Agile France 2017 j’y serais et vous ?

Absent du chalet de la porte jaune l’an dernier, je serais là de nouveau mi-juin pour une session que je présenterais conjointement avec deux collègues : la spécification par l’exemple, par l’exemple !

Nous avons voulu cette session originale : ce sera donc plutôt une représentation qu’une présentation. C’est aussi pour cela que nous serons trois !
En attendant de nous rencontrer le 15 Juin, voici le teaser de cette session.

Le teaser

Le BDD, maintenant tout le monde connait. Comme l’a popularisé Gojko Adzik avec le « workshop des 3 amis », l’élément clé est la co-écriture d’exemples qui fait de cette activité tout autant un travail de spécification que d’écriture de tests.
Mais comment se déroule cet atelier ? Comment procéder ? Quelle stratégie adopter pour rendre cet atelier le plus efficace ?

L’approche que nous allons vous proposer permet de structurer les conversations de ce workshop en suivant 3 étapes s’enchainant logiquement.

Plutôt qu’une présentation, il s’agit d’une représentation du workshop. Chaque séquence étant brièvement commentée pour souligner les enseignements.

Destinée en premier lieu aux Product Owners et aux testeurs ayant si possible une connaissance de base des tests d’acceptation, cette session vous donnera une idée claire sur la manière d’animer le workshop des 3 amis pour maximiser la qualité des interactions et obtenir des cas de test de qualité.

Lire la suite

Publicités

De retour aux affaires…

Lecteur fidèle et émérite, tu t’en ai certainement aperçu: il y a eu un grand vide dans les publications sur mon blog. Quelques explications s’imposent…

Depuis 2011 j’utilise Tumblr comme plateforme de blog. Ca va vraiment très vite pour mettre en oeuvre son blog. On peut aussi personnaliser un peu ce que l’on a, mais la personnalisation est assez limitée, il n’y a pas non plus de « plugins ». Bref, quand on veut améliorer un peu le truc, on arrive vite à devoir insérer des choses dans le HTML du thème. Ce que j’ai fait.

Hélas, ce n’est pas tout.

L’enfer de l’édition

Tumblr, c’est un truc de jeunes. Tu insert des images, des vidéo, des citations, etc… Le tout très simplement, en quantité et dans le cadre défini par Tumblr. Pour en sortir, retour au HTML (dans le post, cette fois). C’est ce que j’ai fait pour insérer des présentations Slideshare, des documents stockés dans Issuu et des images en provenance de Flickr. Hélas au fil du temps et des nouvelles releases de Tumblr, cela est devenu plus difficile et mes intégrations se sont même trouvées « cassées ». Sans parler des éditions HTML qui supprimaient mes ajouts (ça c’était sur la fin).

Bref, j’ai vu que la plateforme n’évoluait pas dans un sens qui m’était favorable, il était temps de faire mes valises.

Je n’ai pas été très créatif en ce qui concerne ma destination : WordPress, le super standard des blogs. Le setup est peut-être moins direct qu’avec Tumblr, mais on arrive à ce que l’on veut en une paire d’heures. Plus ou moins. Last but non least, un import Tumblr ! Lui aussi marche très correctement dans les grandes lignes.

Franchir le dernier mètre

Tout aurait été très simple sans le nom de domaine. Le transfert de celui-ci a été quelque peu compliqué avec mon fournisseur. Ca a pris du temps, probablement aussi parce que j’ai manqué de pugnacité sur ce coup.

Petit effet de bord de ce long délai: j’ai perdu mon élan !

Lire la suite

En finir avec le stand-up ?

Le stand-up, ou scrum meeting, quelque soit le nom que vous lui donniez, est un élément prépondérant du framework Scrum (et d’autres approches agiles également). C’est lui qui permet de maintenir le cap de l’itération et de s’assurer que tout reste dans les clous de ce qui a été prévu en début de Sprint et de faire des choix ou des actions correctrices le cas échéant.

Vous connaissez sans doute le principe : à heure fixe chaque jour, les membres de l’équipe se rassemblent, souvent devant leur Scrum Board. C’est un rendez-vous court d’une dizaine de minutes (c’est pourquoi tout le monde reste debout) et chacun répond à 3 questions :

  • Qu’ai-je fait hier ?
  • Qu’ai-je l’intention de faire aujord’hui ?
  • Quelle problème ai-je rencontré ?

Tout est dans l’efficacité. Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

Lire la suite

En finir avec les User Stories ?

Aujourd’hui je vous propose d’investiguer l’un des outils les plus emblématiques des approches agile : la User Story. Par son « focus » et la légèreté de son expression elle symbolise une part importante de ce que nous voulons faire en agile.

Créées avec l’Extreme Programming, elles ont été adoptées largement par la communauté Scrum (Scrum n’évoque qu’une notion plus générique de « product backlog item » ou PBI). Ces User Stories peuvent-elles nuire aux projets agiles ? En quoi leur usage peut-il être néfaste ?

3 mots sur un bout de carton !

…Ou sur un post-it, pour rester dans la tradition agile. Voilà qui nous change des documents de spécification tellement épuisants à compléter ! Sans compter que ces derniers sont vraiment ennuyeux : traquer la précision, chasser l’ambiguité, devoir tout justifier… Un vrai travail de romain !

