Note de lecture : Le management pour les nuls, par Bob Nelson & Peter Economy

Note : 8 ; Non, en fait il n’est pas nul du tout !

Une véritable surprise, ce livre. Si un ancien collègue ne me l’avait conseillé, je ne me serai jamais arrêté dessus. Les auteurs sont très aguerris sur le management, et le texte s’attache à ce qui est important, la gestion des hommes, leur motivation, la délégation de travail, le leadership, etc.. Les techniques de suivi en tout genre qui font les choux gras de bien d’autres ouvrages de moindre qualité n’ont pas leur place ici. Outre la remarquable pertinence du propos, le livre recèle deux qualités importantes : le texte est bien écrit, facile à lire, passionnant même. La seconde qualité du livre est de couvrir de façon volontariste les différentes facettes du management, dont le licenciement, les aspects politiques et la budgétisation, entre autre exemple.

Il y a peu de méchantes choses à dire sur cet excellent ouvrage qui permet, outre sa lecture linéaire, une utilisation en ouvrage de référence, eut égard au découpage en nombreux chapitres (23 en tout) et aux nombreuses « check-lists » et autres encadrés. Ah, si ! Une chose tout de même : le texte aurait pu être mieux adapté au contexte français sur certains points ; le chapitre sur le licenciement aurait pu (entre autre) être mieux adapté au contexte français.

Le Management pour les nuls

Référence complète : Le management pour les nuls – Bob Nelson & Peter Economy – First Editions 2004 (V.O. : Management for dummies – Wiley Publishing 2001) – ISBN : 2-87691-952-4

Le Management pour les Nuls


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Note de lecture : Software Project Manager’s Bridge to Agility, par Michele Sliger & Stacia Broderick

Note : 6 ; Du PMI à l’agilité par des auteurs qui savent de quoi ils parlent !

Franchir le pas entre les approches classiques et l’agilité est un thème désormais classique. Mais la littérature traitant sérieusement de cette transition est plutôt rare. Les auteurs de ce livre ont un passé (ou un passif) lié au PMBOK plutôt sérieux, elles ont donc largement la crédibilité nécessaire pour attaquer le sujet sous cet angle.

L’agiliste accompli apprendra peu de choses à la lecture de cet ouvrage. Cela ne signifie pas pour autant que la lecture ne puisse en être profitable : si votre besoin est de pouvoir expliquer ou argumenter le passage à l’agilité aux managers classiques, voici un texte sérieux sur lequel s’appuyer !

Cela dit, la cible privilégiée du livre n’est pas celle-ci. Le texte s’adresse directement aux managers et aux « middle managers » issus de la culture de la gestion de projet en cascade. Il s’adresse directement à eux pour expliquer comment passer à l’agilité, quels en sont les bénéfices, la façon de changer les différentes pratiques et la nouvelle posture qu’ils doivent prendre dans cet environnement changé.

Sur le fond, nous avons un matériel assez dense accusant 330 pages, donc une taille de livre moyenne, mais malgré une bonne illustration du propos, cela reste du tassé du point de vue texte. Fort heureusement, les 300 pages du texte principal sont très bien découpés en 17 chapitres d’une part, eux même regroupés en 3 parties formant une progression logique. Chaque chapitre est élégamment introduit avec de surcroit une ou deux citations toujours fort bien choisies. Pour clore les chapitres, nous avons aussi chaque fois un résumé reprenant sous forme de liste à points les éléments passés en revue et une liste des références présentes dans le texte. Un travail de très bonne facture, le découpage en chapitres de moins de 20 pages en rend la lecture plaisante.

La première partie « an agile overview » consacre 3 chapitres à la présentation du monde agile au manager PMI. On commence pour les principes de l’agilité, le manifeste, etc… Bref, les grands classiques. La suite est plus originale, car on passe vers un « mapping » des principes PMI vers les principes agiles. Pour finir on fait un tour du propriétaire du projet agile (itération planning meeting, stand-up, etc…) en le comparant à son pendant PMI.

