Note de lecture : Reinventing Organizations, par Frédéric Laloux

Note : 8 ; Riche et passionnant (malgré des répétitions), mais un peu trop « Hare Krishna » pour moi…

Difficile d’échapper au monument de Frédéric Laloux quand on parle d’entreprises libérées. Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de recherches de la part de l’auteur. C’est ainsi qu’il a imaginé un modèle de stades évolutifs des entreprises allant du rouge (et même de l’infra-rouge) à opale. Le texte analyse, en s’appuyant sur de nombreux exemples, le passage entre ces différents stades évolutifs. Mais c’est surtout le dernier stade évolutif, opale, qui retient l’attention de l’auteur à partie de la seconde partie de l’ouvrage.

Le texte en lui-même est assez conséquent : il compte plus de 450 pages structurées en 3 parties totalisant 15 chapitres. A cela, il faut ajouter une solide introduction sur les origines du livre et les recherches qui l’ont soutenu et 4 annexes. La première partie est dévolue au passage des différents stades évolutifs. 65 pages lui sont consacré sur 3 chapitres. Le premier chapitre s’attache aux progressions entre stades évolutifs depuis le stade infra-rouge (réactif) au stade vert (pluraliste). Pour définir ces différents stades, c’est sur les paliers d’évolution des sociétés humaines que s’est appuyé l’auteur. Un parallèle tout à fait intéressant qui aide à appréhender ces paliers.

Le second chapitre est plus court et se focalise sur les passages entre stades. Des passages qui sont autant de ruptures et même de crises. Le facteur déterminant des passages de ces ruptures, c’est le dirigeant, sa capacité, sa volonté et souvent son courage de décider de faire autrement en faisant un pas vers l’inconnu. Le dernier chapitre de cette première partie est dédié aux organisations opales. Cela commence légèrement à sentir la consommation de substances prohibées quand l’auteur parle de « sagesse au-delà du rationnel » et de « quête de soi ». Mais intéressant quand même.

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Note de lecture : Leadership sans égo, par Bob Davids, Isaac Getz & Brian M. Carney

Note : 5 ; L’entreprise libérée colorée à la pensée capitaliste.

Tout d’abord, deux mots des auteurs. Le teneur principal des propos, c’est Bob Davids. Il apparait dans « Liberté & Cie » car il est le fondateur de Sea Smoke évoqué dans l’ouvrage. Bob Davids n’est toutefois pas l’un des rédacteurs, ses propos sont issus de plus de 100 heures d’interviews avec Isaac Getz et Brian Carney.

Ce livre est un abécédaire. C’est un format peu conventionnel, mais nous l’avons déjà rencontré : c’est le format qu’avait adopté Robert Townsend dans « au-delà du management » (Up the organization). De fait, Bob Davids est un disciple de ce dernier. Robert Townsend était même chairman du conseil d’administration de son avant-dernière entreprise, Radica, qi’il avait implanté en Chine. D’ailleurs, bien qu’il ait été aux commandes de 5 entreprises durant sa carrière (Bob Davids est maintenant à la retraite, aux Bahamas), ce sont uniquement les deux dernières, Sea Smoke et Radica dont il est question. Occasionnellement, il reviendra sur les premières heures de son parcours professionnel où il fut Designer industriel, notamment chez Général Motors.

Il n’y a pas de chapitres à ce livre, je vais donc me contenter de picorer quelques réflexions au long de cet abécédaire. Tout d’abord, l’entrée « Café » où il met en exergue deux axes forts : être respecté et faire preuve d’équité. Ce dernier point est souvent en tension avec le désir d’être aimé, mais Bob Davids troque « aimé » contre « équité ».

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Note de lecture : Host Leadership, par Géry Derbier & Laurent Sarrazin

Note : 5 ; Un style plus “coach” que captivant.

Ce petit livre en français se veut le complément (mais pas le remplaçant) du texte de Mark McKergow. Petit il l’est avec ses 139 pages sur 12 chapitres (hors annexes). Le fil du livre entrelace deux contenus. Le premier est narratif et s’appuie sur l’histoire d’une invitation à une randonnée dans le beaujolais par Emmanuel. Le second fil nous est proposé par les auteurs sur un thème plus pratique, en mode coaching.
Pratique, l’ouvrage l’est par les nombreuses sollicitations sous forme de questions et les exercices pratiques qui viennent ponctuer la lecture. La formulation en « mode coaching » rend de mon point de vue la lecture moins agréable que s’il s’était agi d’une conversation plus intime avec le lecteur. Mais la substance est là.

