Note de lecture : Clean Code, par Robert C. Martin

Note : 6 ; Du (très) bon, mais hélas aussi du moins bon

Comme l’indique son nom, ce livre concerne l’écriture de beau code. Il rejoint en cela « implementation patterns » de Kent Beck ou « Refactoring » de Martin Fowler.

J’ai beaucoup apprécié les 10 premiers chapitres. L’auteur (ou les auteurs, devrais-je dire) y évoque en détail différents aspects d’écriture et de présentation du code.

Au chapitre 1 qui évoque le « pourquoi » de l’ouvrage, le chapitre 2 traites du nommage, ou comment le rendre pertinent et distinguable. Des aspects que l’on a trop souvent tendance à oublier.

Le chapitre 3 traite des fonctions, sujet important s’il en est. Bien sûr on y parle de la taille des fonctions et de leur lisibilité, mais aussi de la nécessité de concevoir les fonctions selon un seul niveau d’abstraction. Par contre l’idée de séparer l’interception d’exception ne tient tout simplement pas la route. Désolé.

Au chapitre 4 on aborde les commentaires. La règle est simple, le code doit principalement être lui-même le commentaire et ceux-ci doivent donc être réduits à la portion congrue. Le chapitre 5 concernant le formatage est plus surprenant, pourtant les conseils y sont bons, par exemple concernant l’espacement vertical.

On monte en niveau d’abstraction avec le chapitre 6 traitant des structures de données et le chapitre 7 évoquant les exceptions. Rappeler d’anciens principes tels que la loi de Déméter me semble aujourd’hui plus nécessaire encore qu’hier !

Les chapitres 8 et 10 traitent d’avantage de considérations de design. Si le contenu reste valable, le traitement du « 3rd party code » est quand même un peu simpliste. On ne saurait couvrir ce genre de problématiques en 15 pages et 2 conseils donnés à l’emporte-pièce. Les directives données sur la conception des classes rappellent celles issues du précédant livre de l’auteur : « agile software development ». Donc rien de nouveau.

Rien de nouveau non plus sur les tests unitaires évoqués au chapitre 9, bien que la lecture en soit plaisante.

En montant en niveau d’abstraction, les chapitres 11 à 13 qui traitent plutôt de problématiques d’architecture, voient un peu gros pour un traitement qui se révèle un peu court. Le chapitre 11 aborde l’intérêt de l’AOP par rapport à la conception de systèmes, mais il s’agit à peine d’une introduction même si l’on tente d’évoquer les mérites comparés d’Aspect J et de Spring AOP. Je n’ose même pas retenir le chapitre 12 traitant de l’émergence en 5 pages ou du chapitre 13 sur la concurrence qui ne saurait soutenir la comparaison avec l’ouvrage de Doug Lea. Même avec son chapitre complémentaire en annexe.

Les chapitres 14 à 16 sont des tutoriaux guidés de refactoring. Hélas, le format livre se prête mal à cet exercice qui se révèle rapidement rébarbatif. Un support interactif online serait bien mieux adapté.

Bref, j’ai bien apprécié 150 des 400 pages de ce livre. C’est insuffisant pour classer celui-ci dans les bons ouvrages, mais il vaut quand même un petit détour.

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Référence complète : Clean Code, a handbook of agile software craftsmanship – Robert C. Martin – Prentice hall / Robert C. martin series 2008 – ISBN: 0-13-235088-2 ; EAN: 978 0 13 235088 4

Clean Code: A Handbook of Agile Software Craftsmanship

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Note de lecture : JUnit recipes, par J.B. Rainsberger & Scott Stirling

Note : 7 ; Un peu de déchets, mais beaucoup de matière, souvent aussi utile qu’originale.

Ce livre est pratiquement un livre de patterns d’utilisation de JUnit, donc à rapprocher de l’ouvrage de Mezzaros. L’ouvrage est imposant avec ses presque 700 pages. Heureusement, il n’est pas nécessaire de les lire linéairement.