Lire la suite

Quand les users stories deviennent techniques…

Je ne suis pas un intégriste de la User Story. Il ne m’importe pas tellement qu’elles suivent le fameux template de Mike Cohn « en tant que… je veux… afin de… ». Même si ce template n’a rien de mauvais et peut guider vers l’écriture de meilleurs histoires, c’est aussi un bon moyen de devenir un « template zombie ». Je préfère les 3 questions de Jeff Patton : Qui ? Quoi ? Pourquoi ?

image

En fait, peu m’importe que vous parliez de User Story, d’item de backlog ou d’un autre terme inventé de toute pièce. Ce qui va m’importer, c’est que votre story ait un sens d’un point de vue externe au système que l’on construit. C’est là qu’intervient le « qui », un acteur externe aus système. Ce n’est pas par dogmatisme que j’y suis sensible, mais au contraire par pragmatisme. Une petite explication s’impose.

Lire la suite

SysML, l’UML de l’analyse système

Voici un court papier écrit en 2005. Les reflexions qu’il soulève restent pertinentes. Je me suis bien éloigné de ces considérations depuis une dizaine d’années. Si les efforts pour structurer les exigences paraissent louables, je ne peux m’empêcher de les trouver vains. Ou tout au moins aurait-il falu les compléter par une structuration des tests (via des stéréotypes ?) à différents niveaux…

Je ferais certainement l’effort d’une note de lecture sur l’ouvrage de Pascal Roques un de ces jours. En attendant : enjoy !

Des applications et des patches

Le saviez-vous ?

Tout comme les bugs font référence aux insectes envahissant les premiers ordinateurs, occasionnant des erreurs, le mot « patch » fait référence à l’origine à des éléments bel et bien physiques. Il s’agit en l’occurence de pièces de papiers apposées sur les rubans perforés du Mark I, qui fut en service durant la première moitié des années 40 ! Conçu par Howard Aiken et construit par IBM, Grace Hopper en fut le premier programmeur.

Taylorisme et travailleurs du savoir

Durant les formations, je me retrouve souvent en situation de devoir expliquer pourquoi (et en quoi) l’agilité est différente des processus classiques, mais pas seulement. Bien sûr on pense au bon vieux « cycle en V », la tarte à la crème des processus non-agiles, mais nous pouvons aussi évoquer les processus itératifs tels qu’Unified Process !

Unified Process est un cas intéressant, voir embarrassant. Certains le classent dans la limite basse des méthodes agiles [4] (après tout, on est loin du cycle en V), d’autres considèrent qu’il ne s’agit définitivement pas d’une approche agile. C’est mon cas. Je trouve par ailleurs intéressant de voir que Ken Schwaber lors de sa première présentation de Scrum en 1995 classait déjà ces approches (pourtant plutôt novatrices à l’époque) en dehors de ce que l’on appelait pas encore les « approches agiles » [1] !

Pour débuter notre reflexion, je vous propose de nous intéresser au modèle Cynefin.

Le modèle Cynefin

Le modèle Cynefin permet de classifier la complexité des contextes en fonction de la nature des relations de causalité entre problème et solution. Je simplifie un peu, pourtant cela doit sembler obscure. Ne vous en faites pas, cela deviendra plus clair lorsque nous expliquerons le modèle. Le voici.

image

Lire la suite

En Finir avec le Planning meeting ?

Je vous avais laissé sur la remise en cause des estimations. Natrellement, le sujet suivant ce dvait être le planning meeting. Nous allons nous y attaquer aujourd’hui !

Autopsie du planning meeting

Le planning meeting de Scrum, c’est une composante importante de la démarche, du moins dans le Scrum Su (). De là découle tout ce qui sera fait durant le sprint. Aussi intéressons-nous à ce qui le constitue.
Tel que décrit initialement, le planing meeting comporte 2 parties, c’est donc en fait 2 meetings en un seul [1] :

  • Une présentation des fonctionnalités souhaitées pour le prochain sprint
  • Une planification de l’execution de ces fonctionnalités pour la durée du sprint

Les textes ultérieurs ont ajouté un peu de détail, comme la présentation de l’objectif de sprint et la détermination de la capacité de travail [2]

image

Au fait, quelle est la durée de ce meeting ? Ken Schwaber nous parle d’une durée de 8 heures pour un sprint de 30 jours ! Personnellement, un tel marathon dépasse mes forces et de très loin. Heureusement, bien que les créateurs de Scrum clament la même durée de Sprint depuis 20 ans, je ne connais personne planifiant des sprints aussi long. Mais même ramené au pro-rata à 2 semaines, une durée de 4 heures me semble excessive !

Hélas, il n’y a pas que la durée qui ne va pas. Ce serait même plutôt le moindre de nos soucis. Commençons donc notre travail de dépeçage.

A faire pour le prochain Sprint

La première partie du planning meeting est, nous dit-on consacrée à l’exposé de ce qui est attendu pour le prochain sprint [4]. C’est vrai que je préfère comprendre mon sujet avant de m’y attaquer. Je crois pouvoir dire sans trop me tromper qu’il en va de même pour la plupart d’entre-nous. Par contre, il y a autre chose que je me sens incapable de faire : c’est donner une réponse sur la manière d’entreprendre la réalisation une fois l’explication terminée !

