Note de lecture : L’art de la guerre, par Sun Tzu

Note : 7 ; Un classique intemporel, mais aussi une source d’inspiration pour la stratégie des entreprises !

Livre mythique par un auteur … Eh bien, dont on ne sait même pas s’il a vraiment existé ! Il existe de nombreuses éditions de ce livre et tout autant de traductions. Celle-ci semble n’être pas la plus mauvaise.

L’introduction, par exemple, nous redonne le contexte social et militaire : là où Sun Tzu promeut une guerre sans bataille, la réalité des guerres médiévales sont des batailles faisant des centaines de milliers de morts ! Comme tout ouvrage de ce type, l’introduction est un peu longue, une cinquantaine de pages avant d’arriver aux 13 chapitres du texte principal. Ce texte principal ne couvre que 40 pages ! Les « commentaires suivis » s’étendent eux sur 200 pages, également structurés suivant les mêmes 13 chapitres. Le premier d’entre eux ne couvre que 3 pages et introduit les 5 facteurs de la victoire et les conditions pour l’emporter (le mensonge).

Au chapitre 2 « les opérations » nous apprend peu de choses transposables à l’époque moderne, si ce n’est l’importance de la maîtrise du facteur temps. Dans « combattre l’ennemi dans ses plans », Sun Tzu nous énonce les 5 cas où l’on peut prévoir la victoire, ils sont pour plus de la moitié encore largement d’actualité. L’évitement de l’engagement est par ailleurs un thème récurrent de Sun Tzu. C’est un thème qui revient d’ailleurs dans le chapitre suivant « les formations militaires ».

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Note de lecture : Team Topologies, par Matthew Skelton & Manuel Pais

Note : 9 ; Un framework résolument Lean et pragmatique pour repenser l’organisation IT du 21ème siècle à la lumière de la loi de Conway. Book of the year 2020 !

Existe-t-il des règles ou des guides pour structurer une organisation en équipes selon des principes agiles ? On ne manque certes pas de textes qui, en cherchant à investir le domaine de l’organisation nous abreuvent de principes aussi flous que péremptoires. Mais dès qu’il s’agit d’entrer dans le concret, il n’y a plus rien, si ce n’est la « loi de Conway » qui accuse maintenant plus de 53 ans ! C’est bien à ce sujet que s’attaquent les auteurs. Ils s’appuient justement sur la loi de Conway pour développer le modèle qu’ils proposent et développent dans ces pages.

L’ouvrage n’est guère imposant avec son moyen format et ses 185 pages toutefois imprimées en couleur ! La lecture est rythmée par 9 chapitres rassemblés en 3 parties. Mais n’oubliez pas de lire d’abord la préface qui vous livre le modèle « team topologies ». La première pépite est ici. La première partie, elle, couvre une soixantaine de pages sur 3 chapitres et annonce la couleur en s’intitulant « l’équipe comme moyen de livrer ». Le premier chapitre serait plutôt une chasse aux anti-patterns, ou plus exactement aux organigrammes organisationnels : Ils ne prennent pas en compte les lignes de communication et sont un obstacle au flux.

Le second chapitre est consacré à la loi de Conway, ou plutôt à ce qu’il coutume d’appeler « la manœuvre Conway inversée », où comment organiser ses équipes en fonction de l’architecture que l’on souhaite. Et dans le cas présent, il est beaucoup question de microservices et d’équipes « orientées flux » qui sont la pierre angulaire de l’approche. Le chapitre n’est pas simple à suivre et cela va encore se complexifier au chapitre 3. C’est l’équipe, au singulier, qui est l’objet du chapitre. Le focus est très clair ici : favoriser la formation d’équipes dans la durée en limitant leur taille en se conformant au « nombre de Dunbar ». Mais il s’agit alors de limiter le nombre de domaines (et surtout de domaines complexes à confier à l’équipe.

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The multiplicity of the design space constantly confuses apprentice designers. Given a software design problem, what’s a good solution to it? Events? Objects? Observers? Callbacks? Virtuals? Templates?… The most important difference between an expert software architect and a beginner is the knowledge of what works and what doesn’t.

Andrei Alexandrescu

 

Note de lecture : Kafka : The Definitive Guide, par Neha Narkhede, Gwen Shapira & Todd Palino

Note : 7 ; Pour comprendre réellement Kafka, par ceux qui l’ont fait… Mais probablement hélas dépassé.

Voici un ouvrage qui, s’il n’est peut-être pas le « definitive guide » qu’il promet d’être (je reviendrais là-dessus) va nous permettre de réellement appréhender ce qui est aujourd’hui l’un des joueurs dominant du monde du big data. Qui de mieux placé pour cela que l’équipe qui fut à l’origine du projet chez LinkedIn ? C’est la promesse du livre et elle est bel et bien tenue.