Les deux premiers chapitres sont consacrés aux classiques B.A. BA de JUnit, on en est débarrassé en 70. Vient ensuite la vraie substance.

Les deux chapitres suivants (les 3 et 4, donc) ont un focus plus original, car ils traitent de l’organisation des tests, en terme de package ou de projet (avec ou hors du code de production), puis de l’organisation des suites de tests. Ce sont, pour la plupart, des questions réccurentes auxquelles il est rarement répondu. Le chapitre 5 suit logiquement en évoquant l’exécution des tests pilotée par les données. Bien évidemment, DbUnit est évoqué, mais aussi Ant avec ses tâches SQL. On a donc droit à un propos assez large.

Les chapitres 6 et 7 ont d’avantage trait à l’execution et au reporting des tests. Bien entendu, cela couvre l’extension du framework JUnit pour le reporting. La première partie se conclut par un chapitre dédié aux problèmes fréquemment rencontrés, je ne suis hélas pas en mesure de jauger sa pertinence.

La seconde partie est consacrée aux tests J2EE. Si on couvre quelque peu le XML et les pages HTML, les tests sur JDBC se taillent la part du lion. A l’heure de JPA, d’Hibernate ou JDO, je me pose quand même des questions, pour ne pas parler du chapitre consacré aux EJBs ! De la même façon, si le chapitre sur les tests des composants Web paraît utile, on n’évoque guère que JSP et Servlets, quid des JSF et autres Struts. D’ailleurs un chapitre est consacré aux tests de navigation où aucuns de ces frameworks (Struts, WebWorks, etc..) n’est évoqué ! Quand à parler de Spring… Bref, je suis déçu par le contenu de cette partie, même si il reste affuté techniquement.

La troisième partie porte sur des sujets complémentaires, où l’on traite des cas de figures non classiques : listeners, singletons, etc… Très utile, autant qu’original.

Bref, un livre de ressources utiles que l’on fera bien d’avoir sous le coude pour performer sur les tests unitaire : Il y a clairement beaucoup de matière ici.

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Référence complète : JUnit recipes, practical methods for programmer testing – J.B. Rainsberger & Scott Stirling – Manning 2005 – ISBN : 1-932394-23-0 ; EAN : 9 781932 394238

JUnit Recipes: Practical Methods for Programmer Testing

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Note de lecture : Manage it ! Your guide to modern, pragmatic project management, par Johanna Rothman

Note : 9 ; Une impressionnante somme d’expérience de gestion de projet

Johanna Rothman n’est pas seulement un chef de projet avec une longue expérience du métier, c’est également une experte qui s’est élevée fort haut en compétence dans ce métier. Ce livre reflète parfaitement toute la valeur et le savoir-faire de l’auteur et le fruit est tout bonnement impressionnant. Si « JR » comme elle-même se surnomme elle-même a produit un texte indépendant du type de processus emprunté, elle tend toutefois, et cela est explicite dans le texte, vers des processus de type agile. N’espérez pas avaler ce volume en un week-end, car au-delà de ses 340 pages, le texte est dense et ne se laisse pas avaler facilement !

Le plan est découpé en 16 chapitres. Je ne les énumérerais pas tous, mais ils couvrent l’ensemble des activités et des contextes auxquels peut être confronté le chef de projet : lancement de projet, planification, suivi, spécifications et tests, animation d’équipes et de réunions, gestion d’un sous-traitant, d’équipe off-shore ou simplement reparties sur plusieurs sites, etc… Sur chaque sujet, l’auteur pointe ce qui est important et ce qui ne l’est pas, elle indique la voie à suivre, ou du moins ce qui est sa voie et n’hésite pas à nous fournir des guides, des exemples, etc.. Souvent JR évoque sa propre expérience pour étayer son propos, mais elle nous gratifie aussi de nombreux témoignages de tiers.

La gestion de projet est un sujet difficile à traiter et souvent mal traité. Ce volume représente ce que j’ai vu de mieux sur le sujet, sans contestation possibles. Il devrait rester sur le dessus de votre bureau et en tout cas restera à souvent à ma portée. Il n’en reste pas moins que le livre s’adresse davantage au chef de projet déjà en place, qui trouvera naturellement ses repères par rapport au texte, qu’au chef de projet en devenir pour lequel le propos sera difficile à raccrocher à la réalité.

