La succession de chercheurs est comparable à un seul homme qui apprend indéfiniment.
Agile Playground #8 (en images) !
Pour changer un peu, l’Agile Playground de ce mois ne déroulait pas chez Valtech, mais dans les locaux de CLT Services. Un espace un peu plus réduit, donc une contrainte de places plus importante. Elle avait été fixée à une trentaine de personnes. Je m’étais dépêché de m’inscrire. Youpi, tant pis pour les autres …
3 jeux étaient en lice. J’avais fixé mon choix sur celui de Yannick Ameur
Atelier RH Team
Comment recruter agile ? Peut-on recruter agile ?
Yannick était ce soir-là le maitre de cérémonie pour ce défi !
Votre mission, si vous l’acceptez consiste à créer la fiche poste de votre job que l’on va afficher et trier.
S’en suivent les entretiens avec les candidats. Tout d’abord en mode “old school”. Avec vôtre serviteur pour être honnête… Puis en mode “agile” en faisant participer toute l’équipe.
Après, c’est le débriefing et les leçons tirées de l’exercice.
Yannick nous fait le plaisir de mettre à notre disposition le support servant de trame à l’atelier. Le voici donc.
Cocktail
On termine comme à l’acoutumée autour d’un verre et de longues discussions qui nous font toujours rentrer bien tard dans nos penates !
Nos discussions ont pas mal tourné autour du coaching : qu’est-ce qu’un coach agile ? Est-ce un coach sportif, un coach miroir “posture basse”, un expert, un mentor, etc… ou un mixte de ces différents rôles ? Le question est trop large pour que je m’étende dessus aujourd’hui. Un autre jour peut-être dans ces colonnes …
Retours sur Agile France 2013, 4ème partie (en images)
Avant-dernière ligne droite pour mes retours sur Agile France 2013. Pour ceux qui débarquent, sachez que vous trouverez :
- Un premier post couvrant le début de matinée
- Un second terminant la matinée et couvrant le début d’après-midi
- Un troisième terminant la journée du vendredi.
Welcome !
On commence tranquilement la journée par un café, une viennoiserie et des conversation avec des têtes connues.
Personnellement, j’aime bien arriver tôt et prendre mon temps avant de me ruer dans les sessions.
D’ailleurs en fait, on ne va pas commencer par une session, mais par le mot du bureau Agile France (à ne pas confondre avec l’organisation de la conférence Agile France).
Le mot du bureau Agile France
C’est Emmanuel Gaillot qui s’y colle. Je dirais que cela n’a pas été mon moment préféré de la conférence. Le style déjà est étrange : Emmanuel assis (comme il n’est pas un géant, on ne le voyait pas) lit une déclaration. Curieux, mais bon. La déclaration surtout en elle-même ne m’a pas fait forte impression, en tout cas dans le sens positif.
Je me méprends peut-être sur le teneur du message, mais il m’a semblé qu’on y opposait cet évènement non-sponsorisé et fier de l’être aux autres “vendus” à des partenaires, un Agile France “première manifestation agile en France” aux autres qui viennent saturer le paysage…
En tant que membre du Scrum User Group et donc organisateur du Scrum Day, j’ai un peu de mal à ne pas prendre cela comme une attaque ! Et franchement si nous avons des sponsors qui nous permettent de rendre l’évènement abordable, je n’ai pas pour autant l’impression de vendre mon âme. Mais j’ai peut-être mal interprêté le propos du bureau…
Alors que dois-je penser ?
A bien y réfléchir, rien de différent par rapport à ce que je pensais jusqu’à présent : Agile France est un magnifique évènement (le ScrumDay aussi et j’en suis fier), j’étais heureux d’y être et je reviendrais ! Il faudrait bien plus que cela pour gâcher mon plaisir !
D’ailleurs, c’est reparti !
Florence Chabanois : Mais pourquoi y m’écoute pas ?
C’est hélas assez souvent plus qu’une impression : c’est une réalité malheureuse de la communication sur nos projets ! Mais où donc se situe le problème ? Sommes-nous mauvais à faire entendre notre voix ou est-ce notre aptitude à écouter qui est prise en défaut ? Les deux mon capitaine ! Et Florence Chabannois va nous l’expliquer dans cette session.
Ecouter ou prétendre écouter ?
Mauvaise nouvelle : Le premier facteur de défaillance d’écoute, c’est nous même.
D’abord nous parlons trop (ce doit être vrai, ma mère me disait la même chose…) !
- Difficile d’écouter quand on parle. Du coup nous nous écoutons nous-même plus que nous écoutons notre interlocuteur.
- Le “moi je” qui rammène la discussion à soi, les rappels sont autant d’interruptions qui font obstacle à la communication.
Bref, quand on écoute et que l’on veut aussi parler, il faut attendre le bon moment pour le faire !
Par exemple, là ça marche bien : toute monde écoute Florence…
Ceci nous conduit à la première recette de Florence Chabanois
Recette n°1 : quand on écoute, il faut se taire
Quand florence parle de se taire, ce n’est pas seulement à propos de ce que l’on dit à haute voix. C’éest aussi faire taire notre petite voix intérieure (tiens ça me fait penser à Magnum, pour ceux qui ont vu la série…). Là, j’avoue que c’est plus challengeant, car je ne sais pas pour vous, mais pour moi la “petite voix intérieure”, c’est un peu tout le temps !
Ca ne s’arrête pas là, il faut aussi se concentrer sur ce que nous dit notre interlocuteur.
Et aussi montrer cela par notre attitude corporelle, en regardant notre vis-à-vis.
C’est un bon début. Mais ce n’est pas fini. Car à différents interlocuteurs, différentes attitudes d’écoute. Nous en arrivons à la seconde règle.
Recette n°2 : savoir s’adapter à son interlocuteur
Pour s’adapter, il faut reconnaitre des profils de personnalité. Et pour cela Florence nous propose … le modèle DISC !
On ne peut pas vraiment dire que ce soit d’une grande originalité, sans compter qu’il faut toujours un peu se méfier des modèles. Mais si ça aide à faire le boulot… Florence nous propose quelques exemples connus. Je vous laisse les découvrir dans la présentation, ils valent le coup !
Passons en revue ces différents types et comment s’adapter :
Le dominant
C’est un “problem solver”, il est pressé, voir brutal.
Avec lui, inutile de prendre des gants ou de longues introductions. Il faut faire des phrases courtes et aller droit au but.