Justement le texte, parlons-en. Ilse présente en 11 chapitres totalisant 280 pages. Il débute classiquement par un premier chapitre « Meet Kafka » qui nous présente la bête en 16 pages. En fait il fait bien mieux qu’une simple présentation. Certes, il évoque les principes généraux du middleware orienté messages, mais surtout ce chapitre permet d’appréhender le principe de la rétention basée sur le disque. Partitionning, réplication et mirroring sont aussi abordés mais ils seront plus développés par la suite. L’installation de Kafka est au cœur du second chapitre. Ou pas exactement, en fait. Certes, le chapitre aborde de manière bien décomposée l’installation de Kafka, mais aussi de Zookeeper. Mais ce qui occupe la plus grande partie des 20 pages de ce chapitre est consacré à la configuration du broker, mais aussi du cluster jusqu’à des questions assez délicates liées à la JVM ou aux écritures sur disque. En réalité, la configuration de Kafka va bien plus loin que cela, mais on est déjà largement au-delà du niveau « premier contact » !

Au chapitre 3, nous nous frottons à l’écriture d’un « producteur », c’est-à-dire de l’alimentation de Kafka, et ce via du code Java. J’ai bien aimé les extraits de code, ni trop courts faute de quoi il nous manque le contexte, ni trop long quand le code utile est noyé dans une litanie. La partie est plutôt complète, intégrant bien sûr la construction et l’envoi d’un message, puis intégrant progressivement, la configuration, la sérialisation avec Avro puis finalement le partitioning. Un régal. Le chapitre 4 lui fait écho en nous livrant le même exercice côté consommateur. Et l’on va assez loin, je dois dire : désérialisation, bien sûr, mais aussi rebalancing, groupes de consommateur et gestion de l’offset de lecture (qui est bel et bien un élément important à gérer côté consommateur).

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Note de lecture : Agile Conversations, par Douglas Squirrel & Jeffrey Frederick

Note : 5 ; Des cadres de conversation essentiels, mais difficiles à appréhender !

Les transformations agiles ne sont pas seulement le fait d’adoption de pratiques, elles passent par des conversations qui favorisent le changement de culture. C’est tout l’objet de ce texte. Il ne s’agit pas de n’importe quelles conversations, mais d’un processus, d’une progression entre 5 types de conversation.

Avec moins de 190 pages et un format réduit, il a tout d’une lecture légère. Mais il n’en est rien, la prose ne s’avale pas d’un trait. L’ouvrage est composé de 2 parties très inégales. La première a une nature plutôt introductive et ne compte que 2 chapitres totalisant 50 pages. Le premier d’entre eux, escaping the software factory est une simple introduction à l’agilité, au lean et au devops. Il a le mérite de poser les principes de ces 3 courants de pensée, avec une mention spéciale aux principes du devops que l’on ne rencontre pas souvent écrits. Le second chapitre « improving your conversations » est une introduction à la seconde partie. Les types de conversation décrits dans cette seconde partie obéissent tous au cadre des « 4 Rs » décrit ici. C’est pour faciliter les deux premiers Rs (record & reflect) que les auteurs utilisent le format de conversation sur 2 colonnes utilisé par la suite et détaillé ici.

La seconde partie propose 5 types de conversations qui forment autant de chapitres. Ils sont à prendre dans l’ordre, car ils forment un édifice où une conversation sert de base à la suivante. Le chapitre 3 nous propose la conversation de la confiance, qui est bel est bien la fondation de l’édifice agile. Le cœur de cette conversation est le « TDD for people », un cycle délimité par l’action et l’observation, mêlant croyance, hypothèse est sens. C’est un concept plutôt difficile à appréhender et plus encore à adopter. Prévoyez de le relire deux ou trois fois.

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Note de lecture : Introduction to Apache Flink, par Ellen Friedman & Kostas Tzoumas

Note : 3 ; Apache Flink pour les executives.

Voici un petit traité qui promettait d’en savoir plus sur Flink en 6 chapitres et à peine une centaine de pages. Le texte me laisse quelque peu sur ma faim, me donnant plutôt l’impression d’un ouvrage dédié aux « executives ».
Le premier chapitre cherche à répondre à la question fondamentale « pourquoi Apache Flink » en 18 pages. On y répond surtout au « pourquoi le streaming processing » dans la première moitié, mais le chapitre se rattrape un peu en donnant les clés du positionnement de Flink par rapport aux autres frameworks de streaming. Bienvenu également, la vue aérienne des API et des librairies sus-jacentes qui expose les vues « batch » et « streaming » de Flink. Mais ce chapitre présente surtout les différents cas d’usages dans différents domaines.

