Note de lecture : Kotlin in Action, par Dmitry Jemerov & Svetlana Isakova

Note : 5 ; Fait le boulot.

Kotlin est un langage de la JVM que je classe dans la catégorie des « better Java », aux côtés de Ceylon (qui hélas n’a pas encore d’ouvrage). Le parti-pris du langage est celui d’une très bonne intégration avec Java (le langage), la manière dont chaque concept se traduit et peut être utilisé de ce côté est un fil rouge du livre. Ce n’est pas celui qui m’intéresse le plus, mais c’est une fonctionnalité forte (et limitante) du langage, donc… L’autre parti-pris est de s’adosser à une version déjà ancienne de la JVM : Java 6, mais ce dernier point n’a pas d’influence sur le texte.

Il y a fort peu à dire de ce texte, ni en bien ni en mal. Il est plutôt sans surprise. Le texte est raisonnablement clair et les extraits de code font le boulot. D’un autre côté, pas de « waouh effect ». Avec 310 pages sur 11 chapitres regroupés en deux parties, on reste également dans le standard, bien que dans la partie haute.

La première partie « introducing Kotlin » compte 6 chapitres et couvre 170 pages. Le premier d’entre-eux se contente d’une quinzaine d’entre-elles. Il a pour but de faire le tour des caractéristiques principales du langage et de son positionnement. C’est bien écrit, mais on n’est en réalité pas tellement avancé. Par contraste, le chapitre 2 « Kotlin basics » et ses un peu plus de 25 pages font un bon boulot pour couvrir les bases du langage : déclaration de classes et de méthodes, les propriétés (et leurs petites particularités) ainsi que des structures de contrôle : boucles, switches, énumérations, etc. On couvre bien les base et c’est bien écrit.

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Note de lecture : Agile Testing, par Lisa Crispin & Janet Gregory

Note : 3 ; Un complément indispensable aux projets agiles, mais bien lourd à digérer !

Les ouvrages traitant des projets en mode agile évoquent le plus souvent les tests d’acceptation d’une manière un peu globale en évoquant d’une part qu’il faut les faire et d’autre part qu’il est pertinent de commencer par les écrire afin de travailler en mode « ATDD ». C’est bien mais un peu succinct.

Ce livre prend une toute autre optique : prenez un testeur, un vrai, avec beaucoup d’expérience dans des contextes classiques. Plongez-le (ou « la » en l’occurrence ici, ici) au sein d’une équipe agile, avec pour mission d’adapter ses pratiques à l’esprit et à la façon de travailler de cette équipe. Tirer de ce travail de nouvelles pratiques et de nouveaux savoir-faire est l’objet de cet ouvrage !

Si l’idée est bonne, avec un texte ciblé vers le testeur, j’y trouve beaucoup de redondances avec ce que l’on connaît ou est déjà écrit ailleurs dans la littérature agile. Toute la première partie est consacrée à ces généralités. Bref, mauvaise pioche pour les 35 premières pages.

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Note de lecture : Conscious Software Development, par Jeff McKenna

Note : 6 ; Fugues introspectives sur 50 ans de carrière.

Si vous attendez un bon vieux livre offrant plein de réponses, vous vous êtes trompé de titre : celui-ci vous laissera avec beaucoup plus de questions une fois la dernière page tournée. Le texte n’est pas à proprement parlé centré sur l’agilité, mais il tourne néanmoins autour de ce thème. Il s’agit plutôt de la substantifique moelle de 50 ans d’expérience, d’introspection et de réflexion sur le savoir être d’un développeur … agile ! De l’aveu même de l’auteur, la posture et la sensibilité de ce dernier ne correspondra pas à tout le monde. Curieusement, je m’y suis toutefois retrouvé très souvent !

Avec ses 100 pages (hors introduction et hors annexes), l’opuscule est vraiment court. Il s’agit d’ailleurs d’un recueil de blog post, plus que d’un ouvrage en tant que tel. On comptera 19 d’entre-eux. Difficile de parler de tous. Voici un extrait de mon cru.