Le volet narratif nous réserve des remarques intéressantes sur le vécu de la posture d’hôte. Toutefois l’illustration par la randonnée dans le beaujolais est trop allégorique pour moi. Le Host Leadership est déjà une métaphore. J’aurais aimé que le texte nous illustre plus clairement comment cela prend forme dans le cadre professionnel. Certes, cela est évoqué dans la partie « pour managers et équipe », mais il est dommage d’attendre la page 93 pour obtenir l’illustration pour laquelle nous sommes venus…

La grande qualité du livre réside dans l’efficacité de son propos : chacun des 6 rôles et des 4 places sont décrites chacun en quelques pages. Un bon point pour la section « les mouvements » qui nous permet bien d’identifier pour chacun des 6 rôles les interventions et les mises en retrait. Par contre je suis moins fan des sections « #pausezvous ». Elles n’ont pas à l’écrit le même impact qu’en coaching live, je trouve.

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Note de lecture : Le patron qui ne voulait plus être chef, par Alexandre Gérard

Note : 8 ; Un petit livre explosif qui n’a pourtant l’air de rien !

Il ne paie effectivement pas de mine ce petit ouvrage au format de poche comptant à peine 220 pages. Il comte l’expérience du PDG de Chrono Flex ou plutôt du groupe Innov’On tel qu’il l’est devenu, vu de sa lucarne.

L’ouvrage s’articule en 4 parties et compte au total 17 chapitres. Ces derniers servant surtout à rythmer la lecture. La première partie couvre une cinquantaine de pages, soit 5 chapitres. Cette première partie relate l’histoire personnelle de l’auteur, le dirigeant et créateur de Chrono Flex. C’est haut en couleur, avec de l’échec scolaire gratiné, la création d’une entreprise aux antipodes de ce qu’il pensait faire, une croissance formidable avec l’essaimage d’autres entités… Cette partie nous fait toucher du doigt la personnalité d’Alexandre Gérard où se voient les prémices de la libération, mais dans le même temps une mise en place de structure pyramidale. Jusqu’au moment où tout s’effondre en 2009. Il n’est pas question de faux-semblants dans cette partie ou d’édulcorer la réalité. Cette partie se conclut sur un moment charnière : la révélation avec la rencontre avec Jean-François Zobrist.

La seconde partie Couvre seulement une quarantaine de pages, sur 3 chapitres. C’est au sein de celle-ci que nous est comptée l’histoire de la transformation de Chrono Flex. C’est un long chemin qu’a entamé l’entreprise et son fondateur. Celui-ci a dû travailler sur lui à l’aide d’un coach pour comprendre l’impact de sa posture, puis changer celle-ci. Il a fallu construire un Vision à l’entreprise, une raison d’être, avec tous ses salariés. Puis abandonner les signes de pouvoir, aussi bien externes qu’organisationnels. Ensuite il a fallu lancer des chantiers au niveau de l’organisation et faire émerger des leaders, les « capitaines » de petites entités régionales pendant que les anciens managers allaient devoir se réorienter. Tout cela aidé de coaches et de facilitateurs. C’est le « grand saut en parachute ». Enfin le plus grand saut : Alexandre Gérard a abandonné la barre du navire pour faire le tour du monde avec sa famille durant 1 an ! Une odyssée passionnante que l’auteur nous fait vivre de l’intérieur.

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Note de lecture : Parler en public : TED: le guide officiel, par Chris J. Anderson

Note : 7 ; Les guidelines des conférences TED et l’inspiration de leurs orateurs, mais pas de recette magique !

Pas de recette pour devenir un bon orateur ? Vraiment ? En effet, et c’est une bonne chose. Cet ouvrage qui recèle tout ce que Chris Anderson a à dire pour délivrer une excellente conférence TED nous livre quand même une excellente boite à outil. Nous parlons ici de conférence TED, car on se concentre exclusivement sur ce format dont la propriété essentielle est la durée : 18 minutes maximum.

