Business Craftsmanship: New Book: The People’s Scrum

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Happy to announce that my collection of essays, The People’s Scrum was published this week by Dymaxicon. The book is currently available in Kindle format and will be out in paperback next week—available worldwide. Please click image to see the Amazon page.

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The book has a forward by Ron Jeffries, an afterword by Lyssa Adkins, and cover endorsements by Mike Cohn, Lee Devin, and Luke Hohmann. To date it has two (5-star) reviews. Please add your own. I’d love to hear your thoughts.

I’d like to say thank you to all the friends and colleagues I’ve met on my Agile journey, who inspired me in my work and writing.

Je vous recommande également l’excellent Blog de Tobias Mayer

Business Craftsmanship: New Book: The People’s Scrum

Note de lecture : Scrum and XP from the Trenches, par Henrik Kniberg

Note : 9 ; Du vécu, rien que du vécu ! Book of the Year 2009 !

Le titre à lui seul résume la direction du livre : « comment nous pratiquons Scrum ». Pas de descriptif de Scrum ici (l’auteur renvoie pour cela à d’autres références), ni de longue dissertation sur la théorie. Sur chaque pratique l’auteur décrit de la manière la plus concise possible la façon dont il pratique cela dans son équipe et le bénéfice qui en est retiré. La concision et la valeur du texte sont tout simplement impressionnantes ! Que n’ai-je lu ce livre avant ! D’ailleurs, avec un petit format, une quantité honorable d’illustrations et seulement 130 pages, il se lit très rapidement. Une seule journée m’a suffit.

Le livre compte quand même 15 chapitres, donc forcément très courts, ce qui est un plus. On couvre ici toutes les pratiques : Le product backlog, le sprint planning, la communication, le sprint backlog, l’organisation de l’espace, le sily scrum, démos et rétrospectives. Les pratiques XP combinées à Scrum ne sont pas oubliées : Scrum et XP et TDD ont droit à leur chapitres ! L’auteur s’offre même le luxe d’aborder les sujets « avancés » : les contrats au forfait, les équipes géographiquement dispersées et laa pratique de Scrum sur plusieurs équipes.

Le livre existe en version reliée, mais aussi en PDF librement téléchargeable qui offre l’avantage d’avoir les illustrations en couleur ! Si vous pratiquez Scrum ou vous y interessez, il n’y a vraiment aucune raison de ne pas lire cet ouvrage !

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Référence complète : Scrum and XP from the Trenches, how we do Scrum – Henrik Kniberg – InfoQ 2007 – ISBN : 978 1 4303 2264 1

Scrum and XP from the Trenches

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Note de lecture : Scrum, le guide pratique de la méthode agile la plus populaire 2nd édition, par Claude Aubry

Note : 7 ; Un très bon livre de référence sur Scrum, encore affiné et amélioré dans sa seconde édition

J’ai l’habitude douteuse de faire baisser la note d’un livre dans son édition suivante si je considère que celle-ci ne représente pas un progrès. Le texte doit donc s’être améliorer pour seulement maintenir sa note, et donc progresser significativement pour escompter une meilleure note ! Sans vouloir casser le suspens, il me semble bien que c’est la cas. Pour en être sûr il me faudra comparer cette cuvée à la précédente. Ca tombe bien, j’ai les deux !

Le premier syndrome concerne généralement la taille du livre. A l’image de l’adulte mâle, le livre tend à prendre de l’embonpoint avec l’âge. Celui-ci ne fit pas exception : il passe de 263 pages à 284 et de 19 à 20 chapitres. Le chapitre supplémentaire (le 19 : Scrum à grande échelle) explique par ses 15 pages ajoutées une grande partie de cette différence.

Sans grande surprise, ce que j’appréciais dans l’édition précédente se retrouve ici :

  • Les chapitres sont de taille raisonnable, donnant du rythme à la lecture et poussant l’auteur à une écriture efficace.
  • Les chapitres sont bien focalisés sur un aspect particulier de Scrum. Cela favorise la lecture discontinue. Il faut y penser car on n’a pas toujours le luxe de pouvoir allouer le temps pour lire un ouvrage d’une couverture à l’autre d’une traite.
  • Le style est excellent. J’ai pris plaisir à lire la prose de Claude. Cela mérite d’être souligné car ce n’est hélas pas la majorité des textes qui sont dans ce cas.
  • Les illustrations humoristiques. Je recommande spécialement celle de la page 260, particulièrement hilarante.