J’ai besoin de réfléchir à ce que l’on vient de me dire, de poser des questions, ruminer à nouveau, en discuter, échanger sur les alternatives, etc. Ca ne nécessite pas des semaines et des mois, ni même beaucoup de charge, mais un peu de délai, disons quelques jours. Me trouver bloqué dans une salle pour mener le processus de bout en bout ne me convient pas. C’est pourquoi je préfère séparer les choses en deux.

image

Débarrassé de la discussion fonctionnelle, le planning meeting ne contient plus que le plan d’action du sprint, il est donc deux fois moins long (on passe de 4 heures à 2 heures pour un sprint de 2 semaines, parfois même moins). Et on n’y évoque donc que les sujets auxquels on a été initiés.

Nous reviendrons bientôt sur cette question du plan d’action. J’aimerais pour l’instant évoquer la discussion fonctionnelle que j’ai séparé du planning meeting proprement dit.

Goodbye, Product Owner…

J’ai un peu culpabilisé quand j’ai pour la première fois proposé de séparer la discussion fonctionnelle : j’avais l’impression de faire une suggestion sur la base de mon inaptitude à explorer complètement un sujet en séance ! Très vite, je me suis cependant aperçu que les membres de l’équipe avaient le même inconfort que moi. D’autres discussions avec des confrères et autres relations m’ont appris que cette gêne était bien plus répandue que je ne le pensais, pour ne pas dire généralisée.

C’est donc avec bonheur que je me suis mis à faire des points d’exploration fonctionnelle (parfois plusieurs) quelques jours avant le planning meeting. Avec quand même deux sujets d’insatisfaction :

  • Explorer tous les sujets d’un sprint, c’est quand même du boulot, surtout si on veut le faire correctement.
  • Une fois que nous avons analysé les user stories, on a parfois tendance à ne plus voir le Product Owner durant tout le sprint.

La réponse à ces deux sujets est commune. Mais je voudrais avant tout affiner le second point : Pourquoi parfois ne parle-t-on plus (ou en tout cas moins) au Product Owner durant le sprint ? Après tout, Scrum nous dit bien que l’équipe de développement et le PO doivent collaborer ! A qui est-ce la faute [5] ?

La faute n’en incombe à aucune des parties spécifiquement. Elle incombe plutôt au processus. En balayant tous les sujets en amont, on instille insidieusement l’idée que nous avons vu tout ce que nous avions à savoir sur le sujet et que nous pouvons vivre notre vie chacun de notre côté pour la durée d’une itération !

Ah oui ! Et aussi, incidemment, nous avons transformé notre sprint en un mini cycle en « V » [6] !

Voyons maintenant le sujet sous un autre angle en tentant de réponde au premier point énoncé plus haut.

La promesse d’une conversation

Quand on balaye tous les sujets d’un sprint, ça fait pas mal de boulot, disais-je. Non seulement cela, mais on discute vraiment très en amont de user stories qui seront traitées vers la fin du sprint !
Mais au fait, c’est quoi exactement une user story ?

Si l’on se réfère à ce que disait l’extrême programming où ce concept a été créé, la user story est « la promesse d’une conversation » [7]. C’était facile, c’est le titre de la section !

Et l’idée de cette promesse, c’est de parler de cette user story « juste à temps », pas de traiter un « stock de discussions ». Interagir autour de cette user story juste à temps présente plusieurs avantage, et aussi au moins un inconvénient que nous verrons plus tard :

  • L’exploration de chaque user story devient un travail plus concis. Plus la peine de programmer de grande pleinières !
  • On aborde chaque user story que préalablement à sa réalisation, le sujet reste frais dans notre esprit et les informations ne se sont pas encore estompées.
  • Puisque l’on retarde le moment où l’on explore le sujet, on bénéficie de tout ce que l’on a appris entre temps. Comme les sujets ont tendance à être traités au sein d’un même sprint, il y a une bonne chance pour que cet acquisition d’information nous bénéficie effectivement.

Il y a bel et bien un inconvénient, cependant : Si l’on doit fourbir notre plan d’action lors du planning meeting (vous savez, la moitié du planning meeting que nous avons conservé jusqu’à présent), cette approche ne convient pas, car nous n’aurons pas évoqué les user stories avant d’avoir à en faire le découpage en tâches !

Le choix est cornélien. Rassurez-vous, nous avons un autre problème inhérent au volet « plan d’action » de notre planning meeting !

Le planning meeting, un plan d’action ?

Nous sommes parés concernant la connaissance fonctionnelle de nos user stories. Allons-y, découpons tout ça en tâches pour faire le plan de notre itération [8]. Comme nous sommes agiles, nous saurons aussi nous adapter, bien entendu. Sauf, que l’on se demande bien comment, car nous avons tous coulé dans le béton à l’instant !

En y regardant de plus près, notre problème d’adaptation se situe même à deux niveaux :

  • Pouvoir adapter le contenu du sprint (donc les stories) à l’objectif du sprint. C’est vrai, nous n’avons pas parlé d’objectif de sprint jusqu’à présent. Un peu de patience, ça va venir.
  • Permettre d’explorer et pouvoir décider de la manière dont on conçoit un pan du système pendant que l’on travaille dessus.

