Note de lecture : Le Pouvoir des habitudes, Charles Duhigg

Note : 8 ; Une saga aussi bien écrite que puissamment documentée sur les neuromécanismes des habitudes.

Charles Duhigg est journaliste, lauréat du Pulitzer qui plus est. Cela se ressent dans le style très percutant texte. L’auteur explore un aspect simple du comportement humain : la plupart de nos actions sont gouvernées par des habitude. Si ce n’était pas le cas, nos actions seraient sans cesse paralysées par la nécessité de prendre des décisions réfléchies pour les choses les plus simples. Mais ces actions ont aussi des effets collatéraux bien plus importants sur notre mode de vie. Donc changer les habitudes clés permet des changements radicaux. Le texte va investiguer le sujet à 3 niveaux : le niveau individuel, celui des entreprises et enfin au niveau sociétal !

La première partie est consacrée aux habitudes individuelles. L’auteur s’appuie sur deux histoires essentiellement : la (triste) histoire d’Eugene Pauly et celle du fonctionnement des alcooliques anonymes ! Ce que nous enseigne ces deux histoires et que confirme les analyses en IRMf, c’est que notre cerveau se « met en veilleuse » quand il détecte le déclencheur d’une habitude. Ici, l’auteur nous expose le grand pattern de son ouvrage : le cycle « déclencheur – routine – récompense ».

Pour changer ses habitudes, l’auteur nous montre la manière dont on peut substituer une routine différente à un même déclencheur aboutissant à la même récompense. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire et cette substitution doit être épaulée par des mécanismes de renforcement, comme celui que confère les groupes de soutien pour les AA.

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Note de lecture : Streaming Data, par Andrew G. Psaltis

Note : 7 ; Data Streaming Distiled !

Le livre est réellement une bonne surprise. Il attaque la question du streaming par l’architecture. L’auteur a son opinion sur la question et nous propose sa vision de celle-ci dès son chapitre d’introduction. Les composants de cette architecture formeront la trame de la première partie du texte.

Passé le chapitre d’introduction sur l’architecture générale, le second chapitre adresse le volet « ingestion ». La bonne surprise est de voir l’auteur l’aborder sous l’angle des patterns avec leurs avantages te leurs faiblesses plutôt que de plonger dans des considérations techniques. Au-dessus de cela le texte s’arrête également sur la tolérance aux pannes avec d’autres patterns de gestion de logging précieux et clairement expliqués.

C’est au data pipeline, donc au Queuing que s’intéresse le chapitre 3, en commençant par exposer son utilité face aux variation de production et au besoin d’élasticité du scaling. Les 3 sémantiques de gestion de message sont bien adressées. J’ai cependant trouvé que le propos reprenait des éléments vraiment très élémentaires mais ne rentrait pas des problématiques telles que la sécurité (l’auteur nous renvoie vers un ouvrage de référence). Là encore les problématiques de tolérance aux pannes spécifiques à cette couche sont bien détaillées.

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Note de lecture : Scrum 4ème édition, par Claude Aubry

Note : 6 ; Le texte progresse, mais pas assez et surtout pas assez dans la bonne direction pour moi !

Mon principe de base est simple : pour une nouvelle édition, si le texte ne progresse pas, la note baisse ! Pourtant du changement, il y en a et oui, j’ai fait baisser la note. Que s’est-il passé ?

Le volume de l’ouvrage n’a guère changé : 294 pages contre 291 pour l’édition précédente. Mais le découpage est passé de 20 à 22 chapitres, ce qui augure de l’ampleur des changements.

Le premier chapitre est passé de 10 à 14 pages avec un contenu complètement revu en bien, il fait d’ailleurs référence à ma présentation « Scrum Shu Ha Ri » et est moins méthodologique que dans l’édition précédente. Même taille pour le chapitre 2, mais lui aussi profondément remanié. Le concept de Sprint est mieux abordé mais il n’y a guère de différence sur le fond. Notamment, il y a ce concept de release dont je pense qu’il serait temps de le laisser tomber. Nous y reviendrons.

