If one ox could not do the job they did not try to grow a bigger ox, but used two oxen. When we need greater computer power, the answer is not to get a bigger computer, but… to build systems of computers and operate them in parallel.

Grace Hopper
Grace Hopper
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Des applications et des patches

Le saviez-vous ?

Tout comme les bugs font référence aux insectes envahissant les premiers ordinateurs, occasionnant des erreurs, le mot « patch » fait référence à l’origine à des éléments bel et bien physiques. Il s’agit en l’occurence de pièces de papiers apposées sur les rubans perforés du Mark I, qui fut en service durant la première moitié des années 40 ! Conçu par Howard Aiken et construit par IBM, Grace Hopper en fut le premier programmeur.

The New New Product Development game, par takeuchi et Nonaka

Cette publication est connue pour être la source d’inspiration des créateurs de Scrum. Il fut publié en 1986 dans le Harvard Business Review et Hirotaka Takeuchi et Ikujiro Nonaka en sont les auteurs. Ils viennent du marketing et non du développement logiciel.

Les 6 caractéristiques du “Scrum”

On parle bien déjà de Scrum ! Et l’on prête à ce processus 6 propriétés fondamentales :

  • Une instabilité intrinsèque : le top management ne donne aux équipes qu’une direction générale avec un challenge très élevé à relever. Par ailleurs ce management donne une grande liberté d’action et d’interprétation. Cela crée une tension dans l’équipe à même de favoriser la créativité.
  • Des équipes auto-organisées. Elle apparait quand sont réunies 3 conditions :
  • L’autonomie : peu d’intervention du top management, son rôle est de fournir les ressources adéquates. L’entité fonctionne comme une startup.
  • L’auto-transcendance : L’équipe est dans une quête continuelle pour dépasser ses limites.
  • L’auto-fertilisation : une équipe pluri-disciplinaire renforçant leur connaissances respectives à l’image d’un impact hub.

Des phases de développement en chevauchement : le rythme de développement agit comme le poul de l’équipe. Pour permettre le développement selon ces phases courtes, il faut adopter le “sashimi system”. Le multi-apprentissage : il s’effectue à différents niveaux (individuel, collectif, entreprise) et dans les différents domaines d’expertise de l’équipe.

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The SCRUM Development Process

Cet article est réellement le premier à présenter Scrum, c’était en 1995. Petit détail que j’ignorais, Ken Schwaber l’a mis en oeuvre pour le développement de Delphi ! Déjà l’auteur présente son approche comme étant « boite noire » et empirique, bien adapté au développement de systèmes complexes. Et oui, Scrum est bien en rapport avec le Rugby !
Bien sûr, à cette époque, il n’était pas encore question du mot « agile ». Ken Schwaber situe Scrum comme une évolution des procesus itératifs, non comme une disruption.

Quand il parle du développement logiciel, c’est toujours à la notion de complexité que revient l’auteur. Il la définit comme suit :

Complexité = f(dev. environnement var. + target env. var.)

Toutes ces varaibles changeant par ailleurs au cours du projet.

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Note de lecture : iWOZ, par Steve Wozniak avec Gina Smith

Note : 5 ; Mémoires d’un ingénieur.

Bien sûr, ce livre est un peu le contrepoint de la biographie de Steve Jobs. Comprendre la naissance d’Apple, c’est comprendre aussi la relation entre ces deux hommes, tout comme comprendre les Beatles, c’est (en partie) comprendre la relation entre McCartney et Lennon ! D’une certaine manière la façon dont chaque biographie est faite est elle-même symptomatique : Steve Jobs a choisi le meilleur biographe afin d’obtenir un ouvrage définitif et mémorable. Steve Wozniak a choisi l’autobiographie, plus modeste mais projetant son propre point de vue sur cette aventure.

Le début du livre, celui où l’on croise Woz enfant, puis adolescent peut nous laisser penser que le personnage est particulièrement prétentieux ! Ces 4 ou 5 premiers chapitres nous permettent non seulement de découvrir le jeune Wozniak, mais aussi de découvrir l’aspect « ingénieur » de Woz : ce qui semble de la vantardise ne l’est pas, il s’agit simplement d’une règle d’analyse objective qui fait partie intégrante de son attitude d’ingénieur.

Un autre sujet revient aussi régulièrement au long de l’ouvrage, un aspect moins connu de la personnalité du co-fondateur d’Apple : le plaisantin. J’avais trouvé la chose évoquée par ailleurs, mais Woz est littéralement prêt à tout pour une bonne blague, même dans les moments les plus importants ou les plus dramatiques !