Le second chapitre est d’avantage consacré aux aspects architecture, et met en lumière l’articulation transport / processing. Au moins le propos clarifie l’importance de Kafka dans ce contexte. Mais il manque quand même cruellement de précisions plus concrètes : le reste du texte donne quelques schémas de très haut niveau et d’autres cas d’usage. J’aurais préféré une vision dynamique des fonctionnements en mode stream et batch.

Au chapitre 3, nous allons voir ce que Flink fait. Le sujet est abordé sous l’angle des caractéristiques du framework : gestion des fenêtres glissantes, des états et des « checkpoints ». Littéralement, le chapitre répond bien à ce que fait Flink, mais sans laisser transparaître « comment » il le fait ce qui est quelque peu frustrant.

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Note de lecture : More Fearless Change, par Mary Lynn Manns & Linda Rising

Note : 4 ; Un pattern language organisationnel, qui nous aide à réflechir aux tactiques de changement mais s’avère bien aride à lire !

Publié 10 ans après l’original, ce nouvel opus ne se présente pas comme une seconde édition. C’est pourtant ce qu’il est à mes yeux. Ce sont plusieurs dizaines de patterns organisationnaux qui peuplent les près de 300 pages de cet ouvrage. Car il s’agit bien d’un recueil der patterns, ou plus précisément d’un « langage de patterns » car ceux-ci sont liés les uns aux autre pour former une grande toile.
Je suis un afficionado des patterns de la première heure, mais je dois aussi avouer qu’ils engendrent des livres dont la lecture est plutôt austère. C’est l’objectif qui est aussi malheureusement atteint ici au long des 3 parties de cet ouvrage.

La première partie est aussi la seule à être explicitement découpée en chapitres, 5 en l’occurrence qui couvrent 25 pages. Point de patterns ici, mais les plus notables y sont référencés au sein de cette vue générale bien construite. N’hésitons pas à dire que c’est la partie la plus agréable de l’ouvrage. Chaque chapitre de cette partie adresse un aspect spécifique de la stratégie du changement : établir une stratégie, développer une vision, chercher de l’aide, cibler les résistances etc. Les quelques pages consacrées à chaque sujet sont autant de teasers.
La seconde partie ne compte que quelques pages au sein desquelles les auteurs développent deux histoires de changement. Cela faisait peut-être bien sur le tableau blanc mais tombe à plat une fois couché sur le papier. On aurait tout aussi bien pu s’en passer.

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Note de lecture : Apache Kafka, par Nishant Garg

Note : 3 ; Une introduction rapide (et hélas obsolète) mais qui ne vous conduira pas bien loin.

Si vous n’avez pas le temps, mais alors vraiment pas le temps, ce très court texte pourrait bien être pour vous. En quelques 88 pages et 6 chapitres, il vous met le pied à l’étrier sur la compréhension de base de Kafka. Ca, ce sont pour les bonnes nouvelles. Du côté moins glorieux, sachez que ce court texte est vraiment très mal noté un peu partout et qu’il y a de bonnes raisons à cela. J’ai obtenu cet ebook grâce à une offre promotionnelle de lot et je serais certainement allé dans le même sens si je l’avais payé plein tarif !

De plus l’ouvrage date maintenant terriblement. En 8 ans, Kafka est passé de la version 7 à la version 2.8, ce qui est énorme, sans compter l’écosystème qui s’est formé autour. Passons maintenant (rapidement) le contenu en revue. Le premier chapitre présente Kafka très rapidement. C’est fort succinct, mais au moins les concepts de base sont posés. Plus succinct encore, le chapitre 2 évoque l’installation de Kafka, mais seulement en version développeur / local. La compilation de l’outil est évoquée, mais cela ne parait pas spécialement pertinent, la même information est disponible en ligne.

Passons au chapitre 3 et à la configuration d’un cluster. Cette fois, c’est la version 0.8 qui nous sert de référence ! L’auteur passe en revue 3 configurations de complexité croissante et nous propose de les explorer en mode « hello world ». Bien sûr, on est très loin des informations nécessaires pour la production, ou même à un véritable développement, mais cela correspond au niveau d’information que je cherchais. Au chapitre 4, on nous promet de découvrir l’architecture de Kafka. Cela reste très haut niveau, du niveau décideur, mais là encore cela correspondait à mon besoin. On y évoque les partitions, le miroring et la réplication façon Powerpoint.

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