Note de lecture : More Agile Testing, par Janet Gregory & Lisa Crispin

Note : 4 ; Pléthorique, mais toujours et encore trop verbeux.

Ce nouvel opus, de prime abord semble avoir pas mal de points communs avec le premier tome. Le plus important est la taille : ici encore il s’agit de 500 pages environ. Plutôt qu’une suite du premier volume, le thème serait plutôt « les auteurs n’ont pas tout dit » ! Si le volume précédent était majoritairement guidé par les cadrans de Brian Marrick, ici l’approche est plus thématique.

Le volume nous propose 25 chapitres, regroupés en 8 parties. La première d’entre-elle, sobrement intitulée « introduction » ne compte que 2 chapitres sur 25 pages. Le premier est consacré aux évolutions des pratiques durant les 10 années qui ont séparé les 2 volumes. Une synthèse juste et plutôt bien faite qui évoque par exemple le test d’applications mobiles ou les pratiques de test d’acceptation. Le second chapitre met un coup de zoom sur l’importance de la culture de l’organisation. C’est un aspect qui avait été peu (ou pas) évoqué précédemment.

La seconde partie « learning for better testing” va regrouper 4 chapitres sur un peu plus de 60 pages. Le chapitre 3 dédié aux rôles et compétences comprend des sujets tels que les profils généralistes versus spécialistes, donc bien sûr une évocation des profils en « I » et en « T » qui m’a toujours semblée un peu bateau et de la pluridisciplinarité. Donc, pas tant de choses nouvelles ou originales au final. Les « thinking skills » évoquées au chapitre m’ont semblées plus intéressantes : la facilitation, l’écoute, la connaissance du domaine pour n’en citer que quelques-uns sont replacés dans le contexte d’une activité de test. Une prose qui pourra s’avérer utile pour le recrutement de vos prochains testeurs.

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Note de lecture : L’art de devenir une équipe agile, par Claude Aubry, illustré par Etienne Appert

Note : 8 ; Une réussite !

Je pense qu’à un moment donné, Claude Aubry en a eu marre d’être enfermé dans Scrum. Au bout de 5 éditions de son best-seller, on le serait à moins. Ici c’est de culture agile dont il est question (bien que le cadre s’appuie très fortement sur Scrum).

Le format de l’ouvrage est atypique : la taille est large mais ne compte que 170 pages, bien que le grammage du papier laisse penser qu’il en contient 250. L’impression est bichromique, mais surtout les illustrations d’Etienne Appert se taillent la part du Lion. On aurait presque l’impression de lire « Martine s’essaie à l’agilité ». Si le texte de Claude forme la portion congrue (bon j’exagère un peu), il a en fait déployé tout son talent, car on savait déjà qu’il savait écrire, pour condenser son propos en peu de mots sans qu’il en coûte en fluidité de lecture. Un magnifique tour de force !

Le texte compte 7 chapitres et débute par une question cruciale : pourquoi devenir agile ? On y parle valeurs et principes, raison d’être et sens, le tout saupoudré d’un peu d’historique. Mais on y évoque aussi le faux-agile et une démarche pour réellement devenir agile s’appuyant sur l’agile fluency. Le tout est abondamment illustré, d’images mais aussi d’exemples, avec les « lapins agiles ». C’est excellent.
Le second chapitre aborde la question cruciale de l’équipe. Et l’auteur de nous proposer l’acronyme TAPIS pour résumer les propriétés d’une équipe agile. Claude Aubry aura été très créatif en acronymes tout au long du livre et ils sont très bons. Claude, c’est un peu notre Mike Cohn français. L’auteur s’appuie sur Scrum pour aborder les rôles dans l’équipe, alors même qu’il nous avait dit qu’il serait agnostique. L’angle se défend car l’alternative serait d’être trop abstrait. J’aurais aimé deux mots sur « compétences versus rôles », mais j’accorde un bon point à la section consacrée à la confiance. Encore une fois le chapitre est remarquable de clarté et d’efficacité, mais c’est vrai pour tout le livre.

