Note de lecture : Turn Your Ship Around ! par L. David Marquet

Note : 7 ; Le management intentionnel en action, ou plutôt « en question ».

Ce petit opuscule est ce que l’on appelle parfois un « workbook », pour travailler et compléter à la maison ce que vous avez appris de la lecture de « Turn the Ship Around ». La similitude des titres donnait un indice sur le fait que ce titre venait compléter le précédent.

Le livre compte un total de 180 pages structurées en 29 chapitres très petits. L’ensemble est regroupé en 5 grandes parties. Il ne s’agit pas de 180 pages de texte. En fait il y en a même peu. Il s’agit pour beaucoup d’exercices introspectifs que l’auteur initie à partir de questions bien choisies. La plus grande partie de l’espace est donc en fait occupée par des lignes blanches ! Pour quelques exercices (peu en fait), l’auteur nous convie au visionnage de « Master & Commander » de Peter Weir. C’est sympa et original, l’auteur aurait pu le faire plus.

La première partie « mechanisms for starting over » regroupe 7 chapitres. Elle débute par un chapitre peuplé de questions destinées à identifier nos présupposés sur le leadership et à prendre du recul à ce sujet. C’est l’horizon de pensée et d’action du leadership qui est évoqué au chapitre suivant. La structure de récompenses / bonifications structure souvent celle-ci et l’auteur nous invite à considérer cet horizon comme allant au-delà du moment où l’on quitte l’organisation. « Care but don’t care » considère la manière dont nous aidons notre équipe à grandir tout en les laissant se débrouiller dans leurs tâches. Un point de vue qui me parle particulièrement.

Être curieux, au chapitre 4, évoque la manière dont nous interagissons et voyons différemment une situation et la nécessité de la compétence technique. C’est à la culture de l’organisation qu’ont trait les questions du chapitre 5. Quelles sont nos frustrations ? Qu’aimerions nous faire de différent ? Si le chapitre 6 est court, il touche au cœur de la philosophie de David Marquet : créer des leaders et non des suiveurs. Cette première partie se conclut sur la dualité entre la recherche d’excellence te l’évitement des erreurs. Le second aboutit rarement, sinon jamais sur le chemin de l’excellence. Un propos largement développé dans les questions et le propos dans ces pages.

La seconde partie « Mechanisms for control » regroupe 8 chapitres. Au chapitre 8, il est question de délégation : comment passer d’un modèle de privilège à un modèle de responsabilité ? Plus important encore, comment donner l’autorité à ceux qui disposent de la bonne information ? « Act your way to New Thinking » est plus lourd, car il évoque le “shift” mental nécessaire au changement et l’auteur nous propose un atelier à cet égard. L’auteur est friand de conversations brèves et il nous invite au chapitre 10 à en faire une habitude. Un sujet qu’il développera plus longuement dans son livre suivant. Le management intentionnel, sujet du chapitre 11 est au cœur de l’approche de David Marquet, raison pour laquelle il a droit à un traitement sur 11 pages. L’auteur connecte cela à « l’échelle du leadership » qui est une forme de délégation. Un chapitre à ne pas rater.

Arrêter de fournir des solutions est une étape de maturité importante dans le parcours du manager. C’est le sujet du chapitre 12. Ici l’auteur tente de nous faire prendre conscience de l’impact de ne pas le faire. Le chapitre 13 se présente en continuité en nous proposant d’éliminer le contrôle « top down ». Pour cela David Marquet nous propose une échelle de maturité d’accountabilité à 4 niveaux. Intéressant. Le chapitre 14 évoque une des pratiques préférées de l’auteur : penser à voix haute. La pratique me convainc peu, mais j’aime bien l’exemple qu’il nous propose avec sa fille apprenant à conduire. David Marquet aime bien les auditeurs : perversion ? Au chapitre 15, il explique comment ils les utilisent pour élever les standards de son équipe et les utiliser comme des experts.

La 3ème partie se focalise sur les mécanismes de la compétence. Elle comprend 5 chapitres sur une trentaine de pages. Le chapitre 16 évoque les actions délibérées, que l’on pourrait mieux traduire par « en pleine conscience » et nous invite à prendre conscience de ce que nous faisons de manière automatique. Apprendre partout et tout le temps est le sujet du chapitre 17. Les questions qu’il recèle mettent en lumière là où nous en sommes et nous aident à nous questionner sur les opportunités que nous pouvons exploiter. Le titre du chapitre 18 « arrêtez de briefer, certifiez ! » parle de lui-même. Il m’a aidé à penser différemment la montée en compétence des équipiers. Si « répéter les messages avec insistance » résonne peu moi (chapitre 19), il en va différemment du chapitre 20 qui insiste de définir des buts plutôt que la manière d’y arriver. L’essence même du management.

La quatrième partie qui définit les mécanismes pour la clarté regroupe 7 chapitres, soit 34 pages. C’est de la construction de la confiance dont il est question au chapitre 21. Le chapitre est un peu court, voir bâclé vu l’importance du sujet. Je n’ai guère été non plus convaincu par le traitement du chapitre 22, qui nous invite à utiliser l’héritage de l’organisation comme outil de la clarté. Dommage. Le chapitre 23 n’est guère plus conséquent mais son contenu m’a semblé plus pertinent : utiliser les principes de l’organisation pour guider les décisions.

Récompenser les comportements exemplaires évoqué au chapitre 24 est plus inattendu. L’auteur, lui, nous attend au tournant. Je reste mitigé sur cette question. Commencer avec la fin en tête ressemble à du TDD mais est en fait afférent à la pensée « long terme ». Les questions du chapitre 25 nous invitent à utiliser cet objectif long terme comme boussole. Encourager le questionnement plutôt que l’obéissance aveugle, c’est une des bases du management moderne mais un des fondamentaux du management à l’ancienne remis en cause. Je pense que le sujet aurait pu être traité avec plus de pertinence au sein de ce chapitre 26. Enfin le chapitre 27 qui nous propose d’intutionaliser le management intensionnel (vu plus haut) est lui-même assez léger.

La dernière partie ne compte que 2 chapitres sur une dizaine de pages et forma la conclusion du livre. Le chapitre 28 nous livre un message important : l’émancipation plutôt que l’empowerement. Les piliers que sont la clarté et la compétence sont clés dans cette démarche. Le livre se conclut par le manifest du leadership intentionnel. Ne refermez pas le livre avant de l’avoir lu.

Ce « cahier d’exercice » se veut un complément au livre phare de l’auteur. Il apporte beaucoup d’exercices et de questions à picorer au gré de ce que vous pensez devoir renforcer. Non indispensable, mais peut s’avérer très utile.

Référence complète : Turn Your Ship Around ! – L. David Marquet – Portfolio Penguin 2015 – ISBN : 978 1 59184 753 3

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