Un livre à ne manquer sous aucun prétexte.

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Référence complète : Manage it ! Your guide to modern, pragmatic project management – Johanna Rothman – The pragmatic Bookshelf 2007 – ISBN : 0-9787392-4-8 ; EAN : 978 0 9787392 4 9

Manage It!: Your Guide to Modern, Pragmatic Project Management


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Note de lecture : Agile Retrospectives, Making good teams great, par Esther Derby & Diana Larsen

Note : 7 ; Des patterns pour les rétrospective

Le « project retrospectives » est incontestablement l’ouvrage phare sur les rétrospectives de projets. Hélas, cette approche en grand était fort peu adaptée aux simples rétrospectives d’itération, destinées à être menées en une heure ou deux. Ce titre couvre cet aspect, entre autres choses. Certaines des pratiques évoquées sont également adaptées aux rétrospectives de release, mais sans un focus particulier sur ce dernier point. Tout comme le livre de Norman Kerth, celui-ci est construit en une suite d’activités que l’on peut sélectionner judicieusement. En fait, ces activités sont même présentés sous forme de patterns regroupés en 5 rubriques (les chapitres 4 à 9) qui sont autant de phases de la rétrospective :

Activities to set the stage : 4 activités sont proposées afin de démarrer la rétrospective et accueillir les participants.

Activities to gather data : Cette phase permet de collecter des données chiffrées ou qualitatives sur l’itération passée. Ce ne sont pas moins de 8 activités différentes (et interchangeables) qui sont offertes pour aboutir à cette fin.

Activities to generate insights : 9 activités sont proposées ici afin d’élaborer causes et conséquences du déroulement de l’itération.

Activities to decide what to do : Une rétrospective qui n’aboutit pas à un plan d’action n’a que peu de valeur. Ce sont 4 activités qui sont proposées ici pour aboutir à cette fin.

Activities to close the retrospective : Les 5 activités proposées ici permettent de conclure la rétrospective.

Au-delà de ces phases, cet opuscule de 160 pages complète le paysage par quelques mots sur les rétrospectives de release et de projet, et un panorama de l’environnement nécessaire à la menée des rétrospectives.

Cet ouvrage propose incontestablement des outils pour les rétrospectives, hélas l’exposé de ceux-ci est parfois bien léger. Quelques pages (de 2 à 4) sont consacrés à la description, avec un format invariant : But, durée nécessaire, description, étapes, matériel et préparation et exemples. Justement, la partie « exemples » pourrait être plus développée afin de décrire l’activité de façon moins abstraite. De même, toutes les activités ne se combinent pas entre elles, et lister les activités en entrée possible aurait bien aidé !

L’utilité de ce livre est incontestable, il est hélas plus léger que ce que les auteurs auraient été capables de produire. Je suggère de toute façon de commencer par lire le livre de Norman Kerth, il permet de bien comprendre la notion de rétrospective. Ce livre est certes différent car s’adressant à un type de rétrospectives différent, mais il est plus pertinent en complément du premier.

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Référence complète : Agile Retrospectives, Making good teams great – Esther Derby & Diana Larsen – Pragmatic Bookshelf 2006 – ISBN : 0-9776166-4-9

Agile Retrospectives: Making Good Teams Great


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Note de lecture : Project Retrospectives, a handbook for team reviews, par Norman Kerth

Note : 8 ; De l’or en pages ! Book of the Year 2006 !

La plupart du temps, quand un auteur traite un sujet, et plus encore lorsqu’il s’agit d’un sujet touchant au consulting, si cet auteur nous livre son savoir, il garde souvent pour lui son savoir-faire. Rien de tel ici, Norman Kerth nous lâche tout : ses trucs, sa façon de vendre les rétrospectives, l’attitude qu’il adopte dans certaines situations, absolument tout !