L’influent
C’est l’archétype du commercial. Il est centré sur les personnes, les réseaux. Par contre, il manque d’organisation et le focus sur les délais n’est pas son point fort.
Quand on communique avec lui, il faut mettre l’emphase sur l’énergie et la passion. Il sera aussi sensible à ce qui touche à la réputation.
Le stable
Il est empathique, timide et orienté sur les personnes. Une sorte d’antithèse du dominant. Il est aussi indécis et torturé (dans les cas extrêmes quand même, j’imagine…). L’équipe est plus importante que lui-même.
Il faut lui parler doucement (n’oubliez pas qu’il est torturé, faut pas en rajouter) et être à 100% avec lui.
Le consciencieux
Il est orienté tâches et introverti. Les règles sont importantes pour lui. C’est un perfectionniste qui veut tous les éléments avant de se décider car il a peur de se rater. Les détails seront donc aussi très importants.
Recette n°3 : Reformuler
Pourquoi ?
- Déjà pour montrer que l’on écoute et que cela se voit !
- Pour tester notre bonne compréhension du message.
- Pour provoquer l’empathie. On teste le moment où l’on est en phase lorsque notre interlocuteur nous dit “ouais, c’est ça !”.
Ce que j’en ai pensé
Une présentation certes agréable, mais où l’on apprends pas grand chose de nouveau.
Cela étant dit, je pense qu’il ne faut pas négliger les vertus de ce type de présentations, focalisées sur un aspect comportemental, même s’il est connu ou devrait l’être. C’est un retour aux fondamentaux, une sorte de “kata du coaching”. Il n’y a pas que le truc nouveau qui déchire qui compte. Les gestes élémentaires et quotidiens, nous les faisons bien plus souvent et nous devons ne pas oublier de les faire correctement.
Merci Florence !
Lectures recommandées
- Savoir écouter, ça s’apprend, par Christel Petitcollin
- Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, par Adèle Faber et Elaine Mazlish
Régis Medina : Plus d’agilité avec le Lean
Nous étions resté hier avec la première paire de mon carré d’as. Transformons maintenant cela en brelan. Jamais je n’ai d’hésitation à aller écouter Régis et jamais je n’ai été déçu. Il en va de même aujourd’hui.
Alors voilà, on fait de l’agile. A-t-on amélioré les choses ? Oui, ça ne fait aucun doute ! Doit-on en rester là ? Régis est un vieux baroudeur de l’agilité. En fait le plus ancien ancien que je connaisse. S’il y a bien une personne capable d’évoquer cela, c’est lui !
La réponse est : oui. Nous allons voir pourquoi.
Il reste des challenges…
On parle bien au pluriel !
Avoir des gens “super forts”. On ne parle plus de faire des projets avec de grosses équipes, mais au contraire avec de petites capables d’abattre un gros travail ! On n’a pas le choix, sinon c’est le passage par la case “offshore” !
Faire des bon produits ! Des produits adaptés à nos clients, qui emportent l’adhésion. Ces dernières années, les services sur le Web ont terriblement monté le niveau de jeu !
Tenir le rythme du client. Grâce à l’agilité, nous avons drastiquement augmenté nos cadences de livraison et notre réactivité au changement. Las de son côté, le client a vu aussi ses rythmes s’accélérer. En fait, ses rythmes ont plus accéléré que les nôtres ! A notre grand désarrois, le fossé s’est donc encore creusé !
Quid d’une meilleure méthode ?
Oui, quelle est la bonne méthode pour passer le cap ?
Encore faux : ce n’est pas la bonne question !
Mettre les choses en perspective ne fait pas de mal. A mon grand plaisir, Régis l’a très bien fait en prenant le contre-pied d’idées à la mode.
La taylorisme.
On oppose souvent l’agilité au taylorisme, ce qui est juste. Mais on le fait sans discernement en se contentant d’asséner que “le taylorisme c’est mal”. Pourtant c’est bien lui qui a permi l’essort de l’ère industriel, il a permis un énorme pas en avant ! Mais l’organisation scientifique du travail montre des limites :
- Le processus n’est pas toujours adapté au quotidien
- L’équipe doit souvent adapter le processus au terrain.
Pour Régis Médina, il s’agit de garder les bénéfices de l’OST en adressant ses lacunes. Comment ? En gardant les personnes au centre du dispositif.
Attention, garder les bénéfices ne signifie pas conserver le principe du taylorisme qui divise le monde entre ceux qui pensent et ceux qui exécutent. En fait, c’est même le travers de nombreux déploiements “Lean” : on cherche à utiliser les outils du Lean dans le cadre de l’OST.
Nous avons hélas quelques mises en oeuvres catastrophiques estampillées Lean qui opèrent ainsi et sont très visibles. A mon avis, ces grand projets sont plutôt du Business Process Reengineering. On pourrait presqu’en dire que c’est l’ennemi juré du Lean … Mais je m’égare, revenons au propos de Régis.
Nous allions parler du Lean.
Le Lean à la rescousse
Pour éclairer le terrain du Lean, Régis nous dresse une image de la “maison Lean” :
- Voir l’entreprise comme un terrain d’amélioration, donc d’expérimentation. L’opportunité de mener des “dojo”.
- Le respect des personnes. Le succès est un droit ! Le rôle du manager est d’aider les équipes à relever des challenges.
- Développer les compétences, non par “l’expérience” où les gens sont laissés à eux-même ou en usant nos pantalons sur les chaises des salles de formation, mais par la pratique délibérée.
Sur le développement des compétences, Régis nous entraine vers le terrain biologique et le développement et le renforcement des réseaux synaptiques par leurs usages. J’aime bien l’exercice intellectuel de ce rapprochement, mais je ne suis pas sûr de suivre l’orateur sur ce terrain. Pas en l’absence de sérieuses références dans le domaine des savoirs évolués (par opposition aux connaissances de base comme le langage, l’écriture, etc…). Disons que c’est au moins une perspective intéressante.
Pour débuter sur cette voie, l’orateur nous propose de commencer par…
3 pratiques
Management visuel
Le management visuel ce n’est pas mettre sur les murs n’importe quoi ! En Lean, c’est rendre visible l’exercice que l’on essaie de faire.
Le point principal est de visualiser le challenge à atteindre, ce qu’on veut réussir. C’est un focus différent de celui des “tâches à faire”.
Cet objectif macro à moyen terme doit se décliner en objectifs à la journée. Régis nous parlait du “droit au succès” au début de sa présentation : le droit au succès, c’est aussi pouvoir rentrer chez soi en étant fier d’avoir atteint le but que l’on s’était fixé en début de journée.
