Jouez en Kanban, re-tentez votre chance !

A mon grand dam, j’ai raté pas moins de 3 rendez-vous du FKUG, j’étais donc heureux de me rendre à celui-ci. D’autant plus heureux qu’il me permettait de m’essayer à l’un des jeux proposé lors d’un meetup précédent. J’avais d’ailleurs arrêté mon choix sur Kanbanzine que je souhaitais comparer au getKanban que je connais bien.

Dans les starting blocks

Nous étions accueillis chez Soat, dans leurs nouveaux locaux du 13ème arrondissement, à deux pas de chez moi ! Beaucoup de place pour s’ébattre, mais nettement moins de participants que prévus : j’imaginais 50 participants sur les 80 inscrits, nous étions un peu moins de 30 au final. Le foot d’un côté et les problèmes de transport de l’autre ont probablement eu raison de la pugnacité des uns et des autres !

On est agile, on s’organise, ou plutôt Gwenael nous aide à nous organiser.

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Neo4J contre SAP Hana

Il y avait un petit moment que l’on n’avait pas eu de meetup Neo4J sur Paris ! C’est donc avec une façon un peu provocante d’aborder un sujet à connotation BI que nous avons été invités !

Nous étions environ 30 à nous rendre ainsi dans le showroom Zenika.

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Introduction

Cédric Fauvet, toujours égal à lui-même nous fait son habituelle introduction sur les graphes. Presque habituelle, devrais-je dire, car il fait un peu évoluer son propos de meetup en meetup, tout comme son support.

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Aujourd’hui, le spectre des problèmes couverts par les bases orientées graphes couvre :

  • La collaboration
  • Le SCM
  • L’analyse géo-spatiale
  • L’étude des interactions moléculaires
  • L’analyse d’impact
  • Le MDM
  • La gestion de lignes-produit
  • Et bien entendu la recommandation et les liens sociaux !

En Juin, Neo4J France devrait nous gratifier d’une présentation d’un projet « Dropbox-like » réalisé par des étudiants !

Cédric attire également notre attention sur le talk de Volker Pacher expliquant pourquoi Neo4J augmentait la capacité de delivery de Shutl (acquis depuis par eBay).

Il est l’heure de la pause pizza, nous allons bientôt attaquer la pièce maîtresse de la soirée !

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Analyse des tickets de caisse avec Neo4J

Nicolas Mervaillies et Charles Besselièvre nous présentent le projet qu’ils ont développé pour « un grand client retail ». Il s’agit d’un petit projet, c’est à dire moins de 100 j/h, qui devait être développé rapidement. Sur les projets analytiques orientés « real time », cette enseigne s’appuie généralement sur SAP Hana. Mais ce projet tactique présente des échéances de temps incompatibles avec ce type de projet, plus adapté à des solutions légères menées en agile.

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La problématique est essentiellement simple : trouver des corrélations d’achats. Vous savez, celles qui ont permit de déterminer que les couches culottes sont souvent achetées en même temps que le bière le samedi ou qui ont permit à une enseigne d’apprendre via des bons d’achat à une jeune fille qu’elle était enceinte avant qu’elle même ne le sache ! Ici les corrélations doivent être croisées entre magasins et entre régions. Pour chaque magasin, il faut compter une volumétrie de 300 millions de lignes de ticket par an.

Phase 0 : Prototypage

Pour cela on utilise simplement la console Neo4J ! En fait, on ne représente pas chaque ligne d’achat en liaison avec le ticket de caisse : on agrège ces lignes par sous-familles. Bien sûr, les tickets sont associés à une date, un client et un magasin.

Grâce à cela, on voit avec Cypher si l’on parvient à produire les analyses que l’on souhaite.

Phase 1 : Construction initiale

Premier fonctionnement en production : les données de ticket de caisse sont récupérés tous les mois et injectés avec Spring Batch. Le client peut agréger les données en live via des requêtes Cypher : dans le temps, par famille de produits, par magasin.

Les couplages repérés avec de forts pourcentages sont donc mis en exergue dans certains magasins, on compare les éléments différenciants des magasins ayant de moins bons taux de corrélation !

On a toutefois un problème : trop de lenteurs, dû aux fortes volumétries, mais aussi au déploiement de Neo4J sur des serveurs virtualisés. La virtualisation et les bases de données, ce n’est pas le grand amour, même si certains ingénieurs système essaient de se convaincre du contraire !

Phase 2 : Focus sur le « top 15 »

En analysant les données des différents magasins, on perçoit dans le temps des réccurrences d’association, notamment dans le « top 15 ». Nos artistes choisissent donc de précalculer les associations significatives, celles correspondant au « top 50 » de chaque magasin, mais sans Marc Toesca !

Phase 3 : Optimisation de production

En dernière phase, il faut finalement réaliser des optimisations purement de production : gestion de l’infrastructure, mise en place de cache, etc…

En conclusion…

L’utilisation de Neo4J est parfaitement adaptée à ce type de projet tactique : on a la rapidité de de mise en place et la vitesse d’exécution de ce projet typique d’un projet agile ! Par rapport à SAP Hana, on gagne réellement en time to market !

L’équipe a aussi développé un front-end pour faciliter l’utilisation du système. Mais à la limite, cela aurait pu être omis !

Concernant l’infra : elle a été gérée complètement en interne pour des raisons de non exposition de données sensibles. Toutefois, on a une machine puissante qui ne sert que quelques heures, une fois par mois ! Ce type de configuration se marrie donc bien avec le Cloud.

Enfin, l’aspect communautaire de Neo4J permettant de trouver de l’aide sur les forum a été un plus important !

Faute de disposer du support de présentation, je vous propose ici l’enregistrement de la même session qui s’est déroulée au meetup Neo4J Lillois !

Ce que j’en ai pensé

C’est probablement le meetup Neo4J le plus interactif et le plus convivial auquel j’ai pu assister. Les interventions fort pertinentes d’un connaisseur SAP Hana ont été un gros plus dans la discussion, surtout quand, comme lui, on connait et sait reconnaitre les qualités de ce système. Il est là, juste derrière moi.

Pour clore ce compte-rendu et donner un avis éclairé sur cette confrontation, je le citerai :

« Remplaçons notre argent par notre intelligence ».

Cela me rappelle un peu un slogan des années 70 où il était question de pétrole…

Carnet de route : Agile France 2014 (4/4)

Nous voici arrivés au bout de notre périple. Les épisodes précédents sont disponibles ici et ici pour la journée du Jeudi, et ici pour le vendredi matin.

Au programme de cette dernière après-midi : des demi-sessions (dont la mienne) et une clôture de l’évènement toute particulière !

Matti Schneider : Petit board deviendra grand

Je ne connaissais pas Matti. Je dois dire qu’il m’a bluffé par son niveau de maturité en agilité et la qualité de ses analyses. Peut-être est-ce lié au fait qu’en plus d’être ingénieur, il est également étudiant en anthropologie ?