La rétrospective est une étape méconnue (et souvent méprisée) de la vie du projet : elle permet de tirer les enseignements positifs comme négatifs, du déroulement de celui-ci. C’est grâce aux rétrospectives qu’une organisation peut réaliser une démarche d’amélioration de ses processus. Après un rapide chapitre introductif traitant du besoin de rétrospectives, le livre débute réellement par un chapitre consacré à une présentation générale des rétrospectives, à l’aide d’une étude de cas fictive. Celle-ci campe très bien le contexte et permet de comprendre la progression d’une rétrospective. Les trois chapitres suivants sont consacrés aux étapes préalables : la vente, les choix et la préparation de la rétrospective.

Le chapitre 6 est de loin le plus long de ce livre, avec ses 70 pages. Il présente des exercices (il y en a 12) sous forme de patterns. Ce sont ces exercices qui forment la substance des rétrospectives. Ceux-ci sont largement expliqués, en termes de but, de contexte et de déroulement. Ils sont généralement illustrés par une expérience vécue qui ajoute encore à l’intérêt de l’exercice.

Les chapitres 7 et 8 sont consacrés aux postmortems: la rétrospective des projets ayant échoué et arrêtés avant leur terme. Les conditions psychologiques de tels projets ont amené Norman Kerth à adapter sa démarche et ses exercices à ces conditions particulières. On ne saurait conclure un tel ouvrage sans aborder les aspects de compétence du facilitateur : quelles qualités, quelle formation doit-il avoir, quelles compétences doit-il développer. Enfin, l’ouvrage se conclut sur les rétrospectives de rétrospectives et la manière de collecter ces expériences dans une organisation.

Vous l’aurez compris : cet ouvrage est non seulement complet sur le sujet, mais d’une substance hors norme, il s’agit pour moi d’un livre incontournable sur le sujet, qui doit absolument être lu par quiconque souhaite devenir facilitateur de rétrospectives.

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Référence complète : Project Retrospectives, a handbook for team reviews – Norman L. Kerth – Dorset House 2001 – ISBN: 0-932633-44-7

Project Retrospectives


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Note de lecture : How to Become an Exceptional DBA, 2nd edition, par Brad M. McGehee

Note : 6 ; Toutes les facettes du DBA idéal !

Brad McGehee serait-il aux DBA ce que Chad Fowler est au développement logiciel? La lecture de cet ouvrage le laisse penser. En tout cas l’objectif de ce livre recoupe celui du « passionate programmer » : exceller dans son métier.

12 chapitres et 170 permettent et suffisent à l’auteur pour prendre la mesure de ce que devrait être le code de conduite du DBA exceptionnel. Et il est vrai (surtout pour moi qui en cherche un) que cela fait rêver. Le chapitre 2 est d’ailleurs consacré à l’énumération et à l’explication des trait important attendus de ce DBA.

Le chapitre 3 invite le lecteur à choisir sa voie, car on ne peut tout savoir. Et pour compléter cela, le chapitre 4 donne des pistes pour améliorer et entretenir son savoir. Savoir qu’il faudra peut-être valoriser ensuite : le chapitre 5 évoque les certifications, celles qui existent qu’elles soient utiles ou inutiles. L’auteur finalement évalue l’importance de ces certifications.

Les 4 chapitres suivants évoquent la valorisation du DBA exceptionnel : participation aux communautés (chapitre 6), gestion de carrières (chapitre 7), gestion et valorisation de l’image (chapitre 8 et 9) et finalement recherche d’un nouvel emploi (chapitre 10).

Les derniers chapitres reviennent sur les points évoqués tout au long du livre, en les synthétisant sous forme d’un code de conduite (chapitre 11) et d’un résumé des « best practices » du DBA exceptionnel.

Je dois dire que j’ai pas mal apprécié cet eBook, outre que je converge pleinement sur l’éthique développée, il m’a aidé à comprendre ce qu’est un DBA. Cela dit, et quoi qu’ait voulu exprimer l’auteur, il est essentiellement centré autour du « DBA production ».