Le management visuel, c’est aussi rendre visible les problèmes et leur résolution. On rejoint ici la notion de Kaisen, c’est à dire d’amélioration continue. Pourquoi rendre visible les problèmes ? Pour avoir le nez dessus et être en position de devoir les résoudre plutôt que de les remettre au lendemain.
Votre exercice : Sur votre support de management visuel, mettez en évidence :
- Qu’est-ce qui nous permet d’apprendre quelque chose
- Qu’est-ce que le succès ?
- Voit-on les points à travailler ?
La résolution de problèmes
L’outil de base, c’est le cycle PDCA, une approche rigide mais un passage indispensable en Lean. Nous cherchons à répondre à la question : quelle action précise va payer ?
Votre exercice : Une action de la dernière rétrospective dont vous êtes content :
- Quel était le problème ? Etait-on en mesure de le chiffrer ? Quels en étaient les impacts pour l’entreprise ?
- Quel était l’objectif de l’action ? Qu’est-ce qui nous permet de voir que l’action marche ?
L’observation de terrain
C’est voir où l’on peut grater de l’efficacité en allant là où l’action se passe.
Par exemple, en regardant l’utilisateur travailler avec l’outil informatique : noter les actions qui apportent de la valeur et celles qui sont du “gaspillage” au sens Lean. dans un cas l’outil aide, dans l’autre il est un frein.
Votre exercice :
- Sur chaque item de backlog, quel est la valeur associée.
Conclusions
On fait avancer les choses, non pas en faisant de grand plans et en concevant des “ultrasolutions”, mais par la pratique quotidienne et répétée.
Changer notre façon de voir : les processus ne sont pas important. Scrum, XP, Kanban … quelle est la bonne méthode ? Ce n’est pas la bonne question. La bonne question est : comment développer les personnes.
Ce que j’en ai pensé
Voilà encore une session dont ma restitution va être bien fade. Difficile de rendre justice à la présentation de Régis. C’est bien fait pour vous, fallait être là ! La compréhension du Lean passe par la pratique et l’infusion des concepts. C’est ce qu’a fait Régis, il nous a infusé le savoirs de base. Il ne s’est pas arrêté là, il nous propose de commencer quelque part !
L’histoire ne s’achève pas ici. En fait ce n’est qu’un préambule. Régis travaille avec des collègues à un “starter kit” qui fait suite à cette introduction afin de nous aider à démarrer la mise en ouvre. Franchement, j’ai hâte de voir cela. Pour patienter un peu, voici le support de présentation.
Lectures recommandées
- La pratique du Lean Management dans l’IT, par Marie-Pia et Christian Ignace, Antoine Contal et Régis Médina
Dernière ligne droite
Nous allons souffler un peu avant les dernières sessions de cet Agile France 2013. Nous nous retrouvons très bientôt !
La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés.
User Stories, par Mike Cohn
Mike Cohn évoque, lors de la Norvegian Developers Conference, de quelle façon on doit appréhender et travailler avec les User Stories.
Retours sur Agile France 2013, 3ème partie (en images)
Après avoir couvert le début de matinée et le milieu de journée, il est temps de nous intéresser à la fin de cette première journée de conférence.
On commence par un Lightning Talk. Ou ce qui aurait dû être un lightning talk, car il est joyeusement passé de 15 minutes à 25 ! Mais c’est sans importance. C’était intéressant.
Egor Sviridenko – Je vois !
Ou comment la visualisation non conventionnelle contribue à des projets agiles
Une bonne visualisation fait la différence et permet de mettre en évidence une information importante qui sinon resterait cachée.
La visualisation par l’exemple
Pour illustrer cela, Egor nous parle de l’épidémie de choléra à Londres en 1854. En quelques semaines cette épidémie fit des centaines de victimes. Le mode de transmission de cette maladie n’était pas encore connu à cette époque (on pensait à tord qu’il s’agissait d’une transmission aérienne).
Les autorités se sont révélées incapables d’endiguer l’épidémie, jusqu’à ce qu’un médecin, John Snow, ait l’idée de reporter le nombre de personnes atteintes sur une carte. Cela permit d’abord de délimiter l’extension de l’épidémie, puis d’en localiser l’épicentre. Et enfin d’en déterminer la cause probable : une pompe à eau dont John Snow obtiendra le démontage de la poignée, mettant ainsi un terme à l’épidémie !
La visualisation permet de rendre mieux interprêtable des informations. Encore faut-il utiliser la représentation adaptée !
D’autres visualisations
Egor a regroupé les principes de visualisation en 4 familles. Nous venons d’en voir la première : les cartes.
Si l’utilité de la carte dréssée par John Snow est indéniable, les données y sont superposées de manière plutôt classique. Mr Minard a utilisé une représentation bien plus originale afin de stigmatiser le désastre de la campagne de Russie de Napoléon 1er.
Les réseaux permettent de représenter des informations corrélées entre elles. McLaren utilise un backlog converti en mindmap afin de déterminer les évolutions à réaliser sur ses logiciels embarqués. Comme vous pourrez le voir sur le support de présentation, c’est assez impressionnant. A mon grand étonnement, ils paraissent être capables de s’en servir !
Les timelines permettent de construire des histoires où l’on voir l’évolution d’un ou plusieurs facteurs au fil du temps. La timeline du “seigneur des anneaux” nous permet d’appréhender les tribulations des personnages, leurs séparations et leurs rencontres. Celle de Jurassic Park nous montre que les différents personnages se font bouffer au fur et à mesure de l’intrigue. Mais ça on le savait déjà.
La représentation à plusieurs variables permet de représenter des facteurs non corrélés sur une même représentation. Un exercice dans lequel il est préférable de se restreindre afin de ne pas rendre cette visualisation illisible. Le Kanban que nous utilisons de plus en plus sur nos projets agiles rentre dans cette catégorie.
Je ne saurais trop vous recommander le support de présentation d’Egor : il regorge littéralement d’exemples de ces visualisations. Rien ne saurait être plus parlant !
Conclusions et conseil de lecture
Quel est la qualité principale d’une bonne représentation ? Elle doit raconter une histoire !
Un conseil de lecture principal :
- Envisionning Information d’Edward Tufte
-
Semiology of Graphics, par Jacques Bertin et William Berg
Antoine Contal – Coacher des managers
Sur mon premier compte-rendu, j’avais évoqué 4 orateurs que je vais systématiquement écouter. Mon carré d’as en quelque sorte. Le premier était Pascal Van Cauwenberghe, Antoine est le suivant. Vous découvrirez les deux autres lors de la seconde journée.