L’opuscule que nous tenons entre les mains rappelle le guide Michelin par son format et noircit 340 pages structurées en 5 parties au sein desquelles on trouve 21 chapitres. Je parle de « noircir » car le contenu est exclusivement textuel. La première partie, « les bases » va nous occuper sur un peu plus de 50 pages totalisant 4 chapitres. Le premier chapitre nous rappelle que s’exprimer oralement est à la portée de tous, illustré par le défi de Monica Lewinsky ou de Richard, jeune guerrier Massaï venu exposer sa trouvaille pour éloigner les lions ! Le second chapitre est consacré à l’idée : trouver l’idée qui mérite d’être partagé, la développer mais aussi la rendre accessible dans un langage accessible sans être abêtissant. La performance n’est pas tout : le langage compte et il faut le travailler.

Chris Anderson se débarrasse au chapitre 3 de 4 types d’interventions à proscrire : les bonimenteurs, qui viennent vanter leurs mérites ou ceux de leur entreprise, les delayeurs, qui se perdent en vaines considérations, le pensum qui perd de vue l’objectif de l’intervention et les « inspirationalistes » qui sont plus des prêcheurs que des orateurs et en font trop. Cette partie se conclut par le fil conducteur. Celui-ci nous ramène aux fondements du story-telling, nous obligeant à choisir une accroche et à faire des choix sur ce dont nous voulons parler.

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Note de lecture : Alerte sur la banquise ! par John Kotter & Holger Rathgeber

Note : 7 ; Une fable courte mais bien emballée pour nous approprier la démarche de changement en 8 étapes de l’auteur.

Cet opuscule a pratiquement la forme d’un livre pour enfant. Même la lecture pourrait le laisser penser. Pourtant cette fable simple mettant en scène des manchots devant quitter leurs icebergs et vaincre ainsi leurs freins au changement mets parfaitement en images les 8 étapes du changement proposées par l’auteur :

  1. Créer le sentiment d’urgence : notre iceberg est en train de fondre ! Fred rend cela visible avec une maquette qui rend visible le phénomène, mieux qu’un discours.
  2. Réunir l’équipe de pilotage : Fred, Alice, Louis et les autres ne sont pas seulement engagés dans l’action, ils sont aussi complémentaires.
  3. Développer la vision et la stratégie du changement : C’est Chouchou qui s’y colle, en racontant à quoi ressemble la vie de nomade, comment cela se passe. Louis pour sa part amorce le premier pas en lançant les éclaireurs.
  4. Communiquer pour faire comprendre et adhérer : C’est rallier à cette cause les membres de l’organisation. Pas seulement en « faisant passer des messages », mais par l’écoute et surtout en leur permettant d’être acteur du changement. Comme Rosalie, dans la fable, avec la « journée des héros ».
  5. Donner aux autres le pouvoir d’agir : Dans cette histoire, ce sont les éclaireurs qui identifient le prochain Iceberg à coloniser. Ce sont d’autres encore qui vont organiser la migration.
  6. Produire des victoires à court terme : Identifier le prochain lieu de vie de la colonie, c’est un achèvement que les pingouins fêtent en décorant leurs « héros ». Cela permet de ne pas s’essouffler par rapport à une finalité qui peut sembler lointaine.
  7. Persévérer : Après la première vague d’éclaireurs, il faut organiser la seconde. Quelles actions pouvons-nous faire pour nous libérer du temps afin d’en consacrer plus au changement ?
  8. Pérenniser : L’aventure a créé de nouveaux comportements et de nouvelles aptitudes. Comment les entretenir afin de ne pas retourner dans la routine initiale ?

Ce livre se lit en une demi-journée. Il est remarquable que cette fable, simple et ludique parvienne à véhiculer aussi efficacement le framework de changement que nous propose John Kotter. Une lecture agréable et un excellent ratio temps passé / enseignement.

Alerte sur la banquise ! par John Kotter & Holger Rathgeber

Référence complète : Alerte sur la banquise ! – John Kotter & Holger Rathgeber – Pearson France 2018 (V.O. : Our Iceberg Is Melting ; Portfolio Penguin 2017 ; ISBN : 978-0230014206) – ISBN : 978 2 7440 6697 9

Note de lecture : L’entreprise libérée, par Isaac Getz

Note : 7 ; De l’entreprise libérée au leadership libérateur : inspirant, mais que de répétitions !