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Note de lecture : Host, Six new roles of engagement, par Mark McKergow & Helen Bailey

Note : 7 ; Dans la continuité du Solution Focus

Mark McKergow n’est pas un inconnu de la communauté du Solution Focus, il a pratiquement fait émergé celle-ci depuis le monde de la thérapie. Le Host Leadership s’inscrit dans cette continuité. Il s’agit aussi d’un des sujets fétiches de mes amis Géry Derbier et Laurent Sarrazin, cette lecture ne pouvait donc m’échapper !

Le host leadership s’inscrit en opposition au leadership directif et propose une alternative, ou plutôt une évolution du modèle « servant leadership ». En alternant en fonction des situations postures hautes et basses, il cherche à résoudre les paradoxes et dilemmes du leader moderne. C’est là le sujet du premier chapitre du livre.

Pourquoi utiliser la métaphore de l’hôte ? Elle semble appropriée car les auteurs admettent qu’il existe des moments, ou plutôt des moments au sein de rôles où le leader doit prendre les rennes, et d’autres où il doit s’effacer pour permettre l’auto-organisation du groupe. Il s’agit d’une posture plus riche et plus complexe que celle du servant leadership. La métaphore de l’hôte permet de s’approprier cette posture : il s’agit d’une notion très ancienne porteuse non seulement de postures mais aussi de valeurs comme nous le rappellent les auteurs au second chapitre.

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Note de lecture : Corba : des concepts à la pratique, 2nd édition – Jean-Marc Geib, Christophe Gransart & Philippe Merle

Note : 6 ; Une présentation plutôt pédagogique, mais un texte qui accuse son âge.

Comme le titre l’indique, l’objet de ce livre est d’expliquer Corba en commençant par les principes, puis en poursuivant par la pratique. De fait, le texte devrait pouvoir servir de support d’un cours Corba, par exemple.

Les deux premiers chapitres sont un tour d’horizon des principes de Corba. En une cinquantaine de pages, on fait le tour des concepts de ce middleware, le tout agréablement soutenu par des diagrammes. Pas mal. Curieusement, c’est par une investigation en profondeur que l’on continue, que l’on a un peu de mal à raccrocher à la partie précédente. L’auteur a dû juger que cela était un prérequis indispensable aux chapitres suivants : les interfaces standard de Corba (chapitre 4), hélas fort peu illustré par un exemple pratique, puis les services standard (chapitre 5), toujours aussi peu soutenu d’exemple, même si les diagrammes sont valables. Nous voici arrivé en page 180 (sur 265, hors annexes), avec une vue consistante de Corba, mais peu d’exemples.

C’est le chapitre 6 qui constitue l’étude de cas venant illustrer les parties précédentes. Celui-ci aide pas mal pour comprendre l’implémentation d’un objet Corba en BOA, ainsi que l’utilisation du service de nommage, hélas de nombreux concepts précédemment illustrés n’apparaissent pas, comme les différents types de services décrits.

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Note de lecture : Réussir la conduite de projets informatiques, par Pham Thu Quang & Jean-Jacques Gonin

Note : 3 ; Les bases de la gestion de projet à la papa. Assez léger.

Il fut un temps où, croyant fermement que mon avenir était de devenir chef de projet, je voulais réellement savoir en quoi cela consistait, figurant vaguement que cela avait à voir avec la planification. C’est bien cette approche à la papa que couvre cet ouvrage. Hop, c’est parti pour 170 pages divisé en 3 parties totalisant 14 chapitres.

La première partie n’occupe que 25 pages et 2 chapitres et s’intitule pompeusement « conduite de projets d’informatisation ». Elle commence par un chapitre ultra-court de 4 pages pour distinguer système informatique et système d’information ! A la lumière d’une décennie et demie d’agilité, le second chapitre sur les raisons de l’échec laisse rêveur : absence d’une démarche, besoins insuffisamment exprimés ou changeants… Cela présage bien pour la suite !

