Carnet de route : Le ScrumDay 2014 (2/4)

Je vous avais laissé au moment du déjeuner. La pause n’aura pas été si longue. Sur le créneau suivant, j’ai coché la session de Véronique Messager sur mon programme.

En tant que Scrum Master, je veux m’améliorer pour mieux coacher mon équipe

Cette session de Véronique Messager, n’en est pas une : c’est une table ronde à laquelle elle a convié des Scrum Masters allant du néophyte à l’expérimenté, qu’elle-même coach chez Orange. Cet aréopage de Scrum Masters vient partager avec nous leurs points de vue sur leur travail, leurs manières d’aider les équipes et leurs sensibilités qui peuvent varier.

image

Le contexte

A l’origine, il y a un groupe d’échange de pratiques se réunissant tous les mois. Le produit de ce groupe d’échange est aujourd’hui une check-list de 52 bonnes pratiques. Véronique nous propose de les aborder regroupées en 3 thèmes, avec le panel de Scrum Masters. Hélas, les contraintes de temps nous limiteront à deux de ces thèmes.

Le changement dans la posture du Scrum Master

Un premier constat partagé est la perte de connaissance sur le code ! Le travail de Scrum Master tient ceux-ci de plus en plus éloigné de cette matière première. De cette perte de connaissance nait un certain sentiment de culpabilité : Suis-je toujours légitime dans mon rôle ? Le travail du Scrum Master n’est pas quantifiable, il n’est même pas visible car il n’a pas de raison d’être évoqué en stand-up. Une crainte qui n’est pas nécessairement étayée : il n’y a guère de remarques sur le fait que le Scrum Master développe beaucoup moins.

Malgré tout, le Scrum Master peut-il continuer à développer ? Les avis sont un peu plus partagés, mais des « oui » s’élèvent, toutefois tempérés :

  • Pas question de prendre des tâches critiques ! A cet égard, binômer ou prendre en charges des corrections d’anomalies s’avèrent de bonnes idées.
  • En tout état de cause, les tâches de Scrum Master doivent rester prioritaires.
  • Rester impliquer dans le développement peut induire un travers de partialité lorsque des discussions s’engagent sur l’architecture, les solutions, etc. Il faut y prendre garde.

La maturité de l’équipe allant croissant, peut-on un jour se passer de Scrum Master ? Une question réccurente, que l’on a aussi trouvé sur Quora. Ici la réponse est unanime : non, le Scrum Master reste indispensable !

Par contre la question reste ouverte sur le Scrum Mastering à temps plein ou à temps partiel ! Si certains par ailleurs pensent qu’au final ce rôle peut tourner (ce que j’ai expérimenté), Bruno Margueritat ne suit pas cet avis, par exemple.

Motiver les membres de l’équipe

Comment s’appercevoir que cette motivation baisse ? En regardant la productivité de l’équipe (donc les « retards »). Véronique a une affinité particulière pour la Process Com, il n’est donc pas étonnant que les Scrum Masters présents évoquent cet outil pour comprendre le fonctionnement des membres de l’équipe.

Ils évquent aussi le temps libre : l’importance d’en ménager (par exemple entre les itérations), mais aussi d’observer comment ce temps libre est utilisé.

Donner du sens et visualiser l’avancement : c’est bien entendu un leitmotiv bien connu et pourtant souvent négligé. Mais il s’agit aussi d’impliquer activement les membres de l’équipe. Pour l’un des Scrum Masters cela passe par la délégation d’une partie des tâches … du Scrum Master ! Par exemple lors des rétrospectives. J’aime bien l’idée et l’état d’esprit !

Ce que j’en ai pensé

image

Nombreux sont les experts prêts à nous expliquer le rôle et la posture du Scrum Master. Tous ces experts ne sont d’ailleurs pas tous d’accord entre-eux (j’en fais partie !). Ici, ce ne sont pas des experts, mais des vrais praticiens de terrain avec différents niveaux d’expérience et une certaine variété de point de vue.

Du coup, je pense que l’échange aurait pu être encore plus riche avec des Scrum Masters venant d’autres horizons. Les débats auraient été plus intense, ce qui ne serait possible qu’avec un format un peu plus long toutefois.

La culture du programmeur, par Jean-Laurent de Morlhon

J’avais une double raison d’assister à cette session : tout d’abord J’aime bien Jean-Laurent qui est aussi un ancien collègue (double ancien collègue, devrais-je dire). Et ensuite le sujet éveille mon intérêt, même si ma propre crédibilité en tant que programmeur s’étiole certainement de jour en jour… Jean-Laurent est certainement la bonne personne pour transmettre cette culture, sans compter l’humour et le dynamisme qu’il met dans ses interventions. Celle-ci ne fera pas exception !

image

Pourquoi programmeur ?

Jean-Laurent nous explique quel était son plan pour devenir maître du monde et partir à la retraite à 35 ans. Cela n’a pas marché. Pour moi non plus, d’ailleurs. Car sa passion c’est programmeur (qu’il préfère à « développeur » ou « codeur »). Donc c’est « programmeur ». Et ça veut dire quoi ? Le Larousse dit qu’il s’agit « d’une personne de la préparation, de l’écriture et de la mise au point d’un programme pour ordinateur ». Pour les personnes en-dehors de notre domaine, ils sont souvent perçus comme des personnes aptes à faire des choses mystiques (t’es dans l’informatique ? Tu peux m’aider à brancher mon imprimante ?).

Mais hélas, dans notre milieu professionnel, nous sommes confrontés à un problème de jeunisme. Programmeur n’est pas considéré comme un métier au-delà d’une certaine tranche d’âge. Pour de nombreuses entreprises et écoles, l’évolution normale du programmeur est de devenir chef de projet !

Une culture

La culture, c’est ce qui lie les gens entre eux. Quels sont donc les éléments de cette culture ? L’une d’entre-elle est le « craftmanship ».
C’est avant tout une attitude de pragmatisme, un rééquilibre entre processus et technique. C’est aussi un état d’esprit d’amélioration qui passe par l’entrainement (les dojo, les code retreat, les kata). C’est évidemment utiliser les ressources en ligne : les MOOC sont partout, sur tous les sujets. La culture du programmeur, c’est aussi :

  • Disposer des meilleurs outils que l’on puisse acheter : aujourd’hui, c’est disposer de grands écrans, de CPU puissants, ne pas être limité par la mémoire, booster les I/O avec des disques SSD, des environnements d’intégration, les bons IDEs, etc..
  • Vivre en permanence avec de la frustration : nous passons un temps considérable à essayer de faire marcher des trucs … ou à essayer de comprendre pourquoi ils ne marchent pas !