Passer en revue 19 chapitres serait fastidieux et probablement un peu vain. Je ne vais donc pas le faire. Assez logiquement, chaque chapitre traite un rôle ou une pratique particulière de Scrum : Scrum Master, Product Owner, Sprint, Backlog, planification, Scrum quotidien, et… Quelques points particuliers méritent toutefois une évocation particulière :

  • Le plan de release : L’auteur évoque ce concept à plusieurs reprises dans son texte et de manière prépondérante aux chapitres 2 et 6. Ce concept également développé par d’autres auteurs (par Mike Cohn par exemple, dans Agile Estimating and Planning) ne fait partie des concepts de base de Scrum que du bout des lèvres. A la différence de ce que l’on voit ou lit par ailleurs, Claude donne plus d’importance à ce concept. Mais j’attends aussi d’un auteur qu’il défende ses idées !
  • Le chapitre 13 « de la Vision aux stories » aborde un sujet qui était peu abordé jusqu’à récemment.  J’ai trouvé là une matière plutôt bien finie et assez solide sur le sujet. C’est une bonne chose que les personnes recherchant une référence sur Scrum trouvent cette matière sans devoir aller se référer à un autre ouvrage … qu’ils n’iront probablement pas chercher !

Ce livre n’est pas neutre. C’est tant mieux, car ce n’est jamais ce que je recherche. C’est Scrum avec les pratiques complémentaires pour mener à bien les projets. Sur la première édition j’étais resté assez circonspect sur la façon dont Claude Aubry intégrait ces pratiques à Scrum sans vraiment discerner ce qui est Scrum et ce qui est pratique complémentaire. Soit mon regard a changé, soit le texte a évolué, car cela me choque moins dans cette seconde édition. Sure les quelques vérifications que j’ai pu faire, j’ai l’impression que la différence vient surtout de moi. Le texte n’a pas tant changé.

Ce texte est excellent sur la présentation de Scrum, son habillage de pratiques et de conseils. Mais ce n’est pas un livre de mise en pratique. Il ne rivalise pas avec le « Scrum from the Trenches » d’Henrik Kniberg de ce point de vue. C’est pourtant un point essentiel à aborder : et en pratique, qu’est-ce que je fais ? Comment ça se passe ?

J’ai bien aimé par contre que l’auteur mette en évidence certaines différences avec la première édition, souvent liées à sa façon différente de voir les choses aujourd’hui. On voit ainsi comment sa pensée a évolué. Le plan du livre lui-même a très peu changé, à part le chapitre 19. Mais on constate de multiples ajouts et modifications de détail dans l’évocation de certaines techniques absentes de la première édition, ou des changements de terminologies. J’ai trouvé que ces changements allaient dans la bon sens.

N’hésitez pas, plongez-vous dans cette seconde édition de « Scrum, le guide pratique de la méthode la plus populaire ». C’est un tour d’horizon complet de Scrum avec les pratiques pouvant le soutenir. Encore une fois, la lecture en est agréable grâce aux nombreux chapitres très courts. L’auteur n’est pas avare de ses conseils et de son savoir-faire. Après avoir refermé un livre, je m’interroge souvent sur l’impression qu’il me laisse, sans chercher à rationaliser : est-ce une révélation comme le fut la lecture de « Lean Startup » cette année, une déception, une frustration ou simplement un moment agréable ? Sur celui-ci, je dirais que c’est une « bonne surprise ». Et croyez-moi, ce n’est pas mal du tout ! C’est pour ça et pour les changements dont je trouve qu’ils gratifient le livre que la note de l’ouvrage est passée à 7. Cela répond à la question initiale…

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Référence complète : Scrum, le guide pratique de la méthode agile la plus populaire, 2nd édition – Claude Aubry – Dunod 2011 – ISBN : 978-2-10-056320-3

Scrum : Le guide pratique de la méthode agile la plus populaire - 2ème édition


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En finir avec le backlog ?

Second volet de mon feuilleton “en finir avec…”. Ma victime du jour est le backlog.

Je rapelle mon mot d’avertissement : J’ai écrit le texte qui suit avec l’intention qu’il soit lu de façon critique. Ne prenez pas ces idées ou ces points de vue pour argent comptant. Utilisez-les comme source de réflexion pour vous forger votre propre réflexion.

C’est bien sûr vrai de tous les textes que l’on peut être amené à lire, mais ça l’est encore plus ici !

De la roadmap au backlog

Lors du premier opus, nous avons vu les conséquences d’une roadmap gérée en tant que portefeuille de projet: plan, stock, frein au changement, etc… Mais ce qui est vrai à grande échelle peut-il l’être à une échelle moindre ? Car le backlog ressemble au portefeuille de projet à plus petite échelle.

Nous considérons naturellement la backlog, brique fondamentale de Scrum, comme un outil agile indispensable. Qui penserait à le remettre en cause ?

