Note de lecture : Software Requirements, 2nd edition, par Karl E. Wiegers

Note : 9 ; Encore meilleurs avec le temps … et toujours une référence sur la gestion des exigences!

Je l’avais dit ailleurs, mais j’estime qu’un ouvrage dans sa seconde édition qui ne s’améliore pas mérite une note en baisse ! Vous pouvez donc déjà conclure qu’en gardant la même note que j’avais attribué à la première édition, cette nouvelle mouture a amélioré le texte original. Pas seulement amélioré d’ailleurs, mais aussi amplifié car l’ouvrage est augmenté de 100 pages. Après presque 10 ans de perspective sur les écrits concernant la gestion des exigences, Karl Wieger et les Robertson restent mes ouvrages de référence sur le sujet. Ce n’est pas rien et cette mise à jour (qui est en fait plus que cela) remet le livre en selle pour autant qu’il fût jamais détrôné.

La structure du livre est passée de 3 parties à 4 et le découpage a également évolué. Je ne vais pas rentrer dans le détail des chapitres, mais tenter de parler de chacune des parties.

La première partie est intitulée « Software requirements : What and Why ». A priori cette partie est dévolue aux nouveaux venus dans la partie. Erreur, cette partie mérite d’être également étudiée par les analystes expérimentés tout autant ! A la place des banalités convenues, l’auteur explique clairement et nettement les différents types de besoins et les différentes perspectives à considérer sur leur expression. On y aborde avec honnêteté les attentes des utilisateurs et la façon concrète et pragmatique dont on peut les aborder dans le cadre d’un projet. Les « bonnes pratiques » nous renvoient aux droits et aux devoirs de l’analyste et de l’utilisateur durant l’expression des besoins. Sans jamais réellement évoquer l’approche agile, l’état d’esprit y est et je conseillerais sans hésitation la lecture de cette première partie à tout agiliste !

La seconde partie porte tout simplement comme titre « Software requirements developpement ». Avec ses 220 pages et ses 12 chapitres, c’est la plus longue du livre ! Il s’agit d’une approche « par facette » plus que par activité et qui couvre remarquablement toute l’activité de recueil du besoin : établissement de la vision, dialogue avec les utilisateurs, règles métiers, scénarios d’usage, documentation, validation, qualification, etc… Chaque chapitre est clairement focalisé sur un point de vue, clair et riche sans se perdre dans des considérations stériles.

La troisième partie est consacrée au « requirements managements », où comment gérer l’évolution des exigences dans le temps. Cela couvre l’outillage, la gestion des changements et de la traçabilité. Si cela ne couvre que 65 pages, ne croyez pas pour autant que le sujet est traité avec légèreté car l’essentiel est dit, même si il peut être complété par ailleurs.

La dernière partie « implementing requirements engineering » est nouvelle et certainement moins passionnante (sans être mauvaise). Mais on est plus loin des processus agiles.

La première édition était bonne, la seconde l’est plus encore. L’ouvrage couvre avec succès toutes les facettes du recueil des besoins et peut figurer comme seul ouvrage sur la gestion des exigences dans votre bibliothèque si vous ne souhaitez qu’un livre.

wieger-soft-reqt

Référence complète : Software Requirements, 2nd edition – Karl E. Wiegers – Microsoft press 2003 – ISBN: 0-7356-1879-8; EAN: 978 0 7356 1879 4

Software Requirements: Practical Techniques for Gathering and Managing Requirements Throughout the Product Development Cycle

http://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/0735618798?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on

Note de lecture : Writing Effective Use Cases, par Alistair Cockburn

Note : 7 ; D’excellents conseils rédactionnels et une bonne approche “adaptative” de la modélisation des systèmes.

Ce livre se focalise entièrement sur la rédaction textuelle des cas d’utilisation. A ce titre, il relativise la description graphique comme étant une vue synthétique du périmètre fonctionnel. Alistair prêche une approche par décomposition fonctionnelle dans laquelle on part des business cases pour descendre jusqu’à des uses cases de type sous routines. A chaque niveau (représenté par une icône) on détermine l’objectif de l’acteur principal comme étant la force essentielle dans la détermination du cas d’utilisation.

