Note de lecture : L’art de la guerre, par Sun Tzu

Note : 7 ; Un classique intemporel, mais aussi une source d’inspiration pour la stratégie des entreprises !

Livre mythique par un auteur … Eh bien, dont on ne sait même pas s’il a vraiment existé ! Il existe de nombreuses éditions de ce livre et tout autant de traductions. Celle-ci semble n’être pas la plus mauvaise.

L’introduction, par exemple, nous redonne le contexte social et militaire : là où Sun Tzu promeut une guerre sans bataille, la réalité des guerres médiévales sont des batailles faisant des centaines de milliers de morts ! Comme tout ouvrage de ce type, l’introduction est un peu longue, une cinquantaine de pages avant d’arriver aux 13 chapitres du texte principal. Ce texte principal ne couvre que 40 pages ! Les « commentaires suivis » s’étendent eux sur 200 pages, également structurés suivant les mêmes 13 chapitres. Le premier d’entre eux ne couvre que 3 pages et introduit les 5 facteurs de la victoire et les conditions pour l’emporter (le mensonge).

Au chapitre 2 « les opérations » nous apprend peu de choses transposables à l’époque moderne, si ce n’est l’importance de la maîtrise du facteur temps. Dans « combattre l’ennemi dans ses plans », Sun Tzu nous énonce les 5 cas où l’on peut prévoir la victoire, ils sont pour plus de la moitié encore largement d’actualité. L’évitement de l’engagement est par ailleurs un thème récurrent de Sun Tzu. C’est un thème qui revient d’ailleurs dans le chapitre suivant « les formations militaires ».

La puissance stratégique, sujet du chapitre 5, nous rappelle que les principes de stratégie militaires de cette époque ne sont pas si éloignés que cela de nos considérations d’organisation : faire bouger une foule comme on déplacerait une petite troupe… « vide et plain », au chapitre 6 nous invite à ne pas adopter de recette toute faite, mais à s’adapter à l’infinie variété des situations. De l’agilité avant l’heure ! Dans « l’engagement » au chapitre 7, il est certes question de mouvements de troupe (et de na pas se couper de son approvisionnement) mais aussi de permettre une issue à un ennemi encerclé. Un conseil qu’il faut continuer de pratiquer de nos jours.

Les 9 retournements du chapitre 8 ne nous apprennent pas grand-chose, d’autant plus qu’ils ne sont pas énoncés. Passons. Le chapitre 9, « l’armée en campagne » vaut surtout par les préceptes énoncés quant aux comportements de l’ennemi : ils paraissent intemporels. Le chapitre 10 consacré au terrain nous donne beaucoup de matière à transposition : ne pas se laisser engager sur un terrain que l’on n’a pas choisi, ou l’inverse et de la vanité d’être en terrain favorable sans stratégie pour l’accompagner. Ce sont quelques pages avec nombre de réflexions pour le manager.

Ce sont aux neuf sortes de terrain qu’est consacré le chapitre 11. Un chapitre particulièrement long pour l’ouvrage qui combine connaissance du contexte, des motivations et du facteur temps ! Le chapitre 12 n’apparait guère transposable (ou alors en dernier recours) : il s’agit des attaques par le feu. L’auteur nous suggère de ne pas nous placer sous le vent si on veut provoquer un incendie. Sage conseil. Le dernier chapitre traite de l’espionnage. L’occasion de rappeler qu’en toute chose, l’information est vitale.

Le corps du texte de Sun Tzu est très maigre : 40 pages au format de poche, ce qui rend difficile une commercialisation. D’où une introduction de 50 pages qui donne une perspective historique intéressante, mais qui n’ajoute pas au texte, et une seconde partie très volumineuse constituée de notes empruntées essentiellement aux penseurs chinois qu’ils fussent (plus ou moins) contemporains de Sun Tzu ou non. La lecture en manque cruellement de légèreté.

La valeur de « l’art de la guerre » réside dans le regard du lecteur et uniquement là. N’espérez pas de recettes prêtes à employer, même si le texte consiste essentiellement en cela ! Les recettes du moyen-âge chinois n’ont plus cours aujourd’hui, mais les idées sous-jacentes peuvent vous inspirer. C’est cela qu’il vous faudra rechercher. Par vous-même.

Référence complète : L’art de la guerre – Sun Tzu – Hachette Littératures 2000 (traduit et commenté par Jean Lévi) – ISBN : 9782012790872

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