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Matti évoque pour nous l’amélioration continue, avec une approche qui sort des très classiques rétrospective et est d’avantage « centrée artéfacts ».

Façonner nos outils

Le point essentiel de la présentation est l’utilisation d’un outil (oui !), en fait un tableau, qui va guider l’équipe d’une façon particulière : faire entrer en résonance le descriptif et le prescriptif par le biais de cet outil !

Quand un changement de workflow est pressenti : le tableau change et devient prescriptif. Et comme l’équipe suit ce tableau, il devient alors prescriptif. Le tableau évolue par le biais de l’équipe de production qui est elle-même une partie de l’outil de production ainsi décrit.

Le passage d’une étape à une autre fait l’objet d’un « point fixe » : un état que l’on sait parfaitement définir par lequel passe obligatoirement les items. En dehors de ces points fixes, la façon dont évoluent ces items peut varier !

Voilà qui rappelle une citation de McLuhan : nous façonnons nos outils et eux-même à leur tour nous façonnent ! Et la façon dont nous les façonnons passe au travers de nos interactions.

Reflection workshop

Cette approche, à la base une variante des classiques rétrospectives agiles, est issu de Crystal Clear d’Alistair Cockburn. L’incarnation qu’en fait Matti est au travers d’un board synthétisant les décisions prises au long des itérations ! On a donc une vue d’ensemble de la chose. Les règles sont d’abord simples (dans les premiers sprints) et deviennent de plus en plus pointues. Elles peuvent aussi être changées / abandonnées, on leur superposent alors un post-it bleu avec le numéro de l’itération à l’origine de ce changement.

Les tickets agissent comme des « reminders » évitant de réitérer une discussion sur laquelle il y a déjà eu un accord. Certains guides focalisent sur l’usage du board lui-même, une sorte de niveau méta…

Ce que j’en ai pensé

Une présentation remarquable qui traduit une maturité tout aussi remarquable. Ce fut ma présentation préférée de cette après-midi là.

Géry Derbier : Les jeux de langage de Ludwig Wittgenstein

Ce n’est pas souvent que Géry nous gratifie d’une session qui n’est pas un atelier. En fait, c’est la première fois que j’y assiste ! Géry avait envie de partager depuis longtemps ce qui l’attire sur la pensée de Ludwig Wittgenstein. Une session pas très facile à suivre et encore moins facile à retranscrire !

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Le plus simple est problement de ne pas faire de retranscription. Je vais simplement relever certains éléments que j’ai noté au fur et à mesure de la présentation de Géry.

  • La primauté de l’acte sur la pensée.
  • La théorisation est vaine. Il est préférable de voir et décrire ou « déconstruire » précisément.
  • Comprendre n’est pas l’intellectualisation de quelque chose, mais l’aptitude à le faire.
  • Nous utilisons un langage : regardons comment il fonctionne.

Cette façon de pensée amène Géry, en tant que coach, à demander au coaché de « déconstruire » les constats par une question : comment le savez-vous ?

C’est aussi ce mode de pensée qui a amené Gery vers le solution focus qu’il voit comme une incarnation de la pensée de Wittgenstein.

Ce que j’en ai pensé

Une session difficile à suivre qui nous amène vers les sentiers d’une philosophie à contre-courant. Je ne suis certainement pas rompu à cet exercice (je n’ai même pas d’épreuve de philo dans mon bac technique !). Bref, je passe pour l’instant…

Pierre Hervouet : Manipulé à l’insu de mon plein gré

Hélas, j’ai assez peu suivi la session de Pierre. Il faut dire qu’elle précédait juste la mienne. Au minimum pour commencer, je peux vous en livrer le teaser.

Pourtant cette session s’articule autour d’un de mes sujets préférés : les biais cognitifs ! Pierre évoque ainsi quelques mécanismes :

L’ancrage

Le cerveau humain juge souvent en relatif. Si on fournit une référence, elle biaise les résultats obtenus, par le haut ou par le bas, suivant que le référence d’origine est haute ou basse respectivement !

Le planning poker, en exigeant que les cartes soient montrées en même temps cherchent à éradiquer ce biais.

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L’identification

S’identifier à une personne est plus fort que s’adosser à des statistiques ! Le mécanisme des persona s’appuie sur cela (en lieu et place des rôles, plus abstraits).

Ce que j’en ai pensé

Essentiellement que je suis frustré de n’avoir pas mieux suivi cette session. Damnation ! Car le sujet m’intéresse au plus haut point. Mais je ne peux en vouloir qu’à moi-même. J’espère que le support ou mieux l’enregistrement sera bientôt disponible…

Christophe Addinquy : User Stories, what else ?

C’est mon tour ! Au programme une version plus dense, en partie raccourcie et en partie modifiée de ma présentation faite à Agile Grenoble 2013. J’ai dans ma liste de tâches, la rédaction de cette présentation sous forme d’article, comme je l’ai fait pour Scrum Shu Ha Ri.

Je publierai aussi sous peu la nouvelle version correspondante du support.

Les 10 buzzwords du hipster agile

Cette dernière demi-session ne fut pas ma préférée de l’après-midi, bien au contraire. Le but était en principe de démystifier certains de ces buzzwords, de les dégonfler. En fait, je me suis trouvé en désaccord avec nombre des assertions de Christopher et Hervé !

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  • Lean Startup = XP + Product Management ! Bien sûr, Eric Rie est un ancien de XP. Un peu léger pour affirmer que Lean Startup est un réhabillage d’XP avec les idées de Steve Blank ! Il ya mieux et plus à dire d’autant que l’inspiration initiale est beaucoup plus « lean ». Dehors !
  • Le MVP n’est pas la réalisation minimale de mon produit. Je suis d’accord !
  • Le devops n’est pas un process ou un outil, mais la collaboration entre ops et dev : d’accord aussi !
  • Continuous deployment, ce n’est pas mettre en production des bug fixes tous les jours. Certainement, mais d’ou vient cette idée ?
  • Le Kanban, il doit suivre la définition d’Anderson ! Ce n’est pas lui qui a inventé le Kanban, et on peut aussi faire des proto-Kanban sans mettre en place de WIP initialement !
  • Le Proxy PO : Bon, nous sommes d’accord sur l’absurdité du concept !
  • La transformation agile d’entreprise. Une foutaise pour les orateurs. Certainement, si on mène cela comme un nouveau process et non comme un changement culturel et organisationnel !
  • La feature team : Désolé, je ne suis pas prêt à considérer comme un « nouveau buzz » quelque chose décrit par Ken Schwaber en 2004…
  • Le Design Thinking. Bien, là aussi je doute que les orateurs ait fait l’effort de rentrer dans le concept…
  • Agile. Oui c’est vrai le « on fait ça depuis longtemps mais on appelait pas ça comme ça », on l’entend réellement tous les jours.