Pourtant, dévié de sa bonne utilisation il peut avoir des conséquences néfastes.

Pourtant il peut servir à déguiser les anciennes pratiques.

Pourtant les conséquences évoquées ci-dessus ne sont pas seulement des travers d’usages, elles prennent naissance dans la nature intrinsèque du backlog. C’est un peu abstrait pour l’instant. On va illustrer tout ça.

Je veux un backlog complet

Tout d’abord, c’est quoi un backlog ?

“The backlog represent everything that anyone interested in the product or process has thought is needed or would be a good idea in the product” (1)

En clair toutes les idées qui pourraient s’avérer bonnes sont aptes à y figurer. Cela soulève plusieurs points :

  1. Est-ce que seuls les éléments qui vont être effectivement réalisés doivent figurer dans le backlog ?
  2. Le backlog doit-il comprendre initialialement tout ce qui sera réalisé ?
  3. A-t-on le droit de changer le backlog, et surtout d’y ajouter des choses passée la “phase initiale” ? Vous aurez noté les guillemets.

Ce sont de fausses questions car Scrum y répond. Pourtant j’y reviens car c’est déjà une source de travers.

Le backlog contient des éléments qui vont être effectivement réalisés

Scrum répond “non” à cette question. Il s’agit juste d’une liste de fonctionalités candidates.

D’un autre côté, Scrum nous invite à lister ce que les différents acteurs ont en tête à un moment donné. A créer du stock, aurais-je envie de dire (vous voyez certainement où je veux en venir), mais je reviendrais plus tard sur ce point.

Là où le bât blesse, c’est que ce backlog en son état initial correspond à un périmètre produit. Et le client souhaite souvent avoir une estimation de ce périmètre. En soi, aucun mal à cela. Sauf que le périmètre se transforme souvent en engagement, surtout quand le client n’est pas réellement agile. A partir de ce point, je vous souhaite bonne chance dans le monde merveilleux du suivi budgétaire. Je ne prend même pas la peine d’évoquer l’antagonisme entre le mode “suivi budgétaire” et la gestion du changement …

Le backlog initial est complet

Là aussi Scrum répond clairement “non”.

Sauf que là aussi, si ce backlog sert d’estimation initiale du projet, il vaut mieux ne pas être trop à côté de la plaque. Certes on pourra toujours troquer une fonctionnalité contre une autre… Mais qu’en est-il si les premières étapes du projet mettent en lumière de nouvelles idées, des aspects du fonctionnel qui onté été occulté ? Ou simplement des oublis ? A l’extrême on devrait être en mesure de “pivoter” comme l’on dit en language Lean Startup et c’est un des aspects que l’approche agile en général et Scrum en particulier permettent.

Mais ce backlog que l’on construit à l’avance à souvent tendance à se transformer en carcan.

Notre client pas très agile va arguer “faites des ajustements, mais il faut avoir une idée claire de là où l’on va au départ”. Eh bien non, ce n’est pas obligé. C’est certainement un confort si l’on peut, mais Scrum nous donne la flexibilité qu’il faut le cas échéant. On a quand même donné le bâton pour nous faire batttre avec ce foutu backlog…

Le backlog ne peut pas être changé

Là aussi Scrum est clair : “oui on peut le changer”. C’est même l’essence du processus de tirer profit du feedback pour le faire évoluer !

Oui, mais …

On a constitué cette (longue) liste, un processus coûteux en temps et en énergie. Cela va nous freiner dans une certaine mesure pour opérer des changements qui seront eux-même coûteux dans leur introduction mais aussi dans la remise en cause des items existants !

Bien sûr ce frein sera encore plus important dans le cas d’un changement radical. Il pourra même se transformer en blocage : “remettre en cause ? Alors que l’on a là une liste de fonctionnalités bien établies ?”

Je veux un backlog détaillé

Le backlog “complet” ne suffit même pas toujours pour démarrer un projet, surtout si l’on souhaite utiliser ce backlog pour effectuer une estimation comme je l’ai indiqué plus haut. Il nous faut alors savoir ce qu’il y a derrière chaque item afin d’avoir une idée valable de la complexité de celle-ci ! Vous l’avez probablement remarqué : on a déjà quitté Scrum depuis un certain temps. Mais qu’importe, on parle de backlog ! Tout va bien !

Cette affaire de backlog détaillé m’inspire trois choses.

