L’agilité à grande échelle chez Spotify, par Henrik Kniberg & Anders Ivarsson

Dans cet article, les auteurs décrivent la façon dont Spotify est parvenu à maintenir une dynamique agile malgré une montée en taille importante et rapide sur les 6 dernières années. Elle s’appuie sur un petit nombre de concepts organisationnels

Les squads

A mi-chemin entre la Scrum Team et la Feature Team, le squad est doté d’une mission sur le long terme, possède un espace de travail en propre et regroupe toutes les compétences nécessaires à sa mission. Son mode de travail s’inspire du Lean Startup, mais ici on appelle cela “think it, build it, ship it, tweak it”. Les squads bénéficient aussi des 10% hack days inspirés des 20% ou des exploration days de Jurgen Appelo (c’est la même chose).

L’objectif, sinon la clé est d’avoir des squads autonomes.

Les tribus

Les squads sont nombreux : il y en a 30 chez Spotify. Ils sont regroupés en tribus. Une tribu est focalisée sur une problématique métier particulière est fonctionne un peu en “incubateur de startup”. Elles sont de taille variées mais ne dépassent pas 100 personnes.

Les tribus organisent leur propres rassemblements et partagent outils, idées, etc… 

Les chapitres

Ce sont des regroupements “transverses” de personnes de même domaine d’expertise. Ils se rencontrent régulièrement pour partager outils, expérience, challenges, etc.. Chaque chapitre est géré par un manager qui est de fait le responsable hiérarchique de ses membres … mais est lui-même membre d’un squad avec des responsabilités opérationnelles ! Les chapitres sont locaux aux tribus.

Les guildes

Ce sont des communautés d’intérêt, plus informelles que les chapitres. Elles sont transversales à l’entreprise et regroupent souvent les chapitres correspondant des différentes tribus. L’animateur d’une guilde l’est à temps plein. 

Là aussi, la lecture du Management Workout de Jurgen Appelo peut être instructive…

L’organisation dans son ensemble

Elle est en quelque sorte matricielle. La dimension dominante est celle du “quoi”, l’axe opérationnel, donc les squads et les tribus. Il y a une seconde dimension, celle du “comment” qui correspond aux chapitres et aux guildes.

Et bien d’autres choses…

Voilà, il s’agit juste de l’apéritif pour vous encourager à lire cet article par ailleurs fort bien écrit et illustré. Il y a de nombreux éléments que j’ai passé sous silence, comme la gestion des dépendances entre les squads.

Spotify est une entreprise dont la structure dominante est tournée vers l’opérationnel. Elle rompt avec les structures traditionnelles orientées compétences qui fragmentent l’organisation en silos, obligeant les projets à franchir les obstacles entre ces silos, consommant temps et énergie et souvent aussi hélas, vidant les projets de leur substance !

Evernote France Meetup 2013 (en images)

Comme l’an dernier, Evernote France nous a convié en ce début Décembre à un meetup assez corporate sur l’état du monde Evernote. L’occasion était bonne de glaner des informations, t-shirts et autres rencontres inattendues.
La rencontre se faisait dans un espace de coworking, Le Loft 50 Partners qui est également un incubateur de startups. L’un et l’autre fleurissent décidement à tous les coins de rue de la capitale, je finis par être regardé avec suspiscion et peut-être même méprisé à ne pas être moi-même entrepreneur ! Il y a matière à réflexion.
Mais ce n’est pas la reflexion du jour. Ici, on parle Evernote, et on fait salle comble !

En attendant le début (3)

On a aussi fait le plein de speakers, même si les interventions seront courtes.

En attendant le début (2)

Cristina Reisen

Cristina est manager d’Evernote pour la région Europe ! On fait d’abord le compte des utilisateurs : c’est 80 millions de par le monde. On n’a pas celui de la France, mais sachez qu’il a doublé depuis l’an dernier.

Cristina Riesen (2)

Quelques faits également sur l’année écoulée :

Bref le message est clair : Evernote s’étend, aussi bien sur l’écosystème que sur les verticales !

Julien Boedec : La plateforme Evernote

On a de la chance cette année : tous nos intervenants s’expriment en Français ! Cela dit, j’ai été un peu déçu par cet intervenant. J’espérais plus “d’insights” sur la plateforme Evernote. On en a pratiquement pas parlé, mais plutôt eu un apperçu sur ce qui gravite autour !