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Référence complète : How to Become an Exceptional DBA, 2nd edition – Brad M. McGehee – Simple Talk publishing 2009 – EAN: 978 1 9064 22 9

Note de lecture : Le management pour les nuls, par Bob Nelson & Peter Economy

Note : 8 ; Non, en fait il n’est pas nul du tout !

Une véritable surprise, ce livre. Si un ancien collègue ne me l’avait conseillé, je ne me serai jamais arrêté dessus. Les auteurs sont très aguerris sur le management, et le texte s’attache à ce qui est important, la gestion des hommes, leur motivation, la délégation de travail, le leadership, etc.. Les techniques de suivi en tout genre qui font les choux gras de bien d’autres ouvrages de moindre qualité n’ont pas leur place ici. Outre la remarquable pertinence du propos, le livre recèle deux qualités importantes : le texte est bien écrit, facile à lire, passionnant même. La seconde qualité du livre est de couvrir de façon volontariste les différentes facettes du management, dont le licenciement, les aspects politiques et la budgétisation, entre autre exemple.

Il y a peu de méchantes choses à dire sur cet excellent ouvrage qui permet, outre sa lecture linéaire, une utilisation en ouvrage de référence, eut égard au découpage en nombreux chapitres (23 en tout) et aux nombreuses « check-lists » et autres encadrés. Ah, si ! Une chose tout de même : le texte aurait pu être mieux adapté au contexte français sur certains points ; le chapitre sur le licenciement aurait pu (entre autre) être mieux adapté au contexte français.

Le Management pour les nuls

Référence complète : Le management pour les nuls – Bob Nelson & Peter Economy – First Editions 2004 (V.O. : Management for dummies – Wiley Publishing 2001) – ISBN : 2-87691-952-4

Le Management pour les Nuls


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Note de lecture : Lean from the Trenches, managing large-scale projets with Kanban, par Henrik Kniberg

Note : 10 ; Efficace, pertinent, intelligent !

J’ai acheté ce livre avec de grosses attentes. Non pas sur le contenu, car je ne me suis même pas préoccupé d’en connaître la teneur en l’achetant, mais simplement de par la connaissance des autres écrits d’Henrik Kniberg.

Henrik Kniberg aime faire court. Une tendance qui s’agrave avec l’âge : ce texte fait 150 pages. Et encore la partie principale (celle qui vient des tranchées) n’en compte que 100. A l’arnaque me direz-vous ? Il n’en est rien. L’auteur boucle en 100 pages ce qui en demande 250 à d’autres ! Ca tombe bien : notre temps est précieux, quand l’auteur va droit au but et fait que chaque ligne compte et donne de l’information, cela fait vraiment la différence. A ce jeux, Henrik Kniberg est le meilleur.

A l’image de Scrum from the trenches, l’auteur nous livre un retour d’expérience. Il nous livre ce qu’il a fait, ce qui a marché et ce qui n’a pas marché, comment son équipe en est arrivé là et qu’est-ce qui reste imparfait. Le texte est un modèle de clarté, de pertinence et d’honnêteté. Il est éclairant de par ses bonnes idées, par la démarche et l’analyse fine qui sous-tend cela. Mais que recèle donc ce texte ?

En fait les 16 (oui, 16 chapitres sur 100 pages !) tournent autour du tableau Kanban : la façon dont il est construit, comment a-t-il évolué, quelles sont les dynamiques de travail qui gravitent autour, quelles métriques en sont extraites. Bien sûr le texte est naturellement illustré par des photos (parfois auxquelles des indications sont supperposées) du Kanban ou de l’équipe. L’auteur n’a pas essayé de décrire de manière approfondie la façon de travailler de l’équipe (à la façon de ce qu’il avait fait dans « Scrum from the Trenches »), mais plutôt de se focaliser sur les dynamiques de l’équipe et du projet.

La seconde partie consacre 4 chapitres sur 50 pages pour évoquer certains aspects plus informatifs auxquels le texte principal se rapporte : ce qu’il y a dans XP, Scrum, Lean et Kanban ; l’automatisation des tests ; le planning poker et les diagrammes de cause-effets. Chaque chapitre est un modèle de pertinence et de concision.

