Note de lecture : Kanban and Scrum, making the most of both – Henrik Kniberg & Mathias Skarin

Note : 7 ; L’une des meilleures références pour comprendre le Kanban, pour les praticiens de Scrum

La lecture de ce bref ouvrage avait deux objectifs pour moi : étrenner mon Kindle DX (mais je n’en parlerais pas ici) et rédiger une note de lecture sur la version française pour le French SUG.

Ouvrir un nouveau texte signé Henrik Kniberg était forcément pour moi un moment fort attendu, tellement le livre précédent était excellent. Mon premier réflexe est de voir la taille du livre : 128 pages d’une couverture à l’autre pour la version française, contre 122 pour la version originale. Ça va. Cette fois, Henrik s’est associé à Mathias Skarin, également consultant chez Crisp. La table des matières montre une répartition remarquablement symétrique : 50 pages nous viennent d’Henrik Kniberg et traitent de la comparaison de Kanban et de Scrum sur 16 chapitres. La seconde partie, rédigée par Mathias Skarin, est une étude de cas. Elle couvre également 50 pages sur 16 chapitres. On aura bien sûr compris que ces chapitres sont très courts, chacun couvrant 3 pages en moyenne !

Kanban et Scrum, s’ils peuvent être complémentaires, se distinguent fortement l’un de l’autre. Scrum se focalise sur l’itération, lui donnant un périmètre au départ et s’organisant de façon à ce que celle-ci aboutisse positivement en suivant l’avancement des tâches et en acquièrant du fedback à la fois au cours de l’itération et à sa fin. Kanban en revanche ignore pratiquement le concept d’itération, et se focalise sur le flux des tâches, sur les limites d’accumulation de celles-ci aux différents stades d’avancement et en organisant le travail des différents membres de l’équipe en fonction des goulots d’étranglements pouvant apparaître.

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Note de lecture : Software Project Survival Guide, par Steve McConnell

Note : 5 ; Une approche seulement à demi itérative plutôt décevante

Steve McConnell fait partie des auteurs que je lis systématiquement, ce faisant j’ai fort peu de chances d’être déçu. C’est hélas le cas ici ! Pour « survivre » McConnell nous propose d’adopter le « stagged delivery », sorte d’approche à mi-chemin du mode itératif « time-boxed », sans toutefois lui être équivalent. Sans être à coté de la plaque, on sent que ce livre est antérieur aux publications sur les approches agiles : ici, on s’appuie beaucoup sur de la formalisation, je serais curieux de voir si l’auteur maintiendrai aujourd’hui ses positions, ou si il intègrerait ce nouvel éclairage. Au final, l’approche est assez proche du RUP, sans s’en réclamer. On reste sur sa faim.

L’ouvrage, en lui-même, est divisé en quatre sections principales :

  • The survival mind-set : Cette partie nous amène à prendre con science de plusieurs facteurs: quel est notre niveau de maturité actuel ? Quelles sont les compétences nécessaires et les facteurs clés de succès des projets.
  • Préparations : Cette section balaye les disciplines d’ingénierie des projets: gestion des exigences, architecture, assurance qualité, etc. L’auteur expose ici des vues particulières : utilisation intensive de prototypes dans la capture des exigences, gestion et contrôle des changements explicites via des CCBs, etc.
  • Succeeding stage by stage: On suit ici les phases de réalisation du projet. C’est certainement un des aspects les plus “vieillots” du texte, où l’on parle conception détaillée, précédent l’implémentation, elle-même précédant d’abord les tests puis le déploiement.
  • Mission accomplished: Cette partie indispensable couvre la rétrospective de projets.

Autant j’ai pu être ébloui par « Rapid Development » et son incroyable richesse, autant celui-ci m’a déçu. Evidemment tout est relatif, le contenu reste extrêmement pertinent et Steve McConnell reste un auteur très solide, ce qui justifie cette note franchement moyenne.

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Référence complète : Software Project Survival Guide – Steve McConnell – Microsoft press 1998 – ISBN: 1-57231-621-7

Software Project Survival Guide


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A Pattern Language for User Information Feedback

Prenons notre machine à remonter le temps, voici un papier que j’avais soumis à la conférence Pattern Language Of Program 1999, à Urbana Champaign. Curieusement le sujet prédominant de cette conférence était une méthode sur le point d’être publiée : Extreme Programming.

Il n’est pas sûr que je publierais la chose ainsi aujourd’hui. Mais je n’ai rien retouché à ma prose, vous laissant ainsi la possibilité de la critiquer à loisir. Lâchez-vous !