Arrêtons-nous un instant sur ce dernier point. Implicitement, le planning meeting induit que nous devons décider tôt, au moins dans les garndes lignes, la conception d’une fonctionnalité à réaliser. C’est ce qui sous-tend le découpage en tâches des fonctionnalités. Or parfois, même cette décision est difficile à arrêter tôt. Parfois encore, nous avons plusieurs options à notre disposition [9], pourquoi devrions-nous opter pour l’une d’entre-elle à un moment où nous n’avons pas suffisamment d’informations à notre disposition pour décider [10] ?

image

Vous l’aurez peut-être compris, en nous obligeant à fixer nos choix tôt, le planning meeting va à l’inverse de ce que le Lean nous enseigne. En fait, il va aussi à l’encontre de la notion de conception émergente inscrite dans les principes agiles !

Ce n’est hélas pas fini, il y a plus grave ! Ce qui est vrai à l’échelle d’une user story l’est aussi à l’échelle supérieure : l’objectif de sprint !

Vers une planification orientée objectifs

La version 2013 du Scrum Guide reconnait l’importance de la notion d’objectif de sprint [11]. Il n’est pas seulement évoqué au sein du planning meeting, il l’est aussi au niveau du stand-up : il est maintenant la boussole qui nous permet des réajustements ! De mon point de vue, il s’agit d’un pas important dans la bonne direction, celle de la finalité du produit construit.

Maintenant, il faut que le reste du framework Scrum soit en harmonie avec cette idée !

Le plan d’action que nous dresserons lors du planning meeting sera en accord avec l’objectif de sprint, n’en doutons pas. Mais qu’advient-il des nouvelles idées qui naissent de la réalisation des premières fonctionnalités ? Que fait-on des nouvelles options qui germent au grée de la réalisation ? C’est vrai, initialement Scrum nous assène que tout changement ne peut être pris en compte que dans le sprint suivant ; au sein du sprint courant, on va en ligne droite et on ne change rien ! Mais justement, focaliser le sprint sur la finalité plus que sur la fonctionnalité, c’est accepter l’adaptation en cours de sprint et remettre en cause la nature irrévocable de ce qui est décidé en planning meeting.

image

Maintenant que nous avons remis en cause le plan d’action du planning meeting, que nous reste-t-il ? Au moins la synchronisation entre le PO et l’équipe, certes, mais quoi d’autre ?

Il n’y a pas qu’une façon de faire notre planning meeting

Comme souvent, la réponse sera : ça dépend ! Cela dépend de la part d’inconnu que recèle intrinsèquement le projet. Par exemple, à quel point le projet est innovant, mais pas seulement.

Si l’on proclame, et je le fais, que la réalisation d’un projet en agile se justifie d’autant plus qu’un projet est innovant, n’oublions tout de même pas que l plus grande part de nos projets informatiques ne le sont que faiblement : il s’agit en très grande partie de logiciels de gestion. Les besoins d’adaptation de ce type de logiciels sont à la marge et surtout au niveau de détails (ergonomie, règles de gestion, etc..) mais rarement au niveau des grandes fonctions. Dresser un plan d’action complet du sprint lors du planning meeting a pleinement du sens dans ce contexte. C’est même confortable.

A l’autre bout du spectre se tiennent les intrépides explorateurs [12] : ils recherchent le nouveau paradigme, veulent créer l’océan bleu d’un marché à créer de toutes pièces [13] ! Construire un plan de sprint devient contre-productif. Ce dont on a besoin là, c’est d’une direction à suivre à court terme, d’hypothèses à vérifier et d’options à explorer. Le planning meeting devrait graviter autour de cela. Le Daily meeting peut alors devenir une réunion de réajustement du planning meeting, où sont éliminées les hypothèses non vérifiées, sélectionnées les options les plus intéressantes, etc..

Les variantes situées entre ces deux extrémités restent à inventer, lorsqu’elles ne l’ont pas déjà été.

Alors le planning meeting, c’est mal ?

Sortir du planning meeting avec les post-it de stories et de tâches, et pouvoir les afficher sur le Scrum Board mural, je dois avouer, j’apprécie cela ! Tout le monde peut voir durant l’itération où l’on en est, rien qu’en observant le volume de post-its déplacés à droite par rapport à ceux restant à gauche. La plupart du temps, le burndown n’est même pas nécessaire. Comme nous l’avons dit plus haut, cela signifie que le sprint est assez linéaire et plutôt sans surprise !

image

Alors oui, dans ce cas le planning meeting, plus ou moins comme prévu dans Scrum a du sens. Doit-on en conclure que cette cérémonie n’a plus de sens quand le niveau d’incertitude augmente ? Certainement pas ! Mais il faut en adapter le format.

Que penser alors du « mode Kanban » qui bascule complètement le fonctionnement de l’équipe en flux tiré, rendant toute forme de planning meeting sans objet [14] ? J’ai tendance à trouver que dans le cas du développement de produits au moins, une certaine forme de planning meeting fait défaut. Si Kanban excelle à établir le SLA d’une équipe de développement, il lui manque quelque chose pour établir le cap, synchroniser l’équipe et le demandeur à intervalle régulier autour du cap pour favoriser la collaboration entre les acteurs autour du produit. Un planning meeting orienté « roadmap produit » au sens que lui donne l’Impact Mapping [15] pourrait jouer ce rôle, par exemple.