Julien évoque 2 axes de développements :

  • Le travail conjoint avec les partenaires : IFTTT, Dolphin browser, postach.io, etc…
  • L’évènementiel en relation avec l’entreprenariat (encore…) : hackathons, meetups dev, accélérateurs…

Bref, pas grand chose à me mettre sous la dent.

Xavier Delplanque, senior product manager

Si j’ai été déçu par Julien, ce n’est pas le cas de Xavier. Son exposé est en fait une excellente surprise, même si je ne pourrais résumer son intervention ici.

Xavier Delplanque

Xavier nous explique le processus de travail et de création autour de l’expérience utilisateur. En l’occurence ici : comment améliorer la première impression sur plateforme mobile. Les nouveaux partenariats avec des sociétés telles qu’Orange drainent en effet de nouveaux utilisateurs potentiels à même de quitter l’application si les premières minutes (voir secondes) d’utilisation ne sont pas convaincantes !
Ainsi l’orateur nous explique le travail itératif autour des solutions, s’adossant sur de l’A-B testing, où finalement les fonctionalités sont injectées uniquement quand elles ont prouvé avoir un impact réel.
Bref un court mais instructif voyage dans le monde de l’UX et du design thinking… Merci Xavier !

Maxime Garrigues : Evernote ambassadeur

Ambassadeur Evernote, Maxime nous parle de sa façon d’appréhender Evernote. Pour lui, l’important est de pouvoir consacrer plus de capacité mentale à l réflexion et donc de lâcher prise sur les choses dont il faut se souvenir et laisser Evernote s’occuper de cela !

L’autre usage principal est en tant que support du GTD.

Cocktail

Ces présentation se concluent par le très classique buffet qui sont une occasion d’échanger avec des visages connus ou moins connus.

Cocktail (1)

Parmi les visages connus : Pierre Journel, qui un peu relâché les efforts autour des meetups Evernote pour se consacrer à une activité d’entreprenariat autour de la Chaine Guitare. Celle-ci jouit déjà d’une belle communauté. Pierre travaille à proposer du contenu payant. Cela commence à porter ses fruits, mais c’est un travail de longue haleine pour lequel je lui souhaite bonne chance.
Dans la série des rencontres inattendues, j’ai pu échanger un peu avec Grégory Lefort, l’un des créateurs d’Azendoo. Il a brièvement évoqué ses reflexions actuelles sur la plateforme et sa volonté de faire des choses qui soient réellement différentes de ses concurrents. J’aurais pensé qu’il aurait focalisé sur Basecamp. En fait il semble d’avantage en concurrence avec Asana.

L’invité surprise

Cristina Riesen l’avait évoqué à quelques reprises : nous allions avoir un invité surprise. J’avais parié, dans mon fort intérieur, sur Phil Libin, le créateur et CIO d’Evernote. Apparemment, j’ai gagné.

Phil Libin (2)

Il est arrivé vers la fin de soirée et nous a gratifié d’un court speach de remerciement à la communauté Evernote. Les nombreuses groupies se sont vites agglutinées autour du big boss. Pas moi. Sa visite était très sympathique, mais en fait je n’avais rien à lui dire !

Phil Libin (1)

Précédent LeWeb, j’imagine que nous aurons droit à un meetup du même genre l’an prochain ? Pour ma part, les meetups plus orientés contenu de Pierre Journel me manquent un peu.

User Stories … What else ?

Voici le support de ma présentation, faite lors d’Agile Grenoble 2013. Elle aborde le sujet épineux de l’emprunt de techniques issues du monde non-agile dans nos projets agiles !

Le teaser

Les users stories sont rapidement devenus la formulation convenue du besoin. Mais est-ce la seule ? Est-ce toujours la meilleure ? On dit que quand on a un marteau, tout ressemble à un clou. Notre communauté agile tend à ignorer ce qui vient d’ailleurs. Pourtant ce qu’on appelle l’ingénierie des exigences est un domaine riche de plusieurs décennies de connaissances et de techniques. Certaines peuvent être utilisées directement, d’autres doivent être adaptées ou peuvent servir d’inspiration.

Cette présentation va nous permettre d’étudier ensemble plusieurs techniques et concepts du recueil des besoins et les regarder par le prisme de nos pratiques agiles. A l’aide d’exemples, nous verrons comment elles peuvent renforcer nos pratiques actuelles.

