How Spotify Builds Products

J’avais posté il y a quelques temps un lien vers l’article d’Henrik Kniberg à propos du scaling chez Spotify. Cet article expose la manière “lean startup” dont les produits sont pensés et évoluent :

  • Think it : on a une idée !
  • Build it : on construit un MVP.
  • Ship it : On le met en production.
  • Tweak it : Puis on l’améliore continuellement.

C’est même un Kanban au niveau de la société qui permet de visualiser la totalité des projets et leur état d’avancement.

Think it

Lorsque quelqu’un arrive avec une nouvelle idée, il peut former une petite “squad” (typiquement 3 personnes) s’il a le feu vert de la direction afin de développer celle-ci, typiquement sous forme de prototype. Il s’agit de répondre aux questions : pourquoi devons-nous construire ce produit et pour qui ? Quel va être la mesure du succès ? Bref, une vraie démarche Lean Startup dans l’esprit !

La partie la plus importante est un narratif qui est développé avant que le produit soit développé. De nombreuses maquettes (papier ou non) sont souvent élaborés en parallèle.

Le “done” est accompli lorsque le management décide que le produit vaut le coup. Cela est fait de manière subjective, sans épauler cela de chiffres ou d’études de marché. Cela viendra plus tard, dans le “ship it” !

Build it !

C’est la construction du produit, conduit en agile (Scrum, XP, Kanban) avec un squad plus étoffé. Parfois même plusieurs squad. L’objectif est la création du MVP.

Le MVP est un équilibre délicat entre un proto qualifié d’embarrassant, en tout cas pas assez abouti pour être mis dans les mains des utilisateurs et un produit standard, bien trop coûteux pour un premier jet. Pour Spotify, MVP signifie Minimum Loveable Product, qui soit “narrative complete”, plutôt que “feature complete”.

Le “done” est atteint quand le squad et le management pensent que le produit est assez bon pour passer en production.

Ship it

Il s’agit de déployer progressivement le produit vers 100% des utilisateurs. On commence par le déployer vers un petit échantillon d’utilisateurs, et c’est là que l’on commence à vérifier nos hypothèses initiales. Le processus standard est d’effectuer des itérations pour opérer des ajustements.

Le “done” est atteint lorsque le produit est déployé vers 100% des utilisateurs.

Tweak it

C’est la phase la plus importante. Le produit peut être amélioré de nombreuses façon. Le squad opère des évolutions via de l’A/B testing et le suivi des métriques d’utilisation. A un certain point le produit atteint un optimum local et les nouvelles fonctionnalités n’ajoutent guère de valeur au produit. Soit le squad passe progressivement vers un nouveau projet, soit l’on rentre dans une phase de “re-think” pour changer dramatiquement le produit.

Le MacIntosh dévoilé : c’était il y a 30 ans !

La machine emblématique d’Apple a fêté ses 30 ans il y a peu.

La présentation officielle du MacIntosh du 25 Janvier 1984 est certainement le moment le plus connu. Mais il fut précédé d’une présentation aux actionnaires un jour avant ! C’est ce que montre cette video, hélas de très mauvaise qualité ! Vous pouvez sauter l’introduction et aller directement vers 36’30 où débute ce qui nous intéresse réellement. Sinon la video visible depuis Techland (dont vous trouverez le lien plus haut) vous donnera un support de meilleure qualité.

Patricia, mon petit… Je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L’homme de la Pampa parfois rude reste toujours courtois mais la vérité m’oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser menu !

Michel Audiard in Les tontons flingueurs

Note de lecture : Grace Hopper and the invention of the information age, par Kurt W. Beyer

Note : 7 ; Le souffle épique allié à la rigueur académique pour cette biographie passionnante.

Une biographie d’une des figures majeures de l’informatique publiée aux MIT press : on est en droit de s’attendre à un texte plutôt aride. C’est loin d’être le cas. Nous allons voir cela ensemble. Mais commençons par le commencement.

Cette biographie compte 320 pages, mais comme il s’agit d’un format « roman », le volume de texte est moindre que l’équivalent en livre informatique. L’équivalent serait de 250 pages, je pense. Le tout est découpé en 12 chapitres.