Donc oui, j’aime bien le planning meeting, mais un planning meeting « lean » adapté à la typologie du projet et non une vision rigide, voir tayloriste, de celui-ci !

Ressources

[1] : Agile Software Development with Scrum – Ken Schwaber & Mike Beedle – Prentice Hall / series in agile software development 2001 – ISBN: 0-13-067634-9 ; p. 46

[2] : Scrum, le guide pratique de la méthode agile la plus populaire, 2nd édition – Claude Aubry – Dunod 2011 – ISBN : 978-2-10-056320-3 ; p. 94

[3] : Agile Project Management with Scrum – Ken Schwaber – Microsoft Press 2004- ISBN: 0-7356-1993-X ; p. 8

[4] : Essential Scrum, A practical guide to the most popular agile process – Kenneth S. Rubin – Addison Wesley / Signature series 2013 – ISBN : 978 0 13 704329 3 ; p. 338

[5] : Scrum, le guide pratique de la méthode agile la plus populaire, 2nd édition – Claude Aubry – Dunod 2011 – ISBN : 978-2-10-056320-3 ; p. 40

[6] : Water-Scrum-Fall Is The Reality Of Agile For Most Organizations Today – Dave West – Forrester 2011 ; p. 9

[7] : Extreme Programming Installed – Ron Jeffries, Ann Anderson & Chet Hendrickson – Addison Wesley / XP series 2001 – ISBN: 0-201-70842-6 ; p. 28

[8] : The Scrum Field Guide, practical advice for your first year – Mitch Lacey – Addison Wesley 2012 : ISBN : 978-0-321-55415-4 ; p. 157

[9] : Commitment – Olav Maassen, Chris Matts & Chris Geary – Hathaway te Brake Publications 2013 – ISBN : 978-90-820569-0-7

[10] : Leading Lean Software Developemnt – Mary Poppendieck & Tom Poppendieck – Addison Wesley / Signature series – ISBN: 978 0 321 62070 5 ; p. 87

[11] : The Scrum Guide – Ken Schwaber & Jeff Sutherland – Scrum.org 2013 ; p.10

[12] : The People’s Scrum, Agile ideas for revolutionary transformation – Tobias Mayer – Dymaxicon 2013 – ISBN : 978 1 937 965150 ;p. 49

[13] : Blue Ocean Strategy: How To Create Uncontested Market Space And Make The Competition Irrelevant – W. Chan Kim & Renée Mauborgne – Havard Business Press 2004 – ASIN : B001E5207M

[14] : Scrumban, Essays on Kanban systems for lean software development – Corey Ladas – Modus Cooperandi Press 2008 – ISBN : 978 0578002149 ; p. 99

[15] : Impact Mapping : Making a big impact with software products and projects – Gojko Adzic – Provoking Thoughts Ltd. 2012 – ISBN : 978-0-9556836-4-0

En finir avec les estimations ?

Poker, Fibonacci et stock

Aujourd’hui j’aimerais parler d’estimations. D’estimations agiles, bien sûr. Elles n’ont rien à voir avec les estimations classiques. Ou du moins, pourrait-on le croire. Voyons cela !

L’un des points marquants souvent évoqué est que l’estimation n’est pas faite par une seule personne, mais par l’ensemble des membres de l’équipe, afin de bénéficier de la sagesse de la foule. En fait, l’estimation collective est utilisée depuis longtemps dans les approches classiques et est connue sous le nom de wideband Delphi. Il est vrai toutefois que la technique est sous-utilisée, beaucoup de chefs de projets préférant « optimiser » le temps nécessaire aux estimations ou ignorant simplement cette technique !

L’autre élément majeur est l’utilisation d’estimations relatives, décorellé d’une estimation en charge. Une approche déjà utilisée dans le Function Point Analysis. Ici l’approche agile se distingue par l’utilisation d’une échelle de précision adaptative qui a donné lieu aux fameux jeux de carte du planning poker

image

Il reste 2 points à soulever : un point de divergence et un point de convergence avec les approches classiques.

Tout d’abord la divergence. Les approches type Cocomo et FPA tentent d’estimer en comparant les sous-éléments techniques des briques à réaliser. Les briques elle-même étant plutôt de taille importante, d’où la nécessité d’opérer une subdivision. Les approches agiles travaillent aussi par comparaison, mais elles s’évertuent à subdiviser l’élément fonctionnel. Il n’est alors plus nécessaire de décomposer celui-ci en sous-éléments techniques. Bien sûr l’approche agile s’appuie sur le postulat que la solution qui sera retenue va être proche de celle utilisée pour la fonctionnalité référents. Mais cela ne va pas aussi loin que dans le cas d’une décomposition technique qui vérrouille complètement les postulats techniques !

Maintenant la convergence. Il y a bel et bien quelque chose que l’approche classique et l’approche agile appréhendent à l’identique : toutes deux s’efforcent d’évaluer une charge ou une complexité (mais est-ce si différent ?) d’un ensemble de choses à réaliser.

