Note de lecture : Sprint, par Jake Knapp, avec John Zeratsky & Braden Kowitz

Note : 7 ; Une approche du prototypage inspérée du Design Thinking et du Lean Startup, clairement illustrée.

« Sprint », cela fait penser à Scrum. Pourtant, ce n’est pas du tout ce dont il s’agit. Il s’agit ici de tester rapidement et réellement des hypothèses, et ce en 5 jours, le dernier étant consacré aux tests d’idées formulées le lundi même ! C’est Google Venture qui a énoncé cette approche, à cheval entre le Lean Startup et le Design Thinking, pour faire converger plus rapidement et efficacement les startups qu’elle incube.

Cet opuscule de 280 pages couvre le déroulement de ces fameux sprints d’une semaine. En fait, 5 des 6 parties que constitue le texte couvrent les 5 jours du Sprint. Seule la première partie « plantez le décors » et ses 3 chapitres totalisant 60 pages sert de préambule. Passé l’introduction, le premier chapitre « le défi » réponds au « pourquoi » de cette démarche : il s’agit bel et bien de tester des hypothèses par le biais de prototypes passés au crible d’un vrai test utilisateur ! A ce titre, l’histoire du robot de Savioke s’avère particulièrement éloquente. Le second chapitre évoque l’équipe : elle doit être pluridisciplinaire et surtout intégrer LE décideur, doté d’un superpouvoir de vote. A quelques détails près on retrouve l’esprit du Design Thinking. Enfin, « le temps et le lieu » fixent les règles du jeu de l’exercice, y compris quelques petites règles destinées à ne pas s’enliser dans la non-décision, car le temps va filer très vite !

La seconde partie est consacrée au lundi ! Ce jour-là doit répondre à quelques questions : quel est l’objectif ? Une question que l’on traitera façon « remember the future ». Ensuite ce sont les questions pour lesquelles on désire des réponses. Cette journée du lundi est vouée à l’exploration et les outils pour cela sont les diagrammes de flux, les notes « HMW » et l’interview d’experts. Tout cela mis à plat, le lundi se conclura par le choix d’une cible. Même enrobé différemment, on reconnait ici nombre d’outils agiles.

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Note de lecture : The Startup Way, par Eric Ries

Note : 7 ; Ou comment institutionnaliser le Lean Startup dans les grandes entreprises.

Pas facile de saisir un second souffle quand on a commis un ouvrage tel que « The Lean Startup ». Le Leader’s Guide qu’Eric Ries a précédemment écrit n’était pas mauvais mais il n’était pas celui-ci. Avec ce texte, l’auteur poursuit deux objectifs : faire écho au « Toyota Way » qui inspire très précisément le titre de cet ouvrage et évoqué le « scaling » du Lean Startup dans une grande organisation. Sur ce second volet, et comme pour le précédent livre, c’est surtout General Electric qui servira de terrain d’illustration.

Eric Ries nous a concocté un tome de belle facture : couverture rigide et un texte articulé en 3 parties, sur 11 chapitres totalisant 350 pages auxquelles il faut rajouter les annexes. La première partie s’intitule « the modern company » et compte 5 chapitres, soit 120 pages environ. Le premier chapitre occupe une vingtaine de pages. Il y est question de « respecter le présent et inventer le future ». Ici l’auteur campe le décor : l’incapacité des acteurs traditionnels à gérer l’incertitude et le rôle du leader. L’auteur met en contraste les entreprises modernes et classiques. Pour se faire, Eric Ries revient à ce qu’il connait bien : raconter des histoires.

Le second chapitre compte également une vingtaine de pages. L’auteur y introduit son thème préféré : le rôle de l’entrepreneur (ou intrapreneur) au sein de l’entreprise : il s’agit d’une fonction orthogonale aux services transverses de l’entreprise. Toujours sur 20 pages, le chapitre 3 s’inscrit en direct continuité : comment introduire l’état d’esprit startup au sein même de l’entreprise ? Cela implique une vision et des indicateurs associés mais aussi inscrire l’entreprenariat comme une cheminement de carrière.

