Note de lecture : Java by Comparison, par Simon Harrer, Jörg Lenhard & Linus Dietz

Note : 6 ; Craftsmanship, niveau junior

Le code de qualité, il faut bien commencer à l’écrire un jour. Et ce jour, ce peut être sur les bancs de l’université. C’est ce qui a motivé en premier lieu l’écriture de ce texte. Contrairement aux classiques du Craftsmanship qui s’adressent au développeur aguerri, celui-ci s’adresse au débutant et la progression des chapitres reflète cela.

C’est un texte assez court, qui n’excède pas 165 pages et compte 9 chapitres au long desquels sont distillés 70 exemples, toujours présentés de la même façon : une page avec le code « avant » auquel fait face le code « après » sur la page en vis-à-vis, agrémenté de quelques explications, mais le tout contenu dans ces deux pages. Le premier chapitre adresse des basiques de clarté du code, sur une vingtaine de pages, soit 8 exemples, qui vont des formulations booléennes à la notion de symétrie du code. Tout cela reste très simple, mais nécessaire à couvrir pour le débutant. On remarquera toutefois une approche « opiniated » qui persistera tout au long du livre, mais cela me semble normal.

On passe la seconde avec le second chapitre. Cela continue sur des questions de clarté, par exemple avec les énumérations, mais aussi de code sain, notamment à propos des itérations. Tout ceci est couvert en 8 exemples également. Alerte maximum pour le chapitre 3 dédié aux commentaires ! Ce sont même 10 exemples qui figurent ici. Mais, oh soulagement, les 4 premiers nous suggèrent d’éliminer les commentaires redondants. Finalement on fait dans le bon sens.

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Note de lecture : Software Design X-Rays, par Adam Tornhill

Note : 5 ; De la difficulté d’écrire une suite à un livre qui sort du lot !

C’est vrai, « Your code as a crime scene » m’avait laissé pantois : utiliser le gestionnaire de version comme une machine à remonter dans le temps (ce qu’il est, en fait) nous avait fait découvrir de nouvelles façons de regarder le code, d’en tirer des informations et des enseignements. Ce volume se veut le prolongement de cette nouvelle manière de penser. Malheureusement, comme nous allons le voir, il tombe un peu court pour cela.

Le succès du volume précédant a donné un petit extra à cet opus-ci : il est imprimé en couleur. De fait, ses 210 pages (hors annexes) contiennent moult illustrations. La structure du livre compte 10 chapitres également répartis sur deux parties. La première d’entre-elle s’intitule « prioritize and react to technical debt » et couvre environ 90 pages. Elle s’ouvre sur un premier chapitre d’une douzaine de pages pour nous expliquer pourquoi la dette technique n’est en fait pas technique ! Le propos de l’auteur est de nous amener à comprendre que la dette technique est en fait de la dette organisationnelle et qu’il est nécessaire de se focaliser sur les parties de code qui ont le plus fort « taux d’intérêt ». L’idée est intéressante, mais le propos est loin d’être direct et bien que j’adhère au propos, je suis loin ici de la révélation.

Justement, le second chapitre nous conduit vers la notion de code à fort taux d’intérêt. Il nous en coûtera une vingtaine de pages. Cette notion, l’auteur la calcule en combinant la fréquence de changement avec la complexité du code. Certes le chapitre développe un peu cela, mais je n’y trouve rien d’extraordinaire. Le chapitre 3 développe une notion déjà abordée dans le livre précédant : les « co-changing files », ou couplages temporels entre fichiers n’ayant pas de dépendances ! Si l’auteur s’étend plus sur les causes et remèdes, je n’y trouve pas non plus d’effet de découverte.

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Note de lecture : Reinventing Organizations, par Frédéric Laloux

Note : 8 ; Riche et passionnant (malgré des répétitions), mais un peu trop « Hare Krishna » pour moi…

Difficile d’échapper au monument de Frédéric Laloux quand on parle d’entreprises libérées. Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de recherches de la part de l’auteur. C’est ainsi qu’il a imaginé un modèle de stades évolutifs des entreprises allant du rouge (et même de l’infra-rouge) à opale. Le texte analyse, en s’appuyant sur de nombreux exemples, le passage entre ces différents stades évolutifs. Mais c’est surtout le dernier stade évolutif, opale, qui retient l’attention de l’auteur à partie de la seconde partie de l’ouvrage.