Finalement, la logique de l’estimation agile telle que nous la connaissons ne diffère guère de l’estimation classique : on nous demande de réaliser des pans de fonctionnalités pour lesquelles on nous demande d’estimer si c’est gros ou si c’est petit… Une question qui devrait nous donner à réfléchir concernant une approche où l’on prétend maximiser la valeur ! On dirait plutôt que nous voilà cernés dans une discussion pour optimiser la main d’oeuvre, ce n’est certes pas la même chose. Il est vrai que les prétentions « d’hyperproductivité » de Scrum vantées par Jeff Sutherland n’aident pas tellement à changer le focus du discours…

Ce qui ne va pas dans cette approche

Il y a un certain paradoxe à travailler en itérations « time-boxée » afin d’optimiser la valeur produite à chaque itération, et estimer la taille des fonctionnalités à délivrer.

D’un côté, le découpage temporel de la planification contraint le temps afin de permettre la mesurer de valeur par unité de temps. Mais de l’autre côté, la manière dont nous appréhendons les tâches nous conduit à focaliser la discussion sur la charge et le plus souvent à trouver des options pour la réaliser à l’économie. L’estimation agile ne nous invite pas à :

  • Rechercher la partie réellement porteuse de valeur dans une fonctionnalité présentée.
  • Découper une fonctionnalité en ensemble élémentaires d’apprentissages et d’hypothèses.
  • Rechercher comment obtenir du feedback le plus rapidement possible sur l’hypothèse la plus importante.

La logique estimative ne nous aide pas tellement dans notre quête de la maximisation de valeur. Mais cela ne s’arrête pas là. Elle est aussi un handicap sur plusieurs sujets :

  • En associant (comme Scrum le fait) l’estimation et l’engagement.
  • En donnant prédominance à la logique de coût et en autorisant de fait celle-ci à devenir un vecteur de priorité.
  • En nous enfermant dans une logique de périmètre (et les fermetures de choix associés).
  • En permettant une logique des « gros morceaux » qui reporte une partie des responsabilités sur l’équipe de développement.

Enumérés ainsi, ces sujets paraissent certainement un peu mystérieux. Ils ne vont pas le rester longtemps, il est temps de nous y attaquer !

Estimation et engagement

Je me suis longtemps battu contre l’idée qu’une estimation n’était pas un engagement. Dans les projets classiques, j’ai beaucoup illustré ce propos avec le cône d’incertitude [1], bien que cette représentation folklorique ait été ensuite un peu secouée par Laurent Bossavit [2].

image

Cette représentation met l’accent sur un facteur important : l’interval de confiance est plus large quand on a peu d’éléments sur le sujet, il se resserre ensuite progressivement en même temps que notre capacité d’extrapoler sur ce sujet s’améliore. Bien sûr, cet effet est beaucoup plus marqué pour les projets classiques et plus spécifiquement pour les projets non itératifs.

Je pensais m’être débarrassé de l’interprêtation « estimation = engagement » avec les projets agiles. Apparemment, pas tout à fait. Car si l’on commence un planning meeting scrum par des estimations, il se termine le plus souvent par une bonne vielle règle de trois qui nous donne l’engagement de l’équipe en fonction de sa vélocité. La traduction française de « commitment » qui peut donner engagement ou implication n’aide pas tellement quand on prend le premier choix. Par ailleurs, les derniers textes sur Scrum ont pris conscience de ce travers et préfèrent parler d’engagement (ou implication) sur l’objectif.

Bref, l’estimation est bien l’outil de choix pour enchainer l’équipe au banc de rame. Il faut dépoter de la fonctionnalité, la valeur de cette charge (ou de cette complexité, peu importe) n’est pas le sujet. On est bien dans une logique à l’ancienne !

Quand c’est pas cher, c’est prioritaire !

Prioriser n’est pas un acte facile. Du moins en principe. C’est la ligne d’arrivé d’un processus intégrant des dimensions telles que stratégie d’entreprise, opportunités marché ou développement client. Il n’est pas rare que ces tableaux de bord soient flous voir inexistant. Pourtant il faut prioriser.

C’est souvent dans ces situations qu’intervient le « si je n’ai pas d’estimation, je ne peux pas prioriser ». Ce n’est pas illogique de chercher à prioriser en terme de ROI simplifié (valeur/coût). Mais ça l’est d’éliminer le terme valeur ou de normaliser en prétendant que « tout a la même valeur », signe que quelqu’un ne fait pas son travail…

A partir de là, le travail de priorisation devient une pantalonnade allant de « on va commencer par ça, c’est pas cher » au marchandage du type « je ne comprend pas pourquoi c’est si cher… ».

image

Là encore, on aboutit hélas parfois à des interactions qui ne sont pas vraiment différentes de ce que l’on faisait avant…

Une affaire de périmètre

L’estimation, qu’elle soit en charge ou en complexité, nécessite que l’on arrête un certain nombre de postulats. Ce faisant, on arrête très tôt dans notre processus de conception les options que nous aurons choisi. Du moins, on ne les fixent pas s’il s’agit d’estimations, mais si l’on parle d’engagement…

C’est bien dommage. Car l’adaptabilité devrait être un trait dominant des projets agiles ! En réalisation, cela passe par des pratiques telles que les options réelles [3] ou le « set-based design » [4], [5] et [6]. Ce n’est pas strictement impossible de changer son fusil d’épaule en cours de route, mais les discussions gravitant autour des estimations de taille rendent cela bien plus difficile…

Au-delà des estimations que l’on fait pour l’itération, il y a celles concernant la totalité du projet. Car le plus souvent il faut en passer par là. A moins que le projet fasse l’objet d’un financement récurrent ou qu’il soit en autonomie de financement (ce qui revient à peu près au même), les décideurs ont besoin de savoir quelles sommes devront être engagées sur le projet. C’est normal. Là encore, l’outil ad-hoc est l’estimation. Mais il y a quand même deux façons d’appréhender cela.