Ce livre, c’est un peu l’after de « Liberté & Cie ». La forme est différente ici, car si l’objectif de l’ouvrage est clair, mettre l’accent sur le « leader libérateur » comme moteur de l’entreprise libérée, ce n’est pas un texte spécifiquement écrit pour ce volume que nous avons là, mais un ensemble de textes et d’articles rassemblés. Si ce point est évoqué, il n’est pas non plus complètement assumé, et l’auteur parvient assez bien à gommer ce point à une exception notable près.

L’ouvrage pèse un peu moins de 480 pages d’une lecture très agréable. Les textes sont regroupés en 7 chapitres. Le premier d’entre-eux concerne le leadership libérateur comme moteur de la libération des entreprises. Ses 90 pages sont les plus intéressantes du livre, à mon avis. L’auteur y revient sur l’histoire de l’entreprise libérée, celle-ci remontant à Bill Gore en 1958, puis Douglas McGregor et d’autres « libérateurs de 1ère génération ». Puis on évoque naturellement les libérateurs de 2ème et 3ème génération. Ce qui forme le cœur de ce chapitre, c’est le profil du « leader libérateur » et les conditions nécessaires pour réussir cette transformation. Et la méthode ? Il n’y a pas de méthode ! Mais il y a la nécessité de définir une réelle finalité de l’entreprise, ce que l’auteur appelle la « vision-rêve ».

Le second chapitre « l’entreprise libérée est une philosophie » nous apporte nettement moins de matière neuve. J’en garde 4 éléments clés : tout d’abord le moment « eurêka » du leader-libérateur, soit de l’admiration ou de l’exaspération (avec une préférence pour le second) et le modèle d’entreprise de McGregor, comme source de motivation intrinsèque. Ensuite, les défis du leader libérateur qui doit se libérer de son égo et partager une vision de son entreprise, et enfin le nécessaire « saut en parachute » qui va rendre inéluctable la démarche.

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Note de lecture : L’art de devenir une équipe agile, par Claude Aubry, illustré par Etienne Appert

Note : 8 ; Une réussite !

Je pense qu’à un moment donné, Claude Aubry en a eu marre d’être enfermé dans Scrum. Au bout de 5 éditions de son best-seller, on le serait à moins. Ici c’est de culture agile dont il est question (bien que le cadre s’appuie très fortement sur Scrum).

Le format de l’ouvrage est atypique : la taille est large mais ne compte que 170 pages, bien que le grammage du papier laisse penser qu’il en contient 250. L’impression est bichromique, mais surtout les illustrations d’Etienne Appert se taillent la part du Lion. On aurait presque l’impression de lire « Martine s’essaie à l’agilité ». Si le texte de Claude forme la portion congrue (bon j’exagère un peu), il a en fait déployé tout son talent, car on savait déjà qu’il savait écrire, pour condenser son propos en peu de mots sans qu’il en coûte en fluidité de lecture. Un magnifique tour de force !

Le texte compte 7 chapitres et débute par une question cruciale : pourquoi devenir agile ? On y parle valeurs et principes, raison d’être et sens, le tout saupoudré d’un peu d’historique. Mais on y évoque aussi le faux-agile et une démarche pour réellement devenir agile s’appuyant sur l’agile fluency. Le tout est abondamment illustré, d’images mais aussi d’exemples, avec les « lapins agiles ». C’est excellent.
Le second chapitre aborde la question cruciale de l’équipe. Et l’auteur de nous proposer l’acronyme TAPIS pour résumer les propriétés d’une équipe agile. Claude Aubry aura été très créatif en acronymes tout au long du livre et ils sont très bons. Claude, c’est un peu notre Mike Cohn français. L’auteur s’appuie sur Scrum pour aborder les rôles dans l’équipe, alors même qu’il nous avait dit qu’il serait agnostique. L’angle se défend car l’alternative serait d’être trop abstrait. J’aurais aimé deux mots sur « compétences versus rôles », mais j’accorde un bon point à la section consacrée à la confiance. Encore une fois le chapitre est remarquable de clarté et d’efficacité, mais c’est vrai pour tout le livre.