Ce que j’en pense

Une session de « J-Lau », ça vaut toujours le déplacement. Certes, je n’y ai pas appris grand chose, mais je n’étais pas non plus le public visé. Mais la présentation fait un très bon boulot à faire toucher du doigt cette culture du développeur. A voir absolument pour les PO / MOA / Managers à qui sont étranger ces aspects.

Acceptance Tests Workshop

Voilà, c’est mon tour ! J’avais préparé cet atelier avec Benoit Nouyrigat afin de transmettre par la pratique un aspect du développement agile qui nous semble avoir un impact crucial : l’écriture de tests d’acceptance collaborativement entre les différents intervenants d’un projet. Nous avions donc structuré notre atelier en petites équipes, l’atelier lui-même nous conduisant depuis l’écriture de user stories sur notre étude de cas jusqu’à l’implémentation des acceptance tests en BDD avec Cucumber JVM !

image

Je ne vais pas détailler l’atelier ici, je réserve cela pour un futur post !

Ils ont aimé

  • Clarifier les specifications en les « instanciant » avec des cas de test.
  • Découvrir les cas aux limites qui font émerger des règles métier.
  • Travailler collaborativement autour des cas de test.

Ils pensent que l’on peut améliorer

  • La phase initiale, avec l’écriture des user stories par les équipe qui apporte peu.
  • L’absence de temps pour s’approprier les persona.
  • La brièveté du temps consacré à la partie « outils ».

Ce que j’en pense

Nous devons ajuster certaines parties, c’est tout à fait normal, compte tenu qu’il s’agissait d’une première. Je pense toutefois que les conditions ne nous ont pas permis de juger de l’atelier de manière adéquate : nous avions été programmé en toute fin d’après-midi (avec en plus un démarrage en retard), ce qui équivaut pratiquement à une garantie d’échec pour un atelier très intense comme celui-ci.

La première heure s’est très bien passé, mais la fatigue a rattrapé le groupe dans la seconde. En fait, je suis plutôt satisfait d’avoir eu une bonne moitié d’atelier, car je m’attendais à un échec complet. Les participants se sont même déclarés très satisfaits !

J’aimerais toutefois pouvoir jouer cet atelier dans de bonnes conditions pour avoir un meilleur aperçu de son impact.

Nous avons joué l’écriture des acceptance tests en deux temps, avec ou sans le style « given when then », mais nous n’avons pas donné d’indications suffisantes pour marquer la différence. A retravailler.

Une certaine déception de Benoit et moi-même sur la demande d’avoir plus sur la partie outil ! Notre expérience commune est que la différence se fait dans l’écriture collaborative (d’ailleurs la collaboration est à gauche et les outils à droite, si vous voyez ce que je veux dire…). Soit nous ne sommes pas parvenus à être assez marquants sur l’importance de cet aspects, soit notre public est incorrigible sur l’idée que les outils sont ce qui importe le plus. Nous avons là un sujet de reflexion pour la version 2.0 de notre atelier…

Le diner

J’ai fait l’éloge du lunch du midi, je dois les mêmes au diner auquel j’étais convié n tant qu’orateur. C’est bien sûr une belle occasion d’échanger avec les membres de la communauté…

image

… Ainsi qu’avec les joyeux membres du bureau.

image

J’ai aussi passé un très agréable moment avec Alex Boutin, à échanger sur ce que l’un et l’autre nous aimons faire, les questions que nous nous posons… Alex est l’une des personnalités de la communauté agile que j’apprécie le plus, pour son sens du partage et de l’invitation. Je n’en apprécie que plus ce genre d’opportunités.

Il est maintenant temps de retourner dans mes pénates. Rendez-vous bientôt pour la seconde journée de ces Scrum Days !

Carnet de route : Le ScrumDay 2014 (1/4)

Bienvenue au ScrumDay 2014 !

Cette édition sera particulière pour moi : c’est la première où je ne fais pas partie du comité d’organisation ! Certes, j’y aurais ma session, mais je vais faire mon possible pour profiter pleinement de ces deux jours, et vous en faire bénéficier maintenant !

Pour tout dire, ça commence par un peu de galère : Xavier Warzee voulait depuis longtemps organiser l’évènement chez Disney. C’est loin et cher (le prix de la conférence triple donc au passage), mais mon statut de conférencier me donne accès à la conférence « full package », celui qui vaut 290 € ! Reste l’accès. Venir en voiture s’avère plus galère que si nous avions été en plein Paris, j’opte pour le RER.

L’accès est un rien compliqué, mais le SUG a tout prévu : Pascal est là pour nous accueillir dès la sortie de la gare !

image

N’oublions pas que chez Mickey on est presque aux états-unis, le délit de sale gueule existe encore. Pour moi, c’est fouille minutieuse à chaque contrôle de sécurité. Même avec une certaine habitude de la chose, ça ne me met pas spécialement de bonne humeur. C’est dommage d’autant que le French SUG n’y est pour rien. Mais si c’est au même endroit l’an prochain, ce sera probablement sans moi.

Je découvre le centre de conférence en arrivant : vraiment très spacieux (et même un chouia labyrinthique), quand au hall principal…

image

Le temps de prendre un café et d’échanger avec les amis, nouveaux ou anciens, l’heure est vite passée et nous sommes attendus dans la salle où se dérouleront discours d’ouverture et keynote.

Ouverture du Scrum Day

Rameuter Presque 500 personnes, ça prend du temps, on va donc débuter avec un peu de retard. Que du classique pourrait-on dire.

image

Comme il est de coutume, le président du SUG ouvre ce ScrumDay ou ScrumDays, devrai-je plutôt dire.

image

On retrace un peu d’histoire, quelques chiffres et surtout on présente le déroulement de ces deux jours, le maître de cérémonie de la seconde journée sera Laurent Bossavit, épaulé de Raphael Pierquin pour un grand open-space, à l’image de ce qui se fait à Grenoble.

image

On termine cette ouverture par le mot des sponsors. Les sponsors ! Il y en a 17 ! C’est certainement un record, en tout cas c’est un marathon de les écouter tour à tour.

image

Laurent Delvaux ouvre le tir pour Zenika, et j’ai vite perdu le compte. Mention spéciale pour le représentant de HP France qui nous a gratifié d’une introduction au style humoristique bien enlevé !
Heureusement, on va maintenant enchainer sur la keynote.

Alistair Cockburn : What’s new with agile ?

J’étais curieux de voir ce dont Alistair allait parler. Après tout, j’ai l’habitude de l’entendre parler d’agilité, ou comme dirait Géry Derbier de jeu de coopération et collaboration. En fait, il commence par évoquer les personnes … et les difficultés que nous avons face aux problèmes et à nos décisions. C’est un préambule au manifeste agile dont il est l’un des signataires.

image

Mais pour parler de Scrum, Alistair évoque le Shu Ha Ri ! Curieusement, c’était le sujet de ma présentation à Caen il y a 3 semaines, je suis tout ouï. Si vous l’ignorez, il s’agit des 3 niveaux de maturité en agile, emprunté par Alistair aux arts martiaux, à l’Aikido pour être plus précis.