Détailler

Détailler ou au moins rentrer dans le coeur de chaque fonctionnalité c’est échafauder le système alors que l’on a rien commencé, que rien ne peut nous aider à soutenir notre reflexion ou etayer nos hypothèses. J’ai fait référence au “lean startup” plus haut. Eux nous suggèrent de ne pas oublier que justement ce que nous appelons “expression des besoins” sont en fait des hypothèses. Personnellement, cela me rapelle une citation du “Mythical Man-Month”, elle s’adresse au developpeur mais pourrait aussi concerner celui qui construit le backlog : “Le programmeur, comme le poète, manie des abstractions voisines de la pensée pure. Il construit des cathédrales dans les airs, à partir de l’air lui-même, par le pouvoir de son imagination” (2). Construire des cathédrales dans les airs avec de l’air, c’est pas facile…

Faire mûrir

Ma seconde réflexion va vers ce que l’on apelle parfois le “mûrissement du backlog”. Vous avez peut-être déjà entendu cette expression : “il faut que ça mûrisse” ? Voilà qui nous invite à une petite pause bucolique.

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Il y a bien sûr un concept derrière ça : c’est que quand une idée est seulement une ébauche, le simple passage du temps va permettre de rafiner l’idée qui tombera alors toute seule tel un fruit mûr ! C’est pas beau ? J’ai bien entendu de gros doutes sur ce processus spontané. Mes seules certitudes à ce propos sont:

  • Si on ne fait rien, il ne se passe rien.
  • La seule conséquence inéluctable du passage du temps, c’est la génération d’un délais.

Il existe des techniques, actives celles-ci, pour développer des idées à l’état d’ébauches :

  • Le brainstorming
  • L’expérimentation, que ce soit sur la base d’un prototype ou non.

On retrouve ces techniques dans les processus de développement orientées vers l’innovations comme le Design Thinking. Mais pour ça, il faut lâcher le backlog 5 minutes …

Backlog a.k.a. “cahier des charges”

Finalement, ce backlog complet et détaillé portait autrefois un nom: le cahier des charges. Par un effet pervers, nous avons reconstitué ici sous une forme certes différente, ce que nous voulions abandonner dans les anciennes approches. Il ne reste plus qu’à en confier la confection à une MOA (auquel on aura donné un autre nom) et on aura fait le tour !

Bien sûr Scrum ne dit pas du tout d’en arriver là. Mais il est tellement facile de glisser progressivement pour en revenir à ce que l’on faisait avant. Tout en se donnant bonne conscience, souvent même de bonne foi, car on apelle cela “backlog”.

L’effet de bord de ce backlog “complet et détaillé” est le délai que cela nécessaire pour en arriver là.

Une phase d’analyse ?

Scrum a poussé le concept d’itération zéro, pour amorcer un projet. Mais pour débuter avec un backlog complet et détaillé, cela ne suffit pas. Aussi voit-on le product owner ou l’équipe PO commencer un travail qui n’est pas seulement exploratoire mais un travail de fond en avance de phase afin que l’équipe de développement puisse débuter son oeuvre avec une matière première solide.

C’est la négation même de l’approche agile dont le fondement est le cycle court et le feedback. C’est en fait la réincarnation de la phase d’analyse !

L’autre conséquence de cette phase d’analyse, outre le délai, est la création d’un stock. J’en ai parlé plus haut et j’ai l’air d’insister, mais en terme “lean”, le stock est assimilé à du gâchis: c’est du travail dont on ne sait s’il va être utilisé et demande une charge d’entretien : relecture, réévaluation régulerière, etc…

Old files

Ma liberté de penser !

Vous finissez un sprint et allez commencer le suivant. Il est temps de choisir les prochains items de backlog à développer.

Qu’est-ce qui importe vraiment ?

Sont-ce les prochains items de backlog selon la priorité qui leur a été attribuée ? Pas vraiment, ou du moins pas comme ça.

Ce qui importe vraiment c’est ce que nous avons appris à la lumière du sprint écoulé : approfondir des fonctionnalités sur lesquelles nous avons travaillé, se diriger vers une direction complètement différente et parfois oui, prendre des items du backlog tel que nous l’avions dressé.

Mais par rapport à ce focus sur le feedback et l’apprentissage le backlog agit régulièrement comme un frein ou plutôt comme un gros élastic que nous aurions dans le dos, qui nous ramène inoxorablement vers la voie que nous avions tracé au départ.

Qu’est-ce qui empêche d’utiliser le backlog pour prendre en compte l’apprentissage et le feedback ? Absolument rien. En fait, il est fait pour ça. Comment l’utilisons-nous dans les faits ? Je vous laisse le soin d’y répondre.

Dans un projet agile, ce qui s’interpose entre vous et le feedback est un problème. Ne laissez pas le backlog devenir un problème, ne le laissez pas entraver votre liberté de penser. Un backlog n’est pas un cahier des charges.

A quoi ça sert vraiment ?

