Note de lecture : More Agile Testing, par Janet Gregory & Lisa Crispin

Note : 4 ; Pléthorique, mais toujours et encore trop verbeux.

Ce nouvel opus, de prime abord semble avoir pas mal de points communs avec le premier tome. Le plus important est la taille : ici encore il s’agit de 500 pages environ. Plutôt qu’une suite du premier volume, le thème serait plutôt « les auteurs n’ont pas tout dit » ! Si le volume précédent était majoritairement guidé par les cadrans de Brian Marrick, ici l’approche est plus thématique.

Le volume nous propose 25 chapitres, regroupés en 8 parties. La première d’entre-elle, sobrement intitulée « introduction » ne compte que 2 chapitres sur 25 pages. Le premier est consacré aux évolutions des pratiques durant les 10 années qui ont séparé les 2 volumes. Une synthèse juste et plutôt bien faite qui évoque par exemple le test d’applications mobiles ou les pratiques de test d’acceptation. Le second chapitre met un coup de zoom sur l’importance de la culture de l’organisation. C’est un aspect qui avait été peu (ou pas) évoqué précédemment.

La seconde partie « learning for better testing” va regrouper 4 chapitres sur un peu plus de 60 pages. Le chapitre 3 dédié aux rôles et compétences comprend des sujets tels que les profils généralistes versus spécialistes, donc bien sûr une évocation des profils en « I » et en « T » qui m’a toujours semblée un peu bateau et de la pluridisciplinarité. Donc, pas tant de choses nouvelles ou originales au final. Les « thinking skills » évoquées au chapitre m’ont semblées plus intéressantes : la facilitation, l’écoute, la connaissance du domaine pour n’en citer que quelques-uns sont replacés dans le contexte d’une activité de test. Une prose qui pourra s’avérer utile pour le recrutement de vos prochains testeurs.

Au chapitre 5, on s’attaque au « technical awareness ». C’est un petit chapitre qui évoque bien sûr les questions d’automatisation, mais aussi les environnements de développement et les stratégies de branching. Le propos est assez superficiel et a même un peu vieilli. Enfin le chapitre 6 s’attache aux manières d’apprendre : styles d’apprentissage, médias à disposition et organisation. Un chapitre plaisant mais qui ne saurait se comparer à l’excellent « pragmatic Thinking & Learning ».

La 3ème partie traite sur une trentaine de pages la « big picture » des tests. Le tout en deux chapitres. Le chapitre 7 a trait aux différents niveaux de planification, de la release à la tâche. Les auteurs y distillent la manière dont la stratégie de test s’intègre à cela. Toutefois, s’il s’agit d’une introduction honorable à la planification, je reste frustré côté tests et j’aurais préféré un propos plus centré sur la stratégie de test. Le chapitre 8 est dédié à un de mes sujets préférés : les quadrants des tests. Je ne suis pas à 100% d’accord avec la vision des auteurs, mais d’une part les auteurs ont su intégrer la vision de Gojko Adzic qui me convient mieux et d’autre part, elles ont complété le propos par la vision d’Elizabeth Hendrickson et une vue rapide de la pyramide des tests (que je n’aime guère). Un bon chapitre.

La quatrième partie se focalise sur le test de la valeur métier. 45 pages sur 3 chapitres sont consacrées à ce sujet. Le chapitre 9 qui s’interroge sur le bon produit n’évoque pas les tests mais la spécification agile avec l’impact mapping, le story mapping et les 7 dimensions du produit d’Ellen Gottesdiener. Intéressant mais un peu hors sujet surtout que la question de la vérification n’est pas évoquée. Un court chapitre 10 traite des « compétences étendues » requises pour le tester afin d’appréhender la question de la valeur métier. La spécification par l’exemple manquait clairement au premier volume (mais le sujet n’était pas encore apparu), c’est chose faite ici. Toutefois le chapitre se raccorde mal aux deux autres.

La 5ème partie s’étend sur 2 chapitres et 45 pages et traite des tests exploratoires qui n’avaient pas la place qu’ils méritaient dans le volume précédent. Le chapitre 12 est dédié aux tests exploratoires. Il consacre une place importante aux « exploration charters » d’Elizabeth Hendrickson, pas pas seulement. Ainsi les approches « Session Based Test Management » et « Thread Based Test Management » sont aussi évoquées, par exemple. Un chapitre riche et intéressant. Le chapitre 13 couvre les autres types de test exploratoires, tels que les UAT et l’A/B testing. Le tour d’horizon aurait pu être plus complet, mais au moins il est là.