La seconde partie est la plus conséquente du livre, elle compte 9 chapitres sur 160 pages. Elle aborde les différentes facettes d’un projet en se calquant sur l’approche PMI des différents domaines à couvrir : intégration, cadrage, gestion du temps, gestion des coûts, qualité, ressources humaines, communication, gestion du risque, sous-traitance. Malgré cet angle d’attaque, jamais les auteurs n’abdiquent sur l’approche agile et ils présentent l’alternative agile avec beaucoup d’à propos et de pertinence. J’ai peu à dire là dessus, car si j’ai peu appris, le tout est fort bien ficelé.

La 3ème partie évoque la problématique de la transition. 80 pages sur 5 chapitres y sont consacré. Cela va du changement dans le type de management, à la façon de vendre l’agilité jusqu’aux écueils dans lesquels ne pas tomber. Personnellement, c’est la partie qui m’a le plus apporté.

Au final, un livre qui n’apprendra probablement rien à l’agiliste confirmé, mais pourra aider un coach à faire changer un manager classique vers une approche agile. Mais surtout, c’est probablement la meilleure lecture que l’on puisse proposer à ce dernier pour réussir son changement. Bien entendu, cela nécessite au préalable le bon état d’esprit !

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Référence complète : Software Project Manager’s Bridge to Agility – Michele Sliger & Stacia Broderick – Addison Wesley ASD series 2008 – ISBN : 978 0 321 50275 9

The Software Project Manager's Bridge to Agility


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Note de lecture : Dynamics of Software Development, par Jim & Michele McCarthy & Michele McCarthy

Note : 4 ; Difficile à lire…

Cet ouvrage (plutôt succinct, moins de 200 pages) a été originellement écrit en 1995. L’auteur fut chef de produit sur Visual C++ 1.0, produit que j’ai personnellement trouvé fort peu convaincant, mais il est vrai moins « has been » que son prédécesseur MSC 7.0 ! Le texte est donc assez ancien, datant d’une époque de croissance des applications Windows, et il ignore donc le nouveau paysage créé par l’Internet (dont le texte ne parle pas du tout). Curieusement, dans cette mise à jour, la prose originale n’a pas été touchée, hormis parfois une petite note.

Le livre est structuré en 2 parties, plus une « troisième partie » sous une forme de vidéo de l’auteur. La première partie compte 154 pages divisés en 5 chapitres (de tailles très inégales) plus une annexe, eux-mêmes structurés en 54 items. Ces chapitres correspondent aux phases de développement, non pas calquées sur les classiques et fort peu réalistes « recueil des besoins, analyse, conception, etc… », mais plutôt sur une analogie du jeu d’échec :

Opening moves : on parle ici du lancement du projet, de son organisation et de ses objectifs.

The middle game : il représente le « ventre mou » du projet, la partie la plus longue durant laquelle le projet est sur les rails, mais où les features doivent être construites.

Ship mode : Qu’est-il nécessaire de faire pour livrer le produit, une fois le développement complété ? Ce chapitre traite des activités de fin du projet.

The launch : Comment gérer une arrivée sur le marché, comment créer un évènement de lancement ?

J’ai trouvé le texte intéressant par endroit, certaines des idées sont franchement précurseur des principes agiles (je pense entre autre aux « feature teams », mais l’aspect historique est généralement de peu d’intérêt pour le lecteur. Le problème le plus ardu est celui de l’anglais, trop recherché et surtout souvent trop imagé qui en diminue l’impact pour le lecteur français. Que penser de « don’t flip the bozo bit », par exemple ?

Bref, malgré sa réputation, je ne saurais conseiller cet ouvrage, pas assez (ou plus assez) original par lui-même et trop difficile à lire, nonobstant son petit volume.

The Dynamics of Software Development

Référence complète : Dynamics of Software Development – Jim McCarthy & Michele McCarthy – Microsoft press 2006 – ISBN : 0-7356-2319-8 ; EAN : 978-0-735-62319-4

Dynamics of Software Development


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Note de lecture : Manage Your Project Portfolio, Increase your capacity and finish more projects, par Johanna Rothman

Note:6 ; Pas aussi bien qu’espéré

Voilà un sujet qui m’intéresse au premier chef : comment gérer, non pas un projet, mais un ensemble de projets organisés en un « portefeuille ». La grande qualité de cet ouvrage est certainement de ne pas chercher midi à quatorze heures, et de rester simple et pragmatique. D’ailleurs le format du livre reflète cette concision : 11 chapitres couvrant 160 pages.