Je ne vais pas passer du temps à décrire ce que contient le livre : il vous faut simplement le lire vous-même. Si vous êtes agiliste, débutant ou expert, il n’y a simplement aucune raison, aucune excuse pour ne pas consacrer du temps à vous plonger dedans !

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Référence complète : Lean from the Trenches, managing large-scale projets with Kanban – Henrik Kniberg – Pragmatic Bookshelf 2011 – ISBN : 978-1-934356-85-2

Lean from the Trenches: Managing Large-Scale Projects with Kanban


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Note de lecture : Effective C++, 55 specific ways to improve yours programs and designs, 3rd edition, par Scott Meyers

Note : 10 ; Un texte à l’écriture hors pair, remis à jour en prenant en compte la STL, mais toujours irréprochable!

Je sais que vous pouvais être surpris de voir une note de relecture sur un livre dédié à C++ ici ! Sachez deux choses:

  • Ayant pratiqué C++ pendant 12 ans, j’ai un très important fond de commerce de livres, et donc de notes de lectures, sur C++.
  • Discutant l’autre jour avec une de mes collègues, nous parlions de style d’écriture de livres, et de ce à quoi ressemble un très, très bon style d’écriture. De ceux qui vous accrochent, vous passionne, vous font comprendre les choses et vous font rire, quel que soit la complexité ou l’aridité du sujet. L’exemplarité dans le domaine existe, de mon point de vue. Parmi plusieurs centaines de livres, il s’agit de cet auteur là, de ce livre là. Sans aucun doute possible.

Pour ceux qui seraient inquiets quand à cette 3ème édition de l’ouvrage, le style de l’auteur est resté égal à lui-même : un régal ! En fait, l’écriture de Scott Meyers est l’exemple même de ce que devrait être l’écriture d’un texte technique. La première fois que j’ai lu cet auteur, j’ai dû avaler le livre en 2 ou 3 jours. On s’y accroche tel en bon roman, peut-être ai-je surpris des personnes dans le métro en éclatant de rire… Il m’a fallu un moment pour que je prenne conscience, une fois la dernière page tournée, que j’avais lu un texte très technique !

Alors c’est vrai : j’ai sauté la seconde édition ! Je devrais donc me contenter de comparer cette 3ème mouture avec la seconde édition. Dix ans ont passé depuis, et l’auteur a fait bien plus qu’un simple rafraichissement des items présentés, il a effectué un travail d’introspection en réévaluant la pertinence des items (9 ont disparus), en créant de nouveaux (15 items complètement nouveaux), en fusionnant certains et en découpant d’autres. Au-delà de ce remaniement, le texte est complètement revu, eut égard au niveau des compilateurs actuels, de la librairie standard et même du futur standard, et même de la librairie Boost. On trouve aussi des inspirations nouvelles : ainsi le « copy and swap », les 3 types de garanties (basic guarantee, strong guarantee et no-throw guarantee) ainsi que le NVI idiome sont directement inspirés des « exceptional C++ » de Herb Sutter, d’ailleurs largement cité en préface.

Ce volume est plus épais que les précédents, avec ses 280 pages, en impression bicolore, s’il vous plait ! Je vois une double raison pour céder à la lecture de cette seconde édition : se rafraichir la mémoire sur les bonnes pratiques de Meyers, dans le contexte actuel du C++ et découvrir de nouvelles choses non traitées dans les éditions précédentes (dans les nouveaux items comme dans les items existant). Je vous laisse deviner la conclusion qui s’impose…

Pour ceux qui n’ont rien à faire du C++ mais rêvent de devenir auteur, et même auteur hors pair, voici ce à quoi vous pouvez vous mesurer. Je n’ai aucune meilleure référence à vous proposer.

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Référence complète : Effective C++, 55 specific ways to improve yours programs and designs, 3rd edition – Scott Meyers – Addison Wesley / Professional Computing series 2005 – ISBN: 0-321-33487-6

Nb : La première édition de ce livre était mon “book of the year” 1994.