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Voici également le lien vers ce papier dans Issuu

Note de lecture : Agile Software Development Ecosystems, par Jim Highsmith

Note: 6 ; Le tribun des méthodes agiles … mais quelle longue narration !

Si vous souhaitez avoir une vue d’ensemble sur les méthodes agiles, quelle en est leur essence, quelles sont-elles et quelles sont leurs différences, alors voici LE livre. Jim Highsmith est lui-même l’auteur d’une de ces méthodes, mais cela ne l’empêche pas de présenter les autres avec une grande honnêteté et égalitarisme. En fait, bien qu’il joue sans ambiguïté dans le camp des agiliste, il met en vis à vis des méthodes présentées les approches traditionnelles plus prescriptives (analyse structurée, UP et basées CMM), toujours avec honnêteté.

Le plus grand défaut de ce livre, à mon avis, c’est sa longueur: il est étonnant de voir cet ouvrage s’étendre sur 400 pages alors que les différentes approches sont seulement survolées (seul leur “essence” est vraiment décrite, et c’est bien). Mais Jim Highsmith est un bavard, et même si leurs valeurs des méthodes agiles tiennent en une poignée d’idée, cela n’empêche pas l’auteur de s’étaler sur de longues pages de texte (les 400 pages ne comprennent quasiment pas de diagrammes ni autres illustrations). Fort heureusement, le style du narrateur n’est pas ennuyeux et sa longue expérience et son importante culture gardent le texte agréable, tout comme les interviews (eh oui!) des gourous des méthodes agiles. La moitié du volume aurait suffit, mais la lecture ne m’a cependant pas paru pesante.

Si un tour d’horizon de l’agilisme vous intéresse, nul autre ouvrage ne saurait remplacer celui-ci.

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Référence complète : Agile Software Development Ecosystems – Jim Highsmith – Addison Wesley / ASD series 2002 – ISBN: 0-201-76043-6

Agile Software Development Ecosystems


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FrenchSUG@Google

Avant-propos

J’ai mis du temps a écrire ce compte-rendu. Ce genre de travail est toujours plus long qu’on ne s’y attend en premier lieu. Anne gabrillagues m’a devancé de presqu’une semaine et a rédigé un excellent compte-rendu que vous retrouverez sur le blog Ippon. Anne est également présente sur Tumblr.

Dans le même ordre d’idées, je vous recommande aussi la lecture du Blog de Jean-Charles Meyrignac. Nous différons sur l’analyse de certains points et c’est d’autant plus intéressant, d’autant que le post est d’excellente qualité !

Google, c’est toujours un peu l’actualité en permanence. Si la présence de Petra Cross en France attire notre attention sur la place des femmes chez Google, je vous recommande aussi l’article sur Marissa Mayer sur IEEE Spectrum.

Vous retrouverez des photos de l’évènement sur Meetup. Place aux orateurs !

L’évènement

Le Scrum User Group Français était accueillis ce 17 Avril par Google, pour nous faire partager la pratique de l’agilité dans leurs équipes de développement. Un accueil excellent par ailleurs, avec beaucoup de gentillesse de la part de notre hôte, Martin Görner et un petit déjeuner offert. Nous étions certainement un peu serrés dans les locaux de l’avenue de l’Opéra, mais il faut dire que cet évènement a créé un engouement sans précédent, nous avions élargi le plus possible le nombre de places disponibles, mais malgré cela, toutes les places sont parties en une journée créant une liste d’attente assez conséquente sur Meetup.

Martin Görner

Après un (rapide) mot d’ouverture de votre serviteur, Martin Görner nous a servi en guise d’introduction un portrait savoureux d’une équipe de développement sur la base des personnages d’héroïc fantasy ! Avec dans l’ordre:

  • Les Barbares, à savoir l’équipe de développement.
  • Le Clerc, l’ancien qui a la connaissance et la sagesse.
  • Le Mages, capable d’opérer une magie que lui seul sait faire … mais qu’hélas aussi lui seul détient !
  • Le Maître, celui qui enseigne à l’équipe, diffuse sa connaissance et sa sagesse.
  • Les Amazones (si, si) Symbole de la diversité de l’équipe.
  • La Bête, celui qui va mettre dans vos projets un nouveau langage chaque jour. On n’en veut pas.
  • Le Scout, qui va explorer des territoires inconnus,
  • Le “dragon rider” qui comprend les aspects métier complexes.