L’heure est grave ! De nombreuses équipes améliorent leur façon de faire et leur productivité, et ce qui les handicapent, c’est parfois le management intermédiaire, celui qui devrait au contraire les aider à être plus efficaces ! Comment changer cela ?
Le management au quotidien
En Lean, on commence toujours par aller observer. Donc, il faut aller voir la bête dans son habitat naturel. Celui-ci se trouve en deux endroits principaux :
- Son bureau
- La salle de réunion
Quelle sont ses activités principales ?
- Avaler et produire des rapports
- Assigner des tâches
- Eteindre des incendies
Ah ! Nous allions oublier son péché mignon : entamer des projets pharaoniques. Ce qu’en Lean on appelle des “ultrasolutions”.
L’idéal du management
En Lean, celui-ci se construit autour d’un certain nombre de valeurs et de principes.
- L’amélioration continue : Le Kaisen. C’est progresser à petits pas en construisant des expérimentations.
- Le Genchi Gembutsu : retourner sur le terrain, pour se baser sur des faits, plutôt que sur des opinions (ce qui est souvent le cas du travail fait en salle de réunion).
- Construire des challenges : oser rêver l’idéal. Motiver par rapport à l’excellence. Le but est de créer l’adhésion, mais aussi de placer la barre haut afin de faire progresser.
- Respect des personnes : croire dans le potentiel des personnes. Comprendre que les problèmes sont personnalisés et doivent donner lieu à un apprentissage.
- Teamwork : savoir travailler et collaborer au-delà des frontières organisationnelles.
Pour Antoine Contal, le manager Lean est à la fois un chercheur et un entraineur sportif !
Comment réussir en sachant ce qui rate
- Les critères de réussite : ils doivent être clairs. On peut coacher une équipe de développement sans définir clairement ce qu’est le succès et s’en tirer. Ce n’est pas possible avec des managers !
- Etre sur un mauvais sujet. Par exemple : améliorer le délai de production des rapports d’activité !
- Etre purement dans l’humain.
C’est bien d’avoir une idée de comment rater, mais c’est mieux si l’on a une idée de comment contrer ces travers.
- Il faut définir le succès proprement. Il n’y a pas de raccourcis par rapport à cette étape. Le faire c’est déjà du coaching !
- Choisir les bon sujets. Comment ? Ce sont ceux qui sont bon pour le manager et pour les équipes !
Le coaching fonctionne si la performance et les conditions de travail des équipes s’améliorent.
Petits exercices
Antoine Contal nous en propose 3.
Exercice 1 : Ecouter l’utilisateur
On en revient à la question de la valeur.
L’orateur illustre cela avec un manager confronté à un usager d’une application pour laquelle un lourd projet vient de se terminer. A la question “que pensez-vous des nouvelles fonctionnalités ?” ce dernier répond … “oh ! Elles ne me gênent pas…”.
Las, l’histoire se termine mal : le manager ne fera rien par rapport à cela et finira par être remplacé !
Exercice 2 : Définir la performance
Cela passe par la mise en place d’indicateurs (lead time, en cours, stock), d’enquêtes de satisfaction.
Le rôle du management intermédiaire est aussi de reconnecter l’opérationnel avec la stratégie. Antoine évoque pour nous l’histoire de cet urbaniste SI qui découvre que ses indicateurs d’urbanisation ne sont pas ce qu’il croit simplement parce que les cellules opérationnelles en charge d’arrêter les systèmes remplacées (et qui ne dépendent pas de lui) ne l’ont pas fait !
Exercice 3 : Aller voir
Encore et toujours aller sur le terrain. Pas seulement celui des utilisateurs, mais aussi celui des équipes de développement pour identifier ce qui nuit à leur travail.
“Comment je fais…”
Pour l’orateur, le rôle de coach de managers est un rôle de coach sportif !
Le manager est passé d’une situation où il accomplit son travail dans son bureau ou dans les salles de réunion à une situation où il est présent sur le terrain, pour voir ce qui se passe.
Le coach fait s’enchainer les exercices d’entrainements faits sur mesure, afin d’adresser les points où il s’y prend mal, ce qu’il doit apprendre.
Une session de coaching typique se découpe ainsi :
- 30 minute : préparation ; où allons-nous, que voulons-nous tester.
- 1h30 : Aller sur le terrain ; le manager doit apprendre à voir. Le coach reste silencieux, observe et prend des notes (pour le débrief). Il se permet une et une seule question !
- 1h : Debrief ; Qu’avons-nous vu ou pas ? Que doit améliorer le manager. Que doit-il répéter avant la prochaine session.
Typiquement, le rythme est d’une ou deux sessions par mois.
L’ingrédient secret duu coach Lean, ce sont les “3 R” :
- Relate : c’est la relation interpersonnellle que le coach doit construire avec le manager. Celui-ci doit apprendre à faire confiance à son coach.
- Repeat : Faire répéter le même geste, encore et encore.
- Reframe : Le coach donne “une autre lecture” de ce que le coaché a vu.
A vous de jouer
Pour synthétiser, quel doit être le rôle du manager ?
- C’est “l’étoile du nord” des équipes de développement.
- On fait progresser le manager en lui donnant de “petits exercices”.
- La manager doit devenir un développeur de talents.
Une dernière chose : Il est rare que la demande de coaching de manager soit formalisée ou même demandée. Si la nécessité apparait, Antoine utilise le mode “stealth” et intègre cela au coaching de l’équipe !
Ce que j’en ai pensé
Difficile de rendre justice à la présentation d’Antoine par un simple compte rendu. Disons que, malgré le nombre appréciable de présentations de bonne qualité auxquelles j’ai assisté, c’est pour moi le point fort de cet Agile France 2013 !
Antoine Contal ne garde rien pour lui dans ses présentations. Son niveau de maturité fait qu’il est assez à l’aise pour procéder ainsi. On repart avec pas mal d’éléments à mettre en oeuvre, des éléments de reflexion pour nous faire progresser. En fait, comme disent les jeunes j’ai toujours un peu l’impression de “prendre cher” avec les présentations d’Antoine et de son comparse. Pourtant j’y retourne. Comme il l’a si bien dit, il place la barre haut et c’est grâce à cela que l’on progresse. C’est un peu déprimant pour moi de voir la marge de progression qu’il me reste, j’ai l’impression d’avoir si peu progressé, de rater tellement de choses … Mais nul doute que nous avons besoin de personnes du niveau d’excellence et de maturité d’Antoine pour nous y aider.