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Note de lecture : Rupture Douce saison 02, par Laurent Sarrazin edt.

Note : 3 ; Toujours hétéroclite mais quelques petites choses à garder

Ce second volume a suivi de peu le précédant, toujours avec la même recette. Comme pour le premier volume, je trouve celui-ci inégal. J’y vois d’abord le même biais que dans le premier volume : beaucoup d’histoires racontées à la première personne, qui sont d’autant de propos autocentrés plutôt que des récits du point de vue de l’observateur. Malheureusement, ce type d’ouvrage sert avant tout de tribune aux coaches en recherche de publication.

Voilà pour l’aspect déception. Mais il y a aussi des choses à en retirer.
Le « osons jouer » d’Alexandre Boutin, plein d’énergie, de réflexions profonde doublé d’une véritable démarche de gamification.
Alexis et Isabel Monville racontent quant à eux une véritable de changement où se lit une chronologie et une démarche, le tout centré sur le client. Bravo d’avoir joué le jeu !

Dans la lignée de ce que j’ai apprécié dans le texte d’Alexandre, l’éloge de la lenteur productive de Dimitri Baeli a attiré mon attention. Bien sûr, connaissant Dimitri, le propos est centré sur Kanban à l’exclusion de tout autre chose. Même si ce n’est pas mon point de vue, le texte présente assez substance pour se faire apprécier. Et le style est avenant.

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Note de lecture : The Agile Culture, par Pollyanna Pixton, Paul Gibson & Niel Nickolaisen

Note : 6 ; Un “trust-ownership model” intéressant, mais noyé dans d’autres considérations.

J’ai des sentiments mitigés concernant cet ouvrage. La base de celui-ci est le « trust-ownership » model, qui occupe le début du livre… Oui, mais le reste ? Eh bien pour le reste, c’est en partie du recyclage du purpose alignement model et d’autres considérations certes intéressantes mais qui ne se raccrochent pas forcément directement au sujet principal.

Le volume se présente sur 210 pages, auxquelles il faut rajouter une vingtaine de pages d’annexes (par ailleurs bien faites). L’ensemble est benoitement découpé en 9 chapitres. Le premier d’entre-eux introduit justement celui-ci sur une dizaine de pages. On en prend pour une trentaine au second chapitre. Ici, il s’agit de détailler les 4 quadrants du modèle. La tension entre l’appropriation de l’organisation par l’équipe et la confiance du manager est un équilibre délicat qui recèle des écueils. Ce chapitre est probablement l’un des plus riches de l’ouvrage.

Le chapitre 3 « building trust and ownership”, évoque à l’aide de questions, la manière d’échapper aux quadrants « failure », « contrôle » et « conflicts ». Il n’apporte pas réellement de réponses, mais propose des questions qui peuvent servir de cadre de réflexion. Disons que l’on est en « mode coaching » … Le chapitre 4 « trust tools » était l’une de mes plus fortes attentes du texte. Je reste sur ma faim, le texte apporte des voies qui sont connues depuis bien longtemps : ne pas décider à la place de l’équipe, donner le droit à l’erreur, etc.

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Note de lecture : Le Mini-Book Cynefin, par Greg Brougham

Note : 3 ; Malheureusement, introduit plus de confusion qu’il n’éclaire.

J’utilise beaucoup le modèle Cynefin pour introduire la notion de complexité lors de mes introduction à l’agilité. Ce mini-book était pour moi l’occasion de découvrir une manière de l’aborder et de comprendre le framework plus en profondeur. Au final il s’agit d’avantage pour l’auteur de promouvoir les outils de cognitive edge que de développer le propos de Dave Snowden. Malheureusement également, la traduction française m’est apparu très poussive. Heureusement que je possède aussi la version originale !