J’ai l’air de dire jusqu’à présent que le backlog est l’oeuvre du malin. Donc est-ce utile ? Voilà un point sur lequel nous allons pouvoir répondre aisément.

S’assurer que l’on fait les choses les plus importantes

Imaginez que vous avez un backlog de 50 items alors que vous n’allez pouvoir en traiter que 3 dans la prochaine itération. A quoi servent donc les 47 autres ? Eh bien essentiellement à s’assurer que l’un des 3 items importants ne se trouve pas parmi ces 47 autres !

Donner de la perspective

Certes, quand on fait un projet hautement innovant, voir de la R&D, construire un backlog a peu ou pas de sens. On est d’ailleurs là en dehors de la zone de Scrum. Mais lorsque cela est possible, en fait assez souvent, avoir du contexte donc une idée de ce qui est considéré comme le périmètre du projet à un instant donné, aide à la réflexion et est plus stimulant pour l’équipe.

Quelle(s) alternative(s) ?

Elles sont essentiellement déterminées (ou limitées) par notre créativité. J’en propose 3. Et je vais tricher un peu.

Arrêtez ça

Ce n’est pas une alternative mais un conseil : ne faites pas le backlog “complet et détaillé”. C’est mal. Arrêtez de faire ça, simplement.

Pas de backlog

Si on n’a plus de backlog, on ne fit plus du Scrum, n’est-ce pas ? Mais certains projets à forte composante exploratoire ne se prêtent pas à cela. Nous sommes alors dans le cas où la backlog va générer plus d’entrave que d’aide. Il est peut-être temps de sortir de Scrum. D’autres approches agiles s’accomodent de l’absence de backlog :

  • Extreme Programming parle juste de User Stories (on s’occupera de leur cas dans un épisode futur) à traiter et ne fige même pas celles-ci pour l’itération en cours. Toutefois XP n’est pas hostile à la présence d’un stock de stories.
  • Kanban n’a pas de backlog, mais des files d’attente. Et celles-ci ont des capacité déterminées et limitées. On a bien du stock dans une certaine mesure, mais celui-ci est limité et contrôlé.
  • Lean Startup ne parle ni de backlog ni de stock de features. En fait, cette approche s’oppose intrinsèquement à ces notions car le focus est ici uniquement sur l’apprentissage scientifique qui est fondamentalement antagoniste avec la présence d’un “stock d’hypothèses”.

Le backlog à géométrie variable

C’est mon préféré. C’est aussi un compromis entre les avantages (donner de la perspective, identifier les fonctionnalités candidates) et les inconvénients (créer du stock, générer de la charge et du délais). Fort heureusement, c’est aussi ce qui est préconisé par de nombreux auteurs, dont Claude Aubry (3).

Dans cette approche on limite le découpage fin des stories et leur détail qu’aux fonctionnalités classées les plus prioritaires. Je ne vais pas entrer dans le détail ici, ce n’est pas le but de ce post. Vous en trouverez la description ailleurs.

Alors le backlog, c’est mal ?

J’utilise des backlogs et j’aime bien ça. Je serais donc bien en peine de dire que c’est mal.

Mais ce n’est pas non plus de la magie. Le backlog est un outil. Mais aussi bénéfique soit-il un outil porte en lui-même les germes de ses propres travers. Je me limiterais à deux conclusions:

  • Ne dénaturez pas le backlog et la façon dont il doit être utilisé.
  • Soyez conscients des inconvénients. Ils joueront contre vous si vous les ignorez.

Références

(1) Agile Software Development with Scrum, Ken Schwaber & Mike Beedle, Prentice Hall 2002 ; p. 33

(2) The Mythical Man-Month anniversary eat, Frederik Brooks, Addison Wesley 1995

(3) Scrum Le guide pratique de la méthode agile la plus populaire 2nd édition ; Claude Aubry ; Dunod 2011 ; p. 67

Note de lecture : Succeeding with Agile, Software development using Scrum, par Mike Cohn

Note : 8 ; Réussir la transition vers l’agilité

En quelques années et avec 2 livres remarquablement écrits, Mike Cohn s’est imposé comme l’in des leaders du mouvement agile. Voilà donc un livre qui pouvait difficilement passer inaperçu au sein de la communauté !

Globalement, le livre est assez pesant, dans tous les sens du terme : avec ses 450 pages, d’abord, ensuite parce qu’il est composé presqu’exclusivement de texte. Ce n’est pas un texte qui s’avale en un week-end ! Heureusement, Mike Cohn sait écrire et il fait mieux qu’aligner des platitudes, mais je pense quand même que la présente prose n’est pas aussi efficace que celle de l’excellent « agile estimating and planning ». C’est aussi que j’attends beaucoup d’un auteur capable de délivrer un livre d’excellente qualité.