Petra Cross : Behind the day to day at Google

Petra Cross en Bref

Petra travaille chez Google depuis 7 ans. Elle a débuté sa trajectoire sur le moteur de recherche, avant de rejoindre l’équipe GMail. Depuis cette année elle fait partie de l’équipe Google Wallet localisée à San Francisco.

Les équipes Google en quelques faits

  • L’engagement des membres des équipes ? “Achieve mission ! Whatever we’re doing !”
  • Les équipes: 10000 développeurs, répartis dans plus de 40 bureaux à travers le monde.
  • 20 “check in” par minutes
  • 50% de la base de code est modifiée chaque mois.

Les rôles

  • VP (vice-president) : Un par grand domaine de Google: Search, Social, etc…
  • Engineering Director 
  • Engineering Manager : Il gère les ressources et les personnes. Il n’opère pas de “micro-management”, mais opère selon le principe du “servant manager” cher à nos principes agiles.
  • PM (Product Manager) : C’est la personne qui a la vision client sur un projet. Il joue en gros le rôle du PO de Scrum
  • SWE (Software Engineer) : Ce sont les développeurs.
  • SWE / TL (Team Leaders) : Ce sont des développeurs comme les autres, mais ils jouent le rôle d’interface avec les autres équipes et avec le PM quand c’est nécessaire. Leur rôle est de faire gagner du temps aux autres développeurs en leur épargnant des tâches annexes. Il sont plus ou moins l’équivalent du Scrum Master de Scrum. Petra a joué ce rôle au sein des équipes Google Mail.
  • SET (Software Engineer in Tests) : Ce sont des développeurs dont le travail est spécifiquement focalisé sur l’intégration continue et les tests unitaires.
  • TE (Testers) : Leur travail est spécifiquement dirigé vers l’écriture de tests d’acceptante.

Chaque Engineering Manager gère un ensemble d’équipes formés typiquement de 6 personnes : 5 SWE et 1 SWE/TL. Les équipes ne sont pas complètement fixes dans le temps, le manager crée un peu de mouvement entre les équipes. On eut dire que ce concept se rapproche quelque peu des Feature Teams de Scrum.

Au niveau de l’agencement des locaux, Petra nous a montré quelques photos des locaux de San Francisco. Outre son propre poste simplement situé près d’une fenêtre donnant directement sur le Golden Gate Bridge, on voit que les développeurs sont regroupés en de larges open-spaces. Chaque poste de travail comporte typiquement une station de travail, souvent un PC fonctionnant probablement sous Linux, équipé de 2 écrans 24 pouces, et un portable qui peut être un MacBook ou un PC. Certains disposent l’affichage de leurs écrans 24’’ verticalement !

Le workflow du développement

Le développement est plutôt “orienté Kanban”, bien qu’il ne semble pas y avoir de limite de WIP explicite. C’est ce que Petra nomme “Features Development as a Queue”. Le workflow est le suivant:

  1. Idée
  2. Décliné en Feature
  3. Planifié
  4. En cours de travail
  5. En revue de code
  6. En test
  7. En beta test “Canary”
  8. En production Live !

Les développeurs sont responsables de la qualité du code qu’ils poussent dans le gestionnaire de version. Le code intégré dans l’intégration continue doit être totalement testé par le développeur qui le considère LGTM (Looks Good To Me).

Le Release Manager  a la responsabilité de prendre régulièrement un snapshot de code qui a passé l’étape “tests” et de le mettre à disposition en “canary build” pour 2 jours, afin que ces évolutions soient pleinement testées en situation réel par des beta testers. A l’issu de ces 2 jours, si le build est accepté, il passe en production !

Ce que Google cherche à faire avec son processus

C’est essentiellement gagner en efficacité, en:

  • Raccourcissant ce temps de cycle
  • Travaillant rapidement
  • En ne développant que ce qui a réellement besoin de l’être !

Ce que Google ne cherche pas à faire :

  • Echouer
  • Gaspiller de l’argent

Le processus de développement est en fait très largement “Kanban”, mâtiné d’itérations, comme on le verra bientôt.

Les User Stories sont définies et écrites par le PM. Sans que cela soit explicitement définit dans Scrum, les deux processus se rapprochent ici. Le PM évalue la taille de ses stories en utilisant des “PM points”. Les  users stories sont découpées en tâches par le PM et le Tech Lead. Oui, vous avez bien lu: l’équipe n’est pas directement impliquée (en tout cas pas en premier lieu) dans le découpage en tâches !