Le livre est excellent pour ce qui est de décrire des Use Cases optimaux et clairs, donc suffisamment courts et concis pour être lus et compris. Qui plus est, des mémentos permettent de se rappeler quelles sont les règles à suivre dans l’écriture des Use Cases. Ce livre est d’avantage dédié aux personnes pratiquant déjà les cas d’utilisation et désireuses de progresser qu’aux nouveaux venus qui risquent de se retrouver quelque peu noyés. Enfin certains aspects tels que la décomposition fonctionnelle utilisant abondamment les relations d’inclusion sont critiquables voire dangereuses lorsque utilisées à mauvais escient.

writing-effective-use-cases

Référence complète : Writing Effective Use Cases – Alistair Cockburn – Addison Wesley / Crystal Collection for Software professionals 2001 – ISBN: 0-201-70225-8; EAN: 978-0-201-70225-5

Writing Effective Use Cases


http://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/0201702258?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on

Note de lecture : Software Configuration Management Patterns: Effective Teamwork, Practical Integration par Stephen Berczuk & Brad Appleton

Note: 8 ; Un “langage de patterns” bien construit, mais aussi une excellente référence sur la gestion de configuration.

On trouve deux types d’ouvrages sur la gestion de configuration : ceux développant des processus de gestion de configuration, souvent compliqués et éloignés des préoccupation quotidiennes des développeurs, et ceux traitant des outils, les détaillant en profondeur mais sans réellement expliquer comment les utiliser intelligemment. Cet ouvrage se démarque résolument de ces deux tendances en exposant les principes de la gestion de version et de configuration sous forme de « process patterns » qui sont autant de cas d’utilisation. Des cas d’utilisation résolument tournés vers le développeur, afin de l’aider dans ses tâches quotidiennes.

Une courte première partie introductive recadre la place de l’outil de gestion de versions et de configuration dans l’environnement de développement. Il présente également la structure des patterns et l’image globale de ce langage de patterns. On y distingue deux sous-ensembles : les patterns orientés « codeline » c’est-à-dire purement gestion de version, et les patterns liés à la gestion de l’espace de travail.

La seconde partie, forte de 120 pages, forme 16 chapitre, chacun présentant un pattern (donc, une moyenne de 7 pages par patterns). Je ne saurais tous les présenter, mais en voici quelques uns :

Active development line : Comment gérer une branche de développement suffisamment utilisable et stable à tout moment, afin de satisfaire les besoins de développement

Private build : Pensez de façon globale, et construisez localement. Ou comment, avant de soumettre des changements, construire et tester de manière identique au build d’intégration, mais sur l’espace privé de développement

Intégration build : Pour s’assurer que toutes les changements injectés dans le repository central sont construits et testés par un processus centralisé.

Task level commit : Pousser dans le gestionnaire de versions à chaque changement de faible granularité mais indissociable (résolution d’un problème, mise en conformité avec une évolution d’interface, etc.).

Comme c’est le cas avec les bons patterns, un bon nombre nous donne un goût de déjà-vu. D’autres moins. L’approche « patterns » est réellement utilisée à bon escient : le problème est évoqué, souvent étayé par une expérience vécue, pour déboucher ensuite sur le développement de la solution, soutenus par des références extérieures. On appréciera aussi, mine de rien, de voir relevé en vis-à-vis des patterns, les points non résolus ! Que vous soyez expérimentés ou débutant, vous devriez vous régaler à la lecture de ces patterns : on bénéficie réellement de l’expérience et de la qualité de synthèse et d’expression des auteurs. Connaître les commandes de votre outil de gestion de version n’est pas tout (bien que cela soit nécessaire), il faut savoir utiliser et organiser son travail au quotidien afin de travailler de façon efficace, coopérative et rigoureuse afin d’éviter les problèmes inhérents au travail en équipe. Ce langage de pattern est sans nul doute la réponse pragmatique, efficace et opérationnelle. Le tout en moins de 200 pages. Last but non least, les appendices si succincts soient-ils fournissent d’excellents liens Web et une ébauche d’évaluation des outils existants. Vous aurez compris : j’ai aimé.

Les DVCS ont certainement ajouté leur lot de patterns également, même si ceux évoqués ci-dessus restent d’actualité. J’adorerais voir une seconde édition de l’ouvrage intégrant cela. Une autre avancé possible est la prise en compte de la déliverie en continue (le devops) dans le cycle logiciel abordé.