La technique et la créativité technique prennent un grande part dans le vie de Steve Jobs. Au point que quelques encadrés sont dédiés à des explications techniques et que l’auteur tente de nous faire partager son enthousiasme pour certaines de ses trouvailles, alors qu’il est bien difficile de l’y suivre. Pourtant ces trouvailles sont bel et bien exceptionnelles et ont fait de Wozniak un ingénieur au talent inégalé dans la Silicon Valley à la fin des années 70. Mais pour faire contrepoint au début de l’ouvrage, s’il est fier de ses trouvailles, il n’y a pas vantardise outrée sur celles-ci. Simplement la satisfaction d’une très bonne trouvaille, quand bien même celle-ci ait pu changer la face de l’informatique ! L’Apple II reste pour moi un exemple d’élégance et d’efficacité en matière d’ingénierie électronique inégalé aujourd’hui.

Le but du livre n’est pas vraiment d’être une biographie complète, car tout ce qui est postérieur à la création d’Apple fait l’objet de moins de développement. Il ne parle pratiquement pas de son travail d’enseignant. Je ne suis pas non plus certain qu’elle permette de décoder la relation complexe qui le liait à l’autre Steve…
iWoz n’a pas le souffle épique de la biographie de Steve Jobs, et on n’abordera pas cette lecture pour les mêmes raisons. Mais moi, j’ai bien aimé.

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Référence complète : iWOZ – Steve Wozniak avec Gina Smith– Globe 2013 (V.O. : iWoz ; W. W. Norton & Co 2006) – ISBN : 978 2 211 21573 2

Harry Potter and the Goblet of Fire (Harry Potter, #4)

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L’invention du mot « ordinateur »

C’est Jacques Perret qui, le 16 Avril 1955 inventa le mot « ordinateur », suite à une sollicitation d’IBM pour trouver une traduction Française au mot anglo-saxon (« computer » pour les machines scientifiques et EDS soit « electronic data system » pour les systèmes de gestion) ! Il faut en effet savoir qu’IBM a l’habitude de traduire l’intégralité de ses notices techniques sans y laisser traîner d’anglicisme.

Alors professeur à la faculté des lettres de Paris, il fut sollicité par un de ses anciens élèves pour cette traduction. Comme on le voit il proposa plusieurs termes, « ordinateur », ou plus exactement son pendant féminin « ordonnatrice » ayant sa préférence.

IBM a tout d’abord protégé le nom. Puis, rapidement adopté par les utilisateurs, la société a finalement décidé de le laisser dans le domaine public, quelques mois plus tard seulement.

Cette anecdote nous montre aussi que notre langue, que nous jugeons souvent inapte à capturer des termes liés à la technologie peut aussi faire naître des mots qui s’avèrent supérieurs à leur pendant anglo-saxon ! Il en va de même pour moi du mot « tableur », bien plus parlant que « spreadsheet »…

Cher Monsieur,

Que diriez vous d’ « ordinateur » ? C’est un mot correctement formé, qui se trouve meme dans le Littré comme adjectif désignant Dieu qui met de l’ordre dans le monde. Un mot de ce genre a l’avantage de donner aisément un verbe « ordiner », un nom d’action « ordination ».

L’inconvénient est que « ordination » désigne une cérémonie religieuse ; mais les deux champs de signification (religion et comptabilité) sont si éloignes et la cérémonie d’ordination connue, je crois, de si peu de personnes que l’inconvénient est peut-être mineur. D’ailleurs votre machine serait « ordinateur » (et non ordination) et ce mot est tout a fait sorti de l’usage théologique. « Systemateur » serait un néologisme, mais qui ne me parait pas offensant ; il permet « systémation » ; mais systemer ne me semble guère utilisable ; « Combinateur » a l’inconvénient du sens péjoratif de « combine » ; « combiner » est usuel donc peu capable de devenir technique ; « combination » ne me parait guère viable a cause de la proximité de « combinaison ». Mais les Allemands ont bien leurs « combinats » (sorte de trusts, je crois), si bien que le mot aurait peut-être des possibilités autres que celles qu’évoque « combine ». « Congesteur », « digesteur » évoquent trop « congestion » et « digestion » ; « Synthétiseur » ne me parait pas un mot assez neuf pour designer un objet spécifique, déterminé comme votre machine.

En relisant les brochures que vous m’avez données, je vois que plusieurs
de vos appareils sont désignés par des noms d’agent féminins (trieuse,
tabulatrice). « Ordinatrice » serait parfaitement possible et aurait même
l’avantage de séparer plus encore votre machine du vocabulaire de la
théologie.

Il y a possibilité aussi d’ajouter a un nom d’agent un complément :
« ordinatrice d’éléments complexes » ou un élément de composition, par ex. : « selecto-systemateur ». « Selecto-ordinateur » a l’inconvénient de 2 “o" en hiatus, comme « électro-ordinatrice ».