  • Le Shu est le niveau initiatique. Le Shu c’est copier la technique sans en dévier. Hélas, nombre de personnes tombent amoureux du Shu et ne le quitte jamais…
  • Le Ha est le perfectionnement, il signifie « cassure ». Dans le Ha, on collectera nombre de techniques utiles.
  • Le Ri est le niveau de la maîtrise, c’est littéralement l’abandon. On invente, mixte ses propres techniques.

Core Scrum

Scrum n’est pas fondamentalement du niveau Shu, il est du niveau Ri. Et au niveau Ri, le « core Scrum » se définit ainsi :

  • Délivrer à chaque Sprint (plutôt que démontrer)
  • Laisser l’équipe décider (en assignant une tâche)
  • Inspecter et adapter à chaque Sprint

Ca c’est l’esprit du Scrum. Autour de cela, gravitent des rumeurs ou des freins (Alistair parle de balanes).

Les « balanes » sont tous ces éléments de Scrum, des éléments « Shu » sur lesquels on se focalise alors qu’ils n’ont qu’une importance secondaire :

  • Le burndown chart : il n’est pas essentiel, faites-le si vous en avez envie, d’ailleurs il ne fait plus même plus partie des éléments « obligatoires du Scrum Guide !
  • Le Scrum Board : Doit-on en faire un ? A quoi doit-il ressembler ? L’équipe décidera.
  • Le Scrum Master est-il un chef de projet ? Un tech Lead ? Cela dépendra du contexte.
  • Le Product Owner doit-il assister au stand-up ? Laissez l’équipe décider !
  • Les 3 questions du stand-up : ce peut être une aide, mais pas un dogme !

Rumeurs et ouïe dire, ou les « lutins » comme dirait Laurent Bossavit:

  • Les User Stories : Elles ne font pas partie de Scrum, elles ont été créées avec XP. Scrum n’oblige pas à utiliser les stories.
  • Le Planning Poker : Cette pratique vient également d’XP ; si elle convient, alors utilisez-la !
  • La suite de Fibonacci / les story points : Ce ne sont pas non plus des pratiques spécifiquement liées à Scrum. Tirez-en parti si vous aimez.

Le « big agile »

Alistair évoque pour commencer le framework SAFe. J’avoue y avoir porté peu d’intérêt, bien que ce soit un sujet dont on parle en ce moment. Je m’attendais à voir Alistair le démonter, mais non ?!?

Quand on parle d’agile en grand en ce moment, on évoque souvent Spotify autour duquel Henrik Kniberg communique beaucoup en ce moment. Ce qu’il appelle l’organisation 3D semble aussi une référence pour Alistair. Et qui dit grande organisation dit dépendances : l’architecture du système doit prendre en compte cet aspect afin de rendre le déploiement asynchrone.

image

Disciplined learning

Le dernier point évoquer par notre keynote speaker est l’un de ceux qui lui tiennent beaucoup à coeur : l’apprentissage. Alistair oppose le « big bang » synonyme d’apprentissage tardif d’un apprentissage au plus tôt (ou réduction des risques, mais l’emphase sur l’apprentissage n’est-il pas préférable ?). Cette courbe n’est d’ailleurs pas une courbe, mais une espèce d’escalier, car tous les progrès ne se valent pas et certaines expérimentations d’avèrent stériles. Géry Derbier évoque souvent la chose quand il anime le Carpaccio Game : il y a 4 dimensions d’apprentissage sur un projet :

  • Business (ce volet pouvant lui-même avoir différents axes, et pas seulement le ROI).
  • Social (la formation de l’équipe).
  • Technique
  • Coût / délais (découverte de la vélocité, par exemple).

Cette façon d’appréhender le projet permet de le borner (trim the tail), soit par la date, soit par la valeur.

Ce que j’en ai pensé

Peut-être Alistair Cockburn n’était pas aussi percutant qu’il nous en a donné l’habitude, mais s’agissant du Scrum Day il nous a livré une keynote s’articulant autour du Scrum, du vrai Scrum ! Je ne peux qu’apprécier le propos faisant écho à ma propre présentation du Printemps Agile, bien sûr, mais surtout je trouve important de mettre en exergue les aspects importants de Scrum (le Scrum Core), par rapport aux choses secondaires qui sont celles sur lesquelles se focalisent souvent les détracteurs de Scrum !

Romain couturier nous a aussi gratifié d’un « scribing » de la session d’Alistair. Il a bien voulu le partager avec nous, et je m’incline devant son talent !

image

Nous avons déjà pris un peu de retard sur le timing, le changement de salle est un tout petit peu serré. Pour moi, le choix de la session suivante était déjà fait.

Coaching Teams Through Change, par Rachel Davies

Rachel Davis est l’auteur d’un des quelques ouvrages disponibles en rayonage sur le coaching agile. Un ouvrage que j’avais trouvé correct sans être fantastique. Le sujet de cette session lui, me fait plutôt penser au Fearless Change !

image

D’abord, quel est le plus grand obstacle au changement ? Bien entendu : la résistance ! Alors certes, on voit beaucoup de choses à faire … tellement à faire et si peu de temps ! Mais la première précaution est justement de ne pas se précipiter !

Communiquer

Choisir ses mots avec soin (en fonction du canal de votre interlocuteur, comme dirait Véronique Messager). N’oublions pas de nous mettre à la place de notre interlocuteur : ce que nous voulons dire correspond rarement à ce que nos interlocuteurs veulent entendre !

La communication, c’est aussi un processus bidirectionnel. N’oublions pas l’écoute, en fait, commençons par cela. Une bonne écoute c’est :

  • Absorber de l’information
  • Rester calme et attendre.
  • Encourager l’interlocuteur.

Voilà qui me rappelle la session de Florence Chabanois à l’Agile France 2013.

Leadership

Et ceci me rappelle à nouveau le Fearless Change. On y trouve plusieurs idées:

Aller parler aux sceptiques : comprendre ce qui les retiens est le premier pas vers la compréhension des faiblesses de notre message. De plus les sceptiques ne sont pas des opposants, du moins pas nécessairement. Ils peuvent même s’avérer être à terme vos plus ardents défenseurs.

Plusieurs facteurs peuvent influencer le refus de suivre :

  • La difficulté
  • La permission
  • Le (mauvais) timing
  • Ce n’est de toute manière pas mon idée !

L’exemplarité: Pour inciter les autres à suivre, commencer par faire vous-même. Vous voulez mettre en place un Kanban ? Utilisez déjà un « personal Kanban ».

