Note de lecture : Scaling Software Agility, best practices for large entreprises, par Dean Leffingwell

Note : 4 ; Finalement, rien de neuf sous le soleil !

Dean Leffingwell n’est pas un nom inconnu pour moi. Autrefois consultant chez Rational, il est l’auteur d’un livre sur la gestion des exigences plutôt de très bonne facture et en tout cas fort bien écrit. L’autre facette de ce « passif » est que Dean Leffingwell semble plutôt être un opportuniste de l’agilité et qu’il vient de la vieille école ! Mais ne concluons pas trop vite.

Le sujet abordé nous change un peu : comment, avec l’agilité passer de la mise en œuvre au sein d’une équipe de moins de 10 personnes à l’usage au sein d’une organisation ? Le sujet a déjà été effleuré, mais sans que des principes vraiment convaincants soient révélés. Pour aborder cela, l’ouvrage de Leffingwell est divisé en 3 parties.

La première partie est consacrée à une vue générale de l’agilité. Ses 95 pages sont divisées en 8 chapitres. Cette introduction est surtout destinée aux lecteurs ayant éventuellement un verni de connaissance de l’agilité, mais pas une véritable connaissance des principes et des méthodes. Autant le dire, cette première partie est fort bien faite. Les principes sont clairement énoncés et expliqués, les principales méthodes qui sont passées en revues le sont de manière claire et synthétique. Le tout est exemplaire. Mais on n’a pas encore abordé la face « scaling ».

La seconde partie évoque les pratiques connues des méthodes agiles, dont l’auteur va nous montrer qu’elles fonctionnent au changement d’échelle. 7 pratiques sont présentées ici, couvrant 90 pages découpées en 7 chapitres (1 chapitre par pratique, ça coule sous le sens). Il s’agit de :

  • Component team : Il s’agit du « feature team » que l’on rencontre ailleurs, notamment dans Scrum. Rien de nouveau ici. On n’en sait guère plus sur le passage à une échelle supérieure. L’auteur se contente souvent de citer d’autres textes.
  • Two levels of planning and tracking : Ce chapitre est emprunté d’une collaboration avec Rallye Software (mais eux parlent de 4 niveaux de planification, ce que j’approuve). Globalement on y retrouve de manière moins approfondie la matière développée par Mike Cohn dans « Agile Estimating and planning ».
  • Mastering the iteration : Ce chapitre évoque la gestion d’une itération. Un sujet mille fois abordé. J’aurais espéré ici un développement sur la gestion concurrente des itérations entre plusieurs équipes. Rien de cela ici. Ici encore, Mike Cohn vous en dira plus long.
  • Smaller, more frequent releases : Là aussi, il s’agit d’un sujet qui n’a plus rien de neuf. Le volet « multi-teams » est traité en fin de chapitre sur une demi-page. J’arrête là.
  • Concurrent testing : Le chapitre est court, c’est dommage car il commençait bien. Il y aurait fort à dire sur la gestion des tests au sein de larges organisations.
  • Continuous integration : L’intégration continue au sein d’organisations réparties est un sujet à part entière, où plusieurs stratégies de mise en œuvre sont possibles. Il est dommage que l’auteur se cantonne à l’aspect « équipe unique » maintenant bien connu, qui n’a pas de plus value ici.
  • Regular reflexion and adaptation : Si les rétrospectives sont un mécanisme inhérent à l’agilité, pourquoi limiter le volet traité ici à l’aspect « métrique » ? On voit le coté « vieille école » de Dean Leffingwell pointer le bout de son nez. Un aspect de l’agilité mal compris.

La troisième partie, « creating the agile entreprise » est le cœur de l’aspect « changement d’échelle » du livre. C’est aussi la plus importante avec ses 130 pages séparés en 7 chapitres. Les 7 « pratiques complémentaires qui y sont abordées sont :

  • Intentional architecture.
  • Lean requirements at scale.
  • System of systems and the agile release train.
  • Managing highly distributed teams.
  • Impact on customers and operations.
  • Changing the organization.
  • Measuring the business performance.

Si l’auteur est dans le vrai sur les sujets abordés, le traitement de ceux-ci est quand même décevant. En effet, la solution proposée ici est bel est bien de réduire la voilure de l’agilité et de remettre un peu plus de principes « top down ». On notera aussi au passage l’aspect gestion des exigences, largement inspiré des écrits précédents de l’auteur. Ce n’est d’ailleurs pas le plus mauvais chapitre.

En bref, j’ai été frustré par ce livre. J’ai de plus largement l’impression qu’il est le fruit d’une unique expérience chez BMC, ce qui est un peu léger pour justifier un livre. Je déconseille donc cette lecture.

scaling-soft-agility-Leffingwell

Référence complète : Scaling Software Agility, best practices for large entreprises – Dean Leffingwell – Addison Wesley / ASD series 2007 – ISBN : 0-321-45819-2 ; EAN : 978 0 321 45819 3

Scaling Software Agility: Best Practices for Large Enterprises


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