Ce que vous allez en retirer

Découvrir l’ingénierie des exigences, prendre conscience de la profondeur de ce domaine de connaissance. A la fin de cette session les participants auront des clés pour enrichir leur maitrise de la capture du besoin en s’alimentant hors du champs de l’agilité, et j’espère le goût de le faire !

Si j’ai assez de courage, je produirais cette présentation sous forme d’article. Mais alors pas avant Janvier !

Note de lecture : Don’t Just Roll the Dices 2nd edition, par Neil Davidson & Jamie Rumbelow

Note : 8 ; Condensé, clair, bien écrit, pertinent et qui plus est, gratuit ! Ne ratez pas cette lecture !

Quel est le bon prix pour votre produit ? Est-ce simplement son coût agrémenté d’une marge ? Dans ce livre (qui est plutôt un livret), Neil Davidson nous propose une réflexion approfondie sur la question, en partie étayée par des exemples du marché, mais aussi en bonne partie étayée par sa propre expérience à Red Gate Software. Ce texte ne livre pas de solution magique, mais il donne d’excellentes voies à explorer et donne des clés pour les utiliser. D’une certaine manière, il reflète en condensé le « business model generation » qu’il ne cite pourtant pas dans les sources.

Court, ce texte l’est avec moins de 70 pages. En fait, il donne même l’impression d’avoir été raccourcis dans sa seconde édition, car il était long d’environ 80 pages lorsqu’il était publié chez Simple Talk Publishing. Mais je pense (sans l’avoir vérifié) que le format du nouvel éditeur donne simplement un total de pages moins élevé pour la même somme de contenu. Le livre compte 6 chapitres, ils sont assez courts, le plus velu totalisant à lui seul un peu plus de 20 pages.

Le premier chapitre « economics » est une mise en bouche où l’auteur nous expose la théorie du prix de vente, c’est à dire l’équation prix / volume qui nous amène à un point d’optimal hélas pratiquement impossible à deviner. C’est plein de graphiques, facile et agréable à lire.

Le second chapitre « pricing psychology » s’attaque à la perception du produit et l’auteur propose plusieurs axes pour adresser cette perception. De nouveau on retrouve trace du « business model generation », mais c’est dit de manière simple, sans modèle et permet d’appréhender le concept et ses variantes efficacement en quelques pages.

Le chapitre trois « pricing pitfalls » nous parle des différents écueils à adresser : la concurrence, le « switch », la corrélation du prix et du coût, etc… C’est peut-être le chapitre le plus faible, mais croyez-moi, ce n’est pas une raison pour le sauter !

Le chapitre 4 « advanced pricing » est le fameux chapitre costaud. Celui-ci présente les différents axes stratégiques permettant des déclinaisons de prix : versions, déclinaisons, zones géographiques ou groupes démographiques, bundles, stratégies de licence, abonnements, etc… L’auteur étaye chaque cas de figure d’informations et de points d’attentions et donne souvent des exemples de réussites mais aussi d’échecs en les étayant. Le condensé d’information donné dans ces 20 pages laisse tout bonnement dubitatif !

Le chapitre 5 « pricing perception » discute du « message » qu’envoie le prix ou la stratégie de prix que vous prévoyez et la nécessité d’aligner le marketing et le service à ce message. Et une dernière chose : l’auteur est clair sur l’inutilité des études de marché sur ce point. Par contre, on peut faire des expérimentations. A ce point, le texte se teinte un peu de « Lean Startup ».

On a déjà beaucoup de matériel utile, mais le petit chapitre 6 est une cerise sur le gâteau : une checklist pour aider notre réflexion sur le prix ! Evidemment, il reprends de manière extrêmement synthétique les points déjà vus. Juste 2 pages pour ça, bon boulot !

Vous l’aurez compris à mon enthousiasme : je recommande fortement cette lecture qui ne mobilisera guère que 2 ou 3 heures de votre attention. Savoir ce livre gratuit est un plus mais il justifie sans problème un prix, même en eBook. J’ai eu l’impression de lire sinon un condensé du « business model generation », une vue de celui-ci filtrée sur le thème du prix et complétée de matériel original. A ne pas rater, donc !

Don't just roll the dice, 2nd edition

Référence complète : Don’t Just Roll the Dices, 2nd edition – Neil Davidson & Jamie Rumbelow – Efendi Books 2012 – ISBN : 978-0-9571791-2-7

Don t Just Roll the Dice, 2nd edition

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