Bref, pas enthousiasmé par cette session. Mais alors, pas du tout…

Fresque Finale

Le scribing était notre grand fil rouge de la conférence. Pour clore en beauté celui-ci, Romain nous a invité à élaborer en commun une grande fresque faisant le tour de la salle Belvédère. Un bel exercice !

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Keynote de clôture ?

L’organisation d’Agile France nous réservait une petite surprise pour clore ces deux jours : une fausse session proposée avec talent par la compagnie des Z’Humbles.

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Drôle et bien enlevé. C’est une façon originale de terminer cet Agile France !

Alors, cet Agile France 2014…

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Une formule en grand changement pour cette nouvelle édition, avec deux après-midi à caractère spécifique, sans oublier le fil rouge de Romain. Toujours une grande qualité dans les sessions et la magie du Chalet de Porte Jaune ! Les organisateurs ont réellement redoublé d’efforts pour réussir cette nouvelle édition.

Ma galerie de photo du Printemps Agile 2014

Je vous avais asséné il y a quelques temps deux posts (ici et ici) sur le Printemps Agile qui s’est déroulé à Caen le 20 Mars. Voici la galerie de toute les photos que j’ai prises durant cette journée. Ce n’est hélas pas la couverture photos dont je suis le plus satisfait, loin s’en faut.

Présentation Marshmallow Challenge (2/2)

Les équipes Marshmallow challenge (1/7)

Les équipes Marshmallow challenge (3/7)

Mon équipe !

printemps agile 2014, un album sur Flickr.

Carnet de route : Agile France 2014 (1/4)

Agile France, c’est un rendez-vous incontournable. Enfin disons : sauf cas de force majeure. Le lieu reste le même et surtout fidèle à lui-même : le chalet de la porte jaune !

En arrivant, on est certain d’y trouver du café, mais surtout des connaissances et des amis. Ca commence bien !

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L’organisation se fait aussi un point d’honneur d’être dans le timing. Et ça, ce n’est guère évident ! C’est Damien Thouvenin qui officie comme que maître de cérémonie cette année.

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Avant de laisser place à la Keynote de Régis Médina, je voudrais souligner la formidable présence de Romain Couturier pour animer un scribing en continu lors de cet Agile France. Il a également initié plusieurs groupes à son art, qui se sont aussi jeté à l’eau pour capturer les sessions de l’open-space !

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Le produit, prochaine frontière de l’agilité

Le Product Management, c’est un sujet plutôt « trendy » en ce moment. Régis va l’évoquer pour nous avec sa sensibilité Lean.

Le bon vieux temps

Autrefois, avant l’agile, on produisait les logiciels en phase. Arrivait la phase de tests. En fait, le moment où commençait vraiment le projet. Parfois, tout était purement et simplement jeté à la poubelle. mais on sait maîtriser cela désormais. Hélas, la récompense pour un problème résolu, c’est un nouveau problème !

Le nouveau problème, c’est que nos utilisateurs veulent plus et plus vite : ils ont des services en ligne accessibles depuis partout, des applications mobiles … Ils ne sont plus dupes ! Le niveau monte, il n’y a plus le choix : il faut produire un SUPER logiciel !

Obtenir le whaou effect !

Et déjà, deux trucs pour ne pas l’obtenir:

  • « design par comitee ». Ici les Product Owner ne servent que d’aiguillage entre des besoins plus ou moins divergents.
  • Fonctionner en flux à l’extrême. Le revers du flux, ce de ne porter son attention sue sur des petits bouts.

Alors quelle solution ?

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Le Lean Startup offre une partie de la solution, mais il n’offre pas de réponse aux points de vue antagonistes, ni à la résolution des contraintes. Régis préfère orienter son regard vers le Lean Engineering, où un chef d’orchestre (et un seul) porte la vision du client (vous avez dit « product owner » ?). Bien. Mais quels caractéristiques, quelles aptitudes doit posséder ce chef d’orchestre.

Si l’on regarde les grands chief engineers, on voit que l’une de leur caractéristique commune est leur capacité à dire « non ». Mais comme on s’en doute, cela ne suffit pas. L’orateur évoque pour nous trois compétences clé.

Trois compétences

Positionner le challenge : c’est le chief engineer qui donne la direction et place la barre. S’il ne le fait pas, les personnes de l’équipe se trouveront individuellement leur propres challenges ! Positionner le challenge, c’est aussi identifier les paramètres clé, ceux que l’on aura déterminés en allant voir sur le terrain.

Cultiver le désaccord : Lister les options s’offrant à nous de manière crédibles et les attaquer de front (set based design).

Dénicher les erreurs : En ayant un niveau d’exigence élevé, obligeant à voir et revoir sans cesse les solutions adoptées. La voie empruntée ici est celle de la résolution des problèmes.

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Ce que j’en ai pensé

C’est toujours un plaisir d’écouter Régis. Et ses interventions sont toujours d’excellente qualité. Je ne peux qu’abonder dans le sens qu’il évoque, même si je trouverais certains autres points à appuyer, comme l’importance du feedback (bien couvert par le Lean Startup dans ce cas).

Cela ne révolutionne pas non plus mon image du product management, j’y trouve les éléments que j’avais déjà, à l’exception sans doute du « cultiver le désaccord » qui donne un peu à réfléchir. Curieusement ce point sera aussi abordé dans une autre session ! Mais c’est aussi un aspect que l’on retrouve aussi dans le design thinking…

Le mot de l’organisation

Avant d’aborder la suite du programmes, nous avons droit aux pitches de la première journée : 30 secondes par orateur, c’est vraiment court ! On a aussi le mot de l’association, par la voix de son président, Emmanuel Gaillot.

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L’an dernier, Emmanuel nous avait gratifié d’une tirade pour le moins asez sèche, assis sur une chaise. Pas terrible. Je ne sais s’il a lu mon compte-rendu, mais cette année c’est débout qu’il s’est exprimé, avec un verbe moins acerbe et nettement teinté d’humour, et avec le même message. Ca change tout ! Kudo, Emmanuel !

Il est temps de rejoindre la session suivante. Moi, je ne change pas de salle car Pascal Van Cauwenberghe fait son talk avec Jacques Couvreur dans celle-ci.

La simplicité : Pas facile !

Je ne savais pas à quoi m’attendre pour cette session (dont je n’avais même pas pris la peine de lire le résumé). La simplicité, ce n’est effectivement pas facile, car elle nécessite avant tout de définir ce qu’est la simplicité !

Pour nous aider dans notre quête, Pascal et Jacques vont plonger dans la substance proposée dans deux ouvrages.

The Laws of simplicity

Le livre de John Maeda nous propose 10 lois que nous passons revue.

1 – La réduction : Ne laisser apparents que la fonction et le message.C’est donner une apparence de simplicité.

2 – Organisation : Ranger les éléments pour donner une impression de simplicité.

3 – Lutter contre les temps d’attente : l’attente donne une impression de complexité. Exhiber un élément dynamique comme une barre de progression atténue cela.