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Note de lecture : Faites vous-même votre malheur, par Paul Watzlawick

Note : 6 ; Une étude profonde et pertinente menée sous le couvert du sarcasme.

Ce livre est un essai, dans les deux sens du terme. Un essai par la taille du livre et par la forme : juste 115 pages en format de poche, au style volontairement sarcastique. Un essai aussi pour moi, car cela fait un certain temps que j’entends parler de Paul Watzlawick et de l’école de Palo Alto.

Cet opuscule est à prendre au second degrés et il faut lire entre les lignes les messages acérés de l’auteur sur le comportement humain, à savoir (et cette fois très sérieusement) sa capacité à fabriquer lui-même son malheur. On notera au passage :

  • La capacité d’autosuggestion, qui nous permet de fabriquer des postulats, s’appuyant eux-mêmes sur des postulats entre-temps transformés en certitudes !
  • Les conduites d’évitements, qui transforment coïncidences en corrélations, grâce à notre cécité sélective.
  • Toujours grâce à notre cécité sélective, les prédictions auto-vérifiantes, qui nous permettent de dramatiser à l’excès les évènements.

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Note de lecture : Les mots sont des fenêtres, par Marshall B. Rosenberg

Note : 10 ; Quand la CNV se révèle être bien plus qu’une technique de communication et l’auteur nous partager sa propre expérience de ce savoir-être. Book of the year 2017 !

Cela fait maintenant quelques années que je croise la route de coaches me parlant de CNV. Ce livre est le classique de cette technique, et c’est bien ce que je pensais avoir entre les mains : un livre détaillant cette technique. Oui, mais en fin de compte, pas seulement.

Le livre ne paie pas de mine, le format réduit compensant les 300 pages, au total il ne s’agit pas d’une lecture volumineuse. On appréciera le découpage en 14 chapitres qui donne un bon rythme à lecture. Il faut y ajouter préface et épilogue que l’on aurait bien tort d’oublier. Justement, le premier indice est la préface à la seconde édition « les leçons de mon grand-père ». Un titre peu avenant, sauf que le grand-père en question est le Mahatma Gandhi !

Au premier chapitre, on s’attend à trouver une vue générale du processus de la communication non-violente. On y trouve bien une description des 4 composante, mais le titre même du chapitre « l’élan du cœur » donne le ton : c’est d’attitude, de comportements fondamentaux dont il sera question. Le texte est délibérément rédigé à la première personne et fourmille d’histoires personnelles de l’auteur. C’est bien notre cœur que l’auteur veut toucher, et il y parvient.

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Note de lecture : Les six chapeaux de la réflexion, par Edward De Bono

Note 7 ; Un excellent outil de facilitation et un très bon texte, auquel il manque hélas un aspect de mise en pratique.

Edward de Bono ne tari pas d’éloge à propos de sa méthode qu’il considère pratiquement comme l’une des créations majeures du 20ème siècle. Sans aller jusque là, l’approche de la pensée parallèle a d’excellente vertus par rapport à la confrontation et l’argumentation qui ressemblent trop souvent à des jeux à somme nulle !

Le livre est très vite lu : un format réduit et 200 pages saucissonnées en 43 très petits chapitres y contribuent. 3 chapitres introductifs et un dédié à la conclusion encadrent l’essentiel de la prose regroupées en 6 six sections : une par chapeau. Les 3 premiers chapitres font un peu « dépliant publicitaire ». Toutefois, le premier éclaire bien sur la notion de pensée parallèle que l’auteur oppose à l’change argumenté de Socrate. Et le second nous donne un tour d’horizon fort correct de la signification des chapeaux.

On commence avec le chapeau blanc, celui des faits et des chiffres. Il requiert de l’impartialité, des questions précises excluant toute interprétations. L’un des mérites du chapeau blanc est de séparer l’opinion des faits : il y a d’autres chapeaux pour partager une opinion ou faire part d’une croyance.