L’une des premières impression qui m’est venue à l’esprit, est le parallèle entre ce livre et celui de Craig Larman « agile & itérative development ». Le livre est divisé en 5 parties, il nous faut bien les passer en revue, car le contenu s’avère au final plutôt riche !

La première partie « getting started » compte 5 chapitres qui totalisent 92 pages. Ce n’est hélas pas la meilleure partie de l’ouvrage. Un large focus est mis sur les communautés de transition vers Scrum, sujet qui m’est apparu abstrait et hélas peu convaincant. Cette première partie se termine sur le choix du projet pilote. Certainement cela s’adresse à ceux qui ont ce choix, donc un public assez restreint pour autant qu’il existe. Heureusement, les parties suivantes reprennent du poil de la bête.

La seconde partie adresse les individus. Longue de 80 pages, elle compte 4 chapitres. Mes deux chapitres préférés sont le chapitre 6 sur le traitement des résistances au changement : agrémenté d’exemples, j’ai trouvé le tour d’horizon complet et pertinent. La façon d’adresser les différents types de résistances est aussi fort judicieuse. J’ai également apprécié le chapitre sur le changement des rôles, il va plus loin que le simple « oubliez ce qui existait avant ». Le rôle du « functionnal manager, par exemple, simplement méprisé par la littérature agile en général, est bien pris en compte.

Avec près de 150 pages et 7 chapitres, la 3ème partie consacrée à l’équipe est la plus longue du livre. Elle traite à la fois la structure de l’équipe et les pratiques de Scrum. Il s’agit justement du chapitre le plus « Scrum » du livre, et l’auteur y livre sont point de vue subjectif sur nombre de pratiques Scrum. Bien que n’étant pas en accords avec tous les points de vue de l’auteur, je n’en considère pas moins cette partie extrêmement riche : elle nous guide littéralement vers la mise en place de Scrum. A noter le chapitre sur la planification qui est un résumé du livre précédent de l’auteur … et une invitation à lire celui-ci !

La quatrième partie est consacrée à l’application de Scrum aux organisations. J’avoue m’être moins intéressé à cette partie qui ne fait pas partie de mes préoccupations. Les 100 pages découpés en 4 chapitres de cette partie évoquent surtout Scrum appliqué en équipes multiples, la coexistence avec d’autres approches et toutes ces sortes de choses..

La cinquième partie a forme de conclusion, avec ces 2 chapitres et ses 20 pages. L’auteur nous signifie simplement qu’on n’est pas au bout du chemin. On ne l’est jamais. On y voit quels outils utiliser pour s’évaluer et quels horizons il reste à explorer.

Comme je l’ai dit au début, le livre est assez lourd, parfois fastidieux à lire. Néanmoins il n’en reste pas moins un ouvrage majeure de cette littérature Scrum encore naissante. Et je pense qu’il le restera. Comment, vous ne l’avez pas encore commandé ?

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Référence complète : Succeeding with Agile, Software development using Scrum – Mike Cohn – Addison Wesley 2010 – ISBN : 0-321-57936-4 ; ISBN13 : 978-0-321-57936-2

Succeeding with Agile: Software Development Using Scrum


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Note de lecture : Kanban and Scrum, making the most of both – Henrik Kniberg & Mathias Skarin

Note : 7 ; L’une des meilleures références pour comprendre le Kanban, pour les praticiens de Scrum

La lecture de ce bref ouvrage avait deux objectifs pour moi : étrenner mon Kindle DX (mais je n’en parlerais pas ici) et rédiger une note de lecture sur la version française pour le French SUG.

Ouvrir un nouveau texte signé Henrik Kniberg était forcément pour moi un moment fort attendu, tellement le livre précédent était excellent. Mon premier réflexe est de voir la taille du livre : 128 pages d’une couverture à l’autre pour la version française, contre 122 pour la version originale. Ça va. Cette fois, Henrik s’est associé à Mathias Skarin, également consultant chez Crisp. La table des matières montre une répartition remarquablement symétrique : 50 pages nous viennent d’Henrik Kniberg et traitent de la comparaison de Kanban et de Scrum sur 16 chapitres. La seconde partie, rédigée par Mathias Skarin, est une étude de cas. Elle couvre également 50 pages sur 16 chapitres. On aura bien sûr compris que ces chapitres sont très courts, chacun couvrant 3 pages en moyenne !