Les auteurs travaillent à une seconde version de l’ouvrage, toutefois celle-ci est encore à l’état de projet. Il n’est d’ailleurs pas dit qu’elle sorte un jour.

soft-conf-mgt-patterns

Référence complète : Software Configuration Management Patterns: Effective Teamwork, Practical Integration – Stephen P. Berczuk & Brad Appleton – Addison Wesley / SP series 2002 – ISBN : 0-201-74117-2

Software Configuration Management Patterns: Effective Teamwork, Practical Integration

http://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/0201741172?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on

Note de lecture : Manage Your Project Portfolio, Increase your capacity and finish more projects, par Johanna Rothman

Note:6 ; Pas aussi bien qu’espéré

Voilà un sujet qui m’intéresse au premier chef : comment gérer, non pas un projet, mais un ensemble de projets organisés en un « portefeuille ». La grande qualité de cet ouvrage est certainement de ne pas chercher midi à quatorze heures, et de rester simple et pragmatique. D’ailleurs le format du livre reflète cette concision : 11 chapitres couvrant 160 pages.

Les deux premiers chapitres nous font découvrir ce qu’est un portefeuille de projets, comment le structurer et comprendre le cycle de vie de ses projets.

Dans les chapitres 3 et 4, on apprend tout d’abord à organiser ses projets : quel doit être leur granularité ? Les projets doivent-ils être structurés en programmes ? On y voit finalement quoi envisager de l’avenir d’un projet commit, kill, transform) en fonction de sa nature.

Prioriser et travailler en groupe pour décider du devenir du portefeuille sont l’objet des chapitres 5 et 6. L’auteur y propose plusieurs techniques à cet égard.

Les chapitres 7 à 9 s’avèrent moins originaux : ils traitent de la vie et de l’évolution itérative du portefeuille. Ce qu’on y lit, bien qu’intéressant, ne diffère guère de ce que l’auteur a pu dire de la gestion de projets dans « Manage It ». Même si le propos sur l’approche agile en général, et le Lean en particulier sont clairement intéressants, ils n sont pas spécialement originaux dans le contexte de ce sujet en particulier.

Le chapitre 10 sur les mesures peut également aussi bien s’appliquer au niveau d’un portefeuille que d’un projet. Je pense quand même qu’appliquer ces métriques au niveau de l’itération relève d’une granularité trop fine. Simple question d’appréciation personnelle.

Fort heureusement, on termine avec une note plus originale : définir sa mission, en tant qu’équipe ou en tant que manager. C’est un exercice à la fois simple et dans le principe et difficile dans la mise en œuvre. Mais il éclaire beaucoup dans la ligne de conduite et la façon d’évaluer son portefeuille de projets.

En bref, voici un livre qui donnera un certain nombre de clés pour réussir à gérer son portefeuille de projets. En fait, j’ai déjà utilisé une partie de ce que l’auteur propose pour travailler mon propre portefeuille de projets, avec succès. Je suis toutefois un peu déçu par ce que j’y ai trouvé, mais certainement parce que mes attentes se situaient assez haut, eu égard à ce que l’auteur nous a livré jusqu’ici.

Ma note reflète surtout mon niveau d’exigence par rapport aux textes écrits par Johanna Rothman : il est bien plus élevé que pour le commun des auteurs. Malgré une notation qui peut paraître modérée, c’est un livre que je recommande sans réserves.

manage-project-portfolio-pragprog

Référence complète : Manage Your Project Portfolio, Increase your capacity and finish more projects – Johanna Rothman – The Pragmatic Bookshelf 2009 – ISBN: 978 1 93435 629 6

Manage Your Project Portfolio: Increase Your Capacity and Finish More Projects


http://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/1934356298?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on

De la sécurisation du SI à la sécurisation de la prise en charge

De la sécurisation du SI à la sécurisation de la prise en charge

De son émission au prescripteur, l’information sur le médicament suit une longue chaine de traitement et de mise à disposition. Chaque étape requiert un niveau particulier de vérification, de sécurisation et d’auditabilité afin d’assurer au professionnel de santé une totale fiabilité de cette information.