L’équipe fait ensuite, lors des planning meeting, l’estimation des tâches. Le PM n’est pas présent au planning meeting. Les tâches sont estimées par l’équipe, avec le teck lead. Le critère retenu est celui que nous connaissons bien avec Scrum: savoir quand la tâche est “done”. Si ce critère ne peut être clairement déterminé, c’est au Tech Lead de retravailler la tâche avec le PM. J’y vois une faiblesse du processus qui génère du délais dans ces cas, délais qui pourraient être éliminés simplement par la présence du PM lors des planning meetings ! Mais peut-être que ce problème ne se pose que très rarement ?

Tout cela est bien entendu géré. Mais plutôt que d’utiliser un outil de gestion de projet, c’est une simple feuille de calcul (Google Spreadsheet, bien sûr) qui est utilisée. Elle est divisée en 2 onglets :

  • L’onglet “PM” : Utilisé pour lister les users stories.
  • L’onglet “équipe” dans lequel on retrouve le découpage en tâches.

Les User stories suivent aussi un cycle de vie de haut niveau:

  • Icebox: C’est le congélateur. Les US qui ne seront pas prises dans les 2 ou 3 prochaines semaines sont simplement stockées ici sans être analysées plus avant. Pas question de perdre du temps sur des fonctionnalités dont on est pas sûr qu’elles seront implémentées un jour ! Implicitément cela en dit long sur la façon dont Google gère la notion de roadmap : il n’y a pas de roadmap ! Il y a bien une Vision, mais celle-ci n’est pas déclinée en roadmap / releases ! Le congélateur sert à garder trace des idées, à permettre de les exhumer quand ou si on veut les réaliser à un moment donné.
  • Backlog : Seules 2 ou 3 US sont prises dans une itération de 2 semaines (il n’y a pas de durée standard d’itération chez Google, cela est ajusté par équipe). Tout ce qui n’est pas pris pour cette prochaine itération retourne au congélateur. Le PM et le Tech Lead priorisent les tâches lors du travail de découpage.
  • En cours: Il n’y a pas de “limite de WIP” sur les tâches comme il y en a de manière formelle avec Kanban. En pratique, chaque développeur aura au maximum 3 tâches en cours. il peut être amené à prendre une tâche supplémentaire quand:
    • Il est bloqué ou que sa tâche est en cours de revue.
    • Il ressent la besoin de changer pour éviter la saturation !
  • Terminé et vérifié.

En pratique !

Les équipes ont pas mal de l’attitude sur la façon de gérer leur matière première, c’est à dire les tâches. Pour l’équipe GMail, par exemple, c’est l’utilisation d’un tableau de tâches qui a été retenue, chaque “swimlane” représente une des étapes de progression de la tâche.

Le planning meeting est traditionellement court, de l’ordre de 20 minutes pour des itérations d’une ou deux semaines (et on estime toujours un peu plus de tâches que ce qui peut être pris dans l’itération) ! La seule chose qui y est faite est réellement l’estimation des tâches, car leur découpage a déjà été opéré précedemment par le PM et le Tech Lead, comme je l’ai dit précédemment. On ne cherche pas à y reconstruire de “big picture”, on prend juste les tâches les unes après les autres…

L’estimation est faite en points, selon une échelle de Fibonacci modifiée. Le fonctionnement du planning meeting est globalement très codifié:

  • On ne donne pas d’avis ou d’impression sur la tâche du genre: “c’est difficile”, “ça va être facile”, etc.. 
  • On est seulement autorisé à poser des questions fermées auxquelles le Tech Lead peut répondre par “oui” ou par “non”.
  • Il y a un ordre strict de parole !

Un chose importante à noter est que si le planning meeting rythme le travail en permettant d’alimenter le flux de travail, cela ne stigmatise pas le début ou la fin d’un cycle de travail: il est courant d’avoir un reste de tâches ou des tâches en cours au moment du planing meeting !

Comme avec Scrum, les tâches ne sont pas attribuées. On prend les tâches dans l’ordre de priorité qui a été défini. Cela signifie qu’une personne nouvelle sur un sujet prendra plus de temps ou demandera de l’aide pour mener à bien sa tâche. Cela n’est pas considéré comme un handicap, mais comme un aspect positif: les équipes Google ne souhaitent pas créer des ilots de connaissance !