Kanban et Scrum, s’ils peuvent être complémentaires, se distinguent fortement l’un de l’autre. Scrum se focalise sur l’itération, lui donnant un périmètre au départ et s’organisant de façon à ce que celle-ci aboutisse positivement en suivant l’avancement des tâches et en acquièrant du fedback à la fois au cours de l’itération et à sa fin. Kanban en revanche ignore pratiquement le concept d’itération, et se focalise sur le flux des tâches, sur les limites d’accumulation de celles-ci aux différents stades d’avancement et en organisant le travail des différents membres de l’équipe en fonction des goulots d’étranglements pouvant apparaître.

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Note de lecture : Scaling Software Agility, best practices for large entreprises, par Dean Leffingwell

Note : 4 ; Finalement, rien de neuf sous le soleil !

Dean Leffingwell n’est pas un nom inconnu pour moi. Autrefois consultant chez Rational, il est l’auteur d’un livre sur la gestion des exigences plutôt de très bonne facture et en tout cas fort bien écrit. L’autre facette de ce « passif » est que Dean Leffingwell semble plutôt être un opportuniste de l’agilité et qu’il vient de la vieille école ! Mais ne concluons pas trop vite.

Le sujet abordé nous change un peu : comment, avec l’agilité passer de la mise en œuvre au sein d’une équipe de moins de 10 personnes à l’usage au sein d’une organisation ? Le sujet a déjà été effleuré, mais sans que des principes vraiment convaincants soient révélés. Pour aborder cela, l’ouvrage de Leffingwell est divisé en 3 parties.

La première partie est consacrée à une vue générale de l’agilité. Ses 95 pages sont divisées en 8 chapitres. Cette introduction est surtout destinée aux lecteurs ayant éventuellement un verni de connaissance de l’agilité, mais pas une véritable connaissance des principes et des méthodes. Autant le dire, cette première partie est fort bien faite. Les principes sont clairement énoncés et expliqués, les principales méthodes qui sont passées en revues le sont de manière claire et synthétique. Le tout est exemplaire. Mais on n’a pas encore abordé la face « scaling ».

La seconde partie évoque les pratiques connues des méthodes agiles, dont l’auteur va nous montrer qu’elles fonctionnent au changement d’échelle. 7 pratiques sont présentées ici, couvrant 90 pages découpées en 7 chapitres (1 chapitre par pratique, ça coule sous le sens). Il s’agit de :

  • Component team : Il s’agit du « feature team » que l’on rencontre ailleurs, notamment dans Scrum. Rien de nouveau ici. On n’en sait guère plus sur le passage à une échelle supérieure. L’auteur se contente souvent de citer d’autres textes.
  • Two levels of planning and tracking : Ce chapitre est emprunté d’une collaboration avec Rallye Software (mais eux parlent de 4 niveaux de planification, ce que j’approuve). Globalement on y retrouve de manière moins approfondie la matière développée par Mike Cohn dans « Agile Estimating and planning ».
  • Mastering the iteration : Ce chapitre évoque la gestion d’une itération. Un sujet mille fois abordé. J’aurais espéré ici un développement sur la gestion concurrente des itérations entre plusieurs équipes. Rien de cela ici. Ici encore, Mike Cohn vous en dira plus long.
  • Smaller, more frequent releases : Là aussi, il s’agit d’un sujet qui n’a plus rien de neuf. Le volet « multi-teams » est traité en fin de chapitre sur une demi-page. J’arrête là.
  • Concurrent testing : Le chapitre est court, c’est dommage car il commençait bien. Il y aurait fort à dire sur la gestion des tests au sein de larges organisations.
  • Continuous integration : L’intégration continue au sein d’organisations réparties est un sujet à part entière, où plusieurs stratégies de mise en œuvre sont possibles. Il est dommage que l’auteur se cantonne à l’aspect « équipe unique » maintenant bien connu, qui n’a pas de plus value ici.
  • Regular reflexion and adaptation : Si les rétrospectives sont un mécanisme inhérent à l’agilité, pourquoi limiter le volet traité ici à l’aspect « métrique » ? On voit le coté « vieille école » de Dean Leffingwell pointer le bout de son nez. Un aspect de l’agilité mal compris.

La troisième partie, « creating the agile entreprise » est le cœur de l’aspect « changement d’échelle » du livre. C’est aussi la plus importante avec ses 130 pages séparés en 7 chapitres. Les 7 « pratiques complémentaires qui y sont abordées sont :

  • Intentional architecture.
  • Lean requirements at scale.
  • System of systems and the agile release train.
  • Managing highly distributed teams.
  • Impact on customers and operations.
  • Changing the organization.
  • Measuring the business performance.

