Note de lecture : The Professional Product Owner, par Don McGreal & Ralph Jocham

Note : 6 ; Une solide lecture pour le Product Owner, qui ne reste pas figée dans le dogme Scrum mais s’égare parfois un peu.

La Scrum.org s’est impliqué dans l’écriture de son corpus de connaissances et de pratiques. Le présent volume consacre celui dévolu au Product Owners. Comme nous allons le voir, c’est globalement une bonne surprise, même s’il nous embarque dans quelques hors sujets.

Les 320 pages du présent ouvrage sont découpées en seulement 9 chapitres structurés en 3 parties. Nous voilà donc embarqués dans des chapitres plutôt conséquents. La première partie « strategy » couvre 4 chapitres, soit un peu plus de 100 pages. Le premier chapitre est lui consacré à la gestion de produit agile. On y retrouve quelques poncifs habituels tels que le triangle de fer. Plus intéressant sont les propos sur les boucles de valeur et surtout les « roles type » qui offre une vue originale des profils de maturité du product ownership.

La vingtaine de pages du second chapitre va aborder la Vision. Le propos tourne autour de quelques pratiques désormais bien connues : le business model canvas, la product box et l’elevator statement. Le propos est bien ficelé, mais les habitués n’y découvriront pas grand-chose. Arrive le chapitre 3 et un sujet tout à fait épineux : la valeur ! Les auteurs lui accordent un peu moins de 40 pages. Les auteurs ont quelque peu du mal à trouver un angle, aussi commence-t-on avec « l’évidence-based management », ce qui a au moins le mérité d’introduire le sujet pour évoquer ensuite la satisfaction des employés et des utilisateurs (avec l’inévitable NPS). Après cela, ça part un peu n’importe comment en parlant budget, taux d’innovation, etc. Un chapitre qui n’est pas mémorable, sur un thème particulièrement difficile.

C’est de validation qu’il sera question au chapitre 4. Il ne s’agit pas de tests, mais de validation métier. Le modèle de Kano qui introduit le chapitre y fait figure d’intrus, mais très vite, c’est au Lean Startup que l’on s’intéresse. Pour autant, je raccroche assez mal ceci au thème central de Scrum.

La seconde partie s’intitule sobrement « Scrum ». Elle est forte de 2 chapitres couvrant 80 pages. On débute par un chapitre 5 dédié à l’empirisme. Qui dit empirisme et complexité dit souvent modèle Cynefin. C’est bien le cas ici et ce n’est pas un mauvais choix. En fait l’explication du modèle y est particulièrement bien développée. La fin du chapitre sur la gestion des risques est un peu plus faiblarde. Le chapitre 6 s’intitule lui-même « Scrum ». Et il est tout à fait conséquent avec plus de 50 pages. Il parvient quand même à ne jamais présenter le framework, mais à ce niveau de discussion c’est plutôt bien ! A la place nous avons une présentation des piliers de Scrum, un propos plutôt (bien) développé sur l’articulation entre les rôles, y compris avec les stakeholders généralement tenus à l’écart de la discussion. Puis nous avons des éléments qui apparaissent en ordre plus dispersé sur le raffinement de backlog, la vélocité et toute ces sortes de choses. Bref, du bon et du moins bon.

La troisième partie « tactics » va rassembler les 3 chapitres restant, ce qui représente tout de même 130 pages ! La gestion de backlog est au menu du chapitre 7. Il commence de manière assez classique avec de la user story et de l’invest, mais s’avère rapidement bien plus riche, avec par exemple de la spécification par l’exemple, de la story map et bien d’autre choses encore. C’est du solide.

Le chapitre 8, Release management n’est guère attrayant par le titre. Malgré d’estimables efforts, il ne l’est guère non plus sur le contenu, qui finit d’ailleurs par être assez hétéroclite. C’était aussi le bon endroit pour évoquer l’agilité à l’échelle avec Nexus, mais l’auteur ne parvient pas à retenir mon attention… « the professional product owner », chapitre 9 qui conclut cet ouvrage, tient en quelques pages. Mais bien que court, il synthétise bien les savoir-faire et savoir être du product owner.

Ce n’est pas très facile de dessiner les contours d’un ouvrage pour les product owners. Soit on en dit peu, soit il faut en dire beaucoup. Ce volume penche vers le second côté, mais sans excès. Au moins nous emporte-t-il au-delà du dogme officiel de Scrum. Une bonne lecture.

Référence complète : The Professional Product Owner – Don McGreal & Ralph Jocham – Addison Wesley / Professional Scrum Series 2018 – ISBN : 978 0 13 468647 9

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