4 – L’apprentissage : Elle couvre deux niveaux :

  • L’apprentissage immédiat : c’est permettre la découverte.
  • La maîtrise, qui intègre une notion de dynamique.
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5 – La différence (Jacques est resté sec là dessus)

6 – Le contexte : un concept difficile à saisir, mais qui tempère d’un « ni trop, ni trop peu » cette notion de simplicité.

7 – L’émotion : La simplicité est aussi un facteur non rationnel.

8 – La confiance : C’est offrir un contexte sécurisé, permettant de faire et défaire sans crainte.

9 – L’Echec : Parfois, on ne peut pas tout simplifier. Mais essayer permet d’apprendre.

10 – La loi cardinale : Moins d’évidence et plus de sens.

Bon, je reste un peu sur a fin avec cet énoncé de concepts. Certains éléments de la liste me parlent un peu, mais cela manque de substance. Passons au second opus.

The Laws of Substraction

Le livre de Matthew E. May livre à son tour 6 règles.

1 – Ce qui n’est pas là est parfois plus important que ce qui est là. Pascal rapproche ce point de la loi de Conway. Améliorer l’environnement (en éliminant des barrière) peut améliorer le produit.

2 – Les règles simples produisent les expériences les plus productives. Pascal nous propose deux choses à essayer en ce sens :

  • Quelles règles (qui protègent) peut-on supprimer ?
  • « abandonner » l’application aux utilisateurs.

4 – Ajouter des contraintes. Pour déclencher de nouveaux comportements, on peut par exemple : réduire la durée des itérations, réduire la durée entre 2 commits, etc..

5 – Parfois, il faut casser pour percer. Ne pas avoir peur des crises…

6 – Parfois, ne rien faire c’est mieux !

Je sais, il me manque l’item numéro 3 : désolé !

Ce que j’en ai pensé

Je suis un fan des présentations de Pascal. Cette fois, je suis resté sur ma faim. Mais néanmoins, je serais bien là aux prochaines présentations de Jacques et Pascal !

Le prochain créneau nous propose des lightning talks. Mon choix est fait depuis longtemps !

Tim Gallwey ou comment le coaching a commencé

Christophe Keromen nous a proposé une session une session de 20 minutes passionnante commençant par un échec : celui de Tim Gallwey, alors champion de tennis, ratant la balle de match d’une demi-finale de championnat (et le match par la même occasion). Ainsi commence le constat : nous sommes tous nos propres saboteurs ! Nous avons du potentiel, mais nous faisons moins que ce que nous sommes capables de réellement faire. D’où l’équation :

Performance = potentiel – interférences

Quand « self 1 » gêne « self 2 »

Nous interférons avec nous-même.

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Notre « self 1 » représente l’égo, le moi rationnel, tandis que « self 2 » représente le corps et l’inconscient. Lorsque nous laissons « self 1 » interagir, nous provoquons un ralentissement, une diminution de notre probabilité de réussir. Ce point est appuyé par les neuroscience qui affirment que la quasi-totalité des informations dont nous disposons est inconsciente.

A quoi cela peut-il me servir ?

Christophe nous propose deux axes.

L’apprentissage. Les images sont supérieures aux mots. On apprend mieux par mimétisme sans chercher à décrire ou à rationaliser ce que nous faisons (sinon nous rappelons « self 1 »).

Les habitudes. Nous créons des habitudes pour répondre à un contexte qui est souvent la marque du passé, bien que répondant à une intension positive. Il faut remplacer ces habitudes par de nouvelles, répondant aux mêmes intentions, mais adaptées au contexte présent.

Ce que j’en ai pense

Christophe a superbement abordé le sujet. Me voici avec encore un sujet à potasser. Je retiens dans l’immédiat la prédominance de l’exemple sur la formulation littéraire.

Pas la peine de bouger de place pour la prochaine présentation qui se déroulera dans la même salle. Tant mieux pour moi, car ça se bouscule !

La rétrospective continue

C’est en duo et dans une salle comble que Régis Médina et Antoine Contal nous ont proposé leur session. Toutes les places sont prises et une partie du public est debout !

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Evidemment, comme on peu s’y attendre, Antoine et Regis nous parleront de Lean. La clé des retrospectives réussies, celles qui progressent au lieu de s’enliser se situe hors des rétrospectives : c’est créer un environnement où l’équipe progresse. Continuellement.

Dans ce cadre, le rôle du coach devient celui du coach sportif : il aide à poser le challenge.

Le challenge !

Forcément, sur un projet, le challenge est un concept plus flou que pour un sportif. Mais c’est posible en prenant en compte ce qui est important pour le projet. Il n’y a pas de recette miracle.

  • Le sourire du client
  • Le lien avec l’argent. Le flouze, quoi !
  • La stratégie
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Pour un manager, les dimensions à prendre en compte pourront être :

  • Qualité du code.
  • Délai de livraison.
  • Productivité (même si ce facteur est à prendre avec prudence).

Finalement, il faut trouver le moyen de rendre ce challenge visuel (indicateur, progression…).

Un apprentissage individuel

Une fois posé le challenge, il faut le décliner en petits exercices d’amélioration individuel : chaque action d’amélioration doit avoir son porteur. Ce porteur devient expert du sujet, et il profite ensuite des rétrospectives pour partager son savoir !

Chaque action d’amélioration se décline en expérimentations suivant le cycle PDCA : ce sont des Katas.

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Finalement une bonne nouvelle, mais…

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut garder les rétrospectives. Elles deviennent un lieu d’échange des nouvelles pratiques.
Il y a aussi un prix à payer :

  • Ecouter les managers
  • Ecouter la réalité plutôt que ses envies
  • Persévérer

Les bénéfices en contrepartie :

  • On peut avoir un impact
  • Quand ça marche, le comportement des personnes change.

Enfin, Antoine et Régis nous proposes des exercices à faire en rentrant

  • Aller voir et écouter le client
  • Construire le modèle économique du produit
  • Questionner un directeur sur les objectifs stratégiques
  • Mettre en place un indicateur
  • Commencer avec un problème dont nous (en tant que coach) connaissons la réponse.

Ce que j’en ai pensé

Comme d’habitude, avec Antoine et Régis, c’est du lourd comme disent les jeunes. On prend cher au passage aussi : leur sessions sont aussi intéressantes que déprimantes. Mais ça tombe bien, les actions d’amélioration sont au centre de ce que j’ai à faire en ce moment !

Pause déjeuner

Je ne reviens pas sur la qualité de la la restauration d’Agile France, j’en ai déjà longuement parlé l’an dernier !

Le déjeuner, c’est surtout l’occasion d’échanger avec les personnes que l’on apprécie (il y en a beaucoup !). Ce midi, ce sera avec Nathaliel Richand et Jean-Luc Lambert. Bien sûr, nous évoquons un peu le Printemps Agile, mais nous parlons surtout enseignement : Nathaniel voudrait développer des MOOCs agile, ce qui est dans les tendances du moment, mais peu compatible avec un enseignement de plus en plus par le jeux et « from the back of the room »…

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Sans doute il y a-t-il complémentarité entre les deux modes, en utilisant les MOOCs pour des sujets plus étroits, pour lesquels il serait difficile d’organiser des sessions, donc plus avancés.

