Note de lecture : L’art de la victoire, par Phil Knight

Note : 9 ; Waouh ! Book of the year 2018

Les autobiographies ne sont pas de grands moments de littérature. Et pour de bonnes raisons. Les auteurs en sont des personnalités mais certainement pas des écrivains professionnels. Il en résulte un style ampoulé, un manque de vivacité, de constantes justifications et un point de vue souvent très biaisé.

Mais dans cette autobiographie du créateur de Nike, rien de tout cela. Bien au contraire. Non seulement Phil Knight sait écrire (ou il l’a appris, il semble avoir pris des cours d’écriture), mais il est aussi un conteur formidable. Difficile de reposer le livre un fois la lecture entamée.

L’histoire commence en 1962, avec un voyage à Hawaï, qui deviendra un contact avec le Japon, puis un tour du monde. De là naîtra Blue Ribbon en 1964 et progressivement les premiers complices de Phil Knight : Bowerman, Woodell et Johnson. L’auteur nous partage ses envies, ses doutes et ses obsessions. Son obsession principale, c’est celle d’un « shoe dog », concevoir, fabriquer et vendre les meilleures chaussures d’athlétisme possibles. Son envie : grandir le plus rapidement possible pour battre Adidas, son ennemi de toujours, ce qui l’amènera à être endetté bien au-delà du raisonnable une grande partie de sa vie.
Puis en 1972, avec le recul de Tiger, les chaussures qu’il distribuait depuis 8 ans déjà est venu la décision de créer Nike.

Ce livre n’est pas un monument à la gloire de Phil Knight. C’est un témoignage et un testament, fait de petits moments et de grands moments. C’est une histoire où l’auteur nous partage de manière parfois touchante et souvent drôle ce qui a conduit son entreprise et motivé ses décisions. Ce n’est pas un texte auto-complaisant ni une quelconque forme de justification ou de regrets. Le créateur de Nike assume ses réussites et ses déboires tout comme ses prises de position. Son style de management est souvent critiquable, je pense en particulier à ses relations avec Johnson qui a pourtant joué un rôle important dans l’ascension de la marque, même si on perçoit son admiration pour le premier employé de la marque. Le refus de Phil Knight de l’associer à l’entreprise et le partage plutôt frugal des actions avec ses « buttfaces » ne sont pas ses meilleurs moments.

Le récit s’arrête aux portes de l’ouverture des actions sur le marché, périple lui-même semé de moments épiques en 1980. Il reprend de nos jours au dernier chapitre où l’auteur regarde derrière lui pour passer ce chemin parcouru en accéléré et terminer avec l’écriture du livre. Phil Knight sait nous émouvoir.

A qui s’adresse ce livre ? Aux entrepreneurs ? Peut-être mais pas forcément, en tout cas pas seulement. Au-delà d’une grande épopée c’est aussi finalement une leçon de vie. Un excellent récit qui ne manque pas de profondeur. A consommer sans modération.

L’art de la victoire, par Phil Knight

Référence complète : L’art de la victoire – Phil Knight – Hugo poche 2017 (V.O. : Shoe Dog ; Scribner 2016) – ISBN : 9782755636499

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