Note de lecture : Host, Six new roles of engagement, par Mark McKergow & Helen Bailey

Note : 7 ; Dans la continuité du Solution Focus

Mark McKergow n’est pas un inconnu de la communauté du Solution Focus, il a pratiquement fait émergé celle-ci depuis le monde de la thérapie. Le Host Leadership s’inscrit dans cette continuité. Il s’agit aussi d’un des sujets fétiches de mes amis Géry Derbier et Laurent Sarrazin, cette lecture ne pouvait donc m’échapper !

Le host leadership s’inscrit en opposition au leadership directif et propose une alternative, ou plutôt une évolution du modèle « servant leadership ». En alternant en fonction des situations postures hautes et basses, il cherche à résoudre les paradoxes et dilemmes du leader moderne. C’est là le sujet du premier chapitre du livre.

Pourquoi utiliser la métaphore de l’hôte ? Elle semble appropriée car les auteurs admettent qu’il existe des moments, ou plutôt des moments au sein de rôles où le leader doit prendre les rennes, et d’autres où il doit s’effacer pour permettre l’auto-organisation du groupe. Il s’agit d’une posture plus riche et plus complexe que celle du servant leadership. La métaphore de l’hôte permet de s’approprier cette posture : il s’agit d’une notion très ancienne porteuse non seulement de postures mais aussi de valeurs comme nous le rappellent les auteurs au second chapitre.

Le chapitre trois est un peu la carte ou « l’executive summary » du host leadership : il expose en résumé les 4 « places » et les 6 rôles inscrit dans l’approche. Il s’agit d’aspects orthogonaux, chacun des rôles pouvant s’inscrire dans les 4 places. Les places reflètent le « step back » pour passer en posture basse (tel que la place « dans la cuisine ») ou le « step forward » (illustré par la place « sous les feux de la rampe »). Nous aurons l’occasion de revenir sur ces deux dimensions.

Le « user’s guide to the future » éclaire de manière intéressante la manière dont les différents types de leaders perçoivent les différents horizons du futur : le futur immédiat, le long terme et bien sûr celui qui est entre les deux. Le rêveur se fixe sur le long-terme en négligeant le présent, l’action. Le réaliste est dans le présent mais sans se fixer de cap. Le « business planner » a tout faux en se concentrant sur le moyen terme et négligeant les deux horizons extrêmes. L’hôte est en posture haute sur le long-terme mais garde un œil affuté sur le court terme. Une vision ô combien juste !

Pour conclure la première partie de l’ouvrage les auteurs reviennent sur les quatre positions, quatre endroits de l’hôte :

  • Sous les feux de la rampe, où l’on est le centre d’attention.
  • Avec les invités, pour participer et créer des connexions.
  • Dans la galerie, pour prendre du recul et observer ce qui se passe.
  • Dans la cuisine, dans un espace privé, pour prendre soin de soi, réfléchir et se préparer.

La seconde partir de l’ouvrage est consacrée aux six rôles de l’hôte. C’est l’initiateur qui ouvre le bal. L’initiateur, c’est celui qui se rend compte de la nécessité d’entreprendre quelque chose et va lancer la machine. Mon « take away » de ce chapitre, ce sont les petits pas vers des pas encore plus petits !

L’inviteur (oui, ça ne sonne pas tellement français) va accueillir, créer l’espace. Il peut user d’autorité et d’invitation, c’est la balance soft power / smart power, le « take away » de cette partie. Les auteurs nous y apprennent aussi à user du langage de l’invitation.

Le chapitre 8 est dédié au créateur d’espace. Les auteurs font le parallèle avec les salons Parisiens des siècles passés, mais j’avoue avoir peu accroché à ce chapitre.

Le portier, c’est le videur de boite de nuit, mais en plus sympa, il s’occupe des limites, qui est invité et qui ne l’est pas et donc aussi de la taille du « conteneur » : doit-il embrasser large ou être intimiste ? Il maitrise aussi les limites : doit-on créer un conteneur avec beaucoup de liberté ou plus de focus ? Ces deux derniers aspects, le « strength & size » du conteneur sont mon take away de ce chapitre.

Le connecteur créer les relations entre les gens, mais aussi avec les idées et avec à peu près tout d’ailleurs, d’où l’idée des 3 niveaux de connexion que développent les auteurs. Le connecteur me fait penser au « did you meet Ted ? » de la série « How I met your mother ».

Le coparticipant enfin se mêle aux invités. Il n’a pas de statut particulier se faisant, il contribue comme tout un chacun. Pour terminer les auteur nous proposent de penser à la mise en action : step forward ou step back ? Par quel rôle aborder une situation, même si par la suite tout ou partie des autres rôles seront impliqués.

J’ai souvent du mal avec les ouvrages de coaching, mais j’avoue que celui-ci est riche et donne à réfléchir au long de ses 215 pages. Le livre est bien structuré, ce qui décompose bien le propos. Il est aussi riche d’histoires et même d’anthropologie, les auteurs nous invitant à découvrir la posture d’hôte et différents rôles dans différentes régions du monde. Les histoires se concentrent beaucoup sur quelques personnages et la manière remarquable qu’ils ont d’être hôte. Une mention spéciale à Nelson Mandela !

De toute évidence, un ouvrage à ne pas rater.

Host, Six new roles of engagement, par Mark McKergow & Helen Bailey

Référence complète : Host, Six new roles of engagement – Mark McKergow & Helen Bailey – Solutions Books 2014 – ISBN : 978 0 9549749 8 5

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