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Note de lecture : Production-Ready Microservices, par Susan J. Fowler

Note : 4 ; Une vue bien trop généraliste des microservices depuis un point de vue « ops ».

J’étais impatient d’entamer la lecture de ce petit volume (il compte 130 pages pour sa partie principale). En effet bien qu’il s’agisse d’un texte de plus sur les microservices, il le fait avec une optique « ops » sous la plume de Susan Fowler, à l’époque SRE chez Uber. Dès l’avant-propos, l’auteur nous prévient : on ne rentrera pas dans les détails ici qui nous conduiraient trop loin. Il s’agit de poser les principes généraux et génériques qui permettent l’opérabilité d’une architecture microservices.

Pour mener à bien cette mission, le livre est découpé en 7 chapitres plus 2 annexes. L’entrée en matière s’intitule sobrement « microservices » et pèse 25 pages. Elle ne détaille pas les principes d’un microservice à la Sam Newman. Ici, il est plutôt question de scaling et surtout de présenter le modèle en 4 couches de l’écosystème microservices, qui servira de trame aux différents chapitres. Le chapitre 2 construit pour sa part la structure des chapitres restant, en évoquant la notion de « production ready ». Pour Susan Fowler, cela regroupe un ensemble de propriétés : stabilité, fiabilité, scalabilité, tolérance aux pannes, performance, monitoring et documentation. C’est déjà ici que l’on perçoit le regard du SRE : l’auteur prône la standardisation en toute chose ! Certes, elle évoque la promesse d’hétérogénéité prônée par l’approche microservices mais préfère refermer celle-ci au nom de l’opérabilité !

Le chapitre 3 s’attaque à la stabilité et à la fiabilité, les deux premières propriétés évoquées au chapitre précédent. La cible du propos est d’abord la standardisation des cycles de développements et du pipeline de déploiement. Bien que le terme « standardisation » me donne des frissons, j’appuie le propos développé ici. Un bon point pour le développement des environnements de stagging, partiel ou complet que je trouve pour la première fois bien évoquées ici. Scalabilité et performance sont au menu du chapitre 4. Le propos reste très général sur la notion de scaling, abordant les aspects qualitatifs et quantitatifs, ainsi que la gestion des ressources contraintes. Le capacity planning est brièvement abordé, j’attendais mieux d’un livre labellisé ops. L’efficience du modèle de tâches, du choix du langage ou des caractéristiques des bases de données sont tout autant mentionnées. Un chapitre décevant et frustrant.

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Note de lecture : The Cathedral & The Bazaar, par Eric S. Raymond

Note : 5 ; Un texte historique, mais qui a mal résisté à l’assaut du temps

Voici un livre assez court : environ 200 pages en petit format. Il tire son titre du premier essai de ce volume qui en compte 4. J’ai parié l’avoir fini rapidement, j’aurais perdu !

Le premier essai est une sorte de mise en bouche : « a brief history of hackerdom » compte seulement 19 pages. Ce prologue retrace l’histoire des hackers ou des « real programmers » auxquels l’auteur les assimile. Le vrai hacker refuse de se laisser enfermer dans une logique de vendeurs. Ainsi Eric Raymond ancre cette culture au début des années 60 au MIT avec le rejet du PDP-1. A la fin des années 60, puis au début des années 70, ce sont Arpanet et Unix qui seront le vecteur de cette culture. Cette première vague sera émoussée par les Unix propriétaires (et Microsoft, l’incarnation de Satan pour l’auteur), pour renaitre avec Linux et l’explosion du Web.

La cathédrale et le bazar est un article long de 42 pages consacré à l’open-source. Il ne se lit pas aisément. C’est la révolution Linux qui a inspiré cette métaphore à l’auteur, une révolution sociale plutôt qu’une révolution technique qui permit d’amener l’open-source à un niveau d’échelle qui ne semblait pas imaginable. Mais les deux tiers de cet article sont consacrés à l’un des projets open-source majeur de l’auteur et des enseignements de son histoire : Fetchmail. Ce sont 19 enseignements qui nous sont distillés au fil des pages, concernant aussi bien l’implication de la communauté, la manière de penser le design et de réutiliser le code que sur la manière de de faire émerger la roadmap. Finalement l’auteur analyse les conditions nécessaires au succès.

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