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui. Je vous donne rendez-vous très bientôt pour le déroulement de l’après-midi.

Open Space Agile de Mai

Yannick Ameur nous avait déjà convié à un open-space en Février dernier, sous la houlette de l’association Agile France. C’est en comité plus restreint que nous nous sommes retrouvés cette fois-ci. Réunis sous de bonnes auspices je dois dire : le buffet a été monté un peu au dernier moment en mode auto-organisé … et a remarquablement bien marché !

Au départ prévu sur 3 slots et 3 salles, nous nous sommes finalement restreints à 2 slots et 2 salles, avec un agile game pour terminer.

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Transition vers la gestion de projet agile

Je me suis décidé vers ce sujet type « grand classique » pour ce premier slot. Avec des questions il faut bien le dire, assez récurrentes :

  • Par quoi commencer ?
  • Que faire si l’on rencontre de la résistance ?
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Ici nous avons concrètement le cas d’un chef de projet faisant de la résistance active… mais aussi sur le départ. Oui, une transition réussie passe assez souvent par le changement d’un certain nombre de têtes. Comme l’évoque le Host Leadership (http://hostleadership.com/) : le passage à l’agilité est une invitation ; ne vous y rendez pas si vous n’avez pas l’intention d’en respecter les règles.

Le passage d’un projet à l’agilité pose aussi la question du fond et de le forme: il est assez tentant de se focaliser sur le décorum agile (les cérémonies, les post-it, etc…), mais plus difficile et pourtant plus important de porter l’attention sur le « mind set » agile: auto-organisation, amélioration continue, etc.

Lean vs Agile

Yannick nous a proposé ce sujet, suite à la discussion que j’avais eu la veille à la ScrumBeer avec David et Margerie !

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  • Lean est-il complémentaire d’Agile et vice-versa ?
  • Qu’est-ce qui caractérise chacune des approche, ou les rend convergente ?

Tout d’abord il semble difficile à tout le monde de définir le Lean. C’est probablement l’une des raisons qui permet à de grands cabinets de déployer ce qu’ils prétendent être du Lean et s’avère extrêmement destructif sur le plan humain !

Nous avons demandé à Christophe Keromen, l’un des co-auteur du Petit guide de management Lean à l’usage des équipes agiles ce qu’il en pensait. Le point le plus important est pour lui :

  • L’emphase, dans le lean, sur l’amélioration continue, via le cycle PDCA et bien sûr certains outils (Kaisen, Kata, A3, etc.)
  • L’accent mis dans l’agile sur le facteur humain.

Enfin, quand on parle de Lean, il ne faut pas confondre celui-ci avec le Lean Software Development ou même avec le Lean Startup … des choses bien différentes !

Et quand on parle de convergences, on parle souvent d’emprunts de techniques Lean, comme le Kaban. Yannick lui, remarque l’utilité de s’inspirer de l’approche scientifique du Lean : mesurer la réalité et focaliser la résolution de problème par rapport à ses mesures.

Christophe nous affirme que « le lean n’a pas besoin de l’agile ». Il est certain que les deux courants vivent leur vie, bien que l’agile n’hésites pas à emprunter des pratqiues à droite et à gauche. Mais cette petite phrase me conforte sur ma perception un peu snob des praticiens du Lean, qui se voient parfois comme l’aristocratie de l’agilité…

Débrief et fin

Nous étions un peu pris au dépourvu par ces 10 minutes de débrief, mais les animateurs des sessions se sont quand même prêtés au jeu.

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J’ai peu prétexter de ma foulure au poignet pour échapper au « SOS Titanic ». Je l’avais par ailleurs expérimenté à Agile Games France. Les joueurs n’ont pas été courronés de succès ici, en partie à cause de la pression du temps lors de cette animation. La limite de temps est peut-être nécessaire, mais si elle est trop forte, on perd l’intérêt du jeu !

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Par ailleurs Dov a tranquilement viré la moitié des occupants du canot pour « sauver » quelques uns de ses occupants. Une manière inédite d’arriver à ses fins…

Enfin, ami lecteur, si tu te décides à animer ce jeu penses au moins à deux choses :

  • On ne brave pas l’eau froide et les requins en même temps. En tout cas, les requins eux ne bravent pas l’eau froide.
  • On ne peut pas mourir de froid et de faim. Il faut choisir…

Prochaines étapes: la soirée du FKUG et Agile France !

ScrumBeer de Mai, la rançon du succès !

Au fil du temps, nous avons pris quelques habitudes liées à l’organisation. Par exemple, on sait que des inscrits à la ScrumBeer, seuls 25% des inscrits viendront.

Mais le sait-on vraiment ? Car ce soir-là, ce furent près de 20 agilistes de tout poil qui sont venus envahir notre lieu de libation !

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Ce lieu de libation, il fallait le mériter pour y arriver. Il se déroulait au même endroit une sorte de « speed dating professionnel » dans le domaine de la finance. Un jeune homme sapé comme l’as de pique tenait absolument à m’épingler un badge. Vainement. Je suis parvenu à y échapper !

Bien sûr, on a un peu parlé du ScrumDay qui s’est déroulé quelques jours avant. juste un peu finalement, moins que ce que j’aurais pensé. Comme souvent on finit par discuter en petits groupes.

S’améliorer avec le Lean

Avec David et Margerie, nous avons beaucoup parlé amélioration continue. David est un fervent praticien du Lean, donc nous avons nécessairement évoqué les pratiques Kaisen. Ca tombe bien, je suis en train de mettre en place des A3 en ce moment même.

Au centre du processus d’amélioration se trouve le cycle DMAIC (ou le PDCA, mais ce sont en gros les mêmes concepts).

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En fonction de la situation, on peut utiliser les Toyota Kata pour les petites améliorations quotidiennes, ou le A3 pour les actions plus en profondeur. Le point de départ essentiel est de partir d’une mesure afin de factualiser le problème et bien sûr d’envisager un gain. Contrairement à ce que je pensais (et qui me posais problème), il n’est pas indispensable de fixer un objectif dès le départ. C’était une source de difficulté pur moi…

Bière suivante !

Encore une fois, je quitte ce ScrumBeer avec des reflexions et des sources d’inspiration ! Cette fois, c’est sur le « Toyota Kata » que je vais devrais me pencher (sans compter améliorer ma compréhension du A3…).

Cette fois, cette ScrumBeer exceptionnellement surpeuplée m’a fait expérimenter le mode stand-up .. il marche bien, ma fois. C’est un peu comme si nous avions été à un cocktail (il y avait d’ailleurs des Mojitos en plus des bières). J’espère que nous pourrons encore caler une petite ScrumBeer en Juin pour boucler l’année .. et le Scrum Picnic début Juillet, que nous n’avions pu faire l’an dernier pour cause de mauvais temps !

