Note de lecture : The Rational Unified Process, an introduction, 3rd edt., par Philippe Kruchten

Note : 6 ; Une importante revue de l’ouvrage

Rational Unified Process fut la méthode tendance jusqu’au milieu des années 2000. Cette 3ème édition est en quelque sorte la mouture ultime (en attendant sa renaissance dans les années 201x, sous le nom de SAFe). Chaque workflow de RUP est riche de descriptifs, de rôles et de pratiques, au point que chacun d’entre eux nécessite au moins un ouvrage pour couvrir le sujet. Ici, il s’agit plutôt d’un tour d’horizon de l’ensemble de ces workflows.

Contrairement à l’édition précédente qui ne représentait qu’une évolution mineure de livre (et du processus), celle-ci a fortement évolué, gonflant également l’édition d’une bonne quarantaine de pages, pour un total de 270 pages hors annexes. Le tout est divisé en deux parties inégales. La première compte 110 pages sur 6 chapitres et traite du processus dans sa globalité. Le premier chapitre est certainement particulier, car il traite de la notion de « best practices », mais surtout il est signé Grady Booch. Après une courte introduction sur cette notion de best practices et de développement itératif et incrémental, l’auteur nous évoque les propriétés d’un bon processus : gestion des exigences, modélisation visuelle, gestion du changement, etc… Bref, les propriétés mises en avant par RUP (ou UP).

Le second chapitre fait écho à ce premier chapitre en déclinant les propriétés évoquées sur RUP, puis en évoquant la structure en 2 dimensions du framework. Tout cela se lit facilement mais il est clair que l’on n’est pas rentré dans le vif du sujet. Le chapitre 3 reste très abstrait car il décrit le méta-modèle du framework : rôles, artéfacts, activités (et étapes d’activités), workflows et disciplines ! Les couches de « pilotage » que sont les guidelines et autres templates ne sont que brièvement décrits. L’ensemble revêt une certaine esthétique pour l’académicien ou le théoricien (moi par exemple) mais va sembler austère et très abstrait pour qui ne porte pas un intérêt aiguisé aux processus de développement !

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Note de lecture : More effective C++, par Scott Meyers

Note : 9 ; De la même veine et de la même qualité que le 1er volume

Effective C++ fut indéniablement un succès. La formule a depuis été reprise par d’autres auteurs, empruntant souvent la même qualité de pertinence technique. Mais ces autres textes n’ont pas la verve d’un Scott Meyers ! Ce second volume est de la même eau que le premier. Ici les centres d’intérêts se focalisent sur un certain nombre de sujets précis (exceptions, casts, etc…) et l’auteur développe plus son propos. D’ailleurs le nombre de règles est plus réduit, tandis que le nombre de pages a augmenté, passant à 290 pages.

L’auteur a structuré son propos en 6 thèmes. Les « basiques » couvrent 4 items plutôt simples sur une quinzaine de pages. La seule « nouveauté » étant les cast C++ apparus depuis peu (à l’époque). La seconde partie couvre aussi 4 items, cette fois sur une vingtaine de pages et sur un sujet plus particulier : les opérateurs. Outre les subtilités dont l’auteur nous régale comme à son habitude, je relève ici deux items particulièrement importants : les écritures idiomatiques des opérateurs pré et post incréments, et les différentes formes des opérateurs new et delete.

La troisième partie nous conduit vers un sujet délicat avec les exceptions : 7 items leur sont dédiés sur 35 pages. Ici, il s’agit tout au long de ces items de nous faire prendre conscience des implications et des limites de leur usage : fuite de mémoire, contraintes au sein des constructeurs et des destructeurs, impact sur les performances, etc. Il y a de quoi s’enfuir, ce qui n’est pas le propos de l’auteur.

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Note de lecture : Blueprint for Revolution, par Srdja Popovic & Matthew Miller

Note 10 ; Un regard radical et perturbant sur le changement. Mais aussi un livre captivant, parfois drôle et touchant ! Pour une révolution qui commence dans nos têtes ! Book of the year 2019 !

Srdja Popovic fait un métier en quelque sorte unique au monde : il est consultant en renversement de dictateurs ! Il a gagné ses galons de crédibilité en étant l’un des chefs de file du mouvement qui a renversé Milosevic. Et il nous gratifie aujourd’hui d’un livre formidable auquel cette note de lecture aura bien du mal à rendre justice.

Le volume lui-même se présente dans un moyen format de 260 pages comptant 11 chapitres. Chacun représente une des étapes de sa méthode de renversement de dictateurs. Car oui, il a une méthode et donne même des formations là-dessus ! Le premier chapitre « it can never happen here » nous trace les débuts de son mouvement : Otpor ! (ne pas oublier le point d’exclamation). Deux décisions initiales à retenir du mouvement. Tout d’abord il est né avec le symbole du poing stylisé, sans plan ni organisation, mais en demandant aux nouveaux venus de montrer leur engagement en peignant au pochoir le symbole dans les rues de Belgrade. Une bonne méthode pour rendre le symbole omniprésent. Ensuite, le choix de ne pas avoir de « leader charismatique » afin de ne pas rendre le mouvement fragile par rapport au pouvoir en place. L’auteur se distingue de Gandhi ou Martin Luther King : pour lui et aujourd’hui, un mouvement pour rallier doit être sympa et marrant. Ce sont les révolutionnaires égyptiens qui sont au centre de ce chapitre qui se conclut par « the fist is shaking Cairo ».