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Note de lecture : For the Win: How Game Thinking Can Revolutionize Your Business, par Kevin Werbach & Dan Hunter

Note 4 ; Un traité sur la gamification qui donne des clés, mais reste quand même très abstrait malgré les exemples.

La gamification est un sujet à la mode, assurément. Mais savoir ce que le sujet recouvre ou comment la mettre en œuvre est assurément moins simple. Ou du moins, l’apparente simplicité des « points et badges » sont la voie garantie vers l’échec. J’ai fait l’achat de ce petit livre au format Kindle, puis après m’être inscrit au cours en ligne de l’auteur, au format papier. Car j’ai suivi le cours du Pr Werbach sur Coursera qui forme un excellent complément. Pris dans l’autre sens, il faudrait même avouer que le livre sans le cours manque de substance !

Le livre en lui-même est court : 126 pages d’un format se rapprochant du format de poche. Il y a quand même 8 chapitres, intitulés « level 1 » à « level 6 » auxquels vous ajouterez une introduction et une conclusion. D’une douzaine de pages, l’introduction évoque le pourquoi de la gamification, celle-ci ayant trait principalement à l’engagement des utilisateurs.

Le « level 1 » est une introduction à la gamification. Personnellement, j’y ai apprécié le diagramme de relations entre les différentes catégories de gamifications assorties de leurs définitions. Dans la seconde moitié du chapitre, l’auteur cherche à répondre à la question « quoi gamifier », mais sans donner de réponse directe de peur d’enfermer le lecteur, certainement. Un aspect récurent du livre, mais assez frustrant, je dois dire. Le « level 2 » consacré à nous apprendre à penser comme un concepteur de jeux est probablement le plus philosophique de l’ouvrage. J’y ai apprécié les nombreux exemples qui sortent du domaine logiciel. L’aspect principal du chapitre réside dans les 4 « core questions » permettant d’identifier si mon business est adapté à la gamification.

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Note de lecture : Fifty Quick Ideas to Improve your Retrospectives, par Tom Roden & Ben Williams

Note : 4 ; De petites choses intéressantes de ci de là…

Ce troisième opus des « 50 quick ideas » se veut dans la continuité des précédents, mais cette fois sans Gojko Adzic. Eh bien, cela se fait sentir !

50 idées, pas une de moins, chacune tenant sur 2 pages de cet opuscule carré. Donc 100 pages, me direz-vous ? Non plutôt 124, mais surtout, et bien que chacune de ces double-pages soient agrémentées d’une illustration, le format de la publication sur 2 colonnes correspondrait plutôt à 150 pages, voir plus. Pas de chapitres ici, mais un volume découpé en 6 parties.

La première « preparing for restrospectives compte 7 de ces idées. L’un des thèmes important est d’arriver avec des faits : des chiffres, un value stream mapping ou du feedback externe. Rien de bien révolutionnaire ici. Le « waste snake » est une petite originalité qui mérite certainement le détour.

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Note de lecture : Outsource It ! par Nick Krym

Note : 6 ; Pas nécessairement mon sujet de prédilection, mais il est plus que décemment traité !

Nick Krym a plus de 20 ans d’expérience dont une majeure partie dédiée à la mise en œuvre de projets offshore. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne suis pas fan de l’outsourcing, mais certains de mes clients l’étant, il était temps pour moi de me documenter sur une manière solide de mener à bien un tel projet. C’est bien ce que propose cet ouvrage.

Le texte propose un processus, un approche phasée pour mener à bien un projet d’outsourcing. La structure des 180 pages du texte principal reflètent cette approche. Il ne faudra pas manquer d’y compter les 50 pages d’annexes qui apportent un matériel tout à fait intéressant. Ce ne sont pas moins de 5 parties qui structurent l’ouvrage en autant de phases chronologiques.