Traiter les problèmes

Les rétrospective sont là pour les mettre en évidence et dresser des plans d’action. Mais plus encore, rendons les problèmes visibles tous les jours en les affichant !

Ce que j’en ai pensé

Pour être franc, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer pour cette session un peu fourre-tout, avec un fil conducteur un peu difficile à saisir ! Bref, un peu déçu, je l’avoue…

Sébastien Ferron a publié un excellent post sur cette session sur le blog de SOAT.

Pollénisation croisée avec la communauté des designers ?

Pierre Hervouet et Joumana Mattar nous proposaient cette session. Si l’audience était nettement plus réduite qu’avec Rachel Davies, le contenu… eh bien j’ai préféré cette session, voilà !

Pourtant je suis venu sans trop savoir à quoi m’attendre. Mais j’avais aimé la session que Pierre avait animé avec Pascal Van Cauwenberghe à Agile France 2013. Je l’ai donc suivi ici.

Pierre vient ici avec une étiquette « Agile Lebanon », et il venait nous parler du Global Service JAM !

image

Le Global Service JAM, c’est une sorte de Startup Week-end pour les designers : une unité de lieu et d’action pour 48 heures, et pour sortir avec un produit ! Le JAM s’organise sur 3 jours.

1ère journée : Open minder

Au programme : ice-breaker, brainstorming et agile games !
On explore l’espace, on répartit des idées sur une table (cela offre une meilleure circulation qu’un mur) et on met l’utilisateur au centre en utilisant des personas.

A ce stade, on ne sait pas encore ce que l’on va construire !
Une première journée jugée très positive par Pierre et Joumana. Avec un outil atypique : l’unstuck jarre, remplie de questions perturbantes quand on est en panne…

2nd journée

Beaucoup de choses dans cette seconde journée ! En fait tellement d’outils que Pierre et Joumana nous ont distribué un jeu de cartes les rassemblant tous ! Voilà, vous n’aviez qu’à être à cette session !

image

On va donc y trouver pêle-mêle :

  • Get out of the building : à l’image du Lean Startup Machine, pour aller valider son concept dans la rue !
  • Des energizers
  • Le bottleneck game de Pascal Van Cauwenberghe et Portia Tung, pour introduire l’amélioration continue
  • 5 focus steps !
  • La carte d’empathie pour explorer les personas. A l’image de ce que l’on fait en Lean Startup.
  • Le User Journey map pour explorer l’expérience utilisateur via du story telling.
  • Le PoP (prototyping on paper).

3ème journée : stress et deadline

A la fin de cette journée, il faut livrer !

Ce que j’en ai pensé

Beaucoup de choses dans cette session, j’ai la sensation d’en avoir raté la moitié. Au moins ! Cela m’a permis d’explorer un concept que je ne connaissais pas et je repars donc avec pas mal de pointeurs à investiguer !

Si l’aventure du Global Service JAM Libanais vous a intéressé ou intrigué, vous pouvez les retrouver sur leur Blog Tumblr.

Il est bientôt l’heure du déjeuner. En passant, je vois Romain qui termine sa session.

image

Déjeuner

Disons-le tout net : ce ScrumDay est de loin celui qui m’aura laissé la meilleure impression sur cet aspect : on a de la place et plusieurs buffet sont disposés de manière à ce que l’on ait jamais besoin d’attendre très longtemps. Les plats sont diversifiés et de qualité, et l’on peut s’assoir pour converser en même temps que l’on se restaure. Bravo !

image

Profiter de la pause déjeuner pour converser avec les nombreuses brillantes personnes que je peux croiser ici est un luxe que je n’ai jamais eu jusqu’à présent au ScrumDay ! C’est avec Jean-Laurent de Morlhon que je passerais la plus grande partie de cette pause. Le développement (le vrai) est la passion de Jean-Laurent. Aujourd’hui il partage son temps entre les missions de dev orientées « craftmanship », Serpodile la société créé par sa femme et le partage au sein des communautés qui lui tiennent à coeur. Nous retrouverons Jean-Laurent au cours de l’après-midi pour sa session.

image

Je clos ici le premier volet de mon retour sur ce ScrumDay, il ne faudrait pas risquer l’indigestion !

Carnet de route : Le Printemps Agile 2014 à Caen (2/2)

Suite de ma visite au Printemps Agile.

Pause déjeuner !

Je m’en veux un peu : d’habitude je fais 2 ou 3 photos à ce moment-là. Ca fait un peu “ambiance” et ça change des photos des sessions qui finissent toutes par se ressembler… pas de chance, ou plutôt gros oubli de ma part : je n’en ai pas à vous partager !

Pause de courte durée par ailleurs, nous arrivons pour racler les plats … et repartir bientôt vers de nouvelles aventures

Sophrologie avec Céline Desmons

Une session / atelier bien curieuse que celle-ci ! D’abord quelques mots sur la sophrologie.

image

Fondé en 1960 par Alfonso Caycedo, un psychiatre Colombien, il s’agit d’une approche psychocorporelle associant le mental (pensées et émotion) et le corps. Elle s’inspire des techniques orientales telles que le Yoga ou l’hypnose déjà présents dans le Boudhisme Thibétain par exemple. Vous suivez ? Tant mieux, car moi plus tellement…

Céline nous propose une mise en pratique pour prendre conscience de notre corps. Désolé mais malgré les efforts de l’animatrice je m’avoue très peu convaincu…

Un géant peut-il être agile ?

Elodie et Emmanuel, tous deux chefs de projet / scrum masters chez Orange présentaient cet atelier. J’avais fait la connaisance d’Elodie juste quelques heures avan,t en allant chercher Géry à l’hôtel. Elle-même et Christophe Keromen ont ainsi profité du transport.

image

L’exercice du retour d’expérience n’est finalement pas si facile : il faut d’abord rendre cela intéressant, et il faut aussi faire preuve d’honnêteté et d’objectivité. Celui-ci s’en tire plutôt bien et la franchise dont font preuve les deux orateurs est rafraichissante.

image

L’agilité chez Orange

L’agilité chez Orange, c’est une décision du groupe ! Peut-être est-ce pour cela qu’on y consomme tellement de coaches agiles ? Par ailleurs, “agile” ne signifie pas la même chose partout dans le groupe. Voyons ce qu’Elodie et Emmanuel ont à nous dire sur ce qui se passe chez eux.

Les projets, même agiles, tels que nous les présente Emmanuel ont une forte coloration « classique »: on parle de « points de visibilité », de demandes de changements, l’orateur parle même d’effet tunnel !

Ce qui chiffonne plus encore c’est l’identification du PO. On semble en plein syndrome du « proxy PO » qui n’a pas de pouvoir décisionnaire et est en fait un AMOA à l’ancienne ! Le sponsor (le vrai PO) existe mais n’est pas disponible.

