager). N’oublions pas de nous mettre à la place de notre interlocuteur : ce que nous voulons dire correspond rarement à ce que nos interlocuteurs veulent entendre !

La communication, c’est aussi un processus bidirectionnel. N’oublions pas l’écoute, en fait, commençons par cela. Une bonne écoute c’est :

  • Absorber de l’information
  • Rester calme et attendre.
  • Encourager l’interlocuteur.

Voilà qui me rappelle la session de Florence Chabanois à l’Agile France 2013.

Leadership

Et ceci me rappelle à nouveau le Fearless Change. On y trouve plusieurs idées:

Aller parler aux sceptiques : comprendre ce qui les retiens est le premier pas vers la compréhension des faiblesses de notre message. De plus les sceptiques ne sont pas des opposants, du moins pas nécessairement. Ils peuvent même s’avérer être à terme vos plus ardents défenseurs.

Plusieurs facteurs peuvent influencer le refus de suivre :

  • La difficulté
  • La permission
  • Le (mauvais) timing
  • Ce n’est de toute manière pas mon idée !

L’exemplarité: Pour inciter les autres à suivre, commencer par faire vous-même. Vous voulez mettre en place un Kanban ? Utilisez déjà un « personal Kanban ».

Traiter les problèmes

Les rétrospective sont là pour les mettre en évidence et dresser des plans d’action. Mais plus encore, rendons les problèmes visibles tous les jours en les affichant !

Ce que j’en ai pensé

Pour être franc, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer pour cette session un peu fourre-tout, avec un fil conducteur un peu difficile à saisir ! Bref, un peu déçu, je l’avoue…

Sébastien Ferron a publié un excellent post sur cette session sur le blog de SOAT.

Pollénisation croisée avec la communauté des designers ?

Pierre Hervouet et Joumana Mattar nous proposaient cette session. Si l’audience était nettement plus réduite qu’avec Rachel Davies, le contenu… eh bien j’ai préféré cette session, voilà !

Pourtant je suis venu sans trop savoir à quoi m’attendre. Mais j’avais aimé la session que Pierre avait animé avec Pascal Van Cauwenberghe à Agile France 2013. Je l’ai donc suivi ici.

Pierre vient ici avec une étiquette « Agile Lebanon », et il venait nous parler du Global Service JAM !

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Le Global Service JAM, c’est une sorte de Startup Week-end pour les designers : une unité de lieu et d’action pour 48 heures, et pour sortir avec un produit ! Le JAM s’organise sur 3 jours.

1ère journée : Open minder

Au programme : ice-breaker, brainstorming et agile games !
On explore l’espace, on répartit des idées sur une table (cela offre une meilleure circulation qu’un mur) et on met l’utilisateur au centre en utilisant des personas.

A ce stade, on ne sait pas encore ce que l’on va construire !
Une première journée jugée très positive par Pierre et Joumana. Avec un outil atypique : l’unstuck jarre, remplie de questions perturbantes quand on est en panne…

2nd journée

Beaucoup de choses dans cette seconde journée ! En fait tellement d’outils que Pierre et Joumana nous ont distribué un jeu de cartes les rassemblant tous ! Voilà, vous n’aviez qu’à être à cette session !

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On va donc y trouver pêle-mêle :

  • Get out of the building : à l’image du Lean Startup Machine, pour aller valider son concept dans la rue !
  • Des energizers
  • Le bottleneck game de Pascal Van Cauwenberghe et Portia Tung, pour introduire l’amélioration continue
  • 5 focus steps !
  • La carte d’empathie pour explorer les personas. A l’image de ce que l’on fait en Lean Startup.
  • Le User Journey map pour explorer l’expérience utilisateur via du story telling.
  • Le PoP (prototyping on paper).

3ème journée : stress et deadline

A la fin de cette journée, il faut livrer !

Ce que j’en ai pensé

Beaucoup de choses dans cette session, j’ai la sensation d’en avoir raté la moitié. Au moins ! Cela m’a permis d’explorer un concept que je ne connaissais pas et je repars donc avec pas mal de pointeurs à investiguer !

Si l’aventure du Global Service JAM Libanais vous a intéressé ou intrigué, vous pouvez les retrouver sur leur Blog Tumblr.

Il est bientôt l’heure du déjeuner. En passant, je vois Romain qui termine sa session.

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Déjeuner

Disons-le tout net : ce ScrumDay est de loin celui qui m’aura laissé la meilleure impression sur cet aspect : on a de la place et plusieurs buffet sont disposés de manière à ce que l’on ait jamais besoin d’attendre très longtemps. Les plats sont diversifiés et de qualité, et l’on peut s’assoir pour converser en même temps que l’on se restaure. Bravo !

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Profiter de la pause déjeuner pour converser avec les nombreuses brillantes personnes que je peux croiser ici est un luxe que je n’ai jamais eu jusqu’à présent au ScrumDay ! C’est avec Jean-Laurent de Morlhon que je passerais la plus grande partie de cette pause. Le développement (le vrai) est la passion de Jean-Laurent. Aujourd’hui il partage son temps entre les missions de dev orientées « craftmanship », Serpodile la société créé par sa femme et le partage au sein des communautés qui lui tiennent à coeur. Nous retrouverons Jean-Laurent au cours de l’après-midi pour sa session.

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Je clos ici le premier volet de mon retour sur ce ScrumDay, il ne faudrait pas risquer l’indigestion !