L’automatisation des tests forme le cœur des 60 pages de la 6ème partie, et couvre 4 chapitres. Passons rapidement sur le chapitre 14 consacré à la dette technique qui n’apporte pas grand-chose au propos. Je l’ai dit, je ne suis pas un grand fan de la pyramide des tests, enfin de la version originale de Mike Cohn. Ce chapitre 15 ne présente pas seulement la pyramide originale, mais de nombreuses variantes qui me semblent avoir plus de sens, notamment celle de Sharon Robson. L’encart sur les risques d’abandonner l’automatisation vaut aussi le détour. Un très bon chapitre. Le chapitre 16, lui, cherche à présenter des patterns d’automatisation. Certes quelques considérations générales sont utiles mais de manière générale, ce chapitre apporte peu. Le chapitre 17 promet d’aborder les solutions d’automatisation, mais en fait c’est plutôt l’aspect social du choix d’automatisation qui est abordé. Heureusement, le témoignage de Cirilo Wortel sauve un peu la mise…

La 7ème partie de l’ouvrage va explorer la mise en œuvre de tests agiles dans différents contextes. C’est une partie conséquente qui compte plus de 100 pages et 6 chapitres. Le chapitre 18 qui ouvre cette partie évoque la mise en place de pratiques de tests à l’échelle de l’organisation. Le témoignage de Geoff Meyer sur l’évolution des pratiques chez Dell y tient une grand place et capture à lui seul l’intérêt du chapitre. On pousse un cran plus loin avec le chapitre 19 évoquant les équipes distribuées. C’est un chapitre plutôt conséquent, mais dont la plus grande partie est liée aux problématiques de communication au sein d’équipes réparties ou pluriculturelles. Seuls les sujets du test offshore et de la communication basée sur des exemples sont réellement liés au sujet.

Le mobile et les systèmes embarqués sont traités ensemble au sein du chapitre 20. C’est un chapitre assez décevant, car s’il égrène quelques idées, il ne dit pas comment l’approche agile se décline sur ce genre d’environnement. Les environnements sujets à forte régulation sont l’objet du chapitre 21. Le sujet est traité assez légèrement, avec toutefois une paire de témoignage bienvenus. Les auteurs remontent bien les 2 thèmes importants : documentation et audit, sans toutefois les traiter en profondeur.

Le test des systèmes décisionnels mériterait sans doute un livre à lui tout seul. Mais ici, le sujet est cantonné à la vingtaine de pages du chapitre 22. Évidemment il s’agit de tester la donnée : sa qualité, sa transformation et construire les jeux de données afférents aux traitements. Finalement j’ai trouvé ici une introduction tout à fait honorable au sujet. Cette 7ème partie se referme sur les considérations liées au devops dans un chapitre qui lui est dédié. Un sujet compliqué d’abord. Et les auteurs ont du mal à sortir des triptyques tests d’infrastructure et pipeline CI / CD. Certes le test de configuration est fugitivement évoqué, mais sans plus. Et pas un mot sur le chaos monkey qui n’en était qu’à ses balbutiement à ce moment, ni sur le monitoring en production.

La dernière partie s’intitule « agile testing in practice », et ses deux chapitres couvrent 30 pages environ. Le chapitre 24 est consacré à la visualisation. Un thème bienvenu et important. Les auteurs y couvrent 3 sujets : l’avancement de la couverture, celui des améliorations et l’illustration des résultats (et de leur causalité). Un boulot bien fait. Le chapitre 25 forme la conclusion de l’ouvrage et cherche à « tout mettre ensemble ». Le texte propose en illustration les « piliers du testing » à l’image de la maison Lean. Elle assemble les pratiques, les savoir-être et savoir-faire de manière tout à fait pertinente. C’est un « take away ».

Le trait marquant de cet ouvrage est le même que celui du volume précédent : un ouvrage bien trop volumineux eut égard à son contenu. Il propose à la fois des compléments et des mises au goût du jour des pratiques précédentes. Le tout est très variable en qualité. Si vous êtes un accroc du test agile, vous ne pouvez échapper à cette lecture, mais l’investissement de temps est conséquent.

More Agile Testing, par Janet Gregory & Lisa Crispin

Référence complète : More Agile Testing – Janet Gregory & Lisa Crispin – Addison Wesley / Signature series 2015 – ISBN : 978 0 321 96705 3

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