Note de lecture : Coaching d’équipe, par Alain Cardon

Note : 4 ; Heureusement qu’il y a des exemples…

J’ai toujours une certaine appréhension à aborder un livre traitant de coaching, et plus encore quand il s’agit d’un livre en Français. Quand celui-ci se prétend « résolument pratique », cela veut dire qu’il sera juste un peu moins abscons que d’habitude. Et oui, c’est dans ce cadre que nous allons jouer.

Disons que ce livre est au standard des ouvrages de coaching, avec 250 pages. Seulement 10 chapitres en tout (en comptant introduction, conclusion et annexe). L’introduction tente de cadrer l’objet de ce livre, à savoir coacher les équipes. OK, c’est différent du coaching individuel, mais au-delà de cela, cela reste assez flou avec une description assez ésotérique du sujet. Hélas, cela va souvent être comme cela dans la suite du livre…

Le chapitre 1 « contexte d’intervention » nous précise 2/3 choses. Tout d’abord que le livre va être entièrement dédié aux réunions (avec en fait un focus plus fort sur les réunions de dirigeants) et que les relations entre les membres de l’équipe sont un élément important, spécialement la relation au leader, et qu’il faut faire attention à ne pas rentrer dans le jeu. Bref, ce n’est pas mal, mais ça ne vaut pas 30 pages. Éléments appréciables que l’on retrouvera tout au long du livre : les rubriques « exemple » et « pièges à éviter » : non seulement il donne vie au texte avec des éléments concrets (qui manquent cruellement par ailleurs), mais on perçoit aisément qu’ils viennent de la longue expérience de l’auteur.

Le titre du second chapitre est assez cryptique : « outils structurels de coaching d’équipe ». En fait il est question de géographie (qui est assis à côté de qui, et à quel endroit par rapport à la projection) et aussi d’échange, où l’auteur nous propose la pratique de la triangulation. Enfin on évoque aussi le rythme des réunions, le timing et les débordements. Assez intéressant, mais pas mortel non plus. J’ai plutôt bien aimé ce chapitre 3 sur le coaching de performances. D’abord l’auteur dirige notre regard vers les résultats plutôt que sur les moyens, et sur la réduction des « fuites ». Si l’auteur y parle d’orientation solution, du moins à sa manière, j’ai trouvé que le chapitre avait plutôt une orientation Lean dans l’esprit. Intéressant également : la dichotomie entre équipes orientées « leader » et « managers ».

Il est question de cultures d’entreprise au chapitre 4, et l’auteur articule son propos autour de 4 catégories :

  1. Institutionnelle : la plus old school, avec un style directif, avec un trait marquant du respect de la hiérarchie.
  2. Technologique (moi j’aurais dit « industrielle ») : dont le style est informatif, avec un caractère accentué sur la méritocratie et la compétition.
  3. Humaniste : dont le style est participatif, avec une composante d’interdépendance et de recherche de consensus.
  4. Réseau : dont le style est délégatif, avec une emphase sur l’intraprenariat et l’initiative.

Le style de coaching à adopter va dépendre de la demande et de la volonté de passer à un autre modèle. Le chapitre 5, consacré à la « circularité », s’inscrit dans la suite : il propose de conduire les réunions d’une logique de polarité (il y a différents types de polarité en fonction des cultures) vers une logique de « circulation d’énergie ». Dis comme cela ce n’est pas très clair. Le chapitre ne l’est pas non plus.

Les chapitres 6 et 7 nous proposent des outils : les rôles délégués d’abord, afin de distribuer les responsabilités durant les réunions et le « feed-forward » en réaction au feedback. J’aime bien le premier. Le second semble intéressant sur la logique d’aller de l’avant, moins sur le refus d’analyser une situation (l’argument de l’auteur à cet égard est moins que convainquant).

La conclusion est quelque peu étonnante, l’auteur nous parle de son parcours pour expliquer en quoi il l’a amené à devenir coach et conclut : bref, j’aime mon métier ! Déçu également par l’annexe qui évoque la supervision (et même l’hypervision, mais sans évoquer ce qu’est l’une ou l’autre) sans expliquer réellement ce que c’est. C’est frustrant.

J’ai du mal à trouver des bouquins de coaching qui m’intéressent. A croire que c’est un problème de quitter le niveau stratosphérique. On referme la dernière page avec l’impression que ces 250 pages auraient pu tenir en 50. L’écriture semble plus utile à l’écrivain qu’au lecteur. Heureusement, il y a les exemples.

Coaching d’équipe, par Alain Cardon

Référence complète : Coaching d’équipe – Alain Cardon – Eyrolles 2014 – ISBN : 978 2 212 55846 3

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