Le peer review est systématique, alors que le pair programming ne l’est pas (il peut être pratiqué occasionnellement). Chaque tâche de revue de code est systmatiquement de la plus haute priorité : débloquer ses pairs est considéré comme l’apport le plus important que l’on puisse faire !

Le daily standup n’est pas pratiqué par de nombreuses équipes ! Cet aspect est également laissé au grée de l’équipe. Par exemple:

  • L’équipe GMail pratique le planning meeting, mais pas le stand-up
  • L’équipe Google Wallet fait des stand-up, mais n’a pas de planning meeting.

Petra par ailleurs ne semble pas fan du daily meeting.

Les rétrospectives sont pratiquées de diverses manière mais sont extrêmemnt courtes

  • Si la rétrospective est effectué chaque semaine, sa durée sera d’environ 15 minutes.
  • Pour une rétrospectives mensuelle, on comptera 1 heure.

Une rencontre mensuelle se tient avec le l’équipe, le PM et le directeur de l’ingénierie pour dresser les grandes lignes de ce qui est à venir.

Et l’environnement ?

Les développeurs bénéficient de beaucoup de liberté par rapport aux outils qu’ils peuvent utiliser. Beaucoup utilisent Eclipse, ils peuvent alors bénéficier de l’aide d’une cellule dédié à cet outil.

Pour ce qui est des outils d’intégration:

  • Git est utilisé pour la gestion de version au niveau des développements.
  • Perforce est utilisé par le Release Manager et les équipes de test, pour travailler en terme de “change set”.
  • L’environnement d’intégration continu (désolé, je ne sais pas ce qu’il y a derrière) est standardisé entre les différentes équipes Google à travers le monde.

Ainsi, si chaque développeur peut bénéficier du confort d’un ensemble d’outils qu’il connait, le passage d’une équipe ou même d’un site à un autre est facilité par des outils de travail en équipe qui sont eux standardisés !

En conclusion

Google est-il agile ou non ?

La réponse à cette question ne semble pas avoir d’importance pour eux. Sans doute ont-ils raison !

Ma réponse serait oui, non en regard des pratiques, mais de la mentalité. Tel que l’a dit Petra en début de présentation, c’est “achieve mission, whatever it is !”.

Google suit-il Scrum : non ! Bien que certaines pratiques soit très proches. Encore une fois , cela semble d’une importance secondaire. L’axe prédominant est clairement Kanban, l’importance est sur le flux et l’efficacité de celui-ci, les cérémonies qui vont autour sont réduite au maximum. Cela est aussi probablement dû à la très grande maturité des équipes de développement.

Deux aspects de moyenne ou faible maturité agile m’ont surpris :

  • Une stratification assez importante des fonctions PM / Tech Lead, avec par exemple un découpage en tâche dans lequel l’équipe n’est pas impliqué, et l’absence du PM lors du planning meeting, le travail ayant été “mâché” par le PM et le Tech Lead. Le but semble être de gagner en efficacité et d’éviter de faire perdre du temps à l’équipe ! Mais on perd sur l’aspect participatif et l’implication de l’équipe…
  • Le cycle de release : s’il est plutôt court, on reste en deça des pratiques devops ! Je me serais attedu sà ce que devops fasse partie de l’ADN de Google !

Google a adopté un processus ad hoc, pragmatique. Il est agile de mon point de vue, car focalisé sur l’efficacité, la mis en ligne fréquente et aussi rapide que possible des fonctionnalités développées. Il est très “lean” par nature, avec un focus particulier sur le flux et l’élimination du gâchis (tout ce qui ne participe pas à la création de valeur).

Note de lecture : Practical Project Initiation, a handbook with tools, par Karl E. Wiegers

Note : 6 ; Moins bien que d’habitude

Karl Wiegers nous a habitué à des ouvrages de qualité, aussi bien par la forme que sur le fond. Cet ouvrage de moins de 200 pages s’avérait donc prometteur car j’apprécie les auteurs qui savent s’exprimer avec concision. Finalement l’ouvrage manque sensiblement de corps. S’il passe bien en revue les différents aspects de la gestion de projet, il nous laisse largement sur notre faim en ce qui concerne le contenu. La plupart des 15 chapitres se concluent par des conseils de mises en pratiques et des templates, mais ni les uns ni les autres ne m’ont paru extrêmement pratiques, du moins pas assez pour que j’ai envie de m’y référer. Le livre se découpe en 5 parties.