Ils ont essayé…

Quand l’environnement est fortement contraint, on en est réduit aux « petites victoires ». Par exemple.

Etre agile dans le cercle interne : Le projet tourne à l’ancienne, mais au moins l’équipe de développement emprunte des pratiques agiles. Il faut dire que l’environnement, il est un peu lourd…

image

Une gestion de changements à deux niveaux. Les demandes de changements étant un peu lourdes (elles sont « à l’ancienne »), on arrive à simplifier la procédure pour les petits changements (alors qualifiés d’agiles).

La « trade-off matrix » : elle permet de partager le niveau de volatilité des différents axes du projet.

image

La check-list pour se lancer, avec:

  • Un kick-off via des jeux
  • La marketing qui présente sa vision et les enjeux. Que se passe-t-il si on ne fait pas le projet ?

La priorisation via le backlog. Avant il y avait les fonctionnalités classées en P0, P1 et P2, donc avec le gros de la troupe classé en P0 et presque rien en P2 ; les équipes sont parvenues à basculer vers un mode « backlog ordonnancé » : belle victoire !

Visiblement

Visiblement, l’agilité est arrivé par le top management (pour quelles motivations ?), déclenchant l’embauche de hordes de coaches. Elle a convaincu au moins certaines équipes. Mais entre les deux, le middle management est bien décidé à résister et à mener (et contrôler) la barque comme avant.

Cela ne veut pas dire que rien n’est possible. Les équipes sont parvenus à progresser sur certains fronts et même à convaincre avec certains outils (les jeux, le management visuel), tandis que d’autres échouent à se mettre en place, comme les rétrospectives.

Break

Dernière pause avant la dernière session et la rétrospective !

image

J’en profite pour alimenter le « mur de la rétrospective ». En fait, Géry et moi n’allons pas retourner dans une session, nous préférons utiliser ce temps-là pour échanger. Je remarque une chose : dans les conférences assez matures, il traine pas mal de monde dans les espaces d’échange pendant les sessions. Les conférences plus récentes voient cette population plus restreinte. A Caen, Géry et moi étions seuls !

Peut-être il y a-t-il ici une opportunité de faire évoluer la formule ? Il y a pas mal d’étudiants sur place, pourquoi ne pas ménager un petit open-space qui serait très bénéfique à cette population ?

Rétrospective

Tout comme l’ice-breaker du matin, voici une nouvelle originalité proposée par la conférence Bas-Normande ! Nous voici de nouveau réunis dans le grand amphi pour une rétrospective animée par Myriam Boure. Jean-Luc a été bien aidé dans l’organisation de ce Printemps Agile. La gentillesse et l’énergie de Myriam ont probablement été parmi les apports les plus remarqués.

image

On s’appuie sur le « mur de post-it » qui était à disposition durant toute la journée. Les points remarquables sont pour moi l’ice-breaker, cette rétrospective mais aussi le concept de « participation libre » qui sont tous trois uniques à cette conférence. Sans compter l’ambiance et le programme ! Le point faible est sans aucun doute le déjeuner. Mais comme chauque édition propose son lot d’améliorations, je ne m’en fais pas trop.

image

Faire une retrospective à 200, ce n’est pas chose aisée. Peut-être faudrait-il envisager une rétrospective par petits groupes comme nous avions fait à Agile Game France ?

Stop ? Encore !

En tant que « local de l’étape », je fais le taxi pour mes confrères. Je dépose Géry et Christophe Kéromen à la gare. Les bretons et le Lyonnais (!) ne reournant dans leurs pénates que le lendemain, nous décidons de terminer cette journée dans un bar sur les quais de l’Orne, où nous rejoignent Jean-Luc et Myriam.

image

Une belle conférence, qui me permet de voir l’Agilité progresser à grand pas à Caen ! Jean-Luc nous promet une nouvelle édition l’an prochain, je la voie déjà prendre de l’ampleur…

On en parle aussi ici…

Le retour De Christophe Keromen, sur le Blog Coactiv

La facilitation en kit

Ce “falititator toolkit” donne de nombreuses clés pour appréhender et focaliser la dynamique des groupes. Plus qu’un simple article, il s’agit-là d’un mini-book regroupant le “best of” des auteurs en matière de facilitation. J’ai apprécié la concision et l’efficacité du propos dans chacune des parties abordées:

Le rôle du facilitateur : en une seule page, les responsabilités et ses challenges !

La dynamique de groupe : elle s’articule autour du modèle de Tuckman, reprends la liste des bons et des mauvais comportements et les schémas d’intervention.Le tout en moins de 5 pages.

Idéation et consensus : on aborde ici le coeur de l’ouvrage et les outils qui le constitue : l’art de l’écoute, le “focused conversation”, “appreciative inquiry”, Le brainstorm, le consensus, le processus d’affinité. On a du mal à se rendre compte que l’on a couvert tout ça en 11 pages !

Les réunions efficaces : On balaye les états d’esprit, la check-list (avant, pendant et après), les rôles et règles et les comportements. J’aurais cru cette partie plus riche, mais là encore ce chapitre ne fait que 6 pages.
Gestion de projet: Une page … dont je ne comprend pas ce qu’elle fait là !
Stakeholders input tools : Elles tournent beaucoup autour du Focus group et un peu autour du Web Survey (plus pour faire la pub d’un outil dirait-on). En 6 pages, c’est quand même bien.

Outils pour collecter et analyser les données : quelques outils sont proposés, ils sont bons à rappeler même s’ils sont assez classiques : check sheet, importance / satisfaction diagrams, analyse causale, diagrammes d’interrelation, analyse SWOT.
Flowcharting: Il est assez curieux de trouver ici ces 3 pages sur les flow charts diagrams ici. Cela a bien peu à voir avec la facilitation proprement dite…

Outils de prise de décision : Sans être mortel, ce chapitre nous donne ou rappelle quelques outils : matrice de critères, analyse “force field”, Notation 0 à 10, matrice impact / effort.

Mesurer les impacts : On est plus ici dans la déclaration d’intention. Ou plus exactement, il s’agit d’introduire le matériel fourni en annexe qui d’ailleurs vaut aussi bien le coup !

Bref un papier remarquable qu’il serait dommage de négliger, même si 2 ou 3 parties sont un peu plus faibles ou n’ont simplement pas leur place.

La plupart des outils sont décrits de manière introductive, voir un peu plus. En fait, ce qui est fourni ici est largement suffisant pour démarrer, mais les auteurs donnent aussi les pointeurs pour aller plus loin !

Bonne lecture !

Agile Game France 2014 en images (2/4)

Reprise de début d’après-midi

Nous nous étions quitté sur la pause de mi-journée, en ce premier jour du 3ème Agile Game France. La reprise en début d’après-midi est toujours un peu compliquée. Un petit “SOS Titanic” pour se remettre dans le rythme ! Cette fois-ci, je suis spectateur.

image

Quand je vous dit que l’on partage pas mal de chaleur humaine !