Le premier chapitre « the myth of the amazing Grace » est aussi le plus difficile à lire. Il est un peu en marge de la biographie elle-même. L’auteur y analyse avec le recul l’impact de l’amirale sur l’histoire de l’informatique et ce qui l’a conduit à mener ce travail de recherche. Il évoque la rationalisation et la démystification de son travail. La motivation est donc là : faire un travail de reconstruction objectif documenté et argumenté. Après cette lecture (et le peu de connaissance de l’histoire de Grace Hopper que j’avais alors), je dois dire que l’effet obtenu est tout à fait l’inverse !

Le second chapitre « The rebirth of Grace Murray Hopper » débute réellement la biographie. Il passe plus que rapidement sur les premières années de sa vie pour réellement débuter avec ses études de doctorante, puis de professeure en mathématique. Ceci, c’est pour la première partie du chapitre. Elle s’articule sur la seconde : son engagement dans la Navy et sa rencontre décisive avec le commandant Howard Aiken.

« The origin of computer programming », le troisième chapitre du livre et aussi le plus long ne se résume pas en quelques mots. L’auteur nous fait revivre les instants que ont amené Grace Hopper à créer et définir le métier de programmeur et même la découverte du premier bug ! C’est aussi l’histoire des obstacles qu’il a fallu surmonter, de la façon dont Grace Hopper a gagné le respect et la confiance de son supérieur dans un environnement extrêmement militaire et misogyne.

Après le guerre, de nouveaux défis attendent Grace Hopper, d’abord comme moteur du laboratoire de calcul d’Harvard puis comme animatrice des premières communautés de développeurs. Les chapitres 4 et 5 couvrent ces périodes.

Le symposium de 1947 sera l’occasion de faire germer une idée qu’elle portera malgré l’hostilité des développeurs : la conception de langages de haut niveau et le développement d’un compilateur. C’est dans les années 60 que la carrière de Grace Hopper atteindra son point culminant en dirigeant de main de maitre le comité à l’origine du Cobol.

L’ouvrage se veut sans concession, aussi bien sur les défauts et les faiblesses de celle que l’on pourrait considérer comme l’héroïne de cette biographie, que les qualités le travail et la persévérance dont a su faire preuve Grâce Hopper. Tout en gardant la rigueur académique exigée par l’exercice, l’auteur fait passer le souffle épique d’une période particulière : celle de la naissance de l’informatique par l’une des plus grandes figures, sinon la plus grande, de cette époque.

Une lecture parfois difficile, mais souvent éclairante et passionnante qui témoigne d’une époque.

image

Référence complète : Grace Hopper and the invention of the information age – Kurt W. Beyer – MIT Press 2012 – ISBN : 9780262517263

Grace Hopper and the Invention of the Information Age (Lemelson Center Studies in Invention and Innovation series)

https://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/0262517264?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on

Agile Game France 2014 en images (4/4)

Dernier volet de notre périple de 3 jours, ce post conclut mon retour sur l’Agile Game France dont vous retrouverez les opus précédents ici, ici et ici.

Rétrospective

Nos scribers sont réellement talentueux, voici ce à quoi ressemble désormais notre fresque

image

Et les voici à l’oeuvre.

image

Certains devant partir tôt, nous n’attendons pas le dernier moment pour nous livrer à une rétrospective de l’évènement. Elle s’effectue en 3 groupes, Jacques facilite le nôtre.

image

On prends très peu de temps, juste ce qu’il faut pour identifier un point d’amélioration.

image

La restitution se déroule tout aussi rapidement.

image

Tombola

Toujours dans le thème “je conclue l’Agile Games France en beauté”, il y avait une petite tombola pour gagner des polos. Il n’y en avait pas pour tout le monde ! En fait, il n’y en avait que 3 : tailles M, L et XL respectivement. Comme vous pouvez le voir de dos ici.

image

Et les gagnants sont : Alfred, Michel et … moi-même ! Le sort m’est généralement défavorable, c’est bien sympa que les choses ait tourné dans le bon sens justement aujourd’hui !

image

Et nous reste juste le temps pour 2 ateliers assez rapide.