La suite, c’est la seconde parties « techniques et démarche de la conduite de projet ». Près d’une centaine de pages et 8 chapitres, c’est la plus longue partie. Le chapitre 3 nous parle de démarche, donc de « cycle en V ». On notera le petit paragraphe sur la partie développement « considérée triviale par certains mais tout de même importante » ! Le chapitre se fend de plans-type des documents important. Pour ce qui est d’un texte sur le cycle en V, j’ai vu bien pire ! Le chapitre 4 est celui qui m’a fait acquérir le livre à l’époque : le diagramme de Gant expliqué ! Oui, vous avez bien lu ! Le fait est qu’il est très bien expliqué. Le chapitre 5 traite quand à lui de l’estimation des charges. Il traite à part égale les points de fonction et le COCOMO. Les auteurs ne s’étalent pas en longueur et le texte ne saurait servir de référence sur l’un ou sur l’autre, il n’en est pas moins ennuyeux.

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Note de lecture : RSS and Atom in Action, par Dave Johnson

Note : 5 ; Une vue du RSS orientée vers le Blog…

RSS n’est pas en soi un sujet tellement difficile. Il est surtout compliqué de trouver un angle d’attaque : le format ? Les parseurs ? La génération de feeds. Ce livre fait le choix de présenter ce standard sous l’angle de la mise en place de Blogs, ce qui n’est pas si clair dans le titre de l’ouvrage.

Chose classique à chaque fois que l’on aborde RSS et Atom, le livre évoque l’historique et sa pléthore de normes divergentes. Si le parti est pris de promouvoir Atom, les tenants et aboutissants des versions de RSS est clairement mis en valeur.
Une fois sorti du format, il faut bien parler traitement. Dans l’optique de rester indépendant par rapport au langage, le texte promeut à égalité Java et .NET (par le biais de C#), il aborde même fugitivement Python ! Bien que chaque monde soit abordé à égalité de traitement, je pense que le texte aurait gagné en clarté et en cohérence à n’en traiter qu’un. En tout cas, cette pluralité nuit à la cohérence et à la pertinence pour chaque environnement pris indépendamment.

Pour ce qui est du monde Java, c’est la librairie Rome qui est mise en lumière. Elle n’est pas exempte de faiblesses et l’auteur les relève honnêtement. Je regrette cependant que la génération de feeds soit traitée si légèrement : quid des « feeds infinis » ou d’un exemple concret de déploiement dans une architecture J2EE / conteneur de servlets. Hélas, ces aspects sont très vite éludés.

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Note de lecture : Object-Oriented Reengineering Patterns, par Serge Demeyer, Stéphane Ducasse & Oscar Nierstrasz

Note : 4; Un sujet important, mais auquel le format « pattern language » ne rend pas justice.

Le reengineering d’application est un sujet souvent passé sous silence, les auteurs préférant parler des applications débutées depuis une page blanche, ce qui ne constitue pas finalement la plus grande part des projets. Dans cet ouvrage, les auteurs nous proposent une démarche en 9 étapes, qui va de la rencontre avec le legacy au système restructuré.

Le découpage du texte se calque sur les étapes de réengineering proposées, donc 10 chapitres en comptant l’introduction, pour un total d’environ 250 pages sans les annexes (par ailleurs assez courtes). L’ensemble est principalement structuré en deux parties, avec un premier chapitre servant d’ouverture à l’ensemble. Les auteurs viennent du monde des patterns, c’est d’ailleurs dans une de ces conférences que je les ai rencontrés. La quinzaine de pages de ce premier chapitre nous explique la « forme pattern » empruntée (en l’occurrence la forme Alexandrienne) et la démarche de reengineering que j’ai évoquée plus haut.

La première partie s’intitule « reverse engineering » et compte 4 chapitres sur une centaine de pages. Le second chapitre « setting directions » nous propose des patterns pour orienter notre travail, tel que le « most valuable first » ou le « if it ain’t broke, don’t fix it ». Rien de bien palpitant pour l’instant, c’est l’échauffement. Suit « first contact » où, comme le titre l’indique, on va récolter nos premières informations. C’est plus concret, avec « interview during demo » ou l’intéressant « read all the code in one hour ». En fait, tous les patterns de ce chapitre recèlent quelque chose d’intéressant !