Si l’auteur est dans le vrai sur les sujets abordés, le traitement de ceux-ci est quand même décevant. En effet, la solution proposée ici est bel est bien de réduire la voilure de l’agilité et de remettre un peu plus de principes « top down ». On notera aussi au passage l’aspect gestion des exigences, largement inspiré des écrits précédents de l’auteur. Ce n’est d’ailleurs pas le plus mauvais chapitre.

En bref, j’ai été frustré par ce livre. J’ai de plus largement l’impression qu’il est le fruit d’une unique expérience chez BMC, ce qui est un peu léger pour justifier un livre. Je déconseille donc cette lecture.

scaling-soft-agility-Leffingwell

Référence complète : Scaling Software Agility, best practices for large entreprises – Dean Leffingwell – Addison Wesley / ASD series 2007 – ISBN : 0-321-45819-2 ; EAN : 978 0 321 45819 3

Scaling Software Agility: Best Practices for Large Enterprises


http://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/0321458192?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on

Scrum Night II : l’appel du 19 Avril

C’est parti !

Ca y est, l’évènement est en ligne depuis une petite semaine. Assez longtemps pour que l’on se retrouve avec un évènement complet et une liste d’attente digne des bouchons du 15 Août !

Alors je sais, c’est chez Google. Ce nom magique éveille tous les intérêts, anime toutes les passions ! Hé ! Vous avez bien remarqué qu’il n’y a encore aucun programme ?

Avoir un programme dépend de vous ! Si personne ne propose d’atelier, nous écouterons du Rap pendant 3 heures. je vous le dit tout net, je n’y survivrais pas.

Qui peut proposer un atelier ?

Tout le monde ! Si les innovation games sont un sujet qui vous passionne et que vous êtes aguerri(e) à la pratique de l’un d’entre eux, alors n’hésitez pas plus longtemps : proposez votre sujet !

Bien sûr, il est mieux d’avoir un peu d’expérience de son sujet. Mais les expérimentations seront aussi bienvenues. Nous porteront une attention particulière aux ateliers qui n’ont pas été proposés pour la 1589ème fois. Ah, c’est vrai: nous ne serons pas seul à décider, vous en serez aussi. J’y reviens dans 2 minutes.

Et si je veux participer à l’animation, mais que je ne me vois pas proposer un atelier moi-même ?

Oui, cela sera possible ! La méthode que nous avons retenu pour les propositions va permettre cela. Il est temps d’en parler.

Une nouvelle façon de proposer les sujets

Nous innovons pour cette Scrum Night II : Les sujets devront être proposés Sur IdeaScale

Dans la catégorie “Scrum Night II” (si vous avez suivi le lien, vous y êtes déjà), vous soumettez simplement votre sujet avec le bouton Idoine. Il vous faudra préciser:

  • Le titre de votre atelier, bien entendu
  • Le nom des animateurs
  • L’objectif de l’atelier
  • Un petit descriptif de celui-ci

Chaque sujet ouvre un fil de discussion. Vous pouvez poser des questions, ou proposer votre aide à l’animateur. Pourquoi pas ?

C’est jusqu’à quand ?

Jusqu’au 13 Mai ! C’est vrai, ça fait peu de temps avant la date fatidique de ladite Scrum Night, donc tenez-vous prêt. Visiblement, cela ne conditionnera pas l’affluence qui est déjà … euh … affluente !

Cette date tardive nous permettra d’intégrer des propositions d’atelier faisant suite à Agile Games France qui se sera terminé la veille. Autant dire qu’il ne faudra pas tarder pour les joyeux participants à cet évènement (j’en serais).

Soyez acteur du choix des ateliers

Vous l’avez certainement vu en allant sur IdeaScale, vous pouvez voter positivement (en accord) ou négativement (en désaccord). Les tendances qui émergeront seront prises en compte dans le choix des ateliers, mais on ne sait pas encore vous dire comment. Nous même d’avons pas encore décidé…

Bref, allez de temps en temps sur IdeaScale, voir les ateliers qui seront proposés d’ici le 13 Mai pour donner votre avis. Attention, d’expérience le gros de la troupe arrive à la fin, mais nous ferons le vote dans les 2 ou 3 jours qui suivront, donc ça va aller assez vite à ce moment là !

J’comprend rien !

Si vous êtes un lecteur assidu du “Guide du Routard Galactique” de Douglas Adams, vous savez que sur cet illustre ouvrage figure en première page ces mots magiques: “Pas de Panique !”. Je vais donc les répéter ici:

Pas de panique !

  • D’une part, vous pouvez contacter le bureau en envoyant un mail à orateur@frenchsug.org
  • D’autre part, vous pouvez poser une question ou faire un commentaire ici même !

Nous espérons vous voir nombreux à proposer des ateliers !