La première partie est consacrée aux fondamentaux de la gestion de projets. Les 3 chapitres qui le composent couvrent 35 pages et peuvent être vus comme un survol du reste de l’ouvrage, c’est en tout cas l’objectif du chapitre 1, le « primer ». Le chapitre 2 se focalise sur les principales bonnes pratiques / mauvaises pratiques de la gestion de projet. Très pertinent et une bonne référence quand on veut prendre un peu de hauteur, tandis que le 3ème chapitre nous aide à considérer les priorités.

La seconde partie s’intitule pompeusement « preparing for success » et s’étale sur 65 pages soit 5 chapitres. Cette partie se devait d’être la plus solide mais elle n’est pas ma préférée. Le chapitre 4 s’intéresse aux critères de succès et aux objectifs d’un projet, un sujet important qui aurait pu être mieux traité. Le chapitre 5 considère la mesure de l’avancement (bonne idée). Le chapitre 6 évoque le « risk management », sujet important de l’aveu même de l’auteur mais bien légèrement traité. Le chapitre 7 suggère le développement d’une charte que je trouve bien peu convaincante.

La troisième partie s’intitule « vivre avec la réalité » et n’est longue que de 27 pages représentant 3 petits chapitres. Le chapitre 8 traite de la négociation des objectifs et est particulièrement intéressant. Au chapitre 9 l’auteur nous propose de mettre en place des « buffers » pour contrer les imprévus, ce que je désapprouve, mais c’est une question de point de vue. Le chapitre 11 est une nouvelle source de frustration car il aborde la dualité estimation / réalisation, mais de manière bien plus superficielle que Steve McConnell dans son art de l’estimation (auquel Karl Wiegers se réfère beaucoup, justement).

La quatrième partie évoque la mise en place de métriques. Le « Software metrics primer » du chapitre 12 est encore une fois bien léger ! Le chapitre 13 sur les pièges à éviter est bien plus instructif.

La dernière partie traite du retour d’expérience. Tout d’abord via le chapitre 14 qui évoque les « best practices »… et renvoie vers le « Rapid Application Development » de Steve McConnell ! Le chapitre 15 enfin fait état des rétrospectives, mais ne sert guère que d’introduction au remarquable ouvrage de Norman Kerth !

Mon propos montre pas mal de frustration à la lecture de cet ouvrage ! C’est le lot des bons auteurs que l’on en attende toujours les meilleurs. Cet ouvrage n’est certes pas l’œuvre la plus marquante de Karl Wiegers, mais étant assez condensé, il pourra servir d’ouvrage introductif au chef de projet junior, car il renvoie utilement vers des textes plus complets.

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Référence complète : Practical Project Initiation, a handbook with tools – Karl E. Wiegers – Microsoft Press 2007 – EAN : 978 0 7356 2521 1

Practical Project Initiation: A Handbook with Tools


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Note de lecture : Scaling Software Agility, best practices for large entreprises, par Dean Leffingwell

Note : 4 ; Finalement, rien de neuf sous le soleil !

Dean Leffingwell n’est pas un nom inconnu pour moi. Autrefois consultant chez Rational, il est l’auteur d’un livre sur la gestion des exigences plutôt de très bonne facture et en tout cas fort bien écrit. L’autre facette de ce « passif » est que Dean Leffingwell semble plutôt être un opportuniste de l’agilité et qu’il vient de la vieille école ! Mais ne concluons pas trop vite.

Le sujet abordé nous change un peu : comment, avec l’agilité passer de la mise en œuvre au sein d’une équipe de moins de 10 personnes à l’usage au sein d’une organisation ? Le sujet a déjà été effleuré, mais sans que des principes vraiment convaincants soient révélés. Pour aborder cela, l’ouvrage de Leffingwell est divisé en 3 parties.

La première partie est consacrée à une vue générale de l’agilité. Ses 95 pages sont divisées en 8 chapitres. Cette introduction est surtout destinée aux lecteurs ayant éventuellement un verni de connaissance de l’agilité, mais pas une véritable connaissance des principes et des méthodes. Autant le dire, cette première partie est fort bien faite. Les principes sont clairement énoncés et expliqués, les principales méthodes qui sont passées en revues le sont de manière claire et synthétique. Le tout est exemplaire. Mais on n’a pas encore abordé la face « scaling ».