Le jeu du Tao

Ce jeu avait été animé hier par Romain Couturier. Il avait été apprécié et une seconde session a eu lieu dans la matinée, mais animé cette fois par des participants de la session précédente. Alfred s’était tout d’abord proposé d’en animer une 3ème session, puis avait finalement décidé de remplacer cela par un retour sur ce jeu. D’abord déçu, j’ai vite compris qu’il ne se sentait pas armé pour une animation.

image

D’ailleurs, le jeu n’en est pas vraiment un, avec un livret qui ressemble plutôt à un annuaire et un contenu plus proche de la psychanalyse de groupe que du bon moment de détente ! Je trouve d’autant plus remarquable la prestation de Romain dont j’ai eu d’excellents echos qui se livrait à cette animation pour la première fois !

image

La chose mérite donc un peu de réflexion avant de s’y lancer tête la première. Tao Village propose des initiations, peut-être à essayer…

The Lean Takeoff

Alfred Almendra s’est donné un gros challenge : illustrer l’amorçage d’un cycle Lean Startup à l’aide d’un jeu ! Le jeu se focalise sur le “fit” entre le problème et la solution et tourne autour de cycles d’expérimentations. En l’état, le jeu ne me semble pas convainquant. Nous avons donné du feedback à Alfred pour lui donner des idées d’évolution.

L’exercice de construire un jeu autour de cette idée me semble vraiment très difficile. Je ne me vois pas relever le challenge. Je ne peux que souhaiter bon courage à Alfred (qui n’en manque pas par ailleurs) pour faire aboutir son idée !

Cloture

Cette 3ème édition d’Agile Game France se conclut maintenant.

image

Mon regret le plus important est d’avoir surtout été consommateur lors de cette édition, ce qui ne me convient guère ! Au départ je voulais présenter la version 2 du Business Value Fail que j’avais développé conjointement avec Yannick Ameur et présenté lors d’un Agile Playground. Mais j’ai été trop occupé pour mener à bien mon projet ! J’ai donc au moins deux objectifs pour l’an prochain (car oui, j’ai bien l’intention d’en être à nouveau !) :

  • Proposer l’animation d’au moins 1 jeu.
  • Mettre en place le Kanban des sessions que nous avons proposé lors de la rétrospective.

Un évènement comme celui-ci, c’est plutôt à la base pour les extravertis. Etant une sorte d’introvertis de compétition (si, si je vous assure), ce ne devrait pas être un lieu où je serais particulièrement à l’aise. Et poutant ! Pourtant, j’en suis ressortis gonflé à bloc avec des idées. Il faut dire que l’évènement garde son caractère bon enfant, détendu et bienveillant. Je ne peux comparer à l’an dernier, mais le lieu se prêtait plutôt bien à nos activités : 2 salles avec l’utilisation du palier, cela nous permettait 5 activités en parallèle, voir plus !

Pour terminer, je me dois de saluer la famille Siber venue au complet. Pas évident de venir avec un enfat en bas âge, mais ils l’ont fait !

image

Et bien entendu un grand bravo et merci aux artisans de cette évènement auto-organisé !

The Scrum Primer

Plus étoffé que le Scrum en 5 minutes, ce “primer” donne une vision plus précise de Scrum, mais aussi plus subjectives, car elle intègre des pratiques qui, si elles sont généralement acceptées" ne font pas partie de le définition stricte de Scrum. L’article présente aussi l’avantage d’être abondemment illustré de photos mais aussi de représentations d’artefacts tels que les auteurs les utilisent sur leurs projets (je reconnais au moins l’un d’eux que j’avais hérité de Craig Larman).

Avec ses 22 pages et une police plus classique, c’est plutôt 1 heure, voir plus, qu’il vous faudra consacrer à cette lecture. Le public n’est donc pas le manager très occupé. De plus certaines techniques comme les réestimations systématiques ou le burndown ne font pas nécessairement partie de votre processus.

Ce primer figure aussi en annexe du livre co-écrit par Craig Larman : Scaling Lean & Agile Development.

Agile Game France 2014 en images (3/4)

Poursuite de notre périple Agile Game France 2014. Les épisodes précédents sont disponibles ici et ici.

Se lever et descendre prendre son petit déjeuner avec la horde des agile gamers, cela vous a des allures de colonies de vacances, croyez-moi !

image

Ice breaking, le retour

On se remet rapidement dans le bain, on regagne notre terrain de jeu.

image

Plutôt qu’une longue description, je vous laisse apprécier (une partie) de l’exercice auquel nous nous sommes livrés ! Désolé, j’ai un peu manqué de réflexe pour en saisir l’intégralité…