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Note de lecture : User Acceptance Testing, par Brian Hambling & Pauline Van Goethem

Note : 1 ; Une approche des tests à l’ancienne pour un texte récent et une cible complètement ratée.

Tests d’acceptation et User Acceptance Tests n’adressent pas pour moi la même finalité : Le premier est destiné à valider la conformité de ce qui a été réalisé par rapport à la spécification, tandis que le second se doit d’évaluer dans quelle mesure ce qui a été spécifié puis réalisé adresse l’expression de besoin initiale de l’utilisateur. Bref, l’UAT est là pour tester (indirectement) la spécification.

Il y a vraiment très peu de livres consacrés aux UATs. Celui-ci est en fait pratiquement le seul que j’ai pu identifier à ce seul thème. J’avais deux craintes avant même d’avoir ouvert ce livre : avais-je la même vu sur les UATs que les auteurs ? Et , étant donné l’origine très « corporate » du texte, n’allais-je pas rencontrer une approche très processus à l’ancienne ? Comme nous allons le voir, la réponse est hélas « oui » aux deux questions.

L’ouvrage n’est guère long, moins de 180 pages si l’on ne compte pas les inénarrables check-lists ou templates. Le tout est découpé en 10 chapitres pour reprendre son souffle. Moins de 20 pages en moyenne par chapitre, il n’en faudrait pas plus, car le style d’écriture n’est pas pensé pour être une partie de plaisir. Le premier chapitre n’a que peu à offrir, mais je m’arrête quand même sur deux points : d’abord le contexte considéré est bel et bien du cycle en V. Ensuite la définition du rôle de l’UAT semble correspondre à la mienne. Le second chapitre « the importance of UAT » en rajoute une couche sans apporter grand chose : toujours plus de processus, la contribution des différents rôles… tout cela est un peu creux. On revient sur la définition des UATs et cela deviens moins clair, entre la validation des spécifications et la satisfaction du besoin utilisateur. A ce stade, je doute que la distinction soit même claire pour les auteurs.

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Note de lecture : Scrum Mastery, par Geoff Watts

Note : 7 ; Les postures Scrum Master, illustrées par du story telling.

Cela faisait déjà un moment que j’entendais parler de ce livre, il était temps de lui faire un sort. Comme son titre l’indique bien, ce volume traite du boulot et de la posture du Scrum Master, le texte n’explique pas Scrum (il y a bien 3 pages là-dessus en annexe, mais bon…). Le texte part du principe que la connaissance de Scrum est acquise. La démarche (car il y a une démarche de Scrum Mastery) sur laquelle s’appuie l’auteur emprunte l’acronyme RE-TRAINED. C’est sur cet acronyme que s’articule le livre. Il compte 270 pages, mais compte tenu du format et de la mise en page très aérée (sans compter la qualité de la prose, cela se lit très bien.

R, comme « Respected ». Cette partie compte 3 « patterns », ainsi que je les appelleraient. Je retiens principalement de cette partie la notion de confiance, et plus particulièrement de faire confiance à l’équipe. Je retiens aussi l’acronyme AID (qui nous vient du « Tao of Coaching ») : Action, Impact et Desired Outcomes.
Le E est pour « Enabling ». 3 patterns également ici. De cette partie, mon take-away sera le modèle de maturité proposé par l’auteur. Il aborde aussi le sérieux problème du proxy : l’auteur n’aime pas le concept.

Le T signifie « Tactful ». La « fable des 2 Scrums » en début de partie va servir de point d’ancrage à d’autres parties. L’auteur nous conduit également à utiliser les silences à bon escient, un art plus difficile qu’il n’y paraît et de poser les bonnes questions pour que l’équipe prenne elle-même conscience de ses travers.

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