Lectures recommandées
- Déployez vos stratégies Lean par Pascal Dennis
- La pratique du Lean Management dans l’IT, par Marie-Pia et Christian Ignace, Antoine Contal et Régis Médina
- Change or Die, d’Alan Deutschman
Autres resources :
- European Lean IT summit
- Institut Lean France.
- CES Lean Management (Telecom ParisTech).
- Le compte rendu d’Olivier Le Lan (meilleur que le mien) sur le blog de Soat.
- Sébastien Bonvoisin a aussi publié un retour sur le blog de Novedia où figure la session d’Antoine.
Pascal Van Cauwenberghe et Pierre Hervouet – Vous pouvez ignorer les contrôleurs de gestion, les contrôleurs de gestion eux ne vous ignoreront pas !
L’agilité, c’est l’adaptation au besoin, l’émergence du changement ! Mais bon, une entreprise a quand même besoin de savoir où aller et surtout de savoir où va son argent. Alors, on peut dire que l’on se focalise sur la valeur, des gens ont besoin de se focaliser sur les dépenses. Ces gens sont le contrôleurs de gestion. On les connait à peine, on les ignore (peut-être même les méprisent-on) le plus souvent. Ce n’est pas raisonnable.
Pascal et Pierre viennent nous faire prendre conscience de cette dure réalité. Nous allons suivre pour cela les pas de Dora l’exploratrice (en plus de ceux de Pascal et Pierre) !
Cost accounting
Puisque l’on est en atelier, on va se mettre aux travaux pratiques. Des travaux pratiques bien sympathiques, car on va préparer des cocktails ! On mélange des ingrédients, on a 2 tailles de cocktails et il faut calculer le coût de chacun.
Le cost accounting, c’est comme faire des cockatils (mais on a pas le droit de l’avouer). On a des ingrédients (des centres de coûts) et il faut les saupoudrer sur des lignes budgétaires !
C’est une approche analytique détaillée qui est très précise … mais précise ne veut pas dire exacte. En fait la ventilation de coûts comme les frais généraux peut montrer les faits sous des jours différents selon la façon dont on l’opère.
Attention ! On ne peut échaper complètement à cette approche, car c’est celle qui est de toute façon demandée règlementairement par les services publics.
Dernier travers du “cost accounting” : les stratégies budgétaires tendent à emmener ce type de gestion vers une sorte de “cycle en V” de la gestion budgétaire. C’est comme ça que l’on se retrouve à préparer le budget de l’année suivant dès le mois de Juillet !
Throughput Accounting
Ce mode de gestion prend un angle différent : celui de gérer l’investissement en fonction des goulots d’étranglement ! C’est une sorte de vue systémique de l’investissement.
L’un des avantages par rapport au cost accounting : c’est de sortir du cycle en V ! Mais ce n’est pas encore parfait, car l’investissement n’est pas rapproché de la valeur du flux auquel il est subordonné.
Lean Accounting
Le Lean Accounting adresse ce dernier reproche. Ici, le point de départ est la valeur client, ce qui va déterminer un prix au produit. En fonction de celui-ci on décide de la marge, donc du coût ! C’est le “target costing”. Pierre et Pascal semblent confiants sur l’approche, mais j’ai quand même l’impression que ça peut vite tourner à la quadrature du cercle…
Un autre point différenciateur important, c’est que le contrôleur de gestion lean fait partie de l’équipe !
Beyond Budgeting
Cette approche est plus difficile à appréhender, plus proche de l’agilité tel que nous l’entendons (donc plus intéressante, il faut donc que j’y travaille). Elle s’appuie sur 12 principes qu je ne vais pas répéter ici, car ils figurent dans le “hands out” ci-dessous.
L’idée est de sortir des comportements biaisés introduits par le contrôle de gestion.
Ce que j’en ai pensé
Nous avons tout un univers à explorer ici.
Les références bibliographiques du hands-out lèvent un coin du voile. Hélas cette session est un peu courte pour vraiment nous permettre de saisir les 4 approches. Elles montrent, dans leur progression, une “agilification” croissante des concepts. C’est excellent ! J’ai un peu l’impression cependant que ces concepts m’ont filé entre les doigts. Il faudrait que je révise.
L’idée de faire un atelier est excellente. Et le cocktail pour le “cost accounting” a bien marché. Hélas le côté atelier s’est arrêté ici. Il faudrait imaginer la suite des exercices pour chacune des 4 étapes…
Comme je l’ai dit : c’est relativement nouveau pour moi … mais aussi important. Je ne regrette pas d’avoir choisi cet atelier.
A demain !
Une journée bien remplie, comme vous avez pu le voir. Il est temps de cloturer celle-ci
A très bientôt pour la journée de Vendredi !
There is no single development, in either technology or management technique, which by itself promises even one order of magnitude improvement within a decade in productivity, in reliability, in simplicity.
Note de lecture : Pro Full-Text Search in SQL Server 2008, par Michael Coles avec Hilary Cotter
Note : 6 ; Fait le boulot pour être pleinement opération sur le full texte selon SQl Server.
Un livre spécifiquement dédié aux fonctionnalités « full text » de SQL Server ? Cela peut sembler excessif, et d’ailleurs Apress nous a habitué à une qualité assez variable de ces ouvrages. Qu’en est-il de celui-ci ?
Le texte n’est pas exagérément volumineux : 270 pages pour traiter le sujet, 255 hors annexes, divisé en 11 chapitres. D’ailleurs le texte n’est pas non plus particulièrement dense : de nombreuses copies d’écran et listings. On n’atteint pas l’exagération ni pour l’un ni pour l’autre, mais disons que l’on est à la limite, à mon avis.
Le premier chapitre est une introduction aux principes de la recherche plein texte, aux principes de tokenisation de proximité et à l’intégration dans SQL Server. Une introduction plutôt sympathique et pas tellement violente. Mais on apprend 2/3 trucs.
Le second chapitre a trait à l’administration : depuis le setup jusqu’au backup en passant par les différentes options d’installation et de paramétrage. Un peu trop de copies d’écran à mon avis, mais le chapitre a le mérite de ne pas être superficiel.
Au chapitre 3 on attaque réellement les requêtes. On y voit plusieurs façon d’interroger a base sur la recherche plein texte. Les différents mots-clés T-SQL et leurs usages y sont traités. Efficace.