Il me semble que je pencherais pour « ordinatrice électronique ». Je souhaite que ces suggestions stimulent, orientent vos propres facultés d’invention. N’hésitez pas a me donner un coup de telephone si vous avez une idée qui vous paraisse requérir l’avis d’un philologue.

Votre

J. Perret

Note de lecture : The Principles of Scientific Management, par Frederick Winslow Taylor

Note : 6 ; Loin d’être aussi stupide qu’on aime à le laisser penser…

Quand on parle « Taylorisme » ou plutôt management scientifique, de son vrai nom, on pense aux temps modernes, à l’abrutissement du travailleur. Mais finalement, ce n’est pas si simple et cette pensée doit être remise dans son contexte. Et surtout il faut lire le texte original de l’auteur qui recèle des informations qui ont ensuite été éludées.

Et pourquoi s’en priver ? L’ebook est disponible gratuitement chez Amazon et le texte n’est guère long, il ne compte que 70 pages ! L’auteur ne rentre pas réellement dans le détail de la mise en œuvre du « scientific management » (qu’il oppose à la gestion par initiative et incitations), en fait il a même tendance à se répéter. Par contre il décrit plusieurs expérimentations sur la mise en place, parfois avec des dialogues cocasses (je recommande la page 19) ! Le style ne l’est cependant généralement pas, le texte accuse plus d’un siècle et cela se voit, surtout quand l’auteur parle de lui-même à la 3ème personne ! L’opuscule ne compte que 2 chapitres.

Le premier chapitre « fundamentals of scientific management » est court, il ne compte que 11 pages. Il pose les postulats de l’application de sa méthode. Il est intéressant de les rappeler, car ils sont souvent éludés et ne s’appliquent de toute manière pas aux « travailleurs du savoir » que nous sommes.

  • Les besoins à satisfaire chez les travailleurs sont les besoins basique de « sécurité », c’est à dire ceux du 1er niveau de la pyramide de Maslow. On ne parle pas d’épanouissement, par exemple. Une meilleure rémunération est tout ce qui est attendu.
  • Le travail considéré est « simple » : il est répétable, mesurable et décomposable. C’est d’ailleurs de l’analyse et de l’optimisation des tâches que proviennent les gains du scientific management.
  • Le travailleur n’a pas l’intelligence nécessaire (« stupide » selon Taylor) pour savoir comment être efficace dans son travail, ni même en fait ce qui est bon pour lui ! D’ailleurs il cherche à tirer au flanc autant que possible…

Les fondamentaux posés, le chapitre 2 s’attaque aux principes. Ils sont mis en perspective par rapport à l’approche « initiative and incentive » et sont illustrés par plusieurs études de cas, y compris une où l’application du scientific management était jugée « impossible ». Les principes sont les suivants :

  • Une étude minutieuse et scientifique des tâche à faire associée à une sélection rigoureuse des travailleurs dont l’aptitude corresponds le mieux. Cette étude est menée par le management, seul apte à réalisé ce travail car ayant la capacité intellectuelle pour cela.
  • Un management qui est en charge d’enseigner et contrôler la bonne application de la réalisation des tâche déterminée. C’est lui aussi qui contrôle le rendement et collecte le feedback quand des améliorations supérieures se font jour.
  • Un partage des gains financiers réalisés entre le management et les travailleurs.

On voit que si cette approche n’a jamais été adaptée aux travailleurs intellectuels, elle ne l’est plus aujourd’hui au monde ouvrier. Il n’en reste pas moins que le management scientifique a été probablement le progrès le plus important du 20ème siècle, celui qui a projeté l’occident vers la révolution industrielle.

L’approche de Taylor est par certains égard dure, parfois inhumaine. L’auteur est aussi vrai capitaliste qui croit dans la croissance illimitée (mais au début du 20ème siècle cela peut avoir du sens). Mais son approche, quand on la considère dans son ensemble n’a pas le goût de stupidité qu’on essaie de lui donner quand on présente cette approche de manière déformé. En fait, l’exemple donné sur l’étude de la coupe du métal est remarquable et s’applique encore largement de nos jours.
Je ne me ferais pas le défenseur du Taylorisme, mais cette lecture me semble à recommander, au moins pour savoir mettre en perspective les approches modernes.

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Référence complète : The Principles of Scientific Management – Frederick Winslow Taylor – Aeterna 2011 (Kindle edt. ASIN : B0082Y8IWS) – ISBN : 978-1444432312

Harry Potter and the Goblet of Fire (Harry Potter, #4)

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