La première partie, « decide if, what and how to outsource » compte 3 chapitres sur 35 pages environ. Le premier chapitre fait le point sur les facteurs et il le fait très, très bien : risques, bénéfices attendus et même les bénéfices personnels ! Il fait aussi le points sur le « cost saving » et là, c’est la douche froide ! Bref, on voit rapidement que le facteur coût n’est pas l’élément de décision prépondérant. Le second chapitre parle « d’action plan », ce qui signifie dans les faits de choisir ce que l’on outsource et où l’on mets la ligne de partage des eaux entre le local et le distant. C’est moins « waouh effect » mais quand même bien vu. Cette partie se referme avec le « sourcing model ». Cela passe un peu vite et est un peu superficiel, mais je dois dire que je n’avais guère pris conscience de ces modèles différents !

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Note de lecture : Solution Focus : Coaching, Leadership, Conversations Constructives, par Géry Derbier

Note : 8 ; Plus qu’un livre, une invitation.

Géry est un passionné du coaching Solution Focus. Il était fatal qu’il nous gratifie un jour ou l’autre de ce petit livre. Petit, il l’est par le format qui est tout de même bien supérieur au format de poche. Il l’est surtout par le nombre de pages qui excède à peine la centaine. L’ensemble est découpé en une dizaine de chapitres, ce qui laisse augurer d’un rythme de lecture plutôt agréable.

Passé l’introduction, la chapitre « principes » pose les fondements de l’approche orienté solution, à savoir… le langage de la solution. L’auteur met l’accent avec force sur l’opposition entre le langage du problème et le langage de la solution. Il nous gratifie même d’un petit dialogue illustrant cela : une pratique que l’on verra se répéter avec plus d’ampleur dans les chapitre suivant. Autre pratique que l’on verra se répéter : les petits exercices que Géry nous propose pour refermer le chapitre. Parmi les éléments à retenir : faire SIMPLE, la métaphore du canard et du lapin (dont l’essence nous vient d’un des auteurs favoris de Géry : Wittgenstein) et EOLE, un acronyme qu’il a lui-même construit. Tout cela commence fort bien !

Avec le second chapitre, on est déjà dans le cœur du sujet : « s’embarquer pour une destination ». Le chapitre ne compte que 8 pages, mais l’auteur nous y décompose la construction de l’objectif autour de cette question clé : « qu’espères-tu de mieux ? ». Si les petits dialogues illustratifs sont bien là, point d’exercice pour cette fois-ci. La construction du futur préféré, qui est l’étape suivante est couverte en seulement 6 pages. Géry s’attarde beaucoup sur l’angle de cette description, à savoir celle des manifestations et des interactions, avec le maximum de détails permettant de rendre ce futur aussi tangible que possible. Ce chapitre n’est illustré que d’un seul dialogue. C’est déjà ça me direz-vous, il aurait probablement été possible de faire un peu mieux. Les exercices proposés sont quand à eux plutôt créatifs et faciles à mettre en œuvre.

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Note de lecture : Software Design Decoded : 66 ways experts think, par Marian Petre & André van der Hoek with Yen Quach

Note : 7 ; L’essence du savoir-être de l’architecte dans une lecture éclair !

J’ai réellement été surpris en ouvrant mon colis Amazon, en découvrant ce volume guère plus grand qu’un livre de poche (et pas plus épais non plus). Plus surpris encore de découvrir qu’une page sur deux était couvert par une illustration et que chacune des « 66 ways » tenait en matière de descriptif, sur un seul paragraphe ! Résultat des courses : un lecture qui file en 1 heure 30 chrono, et encore sans forcer !