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Note de lecture : Spring Microservices in Action, par John Carnell

Note : 7 ; Il reprend là où « Spring Boot in Action » s’arrête…

Effectivement, « Spring Boot in Action » m’avait laissé sur ma faim. C’est essentiellement parce qu’il se focalisait sur la construction d’une application MVC, nous laissant un peu démuni sur la construction d’un serveur Rest, qui constitue pourtant l’un des cas d’usage nominaux. C’est bien sur ce cas d’usage et pas un autre que se focalise ce volume. Mais il va plus loin en couvrant l’intégralité de l’architecture microservices grâce à la stack Neflix et à son intégration dans Spring.

Je commence à froncer les sourcils à partir de 300 pages, mais les 350 de celui-ci se digèrent assez bien, malgré des chapitres aussi en moyenne plus volumineux que ce que j’apprécie généralement : ce volume en compte 10. Les 35 pages de l’introduction s’avalent très bien, on y a droit à une vue générale de l’architecture des applications microservices avec Spring Boot. C’est à la fois plus concret que ce que l’on croise généralement et aussi fort bien illustré, une constante du livre. Certes on n’a pas produit de code (mais l’auteur nous en dispense des fragments) mais on a un plan précis de ce qui nous attends.

La trentaine de pages du chapitre 2 nous amène vers le « hello world » du microservice et même un peu plus loin avec un certain nombre de considérations liées au déploiement. Tout cela s’avale très bien et on peut déjà se salir les mains avec succès. Cela dit, moi j’aurais fait deux chapitres… C’est également une trentaine de pages qui nous attends avec le chapitre 3, où l’on prend de plein fouet la stack Netflix, plus exactement, Eureka, à partir duquel l’auteur nous amène à construire un serveur de configuration. L’architecture de déploiement prends soudain beaucoup plus de complexité, mais c’est somme toute le destin des architectures microservices.

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Note de lecture : Building Microservices, par Sam Newman

Note : 7 ; La promesse tenue d’un tour d’horizon ni trop technique, ni stratosphérique.

Cet ouvrage est déjà la référence sur l’architecture Microservices, donc de fait un préalable à mes autres lectures sur le sujet ! Le texte en lui-même est de taille moyenne, avec 250 pages structurées en 12 chapitres. Le propos n’est pas de rentrer ici dans des arcanes techniques, mais de rester à un niveau architectural concret, mettant en œuvre des patterns spécifiques à ce type d’architecture. C’est donc un bon deal.

Le premier chapitre est assez succinct et reste à très haut niveau : pourquoi fait-on des microservices ? Quelles en sont les propriétés principales ? Quels sont les bénéfices attendus ? Si l’on ne retrouve pas le thème de l’hétérogénéité technologique ailleurs (une propriété pourtant importante), les autres se retrouvent égrenés au long des autres chapitres : résilience, scalabilité, alignement sur l’organisation, facilité de déploiement ou de remplacement et composabilité. Le chapitre 2 est plus inattendus, car il s’intéresse au rôle de l’architecte. Un rôle bien mal défini et qui n’a rien à voir avec le rôle des architectes certifiés du génie civile, comme le fait remarquer l’auteur ! C’est en tant que « architecte évolutionnaire » que Sam Newman conçoit ce rôle, à cheval entre la vision et la gouvernance (zoning du domaine, alignement stratégique), mais aussi humain à travers la capitalisation de pratique et la collaboration avec l’équipe. Au final un chapitre qui est une heureuse surprise.

Le chapitre 3 est court d’une dizaine de pages : comment modéliser un service. Ici, l’auteur fait un lien naturel avec les « bounded contexts » du Domain-Driven Design. Mais il évoque aussi un sujet que l’on retrouvera plus loin : le découpage en microservices se fait par split de services ou applications de plus forte granularité. Le chapitre 4 est lui le plat de résistance de l’ouvrage : l’intégration ! J’en retiens plusieurs éléments : tout d’abord la mise en œuvre de chorégraphie distribuée via des évènements plutôt qu’une orchestration centralisée. Des appels synchrones qu’il faut rendre simples et agnostiques. Si je ne suis pas d’accord avec l’avis de l’auteur pour qui SOAP est protocole dépendant et REST protocole indépendant (désolé, mais c’est l’inverse), je trouve intéressant son appréciation de XML par rapport à Json, qui n’est pas dans l’air du temps. Bien sûr qui dit asynchronisme des évènements dit transaction distribuées ou mécanisme de compensation, des sujets ici tout juste évoqués, tout comme le versionning sémantique.