Carnet de route : Le ScrumDay 2014 (3/4)

Nouvelle journée, nouvelle énergie. Après la journée conférence que je vous ai comté ici et ici, voici la journée consacrée à l’open-space, à l’image de ce qui se fait à Grenoble depuis quelques années déjà.

L’organisation met à notre disposition tout ce qu’il faut pour se remettre dans le rythme : thé, café, jus de fruits, viennoiseries…

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Mais on est vite intrigué par le grand cercle matérialisé à même le sol autour duquel nous sommes invités à nous rassembler pour débuter cet open-space.

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Ce sont Laurent Bossavit et Raphael Pierquin qui se chargent d’expliquer les règles de fonctionnement de l’Open-space … ou du moins tentent de le faire ! Apparemment, la sonorisation pose quelques problèmes…

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Le principes sont en fait assez simples. Une fois établis, il est temps d’utiliser le matériel mis à notre disposition au centre du cercle pour proposer nos sujets.

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Ces sujets sont ensuite eux-mêmes affichés sur les différents créneaux horaires en mode auto-organisé. C’est la « place de marché ».

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J’ai posté mon propre sujet. Il est temps de faire le tour de ceux qui peuplent le premier créneau horaire. Et je reste un peu perplexe devant le sujet traitant de l’utilisation des points de fonction dans les projets agiles. Quand je vois ce genre de sujet, mon reflexe est de me demander en quoi ces techniques peuvent nous apprendre quelque chose, si la technicité développée ici peut nous aider. Laurent Bossavit semble plus circonspect quand aux motivations. Du coup, nous décidons tous deux de nous joindre à ce débat.

Agilité et point de fonction

La première chose qui me trouble est une certaine confusion entre l’outil et l’usage. Dans l’esprit de beaucoup, il y a une relation directe entre projet au forfait et point de fonction.

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En fait, il semble même que nous ayons un pattern d’usage : on se sert des points de fonction comme outil « commercial » pour chiffrer une réponse à appel d’offre. Ensuite, lors de la réalisation, on se servira des story points. Voilà un constat assez troublant pour moi, bien qu’instructif sur la vision que l’on peut avoir des différents outils :

  • Les points de fonction sont vus comme un outil donnant un chiffre absolu, alors qu’il donne un chiffre relatif (les points) qui se transforment en charge via des facteurs d’ajustements. Comme les story points, en fait, bien que de façon plus complexe.
  • Quel est l’intérêt de faire un « chiffrage agile » si en amont le projet est de toute manière verrouillé par un chiffrage contractuel ? Je dirais même : quel est l’intérêt de faire le projet en agile, mais c’est sûrement une autre question…

La discussion s’est beaucoup focalisée sur l’usage de l’une ou l’autre approche, alors que je pense que la question n’est pas là : on peut parfaitement utiliser les FP ou les story points dans les mêmes contextes.
Par contre les points de fonctions traitent des « blocs » plus gros, qui sont ensuite décomposés sous l’angle technique (requêtes, entités, I/O, etc…), alors que les story points s’adressent à des blocs plus fins que l’on évalue globalement, en différent les questions sur les choix de conception. Par son approche les points de fonction « vérouillent » les choix techniques dès le chiffrage.

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J’ai été assez déçu par le débat qui ne s’est finalement pas dirigé vers la question de la nature de ces différents types d’estimation (ce que j’évoque plus haut). Dommage…

Ressources Humaines et agilité

Ce sont à la fois l’originalité du sujet et son importance qui m’ont attiré vers ce groupe. Une groupe à coloration un peu « grandes gueules » avec Pablo Pernot et Pierre Neis, par exemple !

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Tout d’abord, quels sont les problèmes ?

  • La gestion du parcours professionnel.
  • La gestion des évaluations.
  • La dissonance cognitive entre rôle et fiche de poste.

Le constat partagé par tous est qu’aujourd’hui les RH ne sont pas une aide au sein des projets agiles. Dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, elles sont un frein, voir un obstacle. Bref, il n’y a pas grand monde dans le cercle à aimer les RH. On entend même que les RH n’ont pas de raison d’être !

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Mais il nous faut aussi admettre que l’on doit mieux comprendre le problème des RH : celui de devoir composer avec la loi, le management, les syndicats, le C.E., etc… En fait, il nous semble que leur effort porte plus sur la composition de ces contraintes que sur une véritable fonction support au sein de l’entreprise (ce serait plutôt un fonction contrainte !). Le mécanisme des entretiens annuels est bien entendu montré du doigt.

Alors, quelle solution pour la RH dans un environnement agile ?

C’est que cette RH devienne elle-même agile, en portant les valeurs agiles au niveau de l’entreprise. Entre autre choses.

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Pause déjeuner

Pas de pause déjeuner bien calée dans le temps pour cette journée open-space ! Les session occupent les créneaux horaires sans discontinuer. Aux participants de faire une pause quand ils le désirent !

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On est un peu plus en mode picnic que la veille, d’ailleurs les tables ont disparu au profit de quelques « mange debout », mais on s’assoit aussi par terre.

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Cela ne veut pas dire que la qualité n’est pas au rendez-vous. Au contraire ! Je n’ai aucune raison de renier mes éloges d’hier. Jugez-en !

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De mon côté, j’ai passé cette pause déjeuner avec Pierre Hervouet, Joumana et Pierre Neis. Pierre Neis nous parle (et nous montre des photos) de #play14, un rassemblement autour des agiles games qu’il co-organisait au Luxembourg. Prochaine étape : en faire une sorte d’Agile Tour des agile games !

Le bureau du SUG en mode Happy

Christopher Mann était le photographe de ce ScrumDay (il avait fait un excellent boulot lors d’Agile France, une bonne raison pour moi de le recommander pour cet évènement). J’ai suivi le mouvement, quand lui-même et le bureau se sont dirigé vers l’extérieur pour ce qui semblait une photo de groupe. Le résultat est visible sur le reportage du ScrumDay, mais j’ai aussi pris mes propres clichés…

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Backlog, cher boulet…

J’avais aussi soumi mon propre sujet. En quelque sorte une reprise d’un de mes thèmes préférés sur le backlog produit, à la fois vision de ce qu’il y a à faire et frein du changement.

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Au final, on trouve deux grand types de situation :

  • Les projets agiles « classiques » où la vision d’un périmètre complet est plutôt une chose souhaitée. Le backlog Scrum rempli bien son office car il donne une vue partagée à tous les acteurs du « reste à faire ».
  • Les projets innovants pour lesquels on essaie de limiter le stock par diverses approches (parfois combinées) : approche type « kanban » où l’on limite volontairement et activement le nombre d’items dans le backlog, où backog à granularité différentielle, à deux ou trois niveaux.

