Note de lecture : Le triangle pédagogique, par Jean Houssaye

Note : 3 ; Pontifiant voir pédant, mais intéressant pour le seul premier chapitre

Le triangle pédagogique est l’une des bases de la pédagogie moderne. C’est aussi le titre de cet ouvrage et c’est la raison pour laquelle j’en ai fait l’acquisition. Le livre est constitué de 9 chapitres (plus une conclusion). A l’exception du premier chapitre, il s’agit de transcriptions d’interventions en colloques ou conférences de l’auteur. Ce qui impacte hélas l’homogénéité du propos. Le livre se limite à 155 pages, mais le contenu étant uniquement textuel et les textes étant souvent très lourds voir ampoulés, il met plus de temps que prévu pour être digéré.

Le premier chapitre lègue son titre à l’ouvrage. C’est la raison d’être de celui-ci, mais il ne compte que 12 pages. Il fait le boulot pour expliquer les 3 côtés du triangle, quoique vraiment trop succinctement, j’avais acquis l’ouvrage justement espérant quelques développements de ce côté. Par ailleurs le style très académique en complique la compréhension. Un trait que l’on retrouvera dans la totalité de l’ouvrage.

Le second chapitre « l’autorité ne passera pas » est plutôt un plaidoyer, dont la teneur surprend un peu. C’est assez rafraichissant et clairement hélas dédié au monde scolaire. On n’y apprend pas grand-chose non plus. Le troisième chapitre sur la gestion pédagogique entre élèves nous donne un éclairage historique sur les différentes approches. On comprend que l’on est coincés avec le « mode simultané », rafistolé avec une pédagogie de soutien notoirement inefficace mais qui nous donne bonne conscience, alors que d’autres approches telles que la pédagogie différenciée donnent de bien meilleurs résultats depuis longtemps. Bien joué.

Le 4ème chapitre traite du cours magistral. Il pourrait embrasser la pédagogie pour adulte si le propos n’était pas si résolument tourné vers le milieu scolaire. On retiendra l’inefficacité du système, ce que l’on savait déjà. Mais au moins est-ce argumenté. C’est du « bon enseignant » qu’il est question au chapitre 5, ou du moins des variations de sa définition au fil des temps. Un propos assez peu instructif.

Le chapitre 6 consacré au mauvais élève est de loin le plus conséquent de l’ouvrage. Là aussi, l’auteur nous invite au regard historique et à relativiser cette notion surtout liée à l’obéissance d’une part, et d’autre part à la condition sociale desdits élèves. Brève une intervention à coloration sociale bien éloignée de mes préoccupations pédagogiques ! Le chapitre 7 « à quoi sert la pédagogie » a bien peu d’intérêt. L’auteur cherche plutôt l’exercice dialectique et s’écoute parler, si je puis dire. Mais le chapitre, lui, parle pour ne rien dire.

Le chapitre 8 met en perspective pédagogie et histoire. Le propos du chapitre n’est guère clair, en tout cas pour moi. L’auteur semble s’attacher à analyser si pédagogie et politique font bon ménage mais j’ai du mal en décrypter le fin mot. Passons. Enfin, le chapitre 9 cherche à analyser qu’est-ce que la pédagogie et quelle est son utilité. Il s’agit là d’un débat (ou un monologue, plutôt) qui ravira les chercheurs en pédagogie mais laissera les autres (dont moi) plutôt perplexes.

Voilà un tome qui n’est pas de Savoie car il me laisse bien sur ma faim. Un seul chapitre utile dans tout l’ouvrage, c’est un peu maigre. Et celui-ci n’est guère fourni. Une réelle déception.

Référence complète : Le triangle pédagogique – Jean Houssaye – ESF éditeur 2014 – ISBN : 978 2 7101 2749 9

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