Le livre est plutôt court, avec 58 pages (un mini-book comme stipulé dans le titre), découpé en 5 parties. Le framework Cynefin expliqué en occupe une dizaine de pages. C’est probablement la partie la plus intéressante. Elle développe la différence entre systèmes ordonnés et désordonnés. Mais il termine toutefois avec des concepts dont je ne comprends pas tellement comment ils se raccrochent au framework comme « l’obliquité » (toutefois intéressant) et le résolution de conflits !
La seconde partie est consacrée au narratif. Il y est question du narrative inquiry. Là aussi je ne parviens pas à raccrocher cela au Cynefin, mais je note le concept, qu’il me faudra creuser.

En troisième partie, on parle de « sense making ». L’auteur y développe la notion de contextualisation à l’aide de logique abductives (si, si). Sur ce principe, il développe la contextualisation qu’il préfère au VSM (value stream mapping). On y propose aussi un exercice de contexte partagé à l’aide narratif. C’est en quelque sorte du teasing pour Cognitive Edge car on n’y comprends pas grand chose…

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Note de lecture : Rupture Douce, saison 01, par Laurent Sarrazin edt.

Note : 3 ; Hétéroclite.

Laurent a invité de nombreux coaches à contribuer à cet ouvrage collectif. Il m’avait d’ailleurs invité également, je me suis contenté du rôle de relecteur. L’objectif était de constituer une grande fresque d’histoire de transitions agiles ou les propos des différents auteurs s’entremêleraient et se répondraient. Cela faisait d’ailleurs partie des contraintes de l’exercice : 3 références vers d’autres histoires.

En pratique, ce fut l’occasion pour nombre de ces coaches de se donner de la visibilité en inscrivant leur nom sur un livre. En soi rien de choquant : se rendre visible fait partie du business, je le fais aussi ! Malheureusement la fresque n’est pas si cohérente qu’on pourrait l’espérer : les histoires n’en sont pas toujours, le propos tourne assez régulièrement à l’auto-publicité dans des textes employant abondamment la première personne. Fort heureusement, la plupart de ces textes font moins de 10 pages, mais certains d’entre eux paraissent beaucoup, beaucoup plus longs ! Il faut dire que certaines productions, et malgré les relectures, manquent franchement de qualité rédactionnelle. C’est même parfois carrément pompeux, Claude Aubry a d’ailleurs haussé la voix lors des relectures à ce sujet.

N’allez pas croire que tout est à jeter. Il y a beaucoup de contributeurs à ce livre, des contributions courtes, je l’ai dit. C’est la bonne nouvelle : on a droit à beaucoup de variété et quelques pépites dans le tas. Je pense à Jean-Claude Grosjean et Damien Thouvenin, par exemple. Mais aussi à Axel Villechalane. Véronique Messager est égale à elle-même, mais Claude Aubry est un peu décevant lorsque l’on connaît ses qualités rédactionnelles.

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Note de lecture : Agile Testing, par Lisa Crispin & Janet Gregory

Note : 3 ; Un complément indispensable aux projets agiles, mais bien lourd à digérer !

Les ouvrages traitant des projets en mode agile évoquent le plus souvent les tests d’acceptation d’une manière un peu globale en évoquant d’une part qu’il faut les faire et d’autre part qu’il est pertinent de commencer par les écrire afin de travailler en mode « ATDD ». C’est bien mais un peu succinct.

Ce livre prend une toute autre optique : prenez un testeur, un vrai, avec beaucoup d’expérience dans des contextes classiques. Plongez-le (ou « la » en l’occurrence ici, ici) au sein d’une équipe agile, avec pour mission d’adapter ses pratiques à l’esprit et à la façon de travailler de cette équipe. Tirer de ce travail de nouvelles pratiques et de nouveaux savoir-faire est l’objet de cet ouvrage !

Si l’idée est bonne, avec un texte ciblé vers le testeur, j’y trouve beaucoup de redondances avec ce que l’on connaît ou est déjà écrit ailleurs dans la littérature agile. Toute la première partie est consacrée à ces généralités. Bref, mauvaise pioche pour les 35 premières pages.