Les deux premiers chapitres nous font découvrir ce qu’est un portefeuille de projets, comment le structurer et comprendre le cycle de vie de ses projets.

Dans les chapitres 3 et 4, on apprend tout d’abord à organiser ses projets : quel doit être leur granularité ? Les projets doivent-ils être structurés en programmes ? On y voit finalement quoi envisager de l’avenir d’un projet commit, kill, transform) en fonction de sa nature.

Prioriser et travailler en groupe pour décider du devenir du portefeuille sont l’objet des chapitres 5 et 6. L’auteur y propose plusieurs techniques à cet égard.

Les chapitres 7 à 9 s’avèrent moins originaux : ils traitent de la vie et de l’évolution itérative du portefeuille. Ce qu’on y lit, bien qu’intéressant, ne diffère guère de ce que l’auteur a pu dire de la gestion de projets dans « Manage It ». Même si le propos sur l’approche agile en général, et le Lean en particulier sont clairement intéressants, ils n sont pas spécialement originaux dans le contexte de ce sujet en particulier.

Le chapitre 10 sur les mesures peut également aussi bien s’appliquer au niveau d’un portefeuille que d’un projet. Je pense quand même qu’appliquer ces métriques au niveau de l’itération relève d’une granularité trop fine. Simple question d’appréciation personnelle.

Fort heureusement, on termine avec une note plus originale : définir sa mission, en tant qu’équipe ou en tant que manager. C’est un exercice à la fois simple et dans le principe et difficile dans la mise en œuvre. Mais il éclaire beaucoup dans la ligne de conduite et la façon d’évaluer son portefeuille de projets.

En bref, voici un livre qui donnera un certain nombre de clés pour réussir à gérer son portefeuille de projets. En fait, j’ai déjà utilisé une partie de ce que l’auteur propose pour travailler mon propre portefeuille de projets, avec succès. Je suis toutefois un peu déçu par ce que j’y ai trouvé, mais certainement parce que mes attentes se situaient assez haut, eu égard à ce que l’auteur nous a livré jusqu’ici.

Ma note reflète surtout mon niveau d’exigence par rapport aux textes écrits par Johanna Rothman : il est bien plus élevé que pour le commun des auteurs. Malgré une notation qui peut paraître modérée, c’est un livre que je recommande sans réserves.

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Référence complète : Manage Your Project Portfolio, Increase your capacity and finish more projects – Johanna Rothman – The Pragmatic Bookshelf 2009 – ISBN: 978 1 93435 629 6

Manage Your Project Portfolio: Increase Your Capacity and Finish More Projects


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Note de lecture : 97 Things Every Project Manager Should Know, Barbee Davis edt.

Note : 4 ; Hétéroclite et peu convaincant

Ce livre qui fait partie de la collection « 97 things » n’est guère marquant. On y trouve des conseils de chefs de projets ou personnes apparentées, venus de tous horizons. C’est là que le bât blesse : il n’y a aucune cohérence entre les différentes interventions. Certaines viennent du monde « commande & contrôle » nous avisant de mieux définir les rôles les frontières et de rendre le processus plus définis, tandis que d’autres nous guident vers des processus agiles. Il en va de même pour les aspects évoqués : depuis la vision jusqu’au suivi d’avancement en passant par les estimations, la collaboration avec les utilisateurs. Tous ces sujets méritent d’être traités, mais ici on a plus un patchwork d’intervention avec des conseils parfois contradictoires que la couverture du sujet !

Certaines interventions sont toutefois très pertinentes. Si l’on prend cet opuscule pour ce qu’il est, une sorte de menu à la carte où l’on retient ce que l’on veut, on peut retirer disons 10% à 20% de matière donnant à réfléchir. Ce n’est pas sensationnel, mais on a vu pire.