On peut faire ça à l’ancienne : on prend le backlog, on met des chiffres en face de chaque élément de backlog et c’est notre feuille de route. Bravo : notre enfermement dans des postulats vient d’atteindre un nouveau niveau. Nous voici prisonniers dans notre périmètre de réalisation.

image

Oh bien sûr on nous proposera « d’accueillir le changement » car on est dans un projet agile. Mais dès que le vent tournera, on verra resurgir le chiffrage initial. Dans ces conditions autant contrôler les changements à l’ancienne, via un « change control board ». De toute manière, de tout ceci émanent des effluves pas vraiment neuves. Et utiliser des cartes de planning poker pour cela n’y change rien !

L’autre méthode consiste à utiliser le chiffrage initial pour dimensionner une enveloppe de financement … puis oublier ce chiffrage pour concevoir et réaliser le produit de manière réellement émergente, en exploitant à chaque itération les connaissances acquises.

Découper, ça c’est votre affaire

Si les approches agiles et Scrum en particulier [7] promeuvent le découpage fin des fonctionnalités, elles ne mettent pas réellement en place de contraintes en ce sens, si ce n’est la taille des itérations ! Mon propos n’est donc qu’une fonctionnalité ne doive pas dépasser une itération (j’ai hélas vu des équipes mettre jusqu’à 3 itérations pour produire une « story » !), non ce découpage doit être fin, bien plus fin.

image

Mais ça ne vient pas tout seul.

En fait, sans la motivation appropriée, il est bien plus aisé au product owner de garder les fonctionnalités à grosse maille, souvent en arguant « qu’il faut tout, de toute façon ! ». Si c’est plus facile de découper pour l’équipe de réalisation, qu’ils le fassent ! Dans le registre lâche, j’ai même entendu parler de « détail d’implémentation » !

Je ne vais pas débattre ici des vertus du découpage des fonctionnalités pour les projets agiles. Mais la logique d’estimation de taille, si elle ne nuit pas ici, n’est pas non plus d’une grande aide.

Ma véritable estimation agile

Assez ronchonné sur les pratiques d’estimation ! Si mes récriminations doivent servir à quelque chose, c’est à comprendre ce que je veux obtenir d’une véritable pratique d’estimation « new style » !

  • Pouvoir me focaliser sur la valeur lorsque l’on évalue la priorité des fonctionnalités. Et pour cela, il ne faut pas que la question de la taille vienne brouiller les cartes !
  • Ne plus considérer le périmètre d’une application comme un ensemble de fonctionnalités à négocier, mais comme un (voir plusieurs objectifs) auxquels je subordonne des hypothèses qui sont autant d’options sur lesquelles je n’ai pas besoin de trancher à l’avance.
  • Et au passage revisiter la notion d’engagement, abandonner les réestimations de reste à faire…

Ouvrons le bal !

Size-boxing

Nous avons évoqué précédemment la technique de priorisation par le ROI. Un grand classique : V/C ; Ainsi à valeur égale, la fonctionnalité la moins couteuse est la plus valable. Sauf que nous avons aussi souligné le travers consistant à sortir la valeur de l’équation. C’est un travers que je comprend aisément : ce n’est pas facile à appréhender la valeur, sauf dans certains contextes précis, et guère plus facile à mesurer quand ce n’est pas directement ou pas uniquement rattaché à une valeur faciale. Nous reviendrons sur cette question de la valeur un peu plus tard.

La solution la plus simple pour éviter le travers est de sortir « C » de l’équation. Il ne reste donc plus que la valeur qui du coup ne peut plus être ignorée. Un seul moyen : standardiser la taille, ou tout au moins travailler avec des tailles de fonctionnalités à réaliser assez semblables ! L’estimation de taille n’est d’ailleurs pas porteuse de valeur en elle-même [8], elle ne sert qu’à nous donner une idée de notre capacité afin de mettre notre processus sous contrôle.

image

Ainsi, de même que nous planifions avec une contrainte de temps (notre itération), mous devrions estimer avec une contrainte de taille. Nos interactions deviennent alors :

  • Comment découper la fonctionnalité souhaité pour la faire tenir dans ma contrainte de taille ?
  • Comment m’organiser en équipe afin d’accommoder cette contrainte de taille ?
  • Quelles décisions de structuration et d’architecture dois-je prendre pour rendre cela possible ?

Subordonner le périmètre au « pourquoi »

Réfléchir à la question du périmètre produit en terme de liste de fonctionnalités et de ce qu’on y ajoute et/ou retranche n’est pas agile. Cela m’oblige à penser en terme de stock et m’en encombrer l’esprit. J’avais évoqué ce point lorsque j’avais parlé du backlog. A ce processus mental qui m’ancre dans mes anciennes idées, je préfère travailler à partir d’objectifs, évaluer et tester mes options relatives à ceux-cis, et itérer. Mais pour ce faire, nous devons nous libérer du mode de pensée qui lie ensemble le budget et la liste des fonctionnalités. Désolé Scrum, mais le « backlog estimé » en est justement l’illustration !