Fearless journey

Yann Poles nous propose ce jeu issu du livre presque éponyme. Je viens juste d’en faire la note de lecture, quelle chance ! Cela permet de débuter calmement l’après-midi.

image

Nous nous sommes limité à une heure de jeu, c’est un peu frustrant car en fait je l’ai trouvé plutôt bien, et l’animation de Yann plutôt cool ! Le jeu s’est avéré mieux que je ne l’avais pensé de prime abord … même si j’ai très largement perdu. Mais compter les points n’est clairement pas le but de la partie. Définitivement : à essayer.

Interludes

Et pendant ce temps, toujours : d’autres jeux aux quatre coin de l’espace que nous pouvons occuper. D’accord, je n’ai pas noté leurs noms à chaque fois…

image

Dimitri en anime un autre de son côté (toujours pas de nom)

image

Pour contre, j’ai pu participer à cette sorte de téléphone arable dessiné. Je soupçonne que le but était de montrer la dégradation de l’information entre l’idée initiale et l’implémentation finale dans un cycle en cascade ? Manque de bol, le meilleur dessinateur était en bout de chaine, et l’on voit donc des améliorations successives de l’idée initiale qui est non seulement conservée mais mieux représentée en bout de chaine !
Il n’y a pas à dire : le cycle en “V”, c’est de la balle !

image

De son côté, Irène recueille du feedback sur son adaptation d’un jeu de Jurgen Appelo (encore une fois j’ai oublié le nom ; ce doit être l’âge…).

image

Action | Types et MBTI

Frédéric et Fred ont plus ou moins improvisé cet atelier basé sur leur formation Action | Types. Ils y démontraient comment le corps est connecté à l’esprit. Par des interactions parfois curieuses.

image

Ou plus … euh… sans commentaire.

image

L’originalité de ce que Frédéric et Thierry nous proposaient était le raccrochement au modèle MBTI qui, à ma connaissance, ne fait pas partie de l’approche Action | Types au départ !

image

Cette session marathon de plus de 3 heures pouvait aussi se conclure par une session de relaxation. Thierry a franchement donné de sa personne sur ce coup !

image

La crevasse

Bien que le créateur du jeu fut parmi nous, cette “crevasse” présenté la première fois à Agile Game France 2013 s’est jouée sans Olivier Soudieux.

image

Pour ma part, j’avais déjà pu l’expérimenter lors de l’Agile Playground.

image

Fin de journée

Même consacrée aux jeux, cela fait une longue journée. Les discussions autour du repas ont certainement un peu moins d’intensité qu’à midi.

image

Clin d’oeil à Laurent aussi, en passant…

image

Avec Maxence et Agnès, nous parlons adoption du changement et des 36 stratagèmes. J’apprends aussi d’Agnès que le facteur pépondérant d’amélioration qui a été observé expérilmentalement est la conviction des acteurs d’y parvenir ! Voilà qui me donne à réfléchir…

image

Voilà qui clos cette première journée. Je vous retrouve bientôt pour la suite.

Note de lecture : Fearless Change, par Mary Lynn Manns & Linda Rising

Note : 5 ; Où l’on apprend quand même quelques trucs intéressants chemin faisant d’une lecture quand même un peu poussive…

Impulser, réussir et maintenir des changements de pratique ou de culture dans une entreprise est une mission difficile. En fait, cela rate dans la très grande majorité des cas. Les auteurs de langage de patterns (car c’est de cela que l’on parle) ont mené un long et minutieux travail de collecte d’informations, d’interviews et de revue pour produire ce livre. En fait, j’en fus même un peu le témoin car une partie du travail de revue se fit lors de la conférence PLOP 1999 à laquelle je participais (mais pas dans le même groupe de travail).

Pour moi, la mauvaise nouvelle est que ce livre partage les mêmes problèmes que presque tous les livres basés sur des langages de patterns : ils font des livres peu plaisant à lire. En effet, en lecture linéaire, c’est un peu comme lire le catalogue de la redoute. Ca se fait mais il faut être pas mal motivé. Pour en terminer sur la forme, on notera que les patterns présentés utilisent la forme Alexandrienne, donc la forme dite « classique ». C’est un peu comme, en poésie, composer son œuvre en Alexandrins (mon humour est décidément trop fort pour moi !). La taille de chaque pattern varie entre 2 et 8 pages, approximativement.

Après la forme, le fond. Les 250 pages de l’ouvrage sont découpées en 3 parties très inégales. La première partie est assez classique. Elle compte 85 pages et est constitué de 12 chapitres qui sont donc tous très courts.

Après une courte introduction au changement et aux patterns, les chapitres 3 à 12 introduisent les patterns par nature d’usage, c’est à dire en les regroupant par demi-douzaine environ en utilisant la technique du story-telling. Cela rend ces courts chapitres plaisants à lire, mais ils me donnent aussi l’impression fugace de ne pas rentrer au cœur de l’action.

La seconde partie « expériences » est très courte avec ses 14 pages qui présente succinctement quelques cas d’usages (4 en tout) des patterns qui seront ensuite présentés en indiquant la stratégie de mise en œuvre de ces différents patterns. C’est très abstrait, d’autant qu’à ce stade on n’a pas encore passé en revue les patterns en question.

La 3ème partie est de loin la plus volumineuse, elle est la substance du livre : 49 patterns couvrant près de 150 pages classés par ordre alphabétique. Bien sûr, impossible (et inutile) de les lister ici. Voici quelques uns de mes préférés :

  • Brown Bag : Pour créer un environnement propice et ouvert aux idées innovantes dans un climat détendu.
  • Do Food : Encore de la nourriture ! C’est un moyen propice pour transformer le climat d’une réunion et en faire un événement festif !
  • External Validation : Lorsqu’une idée est difficile à faire passer… et qu’elle est mieux écoutée si elle adoubée par quelqu’un d’autre.
  • Local sponsor : Aider l’introduction du changement avec le support d’un manager local.

Bien sûr, il y a d’autres patterns qui m’ont plu. D’autres m’ont paru naïf ou même simplement inutiles. Je pense par exemple à :

  • Just do it : Mettre en œuvre les changements pour pouvoir en parler. Hum !
  • Just say thanks : Ne pas oublier à remercier ceux qui vous ont aidé. Sans blagues ? Heureusement que j’ai un pattern pour ça…
  • The right time : Penser à choisir le moment propice pour mettre en place une action ou parler de quelque chose. Ouais…

Les langages de pattern font rarement des lectures palpitantes. Je l’ai dit au début. Et ce bien que je me considère depuis longtemps comme un aficionado des patterns. La forme Alexandrienne favorise les patterns très courts et limités précisément à une seule idée. Suivant ce cheminement il était inévitable de finir avec un nombre important de patterns, d’où la nécessiter de les « clusteriser » comme cela a été fait en première partie du livre, et c’est évidemment une bonne idée.