Au chapitre 4, on attaque des choses beaucoup plus compliquées et qui ne serviront pas à tout le monde : la construction d’une application utilisant l’indexation full texte. Il faut s’attendre à construire de complexes procédures, une véritable grammaire avec des cas d’utilisation ! J’avoue que cela dépasse ce que j’escompte faire ! C’est un prélude au chapitre 5 qui lui adresse la recherche multi linguale.
Au contraire, le chapitre 6 me paraît particulièrement utile : il adresse l’indexation full texte des « LOB » qu’ils soient TEXT, BLOB, XML ou filestreams. Je regrette juste le mélange de code T-SQL et de code .NET …
Chapitres 7 et 8 sont en quelques sorte complémentaires. Le premier traite des « stoplistes » permettant de filtrer le bruit généré par certains mots, tandis que le chapitre 8 traite de la gestion des thésaurus. Les possibilités offertes sont simplement étonnantes.
A partir du chapitre 9, on attaque réellement les parties avancées. Ici il s’agit des DMV, du moins celles servant pour le full text. Le chapitre 10 traite des filtres. J’ai un peu décroché, je l’avoue. Il suffit simplement de savoir qu’ils permettent de travailler sur des formats de fichiers spécifiques. Ici encore, le mélange entre T-SQL et .NET m’a quelque peu dérangé.
Le livre termine avec la question des recherches avancées, plus spécifiquement les recherches phonétiques.
Clairement ce livre couvre la question des fonctions « full texte » de SQL Server de manière très convaincante et exhaustive, du moins il me semble. Même si le texte n’est pas enthousiasmant, il fait le boulot pour devenir opérationnel sur le sujet !
Référence complète : Pro Full-Text Search in SQL Server 2008, Take advantage of the vastly new and improved full-text search feature in SQL Server 2008 – Michael Coles with Hilary Cotter – Apress 2009 – ISBN : 978-1-4302-1594-3
Retours sur Agile France 2013, 2nd partie (en images)
Nous avons évoqué, il y a peu le début de matinée de la conférence Agile France 2013. Il est temps de reprendre notre bâton de pellerin et de poursuivre plus avant.
Mais avant cela, j’aimerais saleur l’équipe d’organisation. Je n’ai pu les prendre en photo tous. En fait, c’est la photo que j’ai où ils figurent !
Grand merci à Eric, Ellène, Stéphanie, Caroline, Damien, Jonathan et Frédéric. Ils essaient tant de se faire discrets qu’il est difficile d’avoir la liste exacte !
Je dois vous avouer une chose : il y a certains orateurs que j’essaie de voir coûte que coûte. Je ne regarde pas le résumé de leur session, en fait je n’en regarde même pas le titre. Je viens sans me poser de question et je n’ai jamais été déçu. Quatre d’entre eux étaient présents sur ces 2 jours, bien répartis : 2 le Jeudi et 2 le vendredi. Coup de chance, pas de chevauchement entre leurs sessions. Vous découvrirez les autres plus tard, mais Pascal est l’un d’entre-eux.
Pascal Van Cauwenberghe : Real options
Quand et comment (ne pas) prendre des décisions
Les options réelles sont le pendant des options financières. Elles permettent :
- D’exercer un décision à une date future
- C’est un droit (et non un devoir) d’exercer ce choix à cette date future.
- Ce droit s’achète cash à l’instant présent (c’est la prime).
- L’exercice de l’option s’accompagne d’un coût (le prix de l’option) et d’un bénéfice éventuel.
Pour illustrer tout cela, Pascal va nous raconter des histoires. Il y en aura 3.
Un choix de design embarrassant
Notre première histoire nous emène dans le monde du jeu video en ligne pour les enfants. La date de sortie est fixée, la période de Noel est cruciale, on ne saurait la rater. Le contenu du jeu est à peu près dans les rails. Mais les créatifs veulent changer d’identité visuelle, mais ils ne sont pas sûrs, mais…
C’est là que rentrent en compte les options réelles : on veut pouvoir décider aussi tard que possible. Mais cela a un prix.
Ici, l’idée consiste à rendre la décision facile à changer. Le prix est donc un refactoring permettant un changement facile du design. Ce prix nous donne droit de retarder le moment ou il faudra arrêter la décision définitive. Une leçon importante à retenir :
Il faut payer le prix pour des options qui ont de la valeur.
Cette démarche débouche sur plusieurs conséquences :
- La réalisation des tranches fonctionnelles est pensée en terme de rétro-planning par rapport à la date à laquelle on doit opérer le changement de design.
- Une question pour le développement : est-on obligé d’appliquer le design dès le début ? En fait non. Le développement sera entièrement fait en noir et blanc. En fait, cette situation embarassante aura débouché sur une évolution du processus de développement: dorénavant, tous les développement seront fait en noir et blanc avec application du design à la fin !
- Nécessité de traquer l’évolution de cette option toutes les deux semaines afin de voir si on dispose de plus d’information quand à son exercice ou non.
Le processus de suivi de ces options est le Real Options Optimal Decision Process décrit dans le livre Commitment.
Set-based development
Dans ce second projet, le challenge est différent : un service doit être développé, le temps est critique (comme toujours). Hélas le choix de la plateforme n’est pas encore arrêté. Mais on ne peut se permettre de mettre le projet en stand-by en attendant ce choix, le projet est trop critique !
Comment faire ?
Il suffit d’implémenter toutes les options ! En clair cela signifie :
- Faire le développement sur des API isolant la plateforme. Ces API sont mises en places au fur et à mesure de l’avancement du projet.
- Opérer parallèlement l’implémentation de ces APIs sur toutes les plateformes qui forment l’ensemble de nos option (deux dans le cas présent)
Un effet de bord positif est que cette approche simplifie le test du service, car parallèlement on va implémenter un “test server” qui est en fait un “mock” de la plateforme.
Plus tard le choix de la plateforme est arrêté. On se focalise alors sur l’une des implémentations de l’API.
L’histoire ne s’arrête pas là. Par le jeu des fusions / acquisitions d’éditeurs, l’éditeur de le seconde plateforme rachètera la plateforme A … et demandera à ses clients de migrer vers la plateforme B. Le Set-Based design rendra cela facile !
Plus tard, cet éditeur B sera lui-même … vous m’avez compris !
Une histoire d’intégration
La troisième histoire est celle d’un projet en retard. Le retard est déjà de 3 mois, il en faut encore 6 ! Arrêter ou poursuivre ?