Malgré la brièveté de l’ouvrage, les auteurs ont tout de même divisé les 66 conseils en plusieurs parties. On débute avec « experts keep it simple », qui regroupe 6 patterns. Je choisirai parmi eux « experts do not overgenerillize », une pierre dans le jardin de ceux qui cherchent toujours la solution générique…

La seconde partie « experts collaborate » propose les 6 suivants. Ici, c’est « experts check with others continually » que je sélectionne. Cela me rappelle mon besoin de parler aux autres de mes idées alors même que je n’ai pas fini de les développer. 6 patterns encore (et l’on voit une récurrence se dessiner) pour la 3ème partie : « experts borrow ». J’y relève « experts use analogy », qui nous permet de réfléchir par comparaison.

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Note de lecture : C’est (vraiment ?) moi qui décide, par Dan Ariely

Note : 7 ; Petit traité d’économie comportementale à l’usage des products managers.

Nos comportements sont irrationnels… mais ils sont irrationnels d’une manière qui est en fait prévisible ! Tel est le point de départ que nous propose l’auteur, professeur de  » behavioral economics « . Le livre se veut être une déconstruction scientifique de mécanismes comportementaux apparemment illogiques, mis dans lesquels on retrouve des motifs récurrents. Aussi l’auteur s’appuie-t-il sur de nombreuses étude. Mais parfois…

Revenons au texte lui-même. La traduction française de celui-ci me semble tout à fait correcte. Elle est publiée chez Flammarion, comme nombre d’ouvrages du même genre. Au format poche le texte couvre 274 pages dans cette édition. Avec 13 chapitres, le découpage rythme bien la lecture.

Le chapitre d’introduction qui couvre les 25 premières pages raconte l’histoire de l’auteur, où comment de grand brûlé, il a fait la rencontre du behavioral economics et d’un professeur l’invitant à tester systématiquement ses hypothèses. Dès le chapitre 1, on aborde un aspect réellement essentiel : celui de la relativité, où comment nous sommes guidés vers certains choix, car d’autres nous le font paraître attrayant. Encore faut-il que ces choix possèdent suffisamment de traits communs pour permettre cette comparaison. Les 23 pages de ce chapitre s’appuient sur de nombreux exemples et études. Un trait récurent de l’ensemble des chapitres. Dernière leçon de ce premier chapitre : la comparaison suscite l’envie.

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Note de lecture : Spark in Action, par Petar Zecevic & Marco Bonaci

Note : 4 ; Une lecture ardue sur un sujet non moins difficile.

Le Big Data en temps réel ou au fil de l’eau est la grande tendance depuis 2016. Et si Storm a ouvert le bal, la grande vedette est aujourd’hui Spark. Ce nouveau volume de la série  » in action  » nous propose de faire le tour de Spark et de son écosystème en 14 chapitres totalisant 400 pages !

Spark est un framework Scala. Il fonctionne aussi avec d’autres langages tels quePython, mais avec de nombreuses limitations qui nous conduisent à nous rabattre sur Scala de toute manière ! C’est une petite difficulté, mais elle aurait été moindre si les auteurs n’avaient pas abusé des idiomes tels que le fameux  » _  » ! Autre aspect aussi assez frustrant : les auteurs nous amènent les fonctionnalités via le REPL disponible avec le framework. Mais comment se structure donc un développement avec Spark ? C’est une question à laquelle nous n’avons que peu de réponse ! On apprends juste à se servir des fonctionnalités.

La première partie  » first steps  » couvre une centaine de pages et regroupe 4 chapitres. Le chapitre d’introduction passe assez rapidement sur le map reduce et sur le big data temps réel (comme j’ai déjà quelques idées là-dessus je ne m’en offusque pas), mais fait du très bon travail pour expliquer et illustrer les différents composants de l’écosystème Spark et la manière dont ils s’agencent. Le second chapitre couvre lui deux sujets. Tout d’abord il aborde le setup de Spark ou du moins la distribution proposée par les auteurs sous forme d’un VM Vagrant. Un montage un peu compliqué je dois dire, mais qui doit isoler les problèmes de version de Python par exemple. Il couvre aussi les basiques de la manipulation des RDD. C’est d’ailleurs là que l’on commence à se frotter au REPL Spark…

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