Hormis le côté un peu rébarbatif de la lecture façon patterns, la succession des patterns passés en revue me les a fait classer en 3 catégories :

  • Les patterns creux, voir vide de sens.
  • Ceux qui m’ont semblé « juste OK ».
  • Ceux qui ont soulevé un point intéressant, à garder en mémoire pour l’avenir.

La plus large population est la seconde. Sans rendre la lecture désagréable, ils ne donnent pas une substance particulière au livre, tandis que la première catégorie fait un peu « bouche trou ». C’est évidemment la troisième catégorie qui fait le véritable intérêt du texte, et cela concerne une douzaine de patterns, dirais-je. On m’avait dit le plus grand bien de livre, voir plus, et cet écho m’est venu de diverse directions. C’est peut-être pour cela que le texte m’a laissé un arrière goût de déception. Mais cela ne doit pas forcément être votre cas.

image

Référence complète : Fearless Change, Patterns for introducing new ideas – Mary Lynn Manns & Linda Rising – Addison Wesley 2005 – ISBN : 978-0-201-74157-5

Fearless Change: Patterns for Introducing New Ideas

https://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/0201741571?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on

La boite à outil du coach agile

Besoin d’étoffer votre boite à outil de coaching ? Voici des conseils avisés de la part de nos pairs !

Des outils de coaching pour améliorer la dynamique de votre équipe

Cette présentation de JF Hélie et Guillaume Duquesnay a été donnée à Agile France 2012

20 coaching tips in my agile suitcase

Cette fois c’est Yves Hanoulles qui nous délivre une série de recommandations.

Agile coaching workshop

Workshop monté par Craig Smith

Du chef de projet au coach agile

Ces deux vidéos nous ont propos&ées par Lissa Adkins. Il s’agit d’une retranscription d’un workshop donné à Chicogo en 2008 lors d’un Scrum GatherinG

Il s’agit de réflexions à propos de ce que cela signifie réellement de devenir coach agile.

Solution focus

S’intéresser à la solution plutôt qu’au problème et en rechercher les prémisses dans la réalité présente, tel est la ligne directrice du Solution Focus. Vous pouvez aussi vous reporter à la note de lecture que j’avais rédigé sur Coaching Plain & Simple.

Wu Wei Coaching

Je le place ici par pure curiosité. Car en fait, je n’ai toujours pas compris de quoi il retournait ! “Wu Wei” signifie “sans action”. Et en fait, comme il est indiqué à la fin de cette présentation, celle-ci ne vous aidera pas à comprendre ce que c’est !

Coach retreat Parisien

Après en avoir laissé passer deux ou trois (au moins) pour cause d’agenda surchargé, je me suis pris par la main et ai pris mon ticket pour ce premier Coach retreat 2014. Ticket tout à fait bon marché par ailleurs, car Criteo nous hébergeait dans ses magnifiques locaux Parisiens (en plus d’assurer les vivres) et Oana Juncu associée à Adrian Perreau de Pinninck ont accordé bénévolement de leurs temps, leur énergie et leur savoir-faire pour rendre possible cette rencontre.

Les 17 présents sur les 24 inscrits ont, eux, consacré leur samedi à investir sur eux-même pour parfaire leurs pratiques !

Modus operandi

Le coach retreat fonctionne avec quelques règles de base :

  • Une même étude de cas répétée tout au long de la journée (ici 4 fois). A sélectionner parmi quelques unes. C’est le concept de base (le répétition) que Oana a emprunté au code retreat.
  • Un “seeker” qui jouera le rôle du coaché et devra s’approprier la situation. Nous aurons l’opportunité de jouer ce rôle une fois durant la journée.
  • Deux coaches, qui doivent s’efforcer de travailler de concert (pas évident quand on ne se connait pas !) et d’appliquer une technique donnée.
  • Deux à quatre observateurs en position “méta” qui restitueront ce qu’ils voient se passer.
  • Une technique de coaching différente à essayer à chaque session. Durant chaque session, nous formons 3 équipes de 5 à 7 personnes.
  • 40 minutes de session, suivi de 10 minutes de retrospective en équipes et se concluent par 10 minutes de mise en commun.

Au départ !

On commence par sélectionner l’étude de cas que nous avons envie de dérouler. Elles sont affichées dans le hall et on procèdera tout simplement par un “dot voting”.

image

Ce qu’il faut, c’est une situation dans laquelle on parviendra à se retrouver, car il faudra jouer le rôle du seeker à un moment donné. Comme Frédéric, on peut trouver cela Cornélien…

image

Première session

On commence en douceur, sans appliquer de structure de session de coaching proprement dite, mais une technique : celle du “click rewind” qui nous permet d’arrêter le déroulement pour revenir en arrière quand on pense s’être fourvoyé. C’est assez pratique, presque tricher, car c’est impossible à mettre en oeuvre dans une séance de coaching normale. Dans la pratique, nous utiliserons aussi le “click pause”.

image

Le débrief met en lumière deux difficultés, au moins dans notre équipe :

  • Une réelle difficulté d’accorder nos violons à deux coaches avec des approches radicalement différentes.
  • Coacher un “sachant” qui occupe beaucoup le terrain n’est pas évident. Mais c’est la vraie vie.
image

Seconde session

Durant cette seconde session, nous allons mettre en oeuvre une technique promue par Virginia Satir : substituer le “oui, et…” au “oui, mais…”. Autrement dit, substituer à ce qui n’est jamais qu’une négation déguisée, une démarche constructive.

Cette fois, la mise en oeuvre s’avère un peu décevante, malgré un seeker très créatif à habiller la mise en situation. J’ai relevé par exemple :

  • Une difficulté à orienter le coaché vers le “oui, et…
  • Des "solutions” poussées par les coaches assortis de “peut-être…”

Je n’étais pas coach mais observateur cette fois. Mais rien ne dit que j’aurais fait mieux. On fait ici ce qu’on doit faire : s’essayer et découvrir les difficultés auquel il nous faut faire face pour nous améliorer. C’est donc positif.