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Référence complète : 97 Things Every Programmer Should Know – Kevlin Henney edt. – O’Reilly 2010 – ISBN : 978 0 596 80948 5

97 Things Every Programmer Should Know: Collective Wisdom from the Experts


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Note de lecture : Balancing Agility and Discipline, A guide for the perplexed par Barry Boehm & Richard Turner

Note : 6 ; Une vue pragmatique et construite du processus combinant les les avantages des approches agiles et planifiées.

Il était temps qu’un auteur dépasse le cantonnement des approches prescritives et agiles, chacune prétendant sauver le monde avec sa propre vision intégriste du processus. Boehm et Turner analysent avec beaucoup d’acuité les avantages et faiblesses de chacune des approches (dont ils ont une bonne connaissance), et font une analyse assez correcte des bénéfices que l’on peut tirer de leur combinaison, comment le faire et en quelles circonstances. Cela est illustré par 2 cas d’études « avant et après » sur des projets destinés à être soit plutôt agile, soit conduit par un plan.

Il reste à espérer que cette première pierre soit le début d’une tendance où l’ouverture d’esprit dominera sur l’esprit partisan. En ce qui me concerne, j’avoue y porter un réel intérêt. Néanmoins, l’ouvrage en lui-même est un peu frustrant, car les 160 pages du texte principal ne font guère office que d’introduction à cette approche convergente. Certains outils proposés comme le « home groud polar chart », ou le « sweet spot chart », sont assez intéressants, mais je suis plus perplexe face à la « risk based method », destinée à déterminer la combinaison d’agilité et planification à appliquer.

On notera également le volume particulièrement important des annexes (70 pages). Cela reste insuffisant pour conseiller sans réserve cet ouvrage qui renferme cependant un incontestable savoir-faire.

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Référence complète : Balancing Agility and Discipline, A guide for the perplexed – Barry Boehm & Richard Turner – Addison Wesley 2003 – ISBN: 0-321-18612-5

Balancing Agility and Discipline: A Guide for the Perplexed


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Note de lecture: The Art of Project Management par Scott Berkun

Note : 6 ; Intéressant, mais verbeux et désordonné.

Scott Berkum se moque des outils de gestion de projet ou des principes de management. Ou plutôt : peut-être ne s’en moque-t-il pas (sa culture est d’ailleurs plutôt étendue), mais il a décidé de ne pas baser son livre là-dessus. Il préfère s’appuyer sur son expérience et développer son texte autour de thèmes issue de celle-ci. Le cocktail est plutôt intéressant et est loin de limiter la portée de celui-ci à la simple gestion de projets.

La première partie est consacrée aux « plans », à la façon de les aborder et pourquoi ils échouent de façon récurrente. Avec les plans vient la Vision. Celle-ci est partie intégrante du rôle de chef de projet et du leadership qu’il doit avoir par rapport à l’équipe.

La seconde partie évoque les « savoir-faire » spécifiques au rôle du chef de projet : spécifications, décisions et communication.

La troisième partie traite le management. Le management est avant tout affaire de Leadership et de confiance.

Bien que le plan montre une certaine structure, le propos en a globalement assez peu. Le livre se présente d’avantage comme une longue causerie de l’auteur, celui-ci souhaitant partager son expérience et son savoir-faire, qui sont certains. Il s’appuie aussi pour cela sur son expérience personnelle, et ses anecdotes (dont il est parfois la victime) illustre parfaitement le propos. Long, le livre l’est sans aucun doute, avec ses 340 pages pratiquement vides d’illustrations (on en a bien quelques une de l’auteur, faites à main levée, mais…).

La verbosité de l’auteur rend hélas l’ouvrage un peu long à lire, surtout en langue anglaise. Une version française existe, sur laquelle je ne peux me prononcer. Essayez-là, elle allège peut-être le poids d’une lecture par ailleurs instructive ?

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Vous pouvez également aller voir le site de l’auteur

Référence complète : The Art of Project Management – Scott Berkun – O’Reilly & associates 2005 – ISBN: 0-596-00786-8

The Art of Project Management

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