Le second chapitre intitule « Dream big, start small ». Et il débute par l’histoire d’Alrov et de l’augmentation du « Cottage cheese » en Israël. Qui aboutira certes à une révision des prix du fromage mais se poursuivra par des batailles plus importantes. L’auteur nous rappelle qu’il faut choisir ses batailles et que celles-ci doivent parler au plus grand nombre. Ce sont rarement des concepts abstrait comme la liberté, mais souvent des choses plus terre à terre et quotidiennes. Souvent, cela a à voir avec la bouffe. Voir grand, c’est le sujet du 3ème chapitre « A vision of tomorrow ». C’est aux Maldives que nous emporte cette fois l’auteur. Ici Srdja nous invite à visualiser un but concret à atteindre, à l’image du solution focus.

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Note de lecture : La Longue Traîne, par Chris Anderson

Note : 8 ; Un point de vue en rupture sur l’économie de l’ère Internet.

Dans ce volume, Chris Anderson nous dévoile la mécanique et la redistribution des cartes que constitue les marchés de niche par rapport au marché de masse. Des marchés de niche rendus possibles par l’ère Internet, où le e-commerce met à la disposition des acheteurs des linéaires virtuels d’articles infinis, rendu accessible par la magie des moteurs de recherche et de recommandation. A l’inverse, le vendeur « physique » doit se contenter d’une surface de vente finie qu’il consacrera aux articles qui se vendent le mieux.

Au sein de ce volume de poche de 380 pages, l’auteur décline la manière dont se décline cette approche des marchés de niches et quels en sont les conséquences. Le texte est structuré en 15 chapitres. Le premier définit ce qu’est effectivement une longue traîne, en s’appuyant sur un marché que l’auteur connait bien : la musique. Le hit-parade en fait le gros de la vente. Mais iTunes nous a montré que les ventes se poursuivent au-delà du 800 000ème rang ! C’est au second chapitre que l’auteur met l’accent sur la « culture du hit », créée pour satisfaire une distribution de masse, là où l’approche « longue traîne » va maintenant nous transformer en un peuple de niches. L’auteur nous gratifie au chapitre 3 d’une brève histoire de la longue traîne et des innovations qui l’ont permise, en commençant par la vente par correspondance de Sears.

Le quatrième chapitre est consacré aux 3 forces de la longue traine. La première, la démocratisation des outils de production permet d’élargir l’offre en n’étant plus subordonné aux grosses structures seules capables d’assurer cette production. La seconde force est la démocratisation de la distribution, le e-commerce en étant l’illustration. Enfin la 3ème force est la connexion entre offre et demande que permettent moteurs de recherches et mécanismes de recommandation. Bref, c’est le cœur du sujet. D’ailleurs, le chapitre 5 focalise sur la première force, à savoir les producteurs. On y parle crowd-sourcing, pro-am, et surtout de Wikipédia qui occupe une bonne part de ce chapitre.

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Note de lecture : Facilitator’s Guide to Participatory Decision-Making 3rd edt., par Sam Kaner with Lenny Lind, Catherine Toldi, Sarah Fisk & Duane Berger

Note : 5 ; Les bases de la facilitation

Le titre me laissait à penser qu’il s’agissait d’un livre focalisé sur la prise de décision facilitée. En fait, le texte traite plus largement du processus dans son ensemble, ce que les auteurs appellent le « cycle en diamant » qui couvre une phase divergente, une phase convergente et au milieu ce qu’ils appellent la « groan zone », littéralement la « zone des gémissements ». Et bien sûr au bout, il y a le processus de décision lui-même ! En réalité, le titre ne ment pas.

Par contre, je m’attendais à un texte pour le « niveau d’après », alors que les auteurs cherchent plutôt à assoir les bases. Un peu de déconvenues pour moi, donc. L’objet en lui-même est dans la lignée de l’ouvrage d’Ingrid Bens, avec un format proche du A4, une présentation et une police qui font d’avantage penser à un support de cours, surtout quand on considère l’importance des illustrations. Il y a donc moins de raisons d’être effrayé par les 370 pages de la bête, surtout que la lecture est rythmée en 25 chapitres regroupés en 5 parties.

La première partie couvre les principes de base, sur 3 chapitres, en moins de 40 pages. C’est un « tour rapide » du processus en diamant que nous propose le premier chapitre. C’est couvert en une vingtaine de pages couvertes aux deux tiers d’illustrations. C’est agréable à lire, descriptif mais peu explicatif. Bref, une introduction. Le second chapitre se focalise sur la dynamique de participation, celle permettant d’obtenir ce que les auteurs appellent des « solutions inclusives ». On enfonce un peu des portes ouvertes. Cette première partie se referme sur le rôle du facilitateur : c’est simple et clair sur l’attendu, mais superficiel sur la posture.

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