Dans le cas d’une approche « kanban » nous nous sommes posé la question d’évacuer, c’est à dire supprimer les items de plus basse priorité dépassant le WIP. Nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il n’y a aucun dommage à le faire : si l’item est important, il reviendra !

J’ai aussi évoqué les sujets qui m’interpellent en ce moment : combiner un backlog (limité) avec une approche type impact mapping et/ou Lean Canvas. Mais nos réflexions n’ont pour l’instant pas abouti…

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Clôture des ScrumDays

Ce grand open-space s’est terminé par une retrospective type « tour de parole ». Un tour de parole à près de 200 personnes, il faut dire !

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Il me manque le courage (ou la motivation) pour en être. Je préfère passer un peu de temps avec Samira Batahouche d’IBM qui représentait Big Blue au bureau l’an dernier et avait accueilli le ScrumDay à Bois Colombe l’an dernier.

Le stand de Cloudbees est juste à côté, j’en profite pour fixer pour la postérité Nicolas De Loof en hôtesse d’accueil…

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Scrum.org était aussi partenaire du ScrumDay cette année. Je me suis vu interdire de prendre le stand en photo, une première pour moi. J’ai moi-même étendu cette interdiction à la keynote de clôture faite par son représentant (je ne me souviens même plus de son nom, pourtant il s’est cité lui-même durant sa présentation).

J’avais aussi décidé de ne prendre aucune note de l’intervention pour faire bonne mesure. Grand bien m’en a pris : elle manquait complètement d’intérêt, j’ai failli quitter la salle. Finalement je suis resté et j’ai consulté mon fil Tweeter pendant le reste de la présentation.

Si j’étais parti, je n’aurais pu prendre en photo l’équipe du French SUG, et cela aurait vraiment été dommage. Grand merci à toute l’équipe pour ce bel évènement ! De droite à gauche : Anne, Christopher, David, Arnaud, Valérie, Karine, Laurence et Xavier.

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Voilà, il est temps de replier tous le matériel, et de tout remettre dans les cartons … jusqu’à l’an prochain.

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Note à moi-même

Pour ce qui est du format tout d’abord : le ScrumDay (ScrumDays, donc comme je l’ai écrit par ailleurs), ça marche ! Les open-spaces dans des « coins de salle » ne sont toutefois pas une configuration idéale. il faudra trouver mieux et surtout moins bruyant !

Cette année, le thème était la « culture produit ». En fait cela ne me paraissait pas si évident au vu du programme. Maintenant, est-il nécessaire d’avoir des thèmes annuels ? Des tracks thématiques feraient assez bien l’affaire.

Concernant le lieu, eh bien il a clairement la taille voulu pour accueillir l’évènement. Le hall central (qui hélas n’était pas central) permettait une bonne circulation. Les stands des sponsors étaient disposés sur le pourtour.

Question sponsors, leur nombre était réellement à l’inflation, et cela fait un peu ressembler le ScrumDay à une expo (sans compter un traitement pas différentiant des platinums) … La raison est bien entendu le coût d’organisation, car le lieu est apparemment très cher, malgré son éloignement de Paris.

J’avais crains que cet éloignement, justement,  soit une cause de désaffection, d’autant que la venue en voiture n’est pas vraiment facilitée (pour ne pas dire franchement découragée), mais il semble au final que ce facteur n’ait eu aucune influence.

Bref, un bel évènement, avec deux fois plus de plaisir pour deux fois plus de durée !

Une dernière chose : nous n’en avons pas fini avec ce ScrumDay : je vous ai promis un 4ème volet : ce sera un « bonus track », je n’en dis pas plus. Je ferais aussi un petit post sur mon atelier sur l’acceptance testing.

Carnet de route : Le ScrumDay 2014 (2/4)

Je vous avais laissé au moment du déjeuner. La pause n’aura pas été si longue. Sur le créneau suivant, j’ai coché la session de Véronique Messager sur mon programme.

En tant que Scrum Master, je veux m’améliorer pour mieux coacher mon équipe

Cette session de Véronique Messager, n’en est pas une : c’est une table ronde à laquelle elle a convié des Scrum Masters allant du néophyte à l’expérimenté, qu’elle-même coach chez Orange. Cet aréopage de Scrum Masters vient partager avec nous leurs points de vue sur leur travail, leurs manières d’aider les équipes et leurs sensibilités qui peuvent varier.

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Le contexte

A l’origine, il y a un groupe d’échange de pratiques se réunissant tous les mois. Le produit de ce groupe d’échange est aujourd’hui une check-list de 52 bonnes pratiques. Véronique nous propose de les aborder regroupées en 3 thèmes, avec le panel de Scrum Masters. Hélas, les contraintes de temps nous limiteront à deux de ces thèmes.

Le changement dans la posture du Scrum Master

Un premier constat partagé est la perte de connaissance sur le code ! Le travail de Scrum Master tient ceux-ci de plus en plus éloigné de cette matière première. De cette perte de connaissance nait un certain sentiment de culpabilité : Suis-je toujours légitime dans mon rôle ? Le travail du Scrum Master n’est pas quantifiable, il n’est même pas visible car il n’a pas de raison d’être évoqué en stand-up. Une crainte qui n’est pas nécessairement étayée : il n’y a guère de remarques sur le fait que le Scrum Master développe beaucoup moins.

Malgré tout, le Scrum Master peut-il continuer à développer ? Les avis sont un peu plus partagés, mais des « oui » s’élèvent, toutefois tempérés :

  • Pas question de prendre des tâches critiques ! A cet égard, binômer ou prendre en charges des corrections d’anomalies s’avèrent de bonnes idées.
  • En tout état de cause, les tâches de Scrum Master doivent rester prioritaires.
  • Rester impliquer dans le développement peut induire un travers de partialité lorsque des discussions s’engagent sur l’architecture, les solutions, etc. Il faut y prendre garde.

La maturité de l’équipe allant croissant, peut-on un jour se passer de Scrum Master ? Une question réccurente, que l’on a aussi trouvé sur Quora. Ici la réponse est unanime : non, le Scrum Master reste indispensable !

Par contre la question reste ouverte sur le Scrum Mastering à temps plein ou à temps partiel ! Si certains par ailleurs pensent qu’au final ce rôle peut tourner (ce que j’ai expérimenté), Bruno Margueritat ne suit pas cet avis, par exemple.

Motiver les membres de l’équipe

Comment s’appercevoir que cette motivation baisse ? En regardant la productivité de l’équipe (donc les « retards »). Véronique a une affinité particulière pour la Process Com, il n’est donc pas étonnant que les Scrum Masters présents évoquent cet outil pour comprendre le fonctionnement des membres de l’équipe.

Ils évquent aussi le temps libre : l’importance d’en ménager (par exemple entre les itérations), mais aussi d’observer comment ce temps libre est utilisé.

Donner du sens et visualiser l’avancement : c’est bien entendu un leitmotiv bien connu et pourtant souvent négligé. Mais il s’agit aussi d’impliquer activement les membres de l’équipe. Pour l’un des Scrum Masters cela passe par la délégation d’une partie des tâches … du Scrum Master ! Par exemple lors des rétrospectives. J’aime bien l’idée et l’état d’esprit !