Le débrief est là pour nous aider à y voir plus clair.

image

Pause Pizza

La pause déjeuner est bienvenue : pizzas et mousses au chocolat au menu. J’en profite pour discuter un peu avec Christopher Mann. J’avais apprécié l’excellent travail de couverture photographique de Christopher lors d’Agile France 2013. Christopher tente de concilier une double activité et une double passion de photographe au travers de son activité Seeeshoot et de conseil informatique, ce qui n’est bien sûr pas facile.

image

Reprise : 3ème session

L’après déjeuner, c’est souvent un moment un peu délicat. Notre solution : nous y remettre tambour battant. Cette 3ème session va nous permettre d’expérimenter une technique plus structurante que les précédentes : l’appreciative inquiry. Dans cette technique, on va se focaliser dans ce qui va bien en menant l’entretien en 4 étapes, également appelé “les 4 D” (mais ça ne marche qu’en Anglais) :

  1. La découverte : Comme es ta vie ?
  2. Le rêve (dream) : Comment ta vie devrait être ?
  3. Design : quelles sont tes options qui pourraient convenir, être suffisamment bonnes ?
  4. Define : Comment y arriver.

Cette fois, je serais le seeker. Une session pas trop mauvaise, mais que nous avons peiné à mener à bout. En fait, nous n’y sommes pas arrivés. Parmi les points que nous avons relevés :

  • Il faut progresser “vers l’avant” sans faire de retours arrières.
  • Notre timing était trop serré, au moins pour cette mise en oeuvre.

Au-dessus des toits de Paris

Nous avions prévus une petite coupure avant la dernière ligne droite. Adrian a eu la bonne idée de nous proposer de monter sur la terrasse pour nous y détendre un peu.

image

Et surtout pour profiter de la vue sur Paris. Jugez-en un peu. Vers le sud-ouest, donc vers la Tour Eiffel.

image

Et vers le nord-est, vers le Sacré-Coeur qui est à un (gros) jet de pierre.

image

Et pendant que les handicapés dans mon genre utilisent benoitement leurs appareils photo, Dov lui, choisit de croquer un dessin…

image

Dernière ligne droite : 4ème session

Cette dernière session met en oeuvre la technique la plus délicate de la journée : le solution focus si cher à mon collègue Géry Derbier.
Le solution focus, c’est un peu le remember the futur. Nous allons le jouer en 4 temps :

  1. Quel est votre situation aujourd’hui ? Sur une échelle de 1 à 10, quelle note donnerez-vous ? Expliquez pourquoi vous êtes (quand même) à cette note ?
  2. A quel note souhaiteriez-vous être demain ?
  3. Imaginez qu’un miracle vous amène à la situation souhaitée pendant la nuit, comment constatez-vous que vous y êtes le lendemain matin ?
  4. Comment les autres constatent que nous sommes dans cette situation.

J’ai binômé en tant que coach pour la seconde fois de la journée sur cet exercice. Succès mitigé.

  • Notre seeker a fait un très bon boulot en adoptant une attitude constructive, mais qui ne nous facilite pas trop le travail.
  • Sans être éblouissant, nous avons progressé correctement sur les 3 premières étapes, voir même la quatrième.
  • Nous nous sommes un peu enlisé pour aider le seeker à trouver son chemin. Paradoxalement, c’est une idée que j’ai poussé en mode assertif, pas du tout façon coaching , qui a le plus retenu l’attention du seeker.

Pour tout dire, la fatigue commençait un peu à se faire sentir, il est temps de conclure.

This is the end

On partage l’expérience de cette journée à tour de rôle avant de se quitter. Pas de retranscription ici, c’est entre nous !

Par contre, vous pouvez regarder ce qu’il est dit sur le “mur des Ah-ah !”

La journée se termine. Nous remercions Criteo pour son accueil mais aussi sa participation, car ils sont 4 à s’être joins à nous ! Adrian pour sa gentillesse et son organisation pou avoir rendu cela possible. Et bien entendu Oana pour son animation, son énergie et sa bonne humeur !

Coaching Plain & Simple, par Peter Szabo & Daniel Meier

Note 7 ; Un texte concis et clair pour parler de coaching bref.
J’aime bien les livres très courts pour 3 raisons :

  • On se voit avancer rapidement vers la conclusion de l’ouvrage.
  • Le format accentue la nécessité d’efficacité du propos. Un point que je suis pas forcément quand is s’agit de rédiger la note de lecture…
  • Et ça me permet de produire une note de lecture à pas cher, sans avoir investi terriblement dans la lecture.

Ici, il est question de coaching bref, cela paraît donc cohérent que le support écrit le soit aussi. En l’occurrence, on parle ici d’une centaine de pages sur 12 chapitres auxquels il faut ajouter une FAQ sous forme d’interview avec les auteurs.
Qu’est-ce que le coaching ? C’est une question reccurente, sutout aujourd’hui quand tout le monde s’auto-programme « coach ». Les auteurs nous donnent 2 clés :

  • L’importance du cadre, et comment il peut sublimer le contenu, par exemple dans le cas d’une peinture.
  • Les 3 clés du coach : la conscience (awareness), la confiance et le choix.

Le chapitre 2 est une sorte de prélude au reste du livre qui est spécifiquement consacré au coaching « solution focus ». Il pose et argumente les 4 postulats sur l’intérêt d’être bref.


Le coaching bref est constitué de conversations qui vont généralement de 1 à 3, guère plus. Les auteurs exposent au chapitre 3 la trame de ces conversations, qui est aussi la trame des chapitres suivants (auquel il faudra quand même ajouter un chapitre sur la prise de contact en amont, et sur le « follow up » en aval) :

  • L’agrément sur le coaching, entre le coach et le coaché.
  • Le futur préféré.
  • L’identification des précurseurs de la solution.
  • Les indices de progrès.
  • La conclusion de la session.

Chaque point est traité de manière très concise, en une dizaine de pages, voir moins, généralement. Le format étant presqu’un format poche, cela donne une idée du condensé que propose chaque partie. Mais il n’y a pas de miracle non plus, le livre permet de faire sentir et comprendre ce que l’on dot faire dans du coaching « solution focus », il donne autant de clé de travail que possible : comment réagir dans telle ou telle situation, quelles sont les questions clé… mais il ne peut se substituer à la pratique. Les auteurs sont clairs et honnêtes sur ce point : il faut apprendre à « danser » avec le coaché.
Ce n’est pas un livre qui se complet dans la théorie pour autant : les auteurs donnent des exemples et travaillent à partir de cela. En fait, le gros du texte est construit autour de l’étude de cas de Mme K., issu d’un cas réel de coaching des auteurs. Une lecture au ratio temps passé / passage de compétence très important !

Coaching Plain & Simple

Référence complète : Coaching Plain & Simple, Solution-focused brief coaching essentials – Peter Szabo & Daniel Meier – W. W. Norton & Company 2009 (V.O. : Coaching – Erfrischend Einfach : Einführung ins lösungsorientierte Kurzzeitcoaching ; Solutionsurfers Gmbh / Weiterbildungsforum 2008) – ISBN : 978-0-393-70593-5

Coaching Plain & Simple: Solution-focused Brief Coaching Essentials


https://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/0393705935?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on