La seconde partie évoque les pratiques connues des méthodes agiles, dont l’auteur va nous montrer qu’elles fonctionnent au changement d’échelle. 7 pratiques sont présentées ici, couvrant 90 pages découpées en 7 chapitres (1 chapitre par pratique, ça coule sous le sens). Il s’agit de :

  • Component team : Il s’agit du « feature team » que l’on rencontre ailleurs, notamment dans Scrum. Rien de nouveau ici. On n’en sait guère plus sur le passage à une échelle supérieure. L’auteur se contente souvent de citer d’autres textes.
  • Two levels of planning and tracking : Ce chapitre est emprunté d’une collaboration avec Rallye Software (mais eux parlent de 4 niveaux de planification, ce que j’approuve). Globalement on y retrouve de manière moins approfondie la matière développée par Mike Cohn dans « Agile Estimating and planning ».
  • Mastering the iteration : Ce chapitre évoque la gestion d’une itération. Un sujet mille fois abordé. J’aurais espéré ici un développement sur la gestion concurrente des itérations entre plusieurs équipes. Rien de cela ici. Ici encore, Mike Cohn vous en dira plus long.
  • Smaller, more frequent releases : Là aussi, il s’agit d’un sujet qui n’a plus rien de neuf. Le volet « multi-teams » est traité en fin de chapitre sur une demi-page. J’arrête là.
  • Concurrent testing : Le chapitre est court, c’est dommage car il commençait bien. Il y aurait fort à dire sur la gestion des tests au sein de larges organisations.
  • Continuous integration : L’intégration continue au sein d’organisations réparties est un sujet à part entière, où plusieurs stratégies de mise en œuvre sont possibles. Il est dommage que l’auteur se cantonne à l’aspect « équipe unique » maintenant bien connu, qui n’a pas de plus value ici.
  • Regular reflexion and adaptation : Si les rétrospectives sont un mécanisme inhérent à l’agilité, pourquoi limiter le volet traité ici à l’aspect « métrique » ? On voit le coté « vieille école » de Dean Leffingwell pointer le bout de son nez. Un aspect de l’agilité mal compris.

La troisième partie, « creating the agile entreprise » est le cœur de l’aspect « changement d’échelle » du livre. C’est aussi la plus importante avec ses 130 pages séparés en 7 chapitres. Les 7 « pratiques complémentaires qui y sont abordées sont :

  • Intentional architecture.
  • Lean requirements at scale.
  • System of systems and the agile release train.
  • Managing highly distributed teams.
  • Impact on customers and operations.
  • Changing the organization.
  • Measuring the business performance.

Si l’auteur est dans le vrai sur les sujets abordés, le traitement de ceux-ci est quand même décevant. En effet, la solution proposée ici est bel est bien de réduire la voilure de l’agilité et de remettre un peu plus de principes « top down ». On notera aussi au passage l’aspect gestion des exigences, largement inspiré des écrits précédents de l’auteur. Ce n’est d’ailleurs pas le plus mauvais chapitre.

En bref, j’ai été frustré par ce livre. J’ai de plus largement l’impression qu’il est le fruit d’une unique expérience chez BMC, ce qui est un peu léger pour justifier un livre. Je déconseille donc cette lecture.

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Référence complète : Scaling Software Agility, best practices for large entreprises – Dean Leffingwell – Addison Wesley / ASD series 2007 – ISBN : 0-321-45819-2 ; EAN : 978 0 321 45819 3

Scaling Software Agility: Best Practices for Large Enterprises


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Note de lecture : DSDM, Business focused development, 2nd edition, par Jennifer Stapleton edt.

Note : 5 ; L’agilité, vue par nos voisins anglais.

Tout comme le « XP explained » de Kent Beck, cet ouvrage peut être vu comme l’argumentaire de DSDM que comme la synthèse de la méthode qui est plutôt montrée en filigrane ! N’hésitons pas à le dire, cela nuit beaucoup à la qualité de l’ouvrage (sans préjuger de la qualité de la méthode). Je pense que la raison principale de ce choix est de ne pas empiéter sur les documents du consortium DSDM réservés aux adhérents. Ce genre de choix est toujours délicat, mais un peu malheureux ici, en l’occurrence. Au niveau de la qualité du texte, on remarquera que pour un ouvrage collectif, celui-ci est agréable à lire, il n’est pas trop long, comme c’est souvent le cas dans ce genre de situation, les chapitre sont courts et l’on ne perçoit ni redondance ni différence de style, hormis dans la partie dédiée aux retours d’expérience.

Car l’une des originalités intéressantes de ce livre est de consacrer une moitié de l’ouvrage à des retours d’expérience, judicieusement choisis afin d’éclairer des aspects particuliers de la méthode. Une bonne idée qui devrait être plus souvent reprise.