Ce que j’en ai pensé

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Nombreux sont les experts prêts à nous expliquer le rôle et la posture du Scrum Master. Tous ces experts ne sont d’ailleurs pas tous d’accord entre-eux (j’en fais partie !). Ici, ce ne sont pas des experts, mais des vrais praticiens de terrain avec différents niveaux d’expérience et une certaine variété de point de vue.

Du coup, je pense que l’échange aurait pu être encore plus riche avec des Scrum Masters venant d’autres horizons. Les débats auraient été plus intense, ce qui ne serait possible qu’avec un format un peu plus long toutefois.

La culture du programmeur, par Jean-Laurent de Morlhon

J’avais une double raison d’assister à cette session : tout d’abord J’aime bien Jean-Laurent qui est aussi un ancien collègue (double ancien collègue, devrais-je dire). Et ensuite le sujet éveille mon intérêt, même si ma propre crédibilité en tant que programmeur s’étiole certainement de jour en jour… Jean-Laurent est certainement la bonne personne pour transmettre cette culture, sans compter l’humour et le dynamisme qu’il met dans ses interventions. Celle-ci ne fera pas exception !

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Pourquoi programmeur ?

Jean-Laurent nous explique quel était son plan pour devenir maître du monde et partir à la retraite à 35 ans. Cela n’a pas marché. Pour moi non plus, d’ailleurs. Car sa passion c’est programmeur (qu’il préfère à « développeur » ou « codeur »). Donc c’est « programmeur ». Et ça veut dire quoi ? Le Larousse dit qu’il s’agit « d’une personne de la préparation, de l’écriture et de la mise au point d’un programme pour ordinateur ». Pour les personnes en-dehors de notre domaine, ils sont souvent perçus comme des personnes aptes à faire des choses mystiques (t’es dans l’informatique ? Tu peux m’aider à brancher mon imprimante ?).

Mais hélas, dans notre milieu professionnel, nous sommes confrontés à un problème de jeunisme. Programmeur n’est pas considéré comme un métier au-delà d’une certaine tranche d’âge. Pour de nombreuses entreprises et écoles, l’évolution normale du programmeur est de devenir chef de projet !

Une culture

La culture, c’est ce qui lie les gens entre eux. Quels sont donc les éléments de cette culture ? L’une d’entre-elle est le « craftmanship ».
C’est avant tout une attitude de pragmatisme, un rééquilibre entre processus et technique. C’est aussi un état d’esprit d’amélioration qui passe par l’entrainement (les dojo, les code retreat, les kata). C’est évidemment utiliser les ressources en ligne : les MOOC sont partout, sur tous les sujets. La culture du programmeur, c’est aussi :

  • Disposer des meilleurs outils que l’on puisse acheter : aujourd’hui, c’est disposer de grands écrans, de CPU puissants, ne pas être limité par la mémoire, booster les I/O avec des disques SSD, des environnements d’intégration, les bons IDEs, etc..
  • Vivre en permanence avec de la frustration : nous passons un temps considérable à essayer de faire marcher des trucs … ou à essayer de comprendre pourquoi ils ne marchent pas !

Ce que j’en pense

Une session de « J-Lau », ça vaut toujours le déplacement. Certes, je n’y ai pas appris grand chose, mais je n’étais pas non plus le public visé. Mais la présentation fait un très bon boulot à faire toucher du doigt cette culture du développeur. A voir absolument pour les PO / MOA / Managers à qui sont étranger ces aspects.

Acceptance Tests Workshop

Voilà, c’est mon tour ! J’avais préparé cet atelier avec Benoit Nouyrigat afin de transmettre par la pratique un aspect du développement agile qui nous semble avoir un impact crucial : l’écriture de tests d’acceptance collaborativement entre les différents intervenants d’un projet. Nous avions donc structuré notre atelier en petites équipes, l’atelier lui-même nous conduisant depuis l’écriture de user stories sur notre étude de cas jusqu’à l’implémentation des acceptance tests en BDD avec Cucumber JVM !

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Je ne vais pas détailler l’atelier ici, je réserve cela pour un futur post !

Ils ont aimé

  • Clarifier les specifications en les « instanciant » avec des cas de test.
  • Découvrir les cas aux limites qui font émerger des règles métier.
  • Travailler collaborativement autour des cas de test.

Ils pensent que l’on peut améliorer

  • La phase initiale, avec l’écriture des user stories par les équipe qui apporte peu.
  • L’absence de temps pour s’approprier les persona.
  • La brièveté du temps consacré à la partie « outils ».

Ce que j’en pense

Nous devons ajuster certaines parties, c’est tout à fait normal, compte tenu qu’il s’agissait d’une première. Je pense toutefois que les conditions ne nous ont pas permis de juger de l’atelier de manière adéquate : nous avions été programmé en toute fin d’après-midi (avec en plus un démarrage en retard), ce qui équivaut pratiquement à une garantie d’échec pour un atelier très intense comme celui-ci.

La première heure s’est très bien passé, mais la fatigue a rattrapé le groupe dans la seconde. En fait, je suis plutôt satisfait d’avoir eu une bonne moitié d’atelier, car je m’attendais à un échec complet. Les participants se sont même déclarés très satisfaits !

J’aimerais toutefois pouvoir jouer cet atelier dans de bonnes conditions pour avoir un meilleur aperçu de son impact.

Nous avons joué l’écriture des acceptance tests en deux temps, avec ou sans le style « given when then », mais nous n’avons pas donné d’indications suffisantes pour marquer la différence. A retravailler.

Une certaine déception de Benoit et moi-même sur la demande d’avoir plus sur la partie outil ! Notre expérience commune est que la différence se fait dans l’écriture collaborative (d’ailleurs la collaboration est à gauche et les outils à droite, si vous voyez ce que je veux dire…). Soit nous ne sommes pas parvenus à être assez marquants sur l’importance de cet aspects, soit notre public est incorrigible sur l’idée que les outils sont ce qui importe le plus. Nous avons là un sujet de reflexion pour la version 2.0 de notre atelier…

Le diner

J’ai fait l’éloge du lunch du midi, je dois les mêmes au diner auquel j’étais convié n tant qu’orateur. C’est bien sûr une belle occasion d’échanger avec les membres de la communauté…

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… Ainsi qu’avec les joyeux membres du bureau.

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J’ai aussi passé un très agréable moment avec Alex Boutin, à échanger sur ce que l’un et l’autre nous aimons faire, les questions que nous nous posons… Alex est l’une des personnalités de la communauté agile que j’apprécie le plus, pour son sens du partage et de l’invitation. Je n’en apprécie que plus ce genre d’opportunités.

Il est maintenant temps de retourner dans mes pénates. Rendez-vous bientôt pour la seconde journée de ces Scrum Days !