La valeur métier, c’est quoi ?

On le dit et on le repète : l’agile est fait pour se focaliser sur la valeur métier. C’est fort bien dit et en en a plein la bouche, mais c’est quand même rudement abstrait, surtout quand on ne peut pas directement lier le produit ou le projet avec une dimension financière.

Je sors un peu du cadre de mon propos, mais je ne pouvais pas non plus complètement éluder la question.

La valeur ce n’est pas (seulement) des considérations de ROI, il s’agit plutôt d’un cocktail qui intègre plusieurs ingrédients pour former un modèle de valeur [9]. Prenons celui-ci, par exemple :

image

Il s’agit en fait plutôt d’un métamodèle. Il vous invite à construire votre propre modèle, basé sur 3 dimensions :

  • La finalité : elle n’est pas nécessairement purement financière. Il peut s’agir de donner une visibilité ou une image à l’entreprise, de se donner une avance technologique ou de tester un nouveau marché.
  • Les considérations, qui sont les facteurs intrinsèques ou extrinsèques difficilement quantifiables mais influençant vos décisions.
  • Les coûts et bénéfices du projet.

Chaque modèle de valeur est unique, il combine et priorise les éléments construits sur ces 3 axes.

Pour y arriver

Finalement, c’est probablement l’élément le plus facile, car nous avons déjà amené une bonne partie des éléments de réponse.

Tout d’abord, ne plus se servir du budget pour contraindre notre périmètre, mais partir du pourquoi et subordonner le périmètre à ce pourquoi à l’aide d’outils comme l’impact mapping [10].

image

Changer de logique d’estimation : plutôt que d’estimer la taille d’une fonctionnalité de périmètre donné, ré-orientons nos discussions pour estimer le périmètre des fonctionnalités afin de les faire tenir dans une taille donné, en gardant l’objectif dans notre ligne de mire ! C’est là un changement de paradigme fondamental, et il nécessite une façon de faire différente. L’occasion pour moi de développer cela un jour prochain, j’espère !

Changer de logique de processus. Kanban nous apprend à penser différemment: plutôt que de réfléchir en terme de stock, il nous conduit à penser en terme de « slot » de demandes disponibles qu’il suffit d’alimenter par ce qui est le plus prioritaire. Mais Kanban n’est pas une réponse suffisante quand on parle produit, car il focalise sur des questions de « capacité » et de SLA et non sur un objectif et la valeur, des aspects sur lesquels il est agnostique.

Doit-on arrêter d’estimer, comme peut le laisser croire (ou le laisser interpréter) le mouvement « no estimates » ?

Alors l’estimation, c’est mal ?

La réponse (aux deux questions précédentes) est : non ! Nous avons toujours quelque chose à estimer, mais il faut tourner cette estimation dans la bonne direction pour obtenir le résultat que nous voulons. Il faut estimer pour :

  • Individualiser les hypothèses et les relier à notre modèle de valeur.
  • Générer des idées et des options, fonctionnelles ou techniques.
  • Etre en mesure d’avancer par petits pas pour obtenir du feedback rapidement et mettre notre processus de développement sous contrôle.
  • Générer des interactions entre les acteurs du projet.

Nos estimations ne doivent pas nous conduire à :

  • Se débarrasser du problème sur l’équipe de réalisation.
  • Nous conduire à des marchandages entre les acteurs du projet
  • Nous enfermer dans une réincarnation du cahier des charges que l’on ne peut plier qu’à force de négociations.

La route est longue…

Références

[1] : Software Estimation, Demystifying the Black Art – Steve McConnell – Microsoft press 2006 – ISBN: 0-7356-0535-1 ; p. 37

[2] : The Leprechauns of Software Engineering – Laurent Bossavit – Leanpub 2013 ; p. 13

[3] : Commitment – Olav Maassen, Chris Matts & Chris Geary – Hathaway te Brake Publications 2013 – ISBN : 978-90-820569-0-7

[4] : Leading Lean Software Development – Mary Poppendieck & Tom Poppendieck – Addison Wesley / Signature series – ISBN: 978 0 321 62070 5 ; p. 87

[5] : Lean Software Development, An agile toolkit – Mary Poppendieck & Tom Poppendieck – Addison Wesley / ASD series 2003 – ISBN: 0-321-15078-3 ; p. 38

[6] : Implementing Lean Software Development, From concept to cash – Mary Poppendieck & Tom Poppendieck – Addison Wesley / Signature series 2006 – ISBN : 0-321-43738-1 ; p. 160

[7] : Agile Project Management with Scrum – Ken Schwaber – Microsoft Press 2004- ISBN: 0-7356-1993-X ; p. 196

[8] : Scrumban, Essays on Kanban systems for lean software development – Corey Ladas – Modus Cooperandi Press 2008 – ISBN : 978 0578002149 ; p. 99

[9] : Stand Back and Deliver, Accelerating business agility – Pollyanna Pixton, Niel Nickolaisen, Todd Little & Kent McDonald – Addison Wesley 2009 – ISBN : 978 0 321 57288 2 ; p. 98

[10] : Impact Mapping : Making a big impact with software products and projects – Gojko Adzic – Provoking Thoughts Ltd. 2012 – ISBN : 978-0-9556836-4-0

Autres Ressources