Si vous vous intéressez à DSDM, ce livre est tout simplement incontournable, car c’est le seul qui existe. Il ne saurait suffire toutefois, et c’est bien dommage, à la compréhension de la méthode. Il faudra pour cela aller surfer sur le site Web ci-dessous, ce qui était probablement un des buts inavoués. Mais cela est franchement un peu pusillanime.

DSDM

Référence complète : DSDM, Business focused development, 2nd edition – The DSDM consortium, Jennifer Stapleton edt. – Addison Wesley / ASD series 2003 – ISBN: 0-321-11224-5

DSDM: Business Focused Development


http://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/0321112245?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on

Scrum Night II : l’appel du 19 Avril

C’est parti !

Ca y est, l’évènement est en ligne depuis une petite semaine. Assez longtemps pour que l’on se retrouve avec un évènement complet et une liste d’attente digne des bouchons du 15 Août !

Alors je sais, c’est chez Google. Ce nom magique éveille tous les intérêts, anime toutes les passions ! Hé ! Vous avez bien remarqué qu’il n’y a encore aucun programme ?

Avoir un programme dépend de vous ! Si personne ne propose d’atelier, nous écouterons du Rap pendant 3 heures. je vous le dit tout net, je n’y survivrais pas.

Qui peut proposer un atelier ?

Tout le monde ! Si les innovation games sont un sujet qui vous passionne et que vous êtes aguerri(e) à la pratique de l’un d’entre eux, alors n’hésitez pas plus longtemps : proposez votre sujet !

Bien sûr, il est mieux d’avoir un peu d’expérience de son sujet. Mais les expérimentations seront aussi bienvenues. Nous porteront une attention particulière aux ateliers qui n’ont pas été proposés pour la 1589ème fois. Ah, c’est vrai: nous ne serons pas seul à décider, vous en serez aussi. J’y reviens dans 2 minutes.

Et si je veux participer à l’animation, mais que je ne me vois pas proposer un atelier moi-même ?

Oui, cela sera possible ! La méthode que nous avons retenu pour les propositions va permettre cela. Il est temps d’en parler.

Une nouvelle façon de proposer les sujets

Nous innovons pour cette Scrum Night II : Les sujets devront être proposés Sur IdeaScale

Dans la catégorie “Scrum Night II” (si vous avez suivi le lien, vous y êtes déjà), vous soumettez simplement votre sujet avec le bouton Idoine. Il vous faudra préciser:

  • Le titre de votre atelier, bien entendu
  • Le nom des animateurs
  • L’objectif de l’atelier
  • Un petit descriptif de celui-ci

Chaque sujet ouvre un fil de discussion. Vous pouvez poser des questions, ou proposer votre aide à l’animateur. Pourquoi pas ?

C’est jusqu’à quand ?

Jusqu’au 13 Mai ! C’est vrai, ça fait peu de temps avant la date fatidique de ladite Scrum Night, donc tenez-vous prêt. Visiblement, cela ne conditionnera pas l’affluence qui est déjà … euh … affluente !

Cette date tardive nous permettra d’intégrer des propositions d’atelier faisant suite à Agile Games France qui se sera terminé la veille. Autant dire qu’il ne faudra pas tarder pour les joyeux participants à cet évènement (j’en serais).

Soyez acteur du choix des ateliers

Vous l’avez certainement vu en allant sur IdeaScale, vous pouvez voter positivement (en accord) ou négativement (en désaccord). Les tendances qui émergeront seront prises en compte dans le choix des ateliers, mais on ne sait pas encore vous dire comment. Nous même d’avons pas encore décidé…

Bref, allez de temps en temps sur IdeaScale, voir les ateliers qui seront proposés d’ici le 13 Mai pour donner votre avis. Attention, d’expérience le gros de la troupe arrive à la fin, mais nous ferons le vote dans les 2 ou 3 jours qui suivront, donc ça va aller assez vite à ce moment là !

J’comprend rien !

Si vous êtes un lecteur assidu du “Guide du Routard Galactique” de Douglas Adams, vous savez que sur cet illustre ouvrage figure en première page ces mots magiques: “Pas de Panique !”. Je vais donc les répéter ici:

Pas de panique !

  • D’une part, vous pouvez contacter le bureau en envoyant un mail à orateur@frenchsug.org
  • D’autre part, vous pouvez poser une question ou faire un commentaire ici même !

Nous espérons vous voir nombreux à proposer des ateliers !