Casser la glace, Olivier Soudieux nous a partagé son expérience en la matière photos à l’appuie. Ou comment dégager des centaines de tonnes de glace d’un cargo Turque qui a vogué dans le cercle polaire…

image

getkanban

J’avais eu le plaisir d’en faire une partie lors d’une édition précédente des Valtech Days. C’était avec Laurent Morrisseau. Bien qu’il reste l’une de mes références en la matière, j’ai plus apprécié la partie qui fut dirigé cette fois par Dimitri, probablement parce que faite en milieu moins “stréssé”.

image

Il existe plusieurs jeux kanban, comme Kanbanzine ou le Kanban Pizza Game. Celui-ci est probablement le moins ludique, mais il est très bon pour appréhender tous les aspects de la mécanique Kanban. Il n’est pas facile non plus, car il nécessite que l’on tienne une multitude de comptes et courbes (d’où la nécessité d’être plusieurs).

image

Il faut compter 2 heures pour une partie, bien que je trouve l’aspect “temps contraint” un peu inutile. Par contre jouer à deux équipes, donc deux plateaux ajoute réellement au fun !

Bref, on peut dire que c’est adopté en ce qui me concerne !

En attendant l’heure du déjeuner…

Bien qu’il nous reste encore une demie-journée, on sent l’energie se tarir (on a aussi une semaine de boulot dans les jambes, non ?). Pendant que certains s’acharnent sur des jeux que je n’identifie pas…

image

… de mon côté j’opte pour un “Agile oops !”. Je ne pense pas qu’il ait de vertus pédagogique, mais ça détend bien ! Je ne pense pas qu’il ait de vertus pédagogique, mais ça détend bien. Il s’agit d’une adaptation du “Tabou” où l’on peut mimer, décrire (mais sans utiliser une liste de mots précise) ou dessiner des mots liés à l’agilité … ou à l’anti-agilité.

image

Et le déjeuner enfin

C’est la pause. Ce moment de détente vous est offert par Software Freethinker !

image

Il ne reste que la dernière ligne droite devant nous. En l’attendant, vous pouvez vous nourrir des autres posts produits sur l’évènement.

Les autres billets

Je complète ici la liste des liens vers les différents posts sur cet évènement.

Le Printemps Agile Caen 2014

Pour la seconde année consécutive, le Cub Agile Caen organise son Printemps Agile qui tombe, comme il se doit, le 20 Mars. L’an dernier, j’étais là en visiteur. Nous avions été gratifié de deux sessions de Jurgen Appelo, de grands moment dans lesquels j’inclue la discussion que j’ai pu avoir avec lui, eu égard à l’intimité relative de l’évènement !

Cette année, j’abandonne le rôle de spectateur pour endosser celui d’orateur. J’y ferais une présentation sur Scrum sous un jour particulier. Une session qui sera proposée ici pour la première fois. En voici le teaser.

Scrum Shu Ha Ri

Vous débutez avec l’agilité, vous allez participer à un projet “en Scrum” ! C’est bien. Peut-être vous demandez-vous comment vous saurez que vous y êtes arrivé, que vous faites les choses comme il faut ? D’ailleurs est-ce si bien que cela Scrum ? Certains s’en disent déçus, d’autres prétendent que Scrum ce n’est pas vraiment de l’agilité.

L’agilité n’est pas une destination, c’est un voyage. Scrum est à même de vous accompagner dans toutes les étapes de ce voyage. Mais si le framework Scrum est facile à comprendre, il est beaucoup plus difficile qu’on ne le soupçonne à mettre en œuvre ! Ses qualités intrinsèques, celles pour lesquelles vous devriez l’apprécier ne sont probablement pas celles que vous imaginez.

Avant de prendre la route, nous allons voir ensemble le grandes étapes du “voyage Scrum”. Il y en a 3 et il n’y a pas de raccourcis. Nous les avons empruntées aux arts martiaux, elle se nomment Shu, Ha et Ri.

Le Shu est le niveau de l’apprentis qui découvre Scrum et va s’efforcer de le mettre en œuvre correctement.

La Ha est consacré au perfectionnement. On y adapte ou adopte certaines pratiques pour améliorer notre façon de vivre l’agilité.

Atteindre le Ri, c’est être au stade de la maîtrise où l’on innove et crée une façon d’être agile en se guidant sur les valeurs et le sens de l’agilité.

Cette session a pour but de vous donner une perspective sur le voyage qui vous attend, pour prendre la route sereinement sans se tromper sur le sens ou les attentes de cette progression.

Rendez-vous très bientôt à Caen !

Le Printemps Agile Caen 2014