User Stories … What else ?

Voici le support de ma présentation, faite lors d’Agile Grenoble 2013. Elle aborde le sujet épineux de l’emprunt de techniques issues du monde non-agile dans nos projets agiles !

Le teaser

Les users stories sont rapidement devenus la formulation convenue du besoin. Mais est-ce la seule ? Est-ce toujours la meilleure ? On dit que quand on a un marteau, tout ressemble à un clou. Notre communauté agile tend à ignorer ce qui vient d’ailleurs. Pourtant ce qu’on appelle l’ingénierie des exigences est un domaine riche de plusieurs décennies de connaissances et de techniques. Certaines peuvent être utilisées directement, d’autres doivent être adaptées ou peuvent servir d’inspiration.

Cette présentation va nous permettre d’étudier ensemble plusieurs techniques et concepts du recueil des besoins et les regarder par le prisme de nos pratiques agiles. A l’aide d’exemples, nous verrons comment elles peuvent renforcer nos pratiques actuelles.

Ce que vous allez en retirer

Découvrir l’ingénierie des exigences, prendre conscience de la profondeur de ce domaine de connaissance. A la fin de cette session les participants auront des clés pour enrichir leur maitrise de la capture du besoin en s’alimentant hors du champs de l’agilité, et j’espère le goût de le faire !

Si j’ai assez de courage, je produirais cette présentation sous forme d’article. Mais alors pas avant Janvier !

Note de lecture : Business Model, nouvelle génération par Alexander Osterwalder & Yves Pigneur

Note : 9 ; Une approche disruptive du marketing tourné vers l’innovation. Un contenu de qualité qui devrait faire partie du bagage de base. Book of the Year 2013 !

Voici un ouvrage qui ne ressemble à aucun autre. Contrairement à mon habitude, j’ai acheté la version française, sans qu’il n’y ait de raison à cela. Visiblement la qualité de la traduction ne compromet pas le contenu. Une bonne nouvelle ! La chose qui frappe le plus lorsque l’on feuillette ce livre au format très inhabituel est la mise en page sophistiquée où chaque page semble être une maquette. En fait, on a même l’impression d’être face à une plaquette marketing, ce qui fait craindre que le contenu ne soit pas à la hauteur des espérances…

Coupons court au suspens : cette crainte est infondée. En fait la mise en page accentue et supporte le contenu. Mais il est temps de parler de ce dernier. Le livre (je n’ose dire « le texte ») compte 280 pages regroupées en 5 parties principales.

La première partie constitue la fondation du reste, car elle présente l’outil de base de l’approche Business Model Generation : la canevas. Les auteurs suggèrent ainsi, plutôt que de produire de lourds et fastidieux business plans de produire un canevas sous forme de poster découpé en 9 aires. Les 50 pages de cette première partie sont consacrées à décrire ces 9 aires.

La seconde partie montre 5 typologies de business, exemples à l’appuie et montre comment ces typologies se présentent dans la canevas. Une excellent façon d’illustrer et comprendre l’utilisation du canevas.

La 3ème partie, « design » s’éloigne un peu du Canevas pour s’intéresser aux techniques d’innovation permettant la génération d’idées. Ce sont 6 techniques qui sont passées en revues au long de 70 pages consacrées à cette partie : connaissance du client, design thinking, story telling, prototypage, etc… Chacune de ces technique est un champs de connaissance à part entière, mais la façon dont chacun d’entre eux est traité en fait une excellente introduction.

40 pages (seulement, pourrait-on dire) sont consacrées à la stratégie qui constitue la quatrième partie du livre. On y couvre la compréhension des éléments environnementaux (forces du marché, forces du secteur, tendances et forces macro-économiques), l’évaluation des modèles économiques basée sur le SWOT, la stratégie « océan bleu » et le support de plusieurs modèles économiques. Finalement, beaucoup de matière en si peu d’espace !

La cinquième partie parle processus de création du modèle économique. Celui-ci se décline en 5 phases : mobiliser, comprendre, concevoir, déployer et gérer.

Il n’y a pas une forces, mais des forces dans ce livre, qui en font à mon avis une lecture incontournable.

La présentation du Business Model Canvas. Celui-ci a été depuis repris et adapté par Ash Maurya et présenté dans son ouvrage : Running Lean. A vous de voir celui qui vous paraît le plus adapté.

Chacune des parties aborde une face importante de la construction du business model et est elle-même structurée en différents volets articulés entre eux. C’est presque comme si l’on avait 5 livres en un seul ! De nombreux sujets sont traités et le livre en est une excellente introduction. Il est toujours possible de creuser chaque sujet avec des contenus spécialisés.

La construction graphique du livre avec sa mise en page sophistiquée en font un outil pédagogique d’une rare efficacité.

Le seul défaut que je vois à ce livre est la fragilité de sa reliure ! L’objet est donc hélas à manier avec précautions (et/ou à ne pas prêter à tout le monde). Cette réserve mise à part, la conclusion ne fait aucun doute : un livre à lire ! 

Business Model Genaration

Référence complète : Business Model, nouvelle génération – Alexander Osterwalder & Yves Pigneur – Pearson education France 2011 (V.O . : Business Model Generation ; John Wiley & sons 2010) – ISBN : 978-2-7440-6487-6

Business Model Nouvelle Génération: Une Guide Pour Visionnaires, Révolutionnaires Et Challengers


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