Il y a des décisions à prendre, et celles-ci ne doivent pas tenir compte de l’investissement déjà réalisé : il faut le considérer comme perdu. C’est le Sunk Cost Fallacy. On a pratiquement toujours tendance à surestimer la valeur de ce que l’on a. La valeur n’est pas le coût.
Une histoire d’EDI, une question d’architecture
L’EDI permet d’interconnecter des vendeurs et des fabricants. De chaque côté de la plateforme, vendeurs et fabricants doivent implémenter l’API avant que l’éditeur customise celle-ci.
Malheureusement pour chaque partie prenante, l’implementation de l’API est un gros projet, donc subordonné aux retards qui sont le lot des gros projets. Comme la customisation de la plateforme est tributaire de l’implémentation des API de chaque côté, la planification de ce travail ne sert à rien !
L’intégration dure longtemps, car elle est conséquente et n’intervient qu’une fois que chacun a fait son travail. Que faire ?
Ne plus faire de gros projets ! Au lieu de mettre en production toute une connexion vendeur / fabricant, ne peut-on déployer flux par flux ? Les objets métiers nécessaires à ces flux seront développés de manièreincrémentale, et seulement ceux dont on a besoin pour le flux en cours. Par contre ils pourront être réutilisés pour les flux suivants.
Pour Pascal, changer d’architecture, de plateforme ou de langage implique les points suivants:
- Faire un prototype pour maitriser le concept ou la technologie.
- Commencer par les aspects les moins critiques.
- Garder l’ancien composant.
- Opérer un déploiement incrémental.
Vous l’aurez peut-être remarqué, cela rejoint certains points de la présentation de Cyrille Martraire (voir mes retours dans la 1ère partie).
Avec l’éclairage des options, Pacal nous soumet ce qu’il juge être les vertus d’une bonne architecture :
- Elle doit nous permettre de prendre tôt les décisions faciles à changer.
- Elle doit permettre de prendre tard les décisions difficile à changer. Ou encore : rendre les décisions difficiles à changer pour qu’elles deviennent faciles à changer !
- Elle permet l’effort minimal, c’est le YAGNI d’extreme programming.
- Elle créé des options pour l’équipe et/ou pour l’entreprise.
- Elle se construit et s’améliore tous les jours, à petits pas. Sinon, on crée du legacy !
Il ne faut pas mésestimer la valeur des conditions contrariantes que l’on nous impose. Elles nous servent et nous apprennent souvent quelque chose.
Dans les mauvaises décisions se cachent de bonnes décisions.
Les techniques utiles
Une simple liste des techniques et principes abordées dans cette session :
- Cost of Delay
- Creative Process
- Real Options
- Optimal Decision Process
- Séparation de la variation
- Set-based design
- Sunk Cost Fallacy
- Créer des options pour nos clients
Pascal avait déjà donné cette présentation lors de Devoxx France, fin Mars. Voici le support de présentation qu’il avait alors utilisé. Le contenu est identique à la présentation faite ici.
Lectures recommandées
- Creativity today, par Ramon Vullings et Godelieve Spaas
- Commitment, par Olav Maassen, Chris Matts & Chris Geary
- The principles of product development Flow, par Donald Reinertsen
- Predictably Irrational, par Dan Ariely
Pierre Pezziardi – Agilité : do the wrong thing faster
Pierre Pezziardi n’est pas n’importe qui : co-fondateur d’Octo Technology, puis DSI de la BRED, puis actuellement start-uper, on peut dire qu’il a de l’envergure. C’est aussi un orateur de grande qualité, comme j’avais pu le constater lors d’une soirée organisée par l’institut agile : pertinent, incisif, riche d’enseignements. Je n’ai donc pas vraiment hésité à aller l’écouter.
Sans aller jusqu’à m’avouer déçu, je dois dire que la session a été un peu en-deça de mes attentes. L’orateur a voulu cette session interactive, ce qui est en principe une bonne chose. Peut-être les interventions de la salle plus souvent conotées “coach / consultant” que “retour terrain” ont-elles participé à cette impression mitigée ? Honnêtement, j’ai un peu de mal à le dire.
Plutôt que de tenter retracer cette session (ce que je serais bien en peine de faire), je vais plus simplement livrer mon “take away” de cette session.
On peut faire de l’informatique et créer zéro valeur
Qui décide quel projet faire ?
A quel point les vrais utilisateurs sont impliqués ?
Le logiciel qui est produit va-t-il faire la différence chez les utilisateurs ? Hélas pas si souvent que ça…
L’unique mesure de la valeur, c’est le regard de l’usager
Des applications en pré-production que les utilisateurs détournent pour un usage en production. Des utilisateurs déclarant que l’application X a changé leur façon de travailler ou qu’elle leur permet de consacrer leur temps à des tâches plus valorisantes…
Des exemples venus de l’assistance ont permi d’illustrer ce point.
La pensée systémique est différente de la pensée analytique
Pierre a évoqué des grands projets publiques permettant des améliorations … pour une catégorie de population, hélas au prix de plus de souffrances pour d’autres population !
Apporter de la valeur ne doit pas se mesurer localement, il faut prendre en compte l’ensemble de l’écosystème concerné, donc avoir une approche systémique par opposition à l’approche purement analytique.
Etre acteur du changement
Sommes-nous trop petits, trop insignifiants pour pouvoir changer les choses. La réponse de Pierre est claire : Non ! Pierre est engagé dans une démarche entrepreunariale pour changer les choses, mais tout le monde n’est pas dans cette logique là. Et l’on peut tenter des choses, même petites pour les améliorer. Par exemple en collaborant avec des personnes au-delà des frontières organisationnelles. Je citerais Pierre concernant l’alternative:
Tu peux rester où tu es à te plaindre et à souffrir. Dans ce cas, bonne chance car t’as encore 30 ans à tirer !
Je ne rends pas justice à Pierre avec mes notes, car son intervention était bien plus intéressante qu’il n’y parait ici. Soyez certain que je retournerais l’écouter quand j’en aurais l’occasion !
A table !
On est toujours bien reçu à Agile France, et déjeuner autour d’une table avec un vrai repas et un service tranche avec les conférences auxquelles nous sommes habitués. Et puis, ça a de la gueule, jugez-en !
Bien sûr, ce moment de convivialité est l’occasion de nouer des contacts. N’esperez-pas que je vous en dise plus : ça va rester entre moi en mon LinkedIn !