Le texte en lui-même est assez conséquent : il compte plus de 450 pages structurées en 3 parties totalisant 15 chapitres. A cela, il faut ajouter une solide introduction sur les origines du livre et les recherches qui l’ont soutenu et 4 annexes. La première partie est dévolue au passage des différents stades évolutifs. 65 pages lui sont consacré sur 3 chapitres. Le premier chapitre s’attache aux progressions entre stades évolutifs depuis le stade infra-rouge (réactif) au stade vert (pluraliste). Pour définir ces différents stades, c’est sur les paliers d’évolution des sociétés humaines que s’est appuyé l’auteur. Un parallèle tout à fait intéressant qui aide à appréhender ces paliers.

Le second chapitre est plus court et se focalise sur les passages entre stades. Des passages qui sont autant de ruptures et même de crises. Le facteur déterminant des passages de ces ruptures, c’est le dirigeant, sa capacité, sa volonté et souvent son courage de décider de faire autrement en faisant un pas vers l’inconnu. Le dernier chapitre de cette première partie est dédié aux organisations opales. Cela commence légèrement à sentir la consommation de substances prohibées quand l’auteur parle de « sagesse au-delà du rationnel » et de « quête de soi ». Mais intéressant quand même.

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Note de lecture : Leadership sans égo, par Bob Davids, Isaac Getz & Brian M. Carney

Note : 5 ; L’entreprise libérée colorée à la pensée capitaliste.

Tout d’abord, deux mots des auteurs. Le teneur principal des propos, c’est Bob Davids. Il apparait dans « Liberté & Cie » car il est le fondateur de Sea Smoke évoqué dans l’ouvrage. Bob Davids n’est toutefois pas l’un des rédacteurs, ses propos sont issus de plus de 100 heures d’interviews avec Isaac Getz et Brian Carney.

Ce livre est un abécédaire. C’est un format peu conventionnel, mais nous l’avons déjà rencontré : c’est le format qu’avait adopté Robert Townsend dans « au-delà du management » (Up the organization). De fait, Bob Davids est un disciple de ce dernier. Robert Townsend était même chairman du conseil d’administration de son avant-dernière entreprise, Radica, qi’il avait implanté en Chine. D’ailleurs, bien qu’il ait été aux commandes de 5 entreprises durant sa carrière (Bob Davids est maintenant à la retraite, aux Bahamas), ce sont uniquement les deux dernières, Sea Smoke et Radica dont il est question. Occasionnellement, il reviendra sur les premières heures de son parcours professionnel où il fut Designer industriel, notamment chez Général Motors.

Il n’y a pas de chapitres à ce livre, je vais donc me contenter de picorer quelques réflexions au long de cet abécédaire. Tout d’abord, l’entrée « Café » où il met en exergue deux axes forts : être respecté et faire preuve d’équité. Ce dernier point est souvent en tension avec le désir d’être aimé, mais Bob Davids troque « aimé » contre « équité ».

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Note de lecture : Host Leadership, par Géry Derbier & Laurent Sarrazin

Note : 5 ; Un style plus “coach” que captivant.

Ce petit livre en français se veut le complément (mais pas le remplaçant) du texte de Mark McKergow. Petit il l’est avec ses 139 pages sur 12 chapitres (hors annexes). Le fil du livre entrelace deux contenus. Le premier est narratif et s’appuie sur l’histoire d’une invitation à une randonnée dans le beaujolais par Emmanuel. Le second fil nous est proposé par les auteurs sur un thème plus pratique, en mode coaching.
Pratique, l’ouvrage l’est par les nombreuses sollicitations sous forme de questions et les exercices pratiques qui viennent ponctuer la lecture. La formulation en « mode coaching » rend de mon point de vue la lecture moins agréable que s’il s’était agi d’une conversation plus intime avec le lecteur. Mais la substance est là.

Le volet narratif nous réserve des remarques intéressantes sur le vécu de la posture d’hôte. Toutefois l’illustration par la randonnée dans le beaujolais est trop allégorique pour moi. Le Host Leadership est déjà une métaphore. J’aurais aimé que le texte nous illustre plus clairement comment cela prend forme dans le cadre professionnel. Certes, cela est évoqué dans la partie « pour managers et équipe », mais il est dommage d’attendre la page 93 pour obtenir l’illustration pour laquelle nous sommes venus…

La grande qualité du livre réside dans l’efficacité de son propos : chacun des 6 rôles et des 4 places sont décrites chacun en quelques pages. Un bon point pour la section « les mouvements » qui nous permet bien d’identifier pour chacun des 6 rôles les interventions et les mises en retrait. Par contre je suis moins fan des sections « #pausezvous ». Elles n’ont pas à l’écrit le même impact qu’en coaching live, je trouve.