Effective C++: 55 Specific Ways to Improve Your Programs and Designs


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Note de lecture : Software Project Manager’s Bridge to Agility, par Michele Sliger & Stacia Broderick

Note : 6 ; Du PMI à l’agilité par des auteurs qui savent de quoi ils parlent !

Franchir le pas entre les approches classiques et l’agilité est un thème désormais classique. Mais la littérature traitant sérieusement de cette transition est plutôt rare. Les auteurs de ce livre ont un passé (ou un passif) lié au PMBOK plutôt sérieux, elles ont donc largement la crédibilité nécessaire pour attaquer le sujet sous cet angle.

L’agiliste accompli apprendra peu de choses à la lecture de cet ouvrage. Cela ne signifie pas pour autant que la lecture ne puisse en être profitable : si votre besoin est de pouvoir expliquer ou argumenter le passage à l’agilité aux managers classiques, voici un texte sérieux sur lequel s’appuyer !

Cela dit, la cible privilégiée du livre n’est pas celle-ci. Le texte s’adresse directement aux managers et aux « middle managers » issus de la culture de la gestion de projet en cascade. Il s’adresse directement à eux pour expliquer comment passer à l’agilité, quels en sont les bénéfices, la façon de changer les différentes pratiques et la nouvelle posture qu’ils doivent prendre dans cet environnement changé.

Sur le fond, nous avons un matériel assez dense accusant 330 pages, donc une taille de livre moyenne, mais malgré une bonne illustration du propos, cela reste du tassé du point de vue texte. Fort heureusement, les 300 pages du texte principal sont très bien découpés en 17 chapitres d’une part, eux même regroupés en 3 parties formant une progression logique. Chaque chapitre est élégamment introduit avec de surcroit une ou deux citations toujours fort bien choisies. Pour clore les chapitres, nous avons aussi chaque fois un résumé reprenant sous forme de liste à points les éléments passés en revue et une liste des références présentes dans le texte. Un travail de très bonne facture, le découpage en chapitres de moins de 20 pages en rend la lecture plaisante.

La première partie « an agile overview » consacre 3 chapitres à la présentation du monde agile au manager PMI. On commence pour les principes de l’agilité, le manifeste, etc… Bref, les grands classiques. La suite est plus originale, car on passe vers un « mapping » des principes PMI vers les principes agiles. Pour finir on fait un tour du propriétaire du projet agile (itération planning meeting, stand-up, etc…) en le comparant à son pendant PMI.

La seconde partie est la plus conséquente du livre, elle compte 9 chapitres sur 160 pages. Elle aborde les différentes facettes d’un projet en se calquant sur l’approche PMI des différents domaines à couvrir : intégration, cadrage, gestion du temps, gestion des coûts, qualité, ressources humaines, communication, gestion du risque, sous-traitance. Malgré cet angle d’attaque, jamais les auteurs n’abdiquent sur l’approche agile et ils présentent l’alternative agile avec beaucoup d’à propos et de pertinence. J’ai peu à dire là dessus, car si j’ai peu appris, le tout est fort bien ficelé.

La 3ème partie évoque la problématique de la transition. 80 pages sur 5 chapitres y sont consacré. Cela va du changement dans le type de management, à la façon de vendre l’agilité jusqu’aux écueils dans lesquels ne pas tomber. Personnellement, c’est la partie qui m’a le plus apporté.

Au final, un livre qui n’apprendra probablement rien à l’agiliste confirmé, mais pourra aider un coach à faire changer un manager classique vers une approche agile. Mais surtout, c’est probablement la meilleure lecture que l’on puisse proposer à ce dernier pour réussir son changement. Bien entendu, cela nécessite au préalable le bon état d’esprit !

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Référence complète : Software Project Manager’s Bridge to Agility – Michele Sliger & Stacia Broderick – Addison Wesley ASD series 2008 – ISBN : 978 0 321 50275 9

The Software Project Manager's Bridge to Agility


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