Note de lecture : Practical Monitoring, par Mike Julian

Note : 7 ; Une brève et excellente introduction à l’univers du monitoring !

Quand il est question de monitoring, il est bien difficile de trouver un ouvrage ciblant d’autres publics que les ingénieurs systèmes. Pourtant, partie intégrante de nos systèmes d’information, il est bien utile sinon indispensable de comprendre ce que ce domaine recouvre, ces composantes, ces possibilités, les différentes composantes, etc. Non, ce que la plupart des ouvrages nous proposent, c’est de plonger directement dans les fichiers de configuration, nous laissant à nous autres, pauvres mortels, la difficile tâche de comprendre de quoi il en retourne. Ce livre comble exactement cette lacune. Attention, il reste technique, mais à peu près agnostique quant aux outils.

Le livre est bref également, avec à peine 140 pages. C’est à la fois dû à l’efficacité de la prose (qui est par ailleurs très agréable à lire) et au caractère introductif du texte. L’ensemble se décompose en deux parties, pour un total de 11 chapitres. La première partie se contente de 4 chapitres pour un total de 55 pages et couvre les principes du monitoring. Elle débute de manière originale par un premier chapitre sur les anti-patterns, ici au nombre de 5. La plupart d’entre-eux nous alerte sur un focus trop porté sur l’outillage en premier lieu, alors que sa mise en place doit être guidé par l’usage et les feedbacks escomptés. On commence bien ! Fort logiquement, le second chapitre est consacré aux patterns. Ils sont au nombre de 4 et le plus important d’entre-eux, régulièrement rappelé dans la suite du texte, est de débuter par la perspective utilisateur. Voilà qui nous change des ouvrages purement techniques sur le monitoring.

Le 3ème chapitre a une perspective résolument processus, on n’y parle presque pas de monitoring : il s’agit de la gestion des incidents et des alertes. La coloration de ce que nous propose l’auteur ici est d’avantage ITIL qu’agile, mais un ITIL un peu agilifié quand même. Enfin, et c’est une surprise, le chapitre 4 nous propose une courte introduction au minimum vital des concepts mathématiques et statistiques nécessaires pour comprendre les indicateurs. Bien vu.

La seconde partie du livre est plus conséquente : 7 chapitres pour un total de 90 pages. Elle a pour objet les « tactiques » de monitoring, c’est-à-dire les niveaux auxquels il opère et la manière de les adresser. L’auteur nous ayant asséné qu’il faut partir de l’utilisateur, c’est bien ce qui est fait ici : on part du business au chapitre 5. Mais si le texte est clair sur le type de métriques à adresser, il est beaucoup moins clair sur la manière d’y arriver. J’y ai quand même appris un nouvel acronyme : le RUM ou « Real User Monitoring ».

Le chapitre 6 va nous conduire dans le monitoring du front-end, où la façon d’opérer est bien plus claire. L’auteur éclaire en quelques pages ce qui est souvent présenté de manière bien brouillonne. Le monitoring applicatif, l’APM est au menu du chapitre 7. Et c’est un plat consistent. Malgré sa promesse de ne pas évoquer les outils, l’auteur fait un focus sur son préféré : StatsD ! Mais il est aussi question de corréler les déploiements et les métriques applicatives et d’évoquer la dichotomie Log / métriques. Bref, malgré son caractère introductif, le texte ouvre pas mal de portes.

C’est au tour des serveurs au chapitres 8. Nous sommes prévenus, les métriques relevées ici sont assez standard et pas si intéressantes que cela. Lee propos oblique un peu ici : plutôt que de parler métriques sensu stricto, l’auteur prend sa casquette d’ingénieur système pour nous montrer comment il procède et les enseignements qu’il tire de ces métriques. Un changement un peu déroutant. Les applicatifs serveurs (bases de données, serveurs d’application, DHCP, etc.) sont aussi évoqués, mais si brièvement qu’il ne vaut pas la peine de s’y attarder. Le monitoring réseau, au chapitre 9 est l’occasion pour l’auteur de casser les rotules de SNMP qu’il exècre… mais aborde avec clarté quand même. D’ailleurs, malgré l’austérité du sujet, celui-ci est bien traité même si vous avez peu d’affinité pour la question.

Le chapitre 10 va aborder la sécurité. Et il y est plus question de traces d’audit que de monitoring en tant que tel. Un sujet vite traité, avec finalement peu de contenu mais quelques clés. Le livre se referme sur un chapitre 11 dédié à « l’assesment » du monitoring de votre entreprise. Le chapitre est bref, là aussi, il reprend les éléments de toute la seconde partie en les reprenant sous forme de liste de vérification. Cela peut servir de base, le cas échéant, si l’on souhaite se faire une première idée du monitoring de notre SI, mais guère plus.

Je cherchais un texte capable de m’éclairer sur l’univers du monitoring, quels domaines il adresse et comment. Le livre remplis parfaitement la mission. Il ne rentre pas en profondeur dans les sujets et nécessite des lectures approfondies si on veut rentrer dans l’opérationnel. Une petite mise en garde toutefois, malgré son focus peu technique, le texte s’expose quand même à l’obsolescence. 4 ans après sa publication il reste pertinent, mais le paysage a changé et cela se ressent. Une nouvelle édition serait la bienvenue.

Référence complète : Practical Monitoring – Mike Julian – O’Reilly 2017 – ISBN : 978 1 491 95735 6

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