Fin de la pause, retour aux affaires. Ca va parler coaching pour débuter l’après-midi
Jean-François Hélie : Votre nouveau défi, déployer l’agilité dans votre organisation
Votre organisation est-elle agile ?
A cette question on est souvent tenté de répondre “oui” (de toute façon, répondre “non” fait désordre). Souvent parce que l’on a déployé Scrum sur un, plusieurs, voir la totalité des projets. Généralement, ça marche un peu mieux qu’avant. Mais on est loin des améliorations radicales escomptées.
Voyons la démarche que Jean-François Hélie nous propose.
Opérer des rapprochements
Si on peut juger de seulement une “petite” amélioration, force est de constater que certains projets stratégiques marchent nettement mieux. Pourquoi ? Essentiellement parce que leur nature stratégique fait qu’ils ont moins de contraintes. Ils ont d’avantage le droit de franchir les frontières organisationnelles.
Tout cela est insuffisant, mais ces projets stratégiques nous donnent des indications :
- Trop de cloisonnement interne DSI / Marketing / Métier
- Pas de remise en cause fondamentale du processus projet
- L’agilité reste cantonnée au niveau de la réalisation
- Les projets sont mal cadrés et démarrent trop vite.
Sur ce dernier point, enfin tel qu’il est exprimé, je crains de ne pas être d’accord sur le fond. Je pense que Lean Startup a quelque chose à nous enseigner de ce côté. Sans doute devrais-je discuter avec Jean-François précisément là-dessus…
La difficulté fondamentale à faire tomber les cloisonnements a hélas une origine plus profonde.
Comprendre la culture
Comprendre les organisations, c’est comprendre leur culture. Celle-ci est étroitement liée aux niveaux de maturité :
- De l’équipe
- De l’organisation
Comme on aime bien les modèles, Jean-François nous propose celui de Richard Barett qui décrit 7 niveaux de conscience. Ce modèle étend en fait la célèbre pyramide de Maslow. La voici.
Pour Jean-François Hélie, l’agilité se situe au niveau 4, les niveaux au-dessus sont, disons, du bonus ! Pour arriver à ce niveau, 2 challenges :
- La manager doit devenir facilitateur
- L’ambition agile : comment se réaliser individuellement, en interaction avec les autres ?
Conjuguer le changement au présent
Jean-François n’a pas d’hésitation à ce propos : Le changement ne s’opère pas en planifiant ce qu’on pourra faire plus tard. Pas plus qu’il ne se construit en regardant ce que l’on a fait dans le passé. L’un sert à rêver, l’autre à se lamenter.
Seul compte l’instant présent, ce que l’on peut faire dans le contexte actuel.
Autre point important : le changement culturel s’amorce par le haut de la pyramide. En fait la dynamique des comités de direction reflète celle de la société.
- Un comité de direction hésitant, qui ne sait dans quel direction aller donnera une société où les employés sont peu engagés et n’osent pas aller de l’avant.
- Un comité de direction energique et focalisé engendrera une société dynamique avec des employés volontaires.
D’accord, c’est peut-être un peu caricatural, mais c’est l’idée.
Pour changer les projets, changeons les réunions
C’est le “take away” de cette session. Jean-François Hélie veut partager une de ses convictions avec nous et nous propose ses outils. A l’image de ce que l’on vient de dire pour les comités de direction, les réunions de projet sont le poul du projet.
A l’inverse, on peut agir sur un projet en agissant sur la dynamique des réunions ! Une idée un peu déconcertante pour moi, mais intéressante. En tout cas, je n’y avais jamais pensé. Voyons comment réunions et projets sont les reflets l’un de l’autre :
- La participation en réunion : Elle reflète l’energie et la motivation sur le projet.
- La gestion du temps en réunion : Elle caractérise la façon dont est appréhendé le respect des délais.
- La relation à l’animateur : Elle est un indicateur du respect de la hiérarchie.
- La gestion des l’espace de la salle de réunion : Elle donne des informations sur les stratégies territoriales des uns et des autres.
- Le processus de communication au cours de la réunion : Elle est un miroir des circuits d’information (qui parle après qui, etc..)
- Le désir de quitter la réunion ave un résultat : Il est significatif de ce que peut délivrer le projet.
Pour amorcer les changements en réunion, le premier pas est la prise de conscience à la fin de celle-ci :
- Qu’est-ce qui a bien fonctionné ?
- Qu’est-ce qu’on peut améliorer ?
- Qu’est-ce que l’animateur a bien fait ?
Dans la plupart des réunions “classiques” l’animateur de la réunion :
- Définit l’objectif de la réunion
- Dirige la discussion
- Recadre celle-ci
- Et la plupart du temps monopolise 80% du temps de parole.
Cela n’est pas très constructif, et en réalité ce genre de réunion est surtout informatif. Les autres participants ne sont pas engagés et en fait participent peu. D’où la généralisation des ordinateurs portables en réunion.
Lorsque l’animateur gère la réunion en mode participatif, les différences sont :
- L’animateur invite les participants à prendre la parole
- L’animateur ne garde le temps de parole que 20% du temps.
Dans la version Intelligence Collective (le nirvana des réunions, en quelque sorte), les rôles deviennent distribués :
- Un facilitateur qui invite à participer et délègue les rôles.
- Un pousse-décision qui suit les actions arrêtées et incite les participants à conclure une discussion par une action.
- Un gardien du temps.
- Un “meta” qui observe la dynamique du groupe et la posture des participants
- Un leader. C’est toujours un peu le même, celui qui a une autorité naturelle sur le groupe du fait de son charisme ou de sa connaissance du sujet.
Déployer l’agilité dans l’organisation
Jean-François Hélie voit deux approches possibles :
L’approche structurelle : Elle débouche sur de grands efforts pour de petits effets.
L’approche culturelle et systémique : Elle permet d’obtenir de grands effets avec de petits efforts. Pour en résumer les clés :
- Ne pas chercher à changer la culture en elle-même.
- Changer la culture dans les réunions
- Créer et partager une vision
- Faire participer les collaborateurs
Et c’est tout !
Lecture recommandée
Un seul ouvrage ici :
- Coaching d’équipe, par Michel Moral
A suivre…
Nous avons bien avancé dans notre première journée, il nous reste 2 sessions pour la compléter. A très bientôt !
Innovation is the specific instrument of entrepreneurship. The act that endows resources with a new capacity to create wealth.
Peter Drucker

