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Note de lecture : Le patron qui ne voulait plus être chef, par Alexandre Gérard

Note : 8 ; Un petit livre explosif qui n’a pourtant l’air de rien !

Il ne paie effectivement pas de mine ce petit ouvrage au format de poche comptant à peine 220 pages. Il comte l’expérience du PDG de Chrono Flex ou plutôt du groupe Innov’On tel qu’il l’est devenu, vu de sa lucarne.

L’ouvrage s’articule en 4 parties et compte au total 17 chapitres. Ces derniers servant surtout à rythmer la lecture. La première partie couvre une cinquantaine de pages, soit 5 chapitres. Cette première partie relate l’histoire personnelle de l’auteur, le dirigeant et créateur de Chrono Flex. C’est haut en couleur, avec de l’échec scolaire gratiné, la création d’une entreprise aux antipodes de ce qu’il pensait faire, une croissance formidable avec l’essaimage d’autres entités… Cette partie nous fait toucher du doigt la personnalité d’Alexandre Gérard où se voient les prémices de la libération, mais dans le même temps une mise en place de structure pyramidale. Jusqu’au moment où tout s’effondre en 2009. Il n’est pas question de faux-semblants dans cette partie ou d’édulcorer la réalité. Cette partie se conclut sur un moment charnière : la révélation avec la rencontre avec Jean-François Zobrist.

La seconde partie Couvre seulement une quarantaine de pages, sur 3 chapitres. C’est au sein de celle-ci que nous est comptée l’histoire de la transformation de Chrono Flex. C’est un long chemin qu’a entamé l’entreprise et son fondateur. Celui-ci a dû travailler sur lui à l’aide d’un coach pour comprendre l’impact de sa posture, puis changer celle-ci. Il a fallu construire un Vision à l’entreprise, une raison d’être, avec tous ses salariés. Puis abandonner les signes de pouvoir, aussi bien externes qu’organisationnels. Ensuite il a fallu lancer des chantiers au niveau de l’organisation et faire émerger des leaders, les « capitaines » de petites entités régionales pendant que les anciens managers allaient devoir se réorienter. Tout cela aidé de coaches et de facilitateurs. C’est le « grand saut en parachute ». Enfin le plus grand saut : Alexandre Gérard a abandonné la barre du navire pour faire le tour du monde avec sa famille durant 1 an ! Une odyssée passionnante que l’auteur nous fait vivre de l’intérieur.

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Note de lecture : Parler en public : TED: le guide officiel, par Chris J. Anderson

Note : 7 ; Les guidelines des conférences TED et l’inspiration de leurs orateurs, mais pas de recette magique !

Pas de recette pour devenir un bon orateur ? Vraiment ? En effet, et c’est une bonne chose. Cet ouvrage qui recèle tout ce que Chris Anderson a à dire pour délivrer une excellente conférence TED nous livre quand même une excellente boite à outil. Nous parlons ici de conférence TED, car on se concentre exclusivement sur ce format dont la propriété essentielle est la durée : 18 minutes maximum.

L’opuscule que nous tenons entre les mains rappelle le guide Michelin par son format et noircit 340 pages structurées en 5 parties au sein desquelles on trouve 21 chapitres. Je parle de « noircir » car le contenu est exclusivement textuel. La première partie, « les bases » va nous occuper sur un peu plus de 50 pages totalisant 4 chapitres. Le premier chapitre nous rappelle que s’exprimer oralement est à la portée de tous, illustré par le défi de Monica Lewinsky ou de Richard, jeune guerrier Massaï venu exposer sa trouvaille pour éloigner les lions ! Le second chapitre est consacré à l’idée : trouver l’idée qui mérite d’être partagé, la développer mais aussi la rendre accessible dans un langage accessible sans être abêtissant. La performance n’est pas tout : le langage compte et il faut le travailler.

Chris Anderson se débarrasse au chapitre 3 de 4 types d’interventions à proscrire : les bonimenteurs, qui viennent vanter leurs mérites ou ceux de leur entreprise, les delayeurs, qui se perdent en vaines considérations, le pensum qui perd de vue l’objectif de l’intervention et les « inspirationalistes » qui sont plus des prêcheurs que des orateurs et en font trop. Cette partie se conclut par le fil conducteur. Celui-ci nous ramène aux fondements du story-telling, nous obligeant à choisir une accroche et à faire des choix sur ce dont nous voulons parler.

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