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Note de lecture : Le Pouvoir des habitudes, Charles Duhigg

Note : 8 ; Une saga aussi bien écrite que puissamment documentée sur les neuromécanismes des habitudes.

Charles Duhigg est journaliste, lauréat du Pulitzer qui plus est. Cela se ressent dans le style très percutant texte. L’auteur explore un aspect simple du comportement humain : la plupart de nos actions sont gouvernées par des habitude. Si ce n’était pas le cas, nos actions seraient sans cesse paralysées par la nécessité de prendre des décisions réfléchies pour les choses les plus simples. Mais ces actions ont aussi des effets collatéraux bien plus importants sur notre mode de vie. Donc changer les habitudes clés permet des changements radicaux. Le texte va investiguer le sujet à 3 niveaux : le niveau individuel, celui des entreprises et enfin au niveau sociétal !

La première partie est consacrée aux habitudes individuelles. L’auteur s’appuie sur deux histoires essentiellement : la (triste) histoire d’Eugene Pauly et celle du fonctionnement des alcooliques anonymes ! Ce que nous enseigne ces deux histoires et que confirme les analyses en IRMf, c’est que notre cerveau se « met en veilleuse » quand il détecte le déclencheur d’une habitude. Ici, l’auteur nous expose le grand pattern de son ouvrage : le cycle « déclencheur – routine – récompense ».

Pour changer ses habitudes, l’auteur nous montre la manière dont on peut substituer une routine différente à un même déclencheur aboutissant à la même récompense. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire et cette substitution doit être épaulée par des mécanismes de renforcement, comme celui que confère les groupes de soutien pour les AA.

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Note de lecture : Streaming Data, par Andrew G. Psaltis

Note : 7 ; Data Streaming Distiled !

Le livre est réellement une bonne surprise. Il attaque la question du streaming par l’architecture. L’auteur a son opinion sur la question et nous propose sa vision de celle-ci dès son chapitre d’introduction. Les composants de cette architecture formeront la trame de la première partie du texte.

Passé le chapitre d’introduction sur l’architecture générale, le second chapitre adresse le volet « ingestion ». La bonne surprise est de voir l’auteur l’aborder sous l’angle des patterns avec leurs avantages te leurs faiblesses plutôt que de plonger dans des considérations techniques. Au-dessus de cela le texte s’arrête également sur la tolérance aux pannes avec d’autres patterns de gestion de logging précieux et clairement expliqués.

C’est au data pipeline, donc au Queuing que s’intéresse le chapitre 3, en commençant par exposer son utilité face aux variation de production et au besoin d’élasticité du scaling. Les 3 sémantiques de gestion de message sont bien adressées. J’ai cependant trouvé que le propos reprenait des éléments vraiment très élémentaires mais ne rentrait pas des problématiques telles que la sécurité (l’auteur nous renvoie vers un ouvrage de référence). Là encore les problématiques de tolérance aux pannes spécifiques à cette couche sont bien détaillées.

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Note de lecture : Scrum 4ème édition, par Claude Aubry

Note : 6 ; Le texte progresse, mais pas assez et surtout pas assez dans la bonne direction pour moi !

Mon principe de base est simple : pour une nouvelle édition, si le texte ne progresse pas, la note baisse ! Pourtant du changement, il y en a et oui, j’ai fait baisser la note. Que s’est-il passé ?

Le volume de l’ouvrage n’a guère changé : 294 pages contre 291 pour l’édition précédente. Mais le découpage est passé de 20 à 22 chapitres, ce qui augure de l’ampleur des changements.

Le premier chapitre est passé de 10 à 14 pages avec un contenu complètement revu en bien, il fait d’ailleurs référence à ma présentation « Scrum Shu Ha Ri » et est moins méthodologique que dans l’édition précédente. Même taille pour le chapitre 2, mais lui aussi profondément remanié. Le concept de Sprint est mieux abordé mais il n’y a guère de différence sur le fond. Notamment, il y a ce concept de release dont je pense qu’il serait temps de le laisser tomber. Nous y reviendrons.

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