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Note de lecture : Conscious Software Development, par Jeff McKenna

Note : 6 ; Fugues introspectives sur 50 ans de carrière.

Si vous attendez un bon vieux livre offrant plein de réponses, vous vous êtes trompé de titre : celui-ci vous laissera avec beaucoup plus de questions une fois la dernière page tournée. Le texte n’est pas à proprement parlé centré sur l’agilité, mais il tourne néanmoins autour de ce thème. Il s’agit plutôt de la substantifique moelle de 50 ans d’expérience, d’introspection et de réflexion sur le savoir être d’un développeur … agile ! De l’aveu même de l’auteur, la posture et la sensibilité de ce dernier ne correspondra pas à tout le monde. Curieusement, je m’y suis toutefois retrouvé très souvent !

Avec ses 100 pages (hors introduction et hors annexes), l’opuscule est vraiment court. Il s’agit d’ailleurs d’un recueil de blog post, plus que d’un ouvrage en tant que tel. On comptera 19 d’entre-eux. Difficile de parler de tous. Voici un extrait de mon cru.

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Note de lecture : Elastic Leadership, par Roy Osherove

Note : 6 ; Pour mettre le pied à l’étrier au team leader qui débute.

Roy Osherove fait partie de communauté  » craftsmanship « . Cependant, cet ouvrage cible plutôt les managers opérationnels, ceux qui sont en contact avec les équipes. C’est en fait la seconde édition de l’ebook paru chez Leanpub : Note to a Software Team Leader. Le texte d’un peu plus de 200 pages est divisé en 5 parties, mais essentiellement les 4 premières d’un côté (120 pages) et la 5ème de l’autre (les 85 restantes).

Les 4 premières parties sont elles-mêmes structurées en 10 chapitres. Pour la première d’entre-elle, il s’agit de 3 chapitres couvrant 30 pages en tout, qui dressent le panorama de ce que l’auteur appelle  » l’elastic leadership « . Le premier totalise 10 pages et est consacré au  » team leader manifesto « . L’auteur y raconte sa propre histoire de transition en position de management. Le manifeste lui-même tient en 3 points :

  • Challenger l’équipe pour la sortir de sa zone de confort.
  • Adapter son style de management au contexte. C’est le fameux  » elastic  » qui sera couvert par la suite.
  • Interagir avec l’équipe et pas seulement avec sa machine de développement.

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Note de lecture : Liftoff second edition, par Diana Larsen & Ainsley Nies

Note : 5 ; Un fond intéressant, mais une forme  » trop dans le processus  » à mon goût.

Diana Larsen est l’un des auteurs de  » Agile Retrospectives « . Dans une certaine mesure, ce volume se veut le pendant du premier sur l’aspect lancement de projet. L’ouvrage est assez sommaire, il ne compte que 115 pages structurés en 8 chapitres.
Liftoff ne donne pas de  » recette magique  » pour réussir le décollage d’une équipe.

  • L’approche s’articule autour de 3 éléments qui constituent le  » charter  » :
    Purpose : La finalité, la mission de l’équipe.
  • Alignment : Une boussole unique et des valeurs communes pour guider l’équipe au jour le jour.
  • Contexte : L’élément le plus mouvant (donc qu’il faudra réajuster) pour définir le cadre, la structure organisationnelle et les liens avec les personnes ou les équipes annexes.

Le premier chapitre se focalise sur la préparation du Liftoff : quel agenda ? A quelle questions on veut répondre ? Qui inviter ? Les auteurs ont pris le parti de terminer chaque chapitre par une histoire écrite par un contributeur, illustrant le thème développé. Curieusement, assez peu d’entre elles sont réellement intéressantes. C’est le cas ici. Toujours à titre préparatoire, le chapitre 2 évoque l’environnement d’apprentissage. Plus spécifiquement, le propos tourne autour du Human System Dynamics (HDS) et surtout des 5 règles de l’apprentissage (un autre ouvrage de Diana Larsen).

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