SQL Server et l’agilité

Le GUSS, c’est à dire le Groupe des Utilisateurs de SQL Server organisait cette rencontre pour évoquer un sujet qui m’est cher au sein d’une communauté pas franchement reconnue pour son adhésion à l’agilité. Franchement, je ne savais pas à quoi m’attendre !

Déjà un bon point pour le cadre de rencontre convivial, certainement à retenir pour de prochaines Scrum Beer !

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Maintenant, arrivons-en au fond. Je ne vais pas laisser trainer le suspens : j’ai passé une excellente soirée !

L’agilité est un sujet jeune dans cette communauté, on n’y trouve pas la touche de suffisance que l’on croise par ici ou le regard blazé que l’on rencontre par là … L’enthousiasme est là, avec l’envie d’avancer , la soif de faire mieux et le questionnement sur ce que l’on fait.

En parlant de questionnement, j’ai été aussi surpris par l’ouverture d’esprit des personnes présentes. J’ai souvent été confronté dans ce milieu à des personnes prisonnières de leur paradigmes, empreintes de dogmes pour ne pas dire de certitudes. Rien de tel ce soir-là.

Il me serait difficile de vous faire un compte-rendu circonstancié des discussions, mais je vais évoquer quelques points qui m’ont marqué. Dans le désordre.

Les limites de l’outillage

On peut aimer les outils qu’on utilise et faire preuve de lucidité à leur égard. La difficulté principale rencontrée par les développeurs BI utilisant Integration Services semble être l’aspect monolithique des solutions SSIS qui rendent inopérants les fonctionnement en branches avec les merges que cela nécessite.

Le second point évoqué est le problème de la resynchronisation des métadonnées qui fonctionne manuellement et nécessite de repasser sur tous les packages. Si on souhaite travailler sur un modèle de manière itérative, on fait face à ce problème très rapidement, et c’est d’autant plus handicapant que le projet est gros…

Le future du BI agile n’est peut-être pas le cube

Travailler sur un cube de manière itérative n’est pas facile. Vraiment. D’abord si on souhaite faire des “sashimi”, on devrait travailler sur un modèle de données évolutif. Or la synchronisation des métadonnées de SSIS est un obstacle à cela.

D’un autre côté, il n’est pas possible de rajouter des dimensions à un cube une fois en production, car cela remet en cause la granularité des faits qui alimentent déjà le cube !

Mes observations et mes réflexions m’amènent à penser que l’avenir du BI et surtout du BI agile réside dans des solutions “sans schémas” adoptées de manière différentes par le monde des bases NoSQL, je pense surtout aux bases orientées colonnes comme Hadoop. Il s’agit là non seulement de la disparition du schéma explicite, mais d’un paradigme différent où la structuration de la données disparait au profit de la capacité à retrouver cette donnée et à la traiter, et souvent de manière scalable. Un aspect prépondérant quand le monde du BI est tiré vers le Big Data.

C’était mieux avant…

Une voix discordante s’est élevée au milieu de ces reflexions agiles.

“Lors d’une itération, on a oublié de décliner des règles métiers sur d’autres tables. Avec un cycle en V, la spécification détaillée aurait pris en compte cela et évité l’erreur.”

Bien sûr l’argument ne tient pas. Notre interlocuteur aurait dû au contraire se féliciter de n’avoir eu à attendre qu’une itération pour corriger un oubli que le cycle en V ne saurait pas plus garantir ! De toute évidence, la contre-argumentation est d’ors et déjà acquise pour nos DBA Agilistes. Que du plaisir !

La difficulté d’un résultat de sprint démontrable

Quand je demande à mes interlocuteurs de m’expliquer leurs découpage en sprint, j’entends un motif recourent : d’abord un sprint de modélisation de base, un ou plusieurs sprints d’alimentation de Sas, puid d’ODS, viennent enfin les sprints de construction de cube puis de présentation !

C’est le moment de prendre mon air horrifié : pourquoi ne pas construire les sprints verticalement, avec une tranche fine allant de la modélisation de la base à la présentation en passant par les différents étages d’alimentation ?

Nous avons donné la réponse plus haut : la difficulté de construire une table de fait dont la granularité se rafinerait au fur et à mesure de l’ajout de dimensions, la pénalité de SSIS aux changements de métadonnées, etc…

Seconde question, donc : mais alors, si vous n’allez pas au bout de la tranche, que démontrez-vous ?

La réponse est bien sûr : ce qu’on peut ! Dans le cas d’un sprint de modélisation, par exemple, ce sera le modèle de données. Sur papier !

Bref, Scrum c’est l’art du possible, mais il y a vraiment matière à progression de ce côté. On en est pas au “vrai Scrum” !

Le poids des cérémonies de Scrum

Autre point évoqué : 2 semaines, c’est court, et en plus il faut ménager du temps pour la démo, la rétro, le planning meeting. Sans compter que ce dernier se trouve souvent pénalisé par la découverte “in situ” des aspects fonctionnels, laissant la portion congrue de la réunion au découpage en tâches et à l’estimation.

Ces problèmes ne sont ni nouveaux, ni spécifiques au BI avec SQL Server. Ce sont des choses que j’ai rencontré avec des équipes de développement Java. De ce côté nous avions amélioré les choses avec quelques pratiques courantes ou non :

  • Découpage en 2 (à quelques jours d’interval) du planning meeting : un volet découverte fonctionnel, et après 2 jours pour réflechir et assimiler, un pur planning meeting plus court.
  • Des workshops de tests d’acceptance regroupant développeur, PO, client final (quand il est différent) et représentant de l’équipe de test (quand il y en a une).
  • Et bien sûr des rétrospectives pour introduire des pratiques, alléger ou faire disparaitre celles qui paraissent inutiles.

En ensuite…

Pas mal d’échanges, l’envie d’aller plus loin … Le GUSS a émis l’idée d’une table ronde, elle me plait bien ! Tout le monde a l’air motivé, donc peut-être d’ici Juin ?

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Note de lecture : Impact Mapping, par Gojko Adzic

Note : 8 ; Simple, puissant et très facile à lire !

A peine un livre, cette nouvelle prose est plutôt un livret de 70 pages. Et encore ! Nombre d’entre elles sont couvertes entièrement ou partiellement de figures pour non-voyants. Alors, comment prendre au sérieux un texte qui, entre nos mains, ressemble d’avantage à une plaquette publicitaire qu’à une prose solide, sérieuse et dense ?

La réponse est simple : il suffit de lire le livre ! Tout d’abord la technique elle-même est non seulement intéressante, elle est en train de devenir un grand classique de la définition des produits. Elle me rappelle en partie la pyramide de Leffingwell, mais projetée dans une réelle pratique agile, et m’évoque également le “start with a why” de Simon Sinek. L’autre aspect est la prose très épurée. On sent que l’auteur, loin d’avoir essayé de noircir du papier, à cherché à épurer sa prose. Au final, on obtient un texte très simple et court. Justement, le contenu, parlons-en !

Il est compose de 3 chapitres. Je les appelleraient “chapitres” même s’ils ne sont pas présents ainsi.

Le premier chapitre “what is an impact map” nous montre ce qu’est une “impact map” et l’illustre avec deux exemples. L’explication est très claire, mais le but de ce chapitre n’est pas d’indiquer comment on procède pour construire cet outil.

Le second chapitre “the role of impact map” fait le lien entre cette pratique et d’autres du monde agile : les user stories, le MVP du Lean Startup, le design thinking (une référence aussi importante que celle des users stories !). Ce chapitre donne de nombreuses références complémentaires, plusieurs à chaque page, en fait !

Enfin le troisième chapitre “creating an impact map” nous propose un processus complet de construction de la map en plusieurs étapes, dispensant de nombreux conseils pratiques au long du chemin. Ce chapitre se termine par différentes catégories d’anti-patterns, qui auraient mérité leur propre chapitre.

Vu la taille de l’ouvrage, celui-ci se lit très, très vite … et c’est tant mieux ! Notre temps est précieux et l’on appréciera l’auteur qui sait être concis et cependant nous livrer de la matière. La dernière page tournée, on pense quand même que l’auteur aurait pu donner un peu plus de corps à son propos. Par exemple, deux études de cas nous faisant vivre la construction de la map auraient donné un aspect plus concret à cette pratique. Je me dis aussi que les chapitres 2 et 3 auraient pu être intervertis avec profit (sauf les anti-patterns). Mais au final, je suis très satisfait par cette lecture.

Il s’agit là d’un investissement de temps extrêmement minime, n’en faites pas l’économie !

impact-mapping

Référence complète : Impact Mapping : Making a big impact with software products and projects – Gojko Adzic – Provoking Thoughts Ltd. 2012 – ISBN : 978-0-9556836-4-0

Impact Mapping: Making a Big Impact with Software Products and Projects

http://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/0955683645?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png

#OMG ! Mon équipe fait son haka en kanban style ! | Soat blog

Je n’ai pas pu assister à la présentation de Laurent Morisseau qui se déroulait de plus dans une salle non filmée !

Cet excellent post résume très bien cette session dans laquelle on retrouvera quelques anti-patterns qui font écho à mes posts et à ma présentation “en finir avec …

#OMG ! Mon équipe fait son haka en kanban style ! | Soat blog

Scrum Boat le 21 Mai : L’appel à orateur

Ca y est, le Scrum Day c’est fini ! Le Scrum User Group ne va rien perdre de cette dynamique, il propose un nouvel évènement : Le Scrum Boat, une soirée conviviale pour partager et participer autour d’ateliers … et faire un petit tour sur la Seine ! La date retenue est le 21 Mai, comme indiqué dans le titre, une bonne mise en bouche pour Agile France qui arrive peu après.

Voilà la bête !

ScrumBoat13-Exterieur2

Pour donner vie à cet évènement, il faut des animateurs d’ateliers, donc des propositions d’ateliers, jeux ou tout autre activité collaborative agile.

Quelques points pourront guider vos propositions :

  • L’agenda de la soirée prévoit des créneaux d’une heure quinze.
  • Les ateliers ne doivent pas être constraint si possible par un nombre maximum de participants.

Nous seront sur une péniche comportant deux ponts. C’est assez grand un pont de péniche, mais ce n’est pas infini. Nous essaieront de faire tenir deux ateliers par pont, mais rien n’est encore arrêté. Pour vous aider à vous rendre compte de la chose, voici quelques photos.

Tout d’abord, le pont supérieur

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Les prises de vue sont en léger grand-angle, mais ça reste quand même assez spacieux.

Le pont inférieur n’est pas en reste. En fait, il semble faire exactement la même taille ! Comme vous pouvez le constater, c’était en travaux au moment de notre visite, mais tout doit être achevé maintenant et nous bénéficieront d’un plancher neuf !

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Cette dernière photo est prise depuis l’avant (mais il reste un peu de place derrière moi), alors que celle du pont supérieur l’était depuis l’arrière.

Pour soumettre votre proposition

Comme pour les “Scrum Night” précédente, nous vous proposons de faire poster vos propositions sur IdeaScaleUne catégorie spécifique à notre évènement “Scrum Boat” y a été ouverte.

L’évènement a aussi été créé sur Meetup (http://www.meetup.com/frenchsug/ ) ; comme une petite participation sera demandée, il faudra passer par la billetterie qui sera aussi ouverte dès que possible.

Si vous avez des questions, vous pouvez joindre le Scrum User Group à orateur (at) frenchsug (dot) org

Agile Playground #7 (en images) !

A peine terminé le ScrumDay, nous voici de retour aux affaires, ou plutôt à l’agile playground ! Le rituel est rôdé et je tire mon chapeau aux organisateurs de tenir le rythme et la distance !

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Pas d’enregistrements avec les balles de ping-pong, cette fois !

On rentre rapidement dans le vif du sujet, 2 sujets nous sont proposés :

  • Emilie et Julien nous proposent “La Crevasse” un jeu proposé par un alpiniste lors d’Agile Games France
  • Oana nous propose un “Pizza Kanban Game”.
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Entre l’attrait de la nouveauté et un jeu éprouvé mais de qualité, le choix semble cornélien.

Pour ma part je penche vers la nouveauté. Va pour La Crevasse, même si je n’ai pas le début d’une idée de ce que cela peut être…

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Faites-vous pleinement confiance aux personnes avec qui vous travaillez ? Etes-vous convaincus qu’ensemble nous pouvons dépasser nos objectifs ?

Ce jeu très simple se joue en 3 phases :

  • On se donne des objectifs (des largeurs de crevasse)
  • On se choisit un binôme
  • On franchit une crevasse matérialisée par deux bandes de papier adhésif en s’arc-boutant l’un à l’autre.

… Puis on recommence avec des largeurs de crevasses supérieures, jusqu’à les franchir toutes ou que mort s’ensuive (bon, peut-être pas…)

C’est une activité simple, qui ne donne peut-être pas quelque chose toute seule, mais peut servir à s’engager physiquement avant un travail exigent ou lorsque l’on va devoir opérer ensemble et que la confiance n’est pas encore acquise.

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C’était très court, mais instructif. On a terminé comme on termine d’habitude, comme vous pouvez le voir…

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Je n’ai pu résister à ce dernier clin d’oeil : Arnaud se campe à 30 centimètres de mon objectif ! Je ne me dégonfle pas et le prends en photo. Damnation ! Le bougre est photogénique …

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Nous archevons ici cette nouvelle soirée de l’agile playground. Le mois de Mai est parsemé de jours fériés et de ponts, mais j’espère que nos chers organisateurs trouveront le moyens d’y programmer l’épisode 8 !

ScrumDay 2013 (en images) 4/4

Voici le 4ème opus de ma couverture du Scrum Day. J’ai été un peu ambitieux en pensant couvrir 4 posts. Celui-ci sera donc plus court. Vous trouverez les posts précédents :

  • Ici pour le début de matinée.
  • Ici pour la fin de matinée et le début du tour des partenaires.
  • Et enfin là pour la fin du tour des partenaires et le début d’après-midi.

Je n’ai pas aussi bien couvert l’après-midi que je l’aurais dû. Mon arrêt suivant sera la table ronde de Thomas Lissajoux sur la gestion de portefeuille agile.

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L’exercice d’animation d’une telle session est plutôt difficile, mais je fais confiance à Thomas pour cela. En fait, pour vous en rendre compte, il suffit de voir la vidéo de la session accessible en ligne.

Il va être temps de regagner l’amphitéatre Descartes pour la keynote de fermeture de ce ScrumDay 2013.

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<Certaines personnes s’étonnaient de voir un médecin venir nous parler d’agilité et plus encore faire notre keynote de clôture ! Dominique Dupagne nous a emenné faire un voyage depuis le système immunitaire vers la formation de notre cerveau pour nous conduire vers le système d’organisation des primates.

Nous n’avons pas inventé l’agilité. La nature l’applique avec succès depuis bien plus longtemps que nous. C’est ce que nous révèle Dominique Dupagne, avec bien plus de talent que je n’ai pu le faire ! Mais le sytème d’organisation naturel des grands primates est le système hiérarchique, qui porte en lui les germes de sa propre destruction. L’approche agile en est le remède, mais il demande efforts et dévouement pour s’imposer.

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Fi de mes explications fort peu convaincantes, voyez plutôt la vidéo de sa prestation : 20 minutes de régal !

Cette nouvelle page du Scrum Day est presque tournée. Il nous reste à remercier nos partenaires et toutes les personnes qui nous ont aidé à organiser cette journée.

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Comme l’an dernier, nous avons invité ces personnes à échanger autour d’un verre. IBM a mis à notre disposition une terasse située au second étage. Un lieu peut-être moins magique que le précédent, mais un excellent moment de convivialité après le stress de la journée.

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Nous avions le lei jusqu’à 22h00, donc “enjoy et relax” !

J’espère que Véronique ne m’en voudra pas de placer cette dernière image dont je trouve qu’elle conclut bien cette journée.

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Voilà, cette fois, c’est vraiment fini !

Il nous restera d’autres occasions de profiter de cette excellente journée : les supports de présentation seront mis en ligne bientôt. De même les sessions filmées ainsi que le reportage mené par Véronique Messager seront mis à disposition dès que possible !

Pour les plus pugnaces, nous nous retrouveront dès le mois de Mai pour un “Scrum Boat” juste avant Agile France (qu’il ne faut pas non plus rater).