Note de lecture : Making Sense of NoSQL, par Dan McCreary & Ann Kelly

Note 4 ; NoSQL plus ou moins décrypté pour le manager

Voici un ouvrage « à priori » destiné aux managers. En tout cas son objectif est de donner une image du paysage NoSQL sans nécessité de voir une ligne de code. Dans le principe, le livre atteint son objectif : il couvre les différents types de bases NoSQL, avec toutefois un biais marqué vers les bases XML (qui ne sont généralement pas considérées comme des bases NoSQL), ces dernières ayant droit à leur propre chapitre contrairement aux autres ! Mais le texte me laisse quand même un sentiment d’inachevé, il ne permet pas vraiment de comprendre les patterns d’usage des différentes bases par manque de parti pris.

L’ouvrage est assez conséquent pour une introduction. Il compte 275 pages réparties sur 12 chapitres. Ceux-ci sont eux-mêmes regroupés en 4 parties. La première d’entre-elle est une introduction, courte d’un peu plus de 30 pages et de deux chapitres. Le premier répond au « pourquoi » en exposant succinctement quelques cas d’études des grands du Web, c’est hélas très superficiel. Le second s’attaque aux concepts : documents, sharding, théorème de CAP, cache, etc… C’est un peu brouillon et j’aurais préféré y voir une bonne exposition des typologies de bases.

La seconde partie a trait aux patterns de bases de données, à mon avis le sujet central. Nous avons 90 pages réparties sur 3 chapitres. Le chapitre 3 est en théorie consacrée aux patterns architecturaux. Dans la pratique, ses 24 pages couvrent surtout les concepts relationnels et un peu l’OLAP, bref de quoi être bien déçus ! C’est en fait le chapitre 4 qui a la lourde tâche de faire le tour des différents paradigmes de bases NoSQL : clé-valeur, big table et orienté document, sur 33 pages. Nous avons de la chance : ce chapitre est remarquablement bien fait. Vient l’alien au chapitre 5, celui consacré aux bases XML. On sent que le sujet tient au cœur des auteurs car sur ses 27 pages, le sujet est creusé bien plus en profondeur que pour les autres bases. On aborde même la construction d’application avec Exist !

La troisième partie est intitulée « SQL solutions ». Elle est longue de 82 pages et compte 4 chapitres. Le big data est bien sûr un sujet d’importance. On y consacre joyeusement les 27 pages du chapitre 6. Malheureusement, le traitement est d’avantage digne de 01 Informatique que d’un ouvrage sérieux. On y apprend pas grand chose, sauf si vous ignorez que map-reduce est la clé de voute de cette thématique… La recherche est un sujet inattendu mais bienvenu. On reste aussi à haut niveau au long des 17 pages de ce chapitre 7, mais le contenu est un peu plus éclairé que pour le sujet précédent et les auteurs nous y exposent au moins plusieurs typologies de recherche. La haute disponibilité est le sujet des 19 pages du chapitre 8. A mon avis, les auteurs échouent à rendre cela passionnant. Au chapitre 9, on parle d’agilité. Ou plutôt on passe complètement à côté du sujet. De nouveau, les auteurs en profitent pour nous caser un sujet complètement exotique qui leur tient à cœur : un moteur XForm appelé XRX. J’aime bien XForm, même si la norme n’a jamais prise et a aujourd’hui rejoint le cimetière des éléphants, mais que fout ce sujet ici ?

Très classiquement la quatrième partie est dévolue aux « sujets avancés ». Il s’agit de 70 pages sur 3 chapitres. Le chapitre 10 est pour le moins original, car il fait le lien entre programmation fonctionnel et bases NoSQL. Les 22 pages de ce sujet sont plutôt inattendues. Cela concerne surtout les big table, mais c’est plutôt bien construit et sympathique. C’est de sécurité qu’il s’agit au chapitre 11. Nous en prenons pour une vingtaine de pages, mais les auteurs maitrisent vraiment bien leur sujet. C’est un plaisir. On ne peut pas en dire autant du dernier chapitre dédié à la sélection d’une base. Les 20 pages qui y sont consacrées nous proposent un processus bien relou à l’ancienne. C’est idiot et pénible à lire.

Tout n’est pas mauvais dans cet ouvrage, loin s’en faut. Il est hélas souvent un peu trop stratosphérique et bien trop verbeux. Bref, un peu frustrant.

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Référence complète : Making Sense of NoSQL – Dan McCreary & Ann Kelly – Manning 2